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Billet de 100 euros

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Cent euros

Pays officiellement utilisateurs
Valeur 100 €
Largeur 147[3] mm
Hauteur 82[3] mm
Caractéristiques de sécurité
Type de papier 100 % pure fibre de coton[7]
Années de circulation depuis 2002[2]

Recto

Cent euros, Face recto
Design Arche d'architecture baroque [3]
Créateur Robert Kalina[9]
Date de création 3 décembre 1996[9]

Verso

Cent euros, Face verso
Design Pont d'architecture baroque et carte de l'Europe[3]
Créateur Robert Kalina[9]
Date de création 3 décembre 1996[9]

Le billet de 100 euros (100 €) est le cinquième billet en euros par ordre croissant de valeur. Mis en circulation en 2002, il est utilisé par 332 millions de personnes dans les 22 pays[1],[10] dont l'euro est la monnaie unique (dont 20 pays qui l'ont adopté officiellement).

C'est le troisième plus grand billet d'euro, mesurant 147 sur 82 millimètres et de couleur verte. Il représente une arche d'architecture baroque sur le recto et un pont d'architecture baroque sur le verso (entre le XVIIe et le XVIIIe siècle).

Le billet de 100 euros possède de nombreuses caractéristiques de sécurité telles qu'une pastille holographique, un filigrane, de l'encre ultraviolette et des microimpressions, qui certifient son authenticité.

En juin 2012, il y avait environ 1,67 milliard de billets de 100 euros en circulation au sein de la zone euro.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'introduction[modifier | modifier le code]

L'euro a été mis en place le 1er janvier 1999[2]. Il devint alors la monnaie de plus de 300 millions de personnes en Europe[2]. Pendant les trois premières années d'existence, l'euro était une monnaie « invisible », uniquement utilisée en comptabilité[2]. L'euro liquide fut officiellement introduit le 1er janvier 2002[11], il remplaça alors les pièces et les billets des monnaies nationales de la zone euro (12 membres à l'époque[1]), à des taux fixes[2]. Cette nouvelle monnaie remplaça alors des monnaies telles que le franc français, le Deutsche Mark, la livre irlandaise[2].

Après l'introduction[modifier | modifier le code]

La période de double-circulation, durant laquelle les billets et pièces des monnaies nationales et de l'euro étaient acceptés, dura deux mois, jusqu'au 28 février 2002, date officielle à laquelle les monnaies nationales cessèrent d'avoir un cours légal. Cette date varia cependant de quelques semaines selon les pays[2] : c'est en Allemagne où la monnaie nationale cessa la première d'avoir un cours légal, à la date du 31 décembre 2001. La période de double-circulation y durera cependant également deux mois. Même une fois le cours des anciennes monnaies devenu illégal, ces dernières continuèrent d'être acceptées par les banques centrales durant une période minimale de 10 ans, voire sans limite dans le temps, selon les pays[2],[12].

Différentes séries de billets de 100 euros[modifier | modifier le code]

Première série[modifier | modifier le code]

Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a eu officiellement qu'une seule série de billets de 100 euros, gardant les mêmes signes de sécurité. Leur tirage initial porte la signature du président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, remplacé par Jean-Claude Trichet le 1er novembre 2003, lui-même remplacé par Mario Draghi le 1er novembre 2011. Il y a donc trois billets différents de 100 euros avec trois signatures différentes[13], en fonction de leur date d'impression[13]. Toutefois, ils sont tous estampillés 2002, date à laquelle les coupures de la première série ont été introduites.

Signatures des présidents de la BCE
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Deuxième série[modifier | modifier le code]

Une deuxième série devrait être introduite dans les prochaines années[14] avec des signes de sécurité renforcés et plus complexes, qui rendra la contrefaçon encore plus difficile. Sa production est en cours (2012)[15]. Les premiers billets devraient être introduits à intervalles réguliers jusqu’au remplacement total de la série actuelle[15]. Elle comportera également des éléments graphiques inspirés du thème « Époques et styles architecturaux européens », ce qui permettra aux utilisateurs de les reconnaître aisément[15]. La nouvelle série qui sera introduite dans les années à venir sera donc estampillée d'une année plus récente.

Design[modifier | modifier le code]

Fluorescence du billet de 100 euros sous lumière UV (UV-A)
Billet de 100 euros sous lumière UV (Recto)
Recto
Billet de 100 euros sous lumière UV (Verso)
Verso
La pastille holographique sur le billet de 100 euros.

Le billet de 100 euros est la troisième coupure en euro avec la valeur la plus haute, mesurant 147 sur 82 millimètres et de couleur verte[3]. Ils représentent tous des ponts et des arches dans des styles historiques européens différents. Le billet de 100 euros dépeint l'architecture baroque (entre les XVIIe et XVIIIe siècles)[3]. Les dessins initiaux de Robert Kalina devaient représenter de vrais monuments existants, mais pour des raisons politiques, le pont et l'arche sont plus simplement des exemples hypothétiques de l'ère architecturale romane[16].

Comme sur tous les billets en euro, on peut observer la dénomination de la coupure (100 EURO/ΕΥΡΩ)[13], le drapeau de l'UE[13], la signature du président de la BCE[13], les initiales de la BCE dans toutes les langues officielles de l'UE (BCE, ECB, EZB, EKT et EKP)[13], une carte de l'Europe[13], une représentation des territoires d'outre-mer de l'UE (on peut observer, en bas au centre, les îles Canaries et des territoires français utilisant l'euro)[13] et les étoiles du drapeau de l'UE[13].

Caractéristiques de sécurité[modifier | modifier le code]

Les billets de 100 euros sont protégés par une pastille holographique[4], un nombre à couleur changeante[4], une constellation EURion[5], un filigrane[6], des micro-impressions[5], de l'encre ultra-violette[5], une impression en relief[7], un fil de sécurité[6], des micro-perforations[6], un nombre incomplet[6] (visible par transparence), et un numéro de série[13]. Le numéro de série commence par une lettre. Cette lettre correspond à la banque centrale à laquelle les billets sont destinés[13]. Par exemple, un numéro de série commençant par la lettre E, indique que le billet a été destiné et distribué par la banque centrale de Slovaquie, mais ce n'est pas forcément cette dernière qui l'a produit.

Identification des billets[modifier | modifier le code]

Chaque coupure de 100 euros possède un numéro de série commençant par une lettre[13]. Cette lettre correspond à la banque centrale à laquelle les billets sont destinés. Son imprimeur est signalé par une lettre dans l'étoile du recto. Cette lettre est suivie par une série de chiffres désignant la matrice utilisée à l'impression puis par un code (une lettre et un chiffre) correspondant à la position du billet sur la planche.

Pays Lettre du n° de série Pays Lettre du n° de série
Belgique Z Allemagne X
Estonie D Irlande T
Grèce Y Espagne V
France U Italie S
Chypre G Luxembourg [A 1]
Malte F Pays-Bas P
Autriche N Portugal M
Slovénie H Slovaquie E
Finlande L
Notes :
  1. Les billets en euros émis par la Banque centrale du Luxembourg et qui n’ont pas encore été mis en circulation portent le code des banques centrales des pays où sont produits les billets destinés au Luxembourg.
Lettre Imprimeur Lieu Impressions pour
D Setec Oy Vantaa (Finlande) Finlande
E F.C.Oberthur Chantepie (France) Slovénie, Finlande, France, Pays-Bas, Allemagne, Chypre, Slovaquie
F Oesterreichische Nationalbank Vienne (Autriche) Pays-Bas, Autriche, Italie, Grèce
G Johan Enschede & Zn Haarlem (Pays-Bas) Pays-Bas, Autriche, Espagne, Grèce, Chypre, Malte, Allemagne, Finlande, Slovénie, Slovaquie
H De La Rue Gateshead (Royaume-Uni) Finlande, Portugal, Irlande, Pays-Bas
J Banca d’Italia Rome (Italie) Italie
K Central Bank and Financial Services Authority of Ireland Dublin (Irlande) Irlande
L Banque de France Chamalières (France) France
M Fábrica Nacional de Moneda y Timbre Madrid (Espagne) Espagne
N Τράπεζα της Ελλάδος (Banque de Grèce) Athènes (Grèce) Grèce
P Giesecke & Devrient Leipzig (Allemagne) Finlande, Allemagne, Grèce, Pays-Bas, Portugal
R Bundesdruckerei Berlin (Allemagne) Allemagne, Grèce
T Banque nationale de Belgique Bruxelles (Belgique) Belgique, France, Espagne
U Valora Carregado (Portugal) Portugal

Production et stockage des billets[modifier | modifier le code]

La filigrane sur le billet de 100 euros.
Micro-impressions sur le billet de 100 euros.

En avril 2001, la BCE a décidé qu’après l'introduction de l’euro, la production des billets en euros serait décentralisée et mise en commun (pooling). Dès lors, depuis 2002, chaque banque centrale nationale de chaque État membre de la zone euro fournit une partie de la production annuelle totale de certains billets. La banque centrale concernée prend en charge les coûts de production au titre de la part qui lui a été indiquée[15].

En septembre 2002, la BCE a décidé de mettre en place un stock stratégique de l’Eurosystème (c’est-à-dire la Banque centrale européenne (BCE) et les dix‑sept banques centrales nationales (BCN) de la zone euro). Ce stock est utilisé dans des circonstances exceptionnelles, lorsque les stocks au sein de la zone euro sont insuffisants pour faire face à une hausse inattendue de la demande en billets ou en cas d’interruption inattendue de leur approvisionnement[15]. Les stocks permettent aux banques centrales nationales de gérer à tout moment une variation de la demande de billets. Grâce aux stocks logistiques, il est possible de répondre à leur demande dans des circonstances normales. Ces stocks permettent également de remplacer les coupures impropres à la circulation, de faire face à une progression attendue de leur utilisation, de répondre aux fluctuations saisonnières de leur demande et d’optimiser leur transfert entre les succursales des banques centrales[15].

Émission du billet[modifier | modifier le code]

Légalement, la Banque centrale européenne et les banques nationales de chaque pays membre de la zone euro ont le droit d'émettre les 7 coupures en euro différentes. En pratique, seules les banques nationales sont dans la capacité d'émettre ces dernières. La Banque centrale européenne ne possède pas de caisses et n'est impliquée dans aucune opération de trésorerie[2].

Circulation[modifier | modifier le code]

Au 1er juin 2012, il y aurait environ 1 674 627 200 billets de 100 euros en circulation au sein de la zone euro, soit environ 167 462 720 000 € en coupures de 100[17]. La Banque centrale européenne contrôle constamment la circulation et le stock de pièces et de billets en euro. C'est une tâche effectuée par l'Eurosystème (c’est-à-dire la Banque centrale européenne (BCE) et les dix‑sept banques centrales nationales (BCN) de la zone euro) pour assurer un approvisionnement efficace et sans heurts de l'euro et pour en maintenir l'intégrité[17].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Au 30 avril 2014, les chiffres fournis par la BCE[18] sont les suivants :

Date clé Coupures
en millions
Montant
en millions d'euros
1er janvier 2002 364 36 400
1er janvier 2003 648 64 800
1er janvier 2004 782 78 200
1er janvier 2005 898 89 800
1er janvier 2006 989 98 900
1er janvier 2007 1 082 108 200
1er janvier 2008 1 177 117 700
1er janvier 2009 1 363 136 300
1er janvier 2010 1 443 144 300
1er janvier 2011 1 529 152 900
1er janvier 2012 1 623 162 300
1er janvier 2013 1 668 166 800
1er janvier 2014 1 829 182 900

Le pic a été atteint en avril 2014 avec un total de 1 866 168 950 billets de 100 euros en circulation.

Suivi des billets[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs sites web et communautés qui permettent de suivre les billets de banque en euro, de savoir où ils voyagent et où ils ont voyagé[11]. Le site web le plus connu est EuroBillTracker[11]. Le but est d'enregistrer le plus de billets possibles afin de connaître les détails de leur propagation, par exemple d'où et vers où ils se déplacent. Ou encore où un billet a été vu, pour générer des statistiques et des classements, par exemple, dans quels pays il y a le plus de billets[11]. EuroBillTracker en a enregistré plus de 96 millions en octobre 2011[19], soit plus de 1,876 milliards d'euro[19].

Contrefaçon[modifier | modifier le code]

Pour la BCE, les billets en euro sont très difficiles à contrefaire en raison d'un nombre important de signes de sécurité. Cependant, la qualité des planches qui sortent des ateliers clandestins est croissante et les nouvelles technologies permettent de produire plus facilement des faux billets de bonne facture[20],[21]. La coupure de 100 € est la troisième la plus contrefaite. Elle représentait 16 % des billets en euro contrefaits au 2nd semestre 2011, soit 49 600 billets de 100 € contrefaits[22]. La BCE et les banques centrales nationales recommandent d'être vigilant, et de reconnaître les faux-billets par la méthode simple de « Toucher-Regarder-Incliner »[22]. Selon l'expert judiciaire Gilles Duteil, ces estimations ne sont pas réalistes et il est « très difficile de déterminer un chiffre réellement significatif »[21].

Pour lutter contre cette contrefaçon, la BCE utilise des technologies de pointe lors de l'impression et un certain nombre de signes de sécurité, signes qui suffisent à dissuader les faux-monnayeurs. Elle dispose d'un centre d'analyse de la contrefaçon, qui coopère étroitement avec Europol[23]. Ce centre analyse les billets contrefaits récupérés par la police, afin de mieux prévenir les futures contrefaçons[23]. La BCE dispose également d'un Groupe de dissuasion de la contrefaçon des banques centrales (CBCDG)[23]. Il a pour mission de dissuader la contrefaçon numérique et, en empêchant la production de faux-billets, de réduire les dommages causés aux particuliers et aux entreprises qui seraient amenés à recevoir de faux-billets[23]. Il utilise des technologies de lutte contre la contrefaçon qui empêchent l’acquisition ou la reproduction, au moyen d’ordinateurs individuels ou d’outils d’imagerie numérique, de l’image d’un billet protégé. Le CBDG a également pour but de prévenir la reproduction non autorisée de billets[23].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

L'UE étant une institution ayant une politique environnementale très stricte, il était important à ses yeux de minimiser l'impact environnemental au sein de la fabrication de coupures en euro. La Banque centrale européenne dit essayer assidûment de faire un usage judicieux des ressources naturelles dans sa fourniture en billets, en gardant la qualité de l'environnement et en garantissant la santé des personnes[24].

Les billets de banque en euro sont sains d'utilisation : des tests indépendants confirment qu'ils satisfont tous les critères imposés par l'Union européenne, y compris les critères sur les substances chimiques utilisées[24]. Toutes les substances utilisées dans les billets sont dans une concentration en dessous de toute limite[24].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c BCE : carte de la zone euro 1999-2011
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j BCE : Introduction - L'utilisation de l'euro
  3. a, b, c, d, e et f BCE : les billets - les sept coupures.
  4. a, b, c et d BCE : les signes de sécurité Incliner.
  5. a, b, c, d, e et f BCE : signes de sécurité supplémentaires.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h BCE : les signes de sécurité Regarder.
  7. a, b et c « BCE : les signes de sécurité Toucher. », sur Banque centrale européenne, Banque centrale européenne,‎ 2002 (consulté le 9 octobre 2011)
  8. « BCE : caractéristiques de sécurité. », sur Banque centrale européenne, Banque centrale européenne,‎ 2008 (consulté le 13 octobre 2011)
  9. a, b, c et d BCE : Concours graphique organisé en vue de la première série de billets en euros
  10. a, b, c et d Girolami, Johansson et Schilde 2002
  11. Banque d'Italie - avril 2011
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l BCE - Les billets
  13. BCE - 2011, 10 ans de l'euro
  14. a, b, c, d, e et f BCE - production et stocks
  15. BBC News - décembre 1996
  16. a et b BCE - août 2011, Circulation
  17. « Banknotes and coins circulation », sur ecb.europa.eu (consulté le 14 juin 2014).
  18. a et b Girolami, Johansson et Schilde - 2002, section Statistique
  19. Christophe Cornevin, « La France cultive la tradition du faux-monnayage », Le Figaro,‎ 15 juin 2012
  20. a et b Céline Rastello, « Faux billets : la France, un pays de faussaires », Le Nouvel Observateur,‎ 14 juin 2012 (lire en ligne)
  21. a et b BCE - 16 janvier 2012, Information sur la contrefaçon
  22. a, b, c, d et e BCE, Lutte contre la contrefaçon
  23. a, b et c BCE - 20 décembre 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Fournier et Michel Prieur, Euro 3, Monnaies et Billets (1999-2006), Les chevau-légers,‎ 2005 (ISBN 2-903629-80-3)

Conventions monétaires et législation[modifier | modifier le code]

  • Convention monétaire entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de Son Altesse sérénissime le prince de Monaco, JOUE,‎ 31 mai 2002, 15 p. (lire en ligne)
  • Convention monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et la République de Saint-Marin, JOUE,‎ 27 juillet 2001, 4 p. (lire en ligne)
  • Convention monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et l'État de la Cité du Vatican, représenté par le Saint-Siège,‎ 25 octobre 2001, 4 p. (lire en ligne)
  • (en) Implementing UNMIK Regulation n° 1999/4 of 2 september 1999 on the currency permitted to be used in Kosovo, Unmikonline.org,‎ 4 octobre 1999 (lire en ligne)

Sites officiels[modifier | modifier le code]

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