Bristol Jupiter

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Jupiter
Jupiter.engine.arp.750pix.jpg Vue du moteur

Constructeur Drapeau : Royaume-Uni Bristol Aeroplane Company
Premier vol 29 octobre 1918
Utilisation Bristol Bulldog
Gloster Gamecock etc.
Caractéristiques
Type Étoile 9 cylindres
Diamètre 1,384 mm
Masse 451 kg
Composants
Compresseur simple étage, une vitesse
Chambre de combustion 28,7l

Le Bristol Jupiter était un moteur en étoile britannique de neuf cylindres sur une rangée construit par la Bristol Aeroplane Company. Conçu à l'origine à la fin de la Première Guerre mondiale et connu sous le nom de Cosmos Jupiter, une longue série de mises à niveau et évolutions l'on transformé en l'un des meilleurs moteurs de son époque.

Le Jupiter a été largement utilisé sur de nombreux avions au cours des années 1920 et 1930. Des centaines de Jupiter de toutes les versions ont été produits, à la fois par Bristol et construits à l'étranger sous licence. Une version suralimentée du Jupiter connu sous le nom d'Orion a souffert de problèmes de conception, et seulement un petit nombre ont été produits.

Conception et développement[modifier | modifier le code]

Le Jupiter a été conçu pendant la Première Guerre mondiale par Roy Fedden ingénieur à Cosmos. Durant la rapide décroissance des dépenses militaires après la guerre, Cosmos a fait faillite en 1920, et a finalement été rachetée par la Bristol Aeroplane Company sur les points forts de la conception du Jupiter et l'encouragement de l'Air Ministry[1]. Le moteur est arrivé à maturité comme l'un des plus fiables sur le marché. Ce fut le premier moteur refroidi par air à passer les test de l'Air Ministry à plein régime d'essai, le premier à être équipé d'un régulateur automatique de suralimentation, et le premier à être monté sur des avions de ligne[2].

Le Jupiter était de conception assez standard, mais comportait aussi quatre soupapes par cylindre, ce qui était rare à l'époque. Les cylindres ont été usinés à partir de pièces en acier forgé, et les culasses en fonte ont été remplacées par la suite en alliage d'aluminium conformément aux études de la RAE. En 1927, un changement a été fait pour passer à une conception culasse forgée en raison du taux de rejet des pièces moulées. Le Jupiter VII comportait un compresseur entraîné mécaniquement, et le Jupiter VIII a été le premier à être équipé d'un réducteur[3].

En 1925, Fedden commencé à concevoir un remplaçant pour le Jupiter. Avec une course plus courte pour augmenter le régime, et notamment un compresseur pour une puissance accrue, il déboucha sur le Bristol Mercury en 1927. Appliquant les mêmes techniques au moteur Jupiter de la taille d'origine en 1927 il aboutit au Bristol Pegasus. Aucun des deux moteurs ne sera en mesure de remplacer le Jupiter durant quelques années.

La production sous licence[modifier | modifier le code]

Le Jupiter a été largement utilisé dans les versions produites sous licence, avec quatorze pays capables de produire le moteur. En France, Gnome-Rhône a produit une version connue sous le nom de Gnome-Rhône 9 Jupiter qui a été utilisée sur plusieurs modèles civils locaux, ainsi que la réalisation de certains succès à l'exportation. Siemens-Halske (en) a acquis une licence en Allemagne et a produit plusieurs versions de puissance croissante, aboutissant en définitive au Bramo 323 (en) Fafnir, qui s'est vu utilisé dans pendant la guerre[4].

Au Japon, le Jupiter a été construit sous licence à partir de 1924 par Nakajima, servant de base à leur propre conception de moteur aéronautique en étoile, le Nakajima Ha-1 Kotobuki (en)[5]. Il a été produit en Pologne : le PZL Bristol Jupiter, en Italie comme l'Alfa Romeo 126-RC35 (en)[6] et en Tchécoslovaquie par Walter Engines. Le plus produit est la version soviétique où la version Shvetsov M-22 a motorisé le fameux Polikarpov I-16 dont furent construits des milliers d'exemplaires[7]. La production commencée en 1918 a cessé en 1930.

Variantes[modifier | modifier le code]

Le Jupiter a été produit dans de nombreuses variantes, dont l'un fut le Bristol Orion de 1926. Des problèmes de métallurgie avec ce moteur-turbo ont causé l'abandon du projet avec seulement neuf moteurs construits[8].

Brazil Straker Jupiter I
(1918) 400 ch. Deux construits.
Cosmos Jupiter II
(1918) 400 ch. Un construit.
Bristol Jupiter II
(1923) 400 ch.
Bristol Jupiter III
(1923) 400 ch.
Bristol Jupiter IV
(1926) 430 ch., soupapes à calage variable, carburateur Bristol Triplex.
Bristol Jupiter V
(1925) 480 ch.
Bristol Jupiter VI
(1927) 520 ch. Produit en deux taux de compression : faible (5,3:1) et élevé (6,3:1).
Bristol Jupiter VIA
(1927) 440 ch. version civile du Jupiter VI.
Bristol Jupiter VIFH
(1932) 440 ch. Équipé d'un démarreur à gaz
Bristol Jupiter VIFL
(1932) 440 ch. Taux de compression 5,15:1.
Bristol Jupiter VIFM
(1932) 440 ch. Taux de compression 5,3:1.
Bristol Jupiter VIFS
(1932) 400 ch. Taux de compression 6,3:1.
Bristol Jupiter VII
(1928) 375 ch. Taux de compression 5,3:1, entièrement suralimenté. Créé par Gnome-Rhône sous la référence 9ASB.
Bristol Jupiter VIIF
(1929) 480 ch. Taux de compression 5,3:1. Culasses forgées.
Bristol Jupiter VIIF.P
(1930) 480 ch. 'P' pour lubrification sous pression des axes de piston.
Bristol Jupiter VIII
(1929) 440 ch. Jupiter VI, avec le taux de compression porté à 6,3:1.
Bristol Jupiter VIIIF
(1929) 460 ch. Jupiter VIII avec culasses forgées et taux de compression réduit (5,8:1).
Bristol Jupiter VIIIF.P
(1929) 460 ch. Comme le Jupiter VIII avec lubrification sous pression (Le TBO à ce stade de développement n'était que de 150 heures en raison de défaillances multiples).
Bristol Jupiter IX
480 ch. Taux de compression 5,3:1.
Bristol Jupiter IXF
550 ch. Taux de compression 5,3:1. culasses forgées.
Bristol Jupiter X
470 ch. Taux de compression 5,3:1.
Bristol Jupiter XF
540 ch. Taux de compression 5,3:1. culasses forgées.
Bristol Jupiter XFA
483 ch. Taux de compression 5,3:1.
Bristol Jupiter XFAM
580 ch.
Bristol Jupiter XFBM
580 ch.
Bristol Jupiter XFS
Entièrement suralimenté.
Bristol Jupiter XI
Taux de compression 5,15:1.
Bristol Jupiter XIF
500 ch. Taux de compression 5,15:1.
Bristol Jupiter XIFA
480 ch. Comme Jupiter XIF avec 0,656:1 de rapport de réduction
Bristol Jupiter XIF.P
525 ch. Comme le Jupiter XIF avec lubrification sous pression
Bristol Orion I
(1926) Jupiter III, turbo-compressé, programme abandonné.

Applications[modifier | modifier le code]

Le Jupiter est probablement mieux connu pour propulser le Handley Page HP.42 Hannibal, qui a volé sur la ligne Londres - Paris dans les années 1930. Autres usages civils incluant le de Havilland Moth Giant (en) et Hercules (en), le Junkers G 31 (en) (dont l'évolution donnera le fameux Ju-52), et l'énorme Dornier Do X hydravion qui utilisait pas moins de douze moteurs.

Les utilisations militaires ont été moins fréquentes, cela comprend le Bristol Bulldog de la société mère ainsi que le Gloster Gamecock et le Boulton Paul Sidestrand. Il a été également équipé des prototypes du monde entier, du Japon à la Suède.

En 1929, le Bristol Jupiter avait volé dans 262 différents types d'avions, il a été noté dans la presse française au Salon du Bourget de l'année que le Jupiter et ses versions sous licence de construction propulsaient 80 % des avions présentés[9].


N.B[10].

Cosmos Jupiter[modifier | modifier le code]

Bristol Jupiter[modifier | modifier le code]

Gnome-Rhône Jupiter[modifier | modifier le code]

Moteurs en exposition[modifier | modifier le code]

Un Bristol Jupiter VIIF est en exposition permanente à la Collection Shuttleworth (en) à Old Warden (en), Bedfordshire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Développement lié

Liste des moteurs d'avions

Références &Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gunston 1989, p. 44.
  2. Gunston 1989, p. 31.
  3. Bridgman (Jane's) 1998, p. 270.
  4. Gunston 1989, p. 29.
  5. Gunston 1989, p. 104.
  6. « 2007-08-25 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-24
  7. Gunston 1989, p. 158.
  8. Lumsden 2003, p. 101.
  9. Gunston 2006, p. 126.
  10. Liste des avions britanniques de Lumsden, le Jupiter n'est peut-être pas la motorisation principale

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Fred T Jane, Jane's Fighting Aircraft of World War II., New York, Crescent Books,‎ 1998 (ISBN 0-517-67964-7)
  • (en) Alec Lumsden, British Piston Engines and their Aircraft, Wiltshire, Airlife Publishing,‎ 2003 (ISBN 1-853-10294-6)
  • (en) Bill Gunston, Development of Piston Aero Engines, Cambridge, England, Patrick Stephens Limited,‎ 2006 (ISBN 0-750-94478-1)
  • (en) Bill Gunston, World Encyclopedia of Aero Engines, Cambridge, England, Patrick Stephens Limited,‎ 1989 (ISBN 1-852-60163-9)

Autres lectures[modifier | modifier le code]

  • (en) Bill Gunston Gunston, by jupiter! the life of sir roy fedden, Royal Aeronautical Society,‎ 1978, 157 p. (ISBN 978-0-903-40907-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]