Billet de 20 euros

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Vingt euros

Pays officiellement utilisateurs
Valeur 20 €
Largeur 133[3] mm
Hauteur 72[3] mm
Caractéristiques de sécurité
Type de papier 100 % pure fibre de coton[7]
Années de circulation depuis 2002[9]

Recto

Vingt euros, Face recto
Design Arches d'architecture gothique[3]
Créateur Robert Kalina[10]
Date de création 3 décembre 1996[10]

Verso

Vingt euros, Face verso
Design Pont d'architecture gothique et carte de l'Europe[3]
Créateur Robert Kalina[10]
Date de création 3 décembre 1996[10]

Le billet de 20 euros (20 ) est le troisième billet en euros par ordre croissant de valeur. Mis en circulation en 2002, il est utilisé par 332 millions de personnes dans les 22 pays[11],[1] dont l'euro est la monnaie unique (dont 20 pays qui l'ont adopté officiellement).

Cette coupure, de couleur bleue, représente des arches gothiques sur le recto et un pont d'architecture gothique sur le verso. En termes de dimensions, c'est le troisième plus petit billet d'euro, mesurant 133 sur 72 millimètres.

Comme tous ceux de la gamme, il possède de nombreuses caractéristiques de sécurité telles qu'un filigrane, de l'encre ultra-violette, un hologramme et des micro-impressions, qui certifient son authenticité.

En mars 2012, il y avait environ 2,7 milliards de billets de 20 euros en circulation au sein de la zone euro.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'introduction[modifier | modifier le code]

L'euro a été mis en place le 1er janvier 1999[2]. L'euro devint alors la monnaie de plus de 300 millions de personnes en Europe[2]. Pendant les trois premières années d'existence, l'euro était une monnaie « invisible », uniquement utilisé en comptabilité[2]. L'euro liquide fut officiellement introduit le 1er janvier 2002[12], il remplaça alors les pièces et les billets des monnaies nationales de la zone euro (12 membres à l'époque[1]), à des taux fixes[2]. L'euro remplaça alors des monnaies telles que le franc français, le Deutsche Mark, la livre irlandaise[2].

Après l'introduction[modifier | modifier le code]

La période de double-circulation, durant laquelle les billets et pièces des monnaies nationales et de l'euro étaient acceptés, dura deux mois, jusqu'au 28 février 2002, date officielle à laquelle les monnaies nationales cessèrent d'avoir un cours légal. Cette date varia cependant de quelques semaines selon les pays[2] : c'est en Allemagne où la monnaie nationale cessa d'avoir un cours légal en premier, à la date du 31 décembre 2001. La période de double-circulation y durera cependant également deux mois. Même une fois le cours des anciennes monnaies devenu illégal, ces dernières continuèrent d'être acceptées par les banques centrales durant une période allant de 10 ans, voire sans limite dans le temps, selon les pays[2],[13].

Différentes séries de billets de 20 euros[modifier | modifier le code]

Première série[modifier | modifier le code]

Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a eu officiellement qu'une seule série de billets de 20 euros, gardant les mêmes signes de sécurité. Le tirage initial porte la signature du président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, remplacé par Jean-Claude Trichet le 1er novembre 2003, lui-même remplacé par Mario Draghi le 1er novembre 2011. Il y a donc trois billets différents de 20 euros avec trois signatures différentes[14], en fonction de leur date d'impression[14]. Toutefois, ils sont tous estampillés 2002, date à laquelle ceux de la première série ont été introduits.

Signatures des présidents de la BCE
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Deuxième série[modifier | modifier le code]

Une deuxième série devrait être introduite dans les prochaines années[15], avec des signes de sécurité renforcés et plus complexes, ce qui rendra la contrefaçon encore plus difficile. Sa production est en cours[16]. Les premiers billets devraient être introduits à intervalles réguliers jusqu’au remplacement total de la série actuelle[16]. Ils seront estampillée d'une année plus récente et conserveront des éléments graphiques inspirés du thème « Époques et styles architecturaux européens », ce qui permettra aux utilisateurs de les reconnaître aisément[16].

Design[modifier | modifier le code]

Le billet de 20 euros est le troisième billet par ordre croissant de valeur. Il est de couleur bleue et mesure 133 sur 72 millimètres[3]. Tous les billets de banque en euro représentent des ponts et des arches dans des styles historiques européens différents. Celui de 20 euros dépeint l'ère gothique (entre les XIIIe et XIVe siècles)[3]. Les dessins initiaux de Robert Kalina devaient représenter de vrais monuments existants, mais pour des raisons politiques, le pont et les arches sont plus simplement des exemples hypothétiques de l'ère architecturale gothique[17].

Comme sur tous les billets en euro, on peut observer la dénomination du billet (20 EURO/ΕΥΡΩ)[14], le drapeau de l'UE[14], la signature du président de la BCE[14], les initiales de la BCE dans toutes les langues officielles de l'UE (BCE, ECB, EZB, EKT et EKP)[14], une carte de l'Europe[14], une représentation des territoires d'outre-mer de l'UE (on peut observer, en bas au centre, les îles Canaries et d'autres territoires français utilisant l'euro)[14] et les étoiles du drapeau de l'UE[14].

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Caractéristiques de sécurité[modifier | modifier le code]

Le filigrane sur le billet de 20 euros.

Les billets de 20 euros sont protégés par une bande holographique[4], une bande de couleur dorée[4], une constellation EURion[5], un filigrane[6], des micro-impressions[5], de l'encre ultra-violette[5], une impression en relief[7], un fil de sécurité[6], des micro-perforations[6], un nombre incomplet[6] (visible par transparence), et un numéro de série[14]. Le numéro de série commence par une lettre. Cette lettre correspond à la banque centrale à laquelle les billets sont destinés[14]. Par exemple, un numéro de série commençant par la lettre Z, indique que le billet a été destiné et distribué par la banque centrale de Belgique, mais elle ne l'a pas forcément produit.

Identification des billets[modifier | modifier le code]

Chaque billet de 20 euros possède un numéro de série commençant par une lettre qui correspond à la banque centrale à laquelle il est destiné[14]. L'imprimeur est signalé par une lettre dans l'étoile du recto. Cette lettre est suivie par une série de chiffres désignant la matrice utilisée à l'impression puis par un code (une lettre et un chiffre) correspondant à la position du billet sur la planche.

Pays Lettre du n° de série Pays Lettre du n° de série
Belgique Z Allemagne X
Estonie D Irlande T
Grèce Y Espagne V
France U Italie S
Chypre G Lettonie C
Luxembourg [A 1] Malte F
Pays-Bas P Autriche N
Portugal M Slovénie H
Slovaquie E Finlande L
Notes :
  1. Les billets en euros émis par la Banque centrale du Luxembourg et qui n’ont pas encore été mis en circulation portent le code des banques centrales des pays où sont produits les billets destinés au Luxembourg.
Lettre Imprimeur Lieu Impressions pour Image
D Setec Oy Vantaa (Finlande) Finlande
Druckplattennummer 020EUR P001A1.jpg
E F.C.Oberthur Chantepie (France) Slovénie, Finlande, France, Pays-Bas, Allemagne, Chypre, Slovaquie
F Oesterreichische Nationalbank Vienne (Autriche) Pays-Bas, Autriche, Italie, Grèce
G Johan Enschede & Zn Haarlem (Pays-Bas) Pays-Bas, Autriche, Espagne, Grèce, Chypre, Malte, Allemagne, Finlande, Slovénie, Slovaquie
H De La Rue Gateshead (Royaume-Uni) Finlande, Portugal, Irlande, Pays-Bas
J Banca d’Italia Rome (Italie) Italie
K Central Bank and Financial Services Authority of Ireland Dublin (Irlande) Irlande
L Banque de France Chamalières (France) France
M Fàbrica Nacional de Moneda y Timbre Madrid (Espagne) Espagne
N Τράπεζα της Ελλάδος (Banque de Grèce) Athènes (Grèce) Grèce
P Giesecke & Devrient Leipzig (Allemagne) Finlande, Allemagne, Grèce, Pays-Bas, Portugal
R Bundesdruckerei Berlin (Allemagne) Allemagne, Grèce
T Banque nationale de Belgique Bruxelles (Belgique) Belgique, France, Espagne
U Valora Carregado (Portugal) Portugal Étoile avec le code désignant l'imprimeur (p. 001 A1)

Production et stockage des billets[modifier | modifier le code]

Relief d'un billet de 20 euros.

En avril 2001, la BCE a décidé qu’après l'introduction de l’euro, la production des billets en euros serait décentralisée et mise en commun (pooling). Dès lors, depuis 2002, chaque banque centrale nationale de chaque État membre de la zone euro fournit une partie de la production annuelle totale. La banque centrale concernée prend en charge les coûts de production au titre de la part qui lui a été indiquée[16].

En septembre 2002, la BCE a décidé de mettre en place un stock stratégique de l’Eurosystème (c’est-à-dire la Banque centrale européenne (BCE) et les dix‑sept banques centrales nationales (BCN) de la zone euro). Il est utilisé dans des circonstances exceptionnelles, lorsque les stocks au sein de la zone euro sont insuffisants pour faire face à une hausse inattendue de la demande de billets ou en cas d’interruption inattendue de leur approvisionnement[16]. Les stocks permettent aux banques centrales nationales de gérer à tout moment une variation de la demande. Grâce aux stocks logistiques, il est possible de répondre à la demande dans des circonstances normales. Ces stocks permettent également de remplacer les billets impropres à la circulation, de faire face à une progression inattendue de leur utilisation, de répondre aux fluctuations saisonnières de la demande et d’optimiser leur transfert entre les succursales des banques centrales[16].

Émission du billet[modifier | modifier le code]

Légalement, la Banque centrale européenne et les banques nationales de chaque pays membre de la zone euro ont le droit d'émettre les 7 billets de banque en euro différents. En pratique, seules les banques nationales sont dans la capacité d'émettre ces derniers. La Banque centrale européenne ne possède pas de caisses et n'est impliquée dans aucune opération de trésorerie[2].

Circulation[modifier | modifier le code]

Au 1er mars 2012, il y avait environ 2,7 milliards de billets de 20 euros en circulation au sein de la zone euro, soit une valeur approchant les 54 milliards d'€[18]. La Banque centrale européenne contrôle en permanence la circulation et le stock de pièces et de billets en euro. C'est une tâche effectuée par l'Eurosystème (c’est-à-dire la Banque centrale européenne (BCE) et les dix‑sept banques centrales nationales (BCN) de la zone euro) pour assurer un approvisionnement efficace et sans heurts de l'euro et pour en maintenir son intégrité[18].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Au 30 avril 2014, les chiffres fournis par la BCE[19] sont les suivants :

Date clé Coupures
en millions
Montant
en millions d'euros
1er janvier 2002 1 962 39 240
1er janvier 2003 1 762 35 240
1er janvier 2004 1 849 36 980
1er janvier 2005 1 938 38 760
1er janvier 2006 2 012 40 240
1er janvier 2007 2 117 42 340
1er janvier 2008 2 257 45 140
1er janvier 2009 2 391 47 820
1er janvier 2010 2 476 49 520
1er janvier 2011 2 596 51 920
1er janvier 2012 2 679 53 580
1er janvier 2013 2 737 54 740
1er janvier 2014 2 858 57 160

Le pic a été atteint en décembre 2013 avec un total de 3 088 843 400 billets de 20 euros en circulation.

Suivi des billets[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs sites web et communautés qui permettent de suivre les billets de banque en euro, de savoir où ils voyagent et où ils ont voyagé[20]. Le site web le plus connu est EuroBillTracker[20]. Le but est d'enregistrer le plus de billets possible afin de connaître les détails de leur propagation tel que leur provenance et leur destination, ou encore où un billet a été vu. Cela permet de générer des statistiques et des classements, par exemple, dans quels pays il y a le plus de billets[20]. EuroBillTracker a enregistré plus de 96 millions de billets en octobre 2011[21], soit plus de 1,876 milliards d'euro[21].

Contrefaçon[modifier | modifier le code]

Pour la BCE, les billets en euro sont très difficiles à contrefaire en raison d'un nombre important de signes de sécurité. Cependant, la qualité des planches qui sortent des ateliers clandestins est croissante et les nouvelles technologies permettent de produire plus facilement des faux billets de bonne facture[22],[23]. Le billet de 20 € est le billet en euro le plus contrefait : il représentait 47,5 % des billets en euro contrefaits au 2nd semestre 2011, soit 147 250 billets de 20 € contrefaits[24]. Selon l'expert judiciaire Gilles Duteil, ces estimations ne sont pas réalistes et il est « très difficile de déterminer un chiffre réellement significatif »[23]. La BCE et les banques centrales nationales recommandent d'être vigilant, et de reconnaître les faux-billets par la méthode simple de « Toucher-Regarder-Incliner »[24].

Pour lutter contre cette contrefaçon, la BCE utilise des technologies de pointe lors de l'impression et utilise un certain nombre de signes de sécurité, signes qui suffisent à dissuader les faux-monnayeurs. La BCE dispose d'un centre d'analyse de la contrefaçon, qui coopère étroitement avec Europol[25]. Ce centre analyse les billets contrefaits récupérés par la police, afin de mieux prévenir les futures contrefaçons[25]. La BCE dispose également d'un Groupe de dissuasion de la contrefaçon des banques centrales (CBCDG)[25]. Ce groupe a pour mission de dissuader la contrefaçon numérique et, en empêchant la production de faux billets, de réduire les dommages causés aux particuliers et aux entreprises qui seraient amenés à recevoir de faux-billets[25]. Ce groupe de dissuasion utilise des technologies qui empêchent l’acquisition ou la reproduction, au moyen d’ordinateurs individuels ou d’outils d’imagerie numérique, de l’image d’un billet protégé. Le CBDG a également pour but de prévenir la reproduction non autorisée de billets[25].

De temps en temps, cette brigade démantèle des usines à faux-billets, comme en France, le 13 juin 2012 en Seine-et-Marne. Cette usine produisait des fausses-coupures de 20 et 50 euros, de qualité moyenne à bonne. Sur place, la police a retrouvé plus de 9 millions d'euros en 350 000 faux-billets de 20 et 50. Il s'agissait de la plus grande fabrique de contrefaçon en France, et la deuxième en Europe[26].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

La Banque centrale européenne a mis en œuvre dès 2003 une analyse de cycle de vie (ACV) de l'ensemble des billets produits. Cette étude, menée conformément à la norme ISO 14000 évalue l'impact environnemental de la production, du stockage, de l'utilisation et du traitement de fin de vie des billets. L'ensemble de la production de 2003 (3 milliards de coupures, toutes valeurs confondues) a le même impact environnemental qu'un parcours de 370 millions de kilomètres en voiture, soit un kilomètre par an et par habitant en Union européenne[27].

Les billets de banque en euro sont sains d'utilisation : des tests indépendants confirment que les billets en euro satisfont tous les critères imposés par l'Union européenne, y compris les critères sur les substances chimiques utilisées, dont la concentration est inférieure aux seuils de nocivité[27].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Carte interactive
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i BCE - Utilisation des billets
  3. a, b, c, d, e et f BCE - Format
  4. a, b, c et d BCE - Incliner
  5. a, b, c, d, e et f Signes de sécurité supplémentaires
  6. a, b, c, d, e, f, g et h BCE - Regarder
  7. a, b et c BCE - Toucher
  8. BCE - Caractéristiques de sécurité
  9. Les €Billets
  10. a, b, c et d BCE - Concours graphique
  11. Young 2002
  12. Banque d'Italie - avril 2011
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l BCE - Les billets
  14. BCE - 2011, 10 ans de l'euro
  15. a, b, c, d, e et f BCE - production et stocks
  16. BBC News - décembre 1996
  17. a et b BCE - août 2011, Circulation
  18. « Banknotes and coins circulation », sur ecb.europa.eu (consulté le 14 juin 2014).
  19. a, b et c Girolami, Johansson et Schilde 2002
  20. a et b Girolami, Johansson et Schilde - 2002, section Statistique
  21. Christophe Cornevin, « La France cultive la tradition du faux-monnayage », Le Figaro,‎ 15 juin 2012
  22. a et b Céline Rastello, « Faux billets : la France, un pays de faussaires », Le Nouvel Observateur,‎ 14 juin 2012 (lire en ligne)
  23. a et b BCE - 16 janvier 2012, Information sur la contrefaçon
  24. a, b, c, d et e BCE, Lutte contre la contrefaçon
  25. Une "usine" à faux-billets démantelée
  26. a et b BCE - 20 décembre 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Fournier et Michel Prieur, Euro 3, Monnaies et Billets (1999-2006), Les chevau-légers,‎ 2005 (ISBN 2-903629-80-3)

Conventions monétaires et législation[modifier | modifier le code]

  • Convention monétaire entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de Son Altesse sérénissime le prince de Monaco, JOUE,‎ 31 mai 2002, 15 p. (lire en ligne)
  • Convention monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et la République de Saint-Marin, JOUE,‎ 27 juillet 2001, 4 p. (lire en ligne)
  • Convention monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et l'État de la Cité du Vatican, représenté par le Saint-Siège,‎ 25 octobre 2001, 4 p. (lire en ligne)
  • (en) Implementing UNMIK Regulation n° 1999/4 of 2 september 1999 on the currency permitted to be used in Kosovo, Unmikonline.org,‎ 4 octobre 1999 (lire en ligne)

Sites officiels[modifier | modifier le code]

Autres sites[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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