Bernard de Montfaucon

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Bernard de Montfaucon

Le moine bénédictin Bernard de Montfaucon (16 janvier 165521 décembre 1741) fut l'un des savants de la congrégation de Saint-Maur.

Il a fondé l'archéologie en tant que science en appuyant l'histoire non seulement sur les textes, mais aussi sur les monuments et vestiges du passé.[réf. nécessaire]

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit le samedi 16 janvier 1655, au château de Soulatgé, petite commune du sud des Corbières, dans l'actuel département de l'Aude.

Bernard de Montfaucon passa ses premières années au château de Roquetaillade, résidence habituelle de sa famille, puis il fut envoyé à Limoux dès l'âge de sept ans au collège des pères de la doctrine chrétienne.

Ses lectures de Plutarque et de toute une série de livres de la bibliothèque paternelle lui firent embrasser la carrière des armes. Il fut admis à 17 ans, en 1672, dans le corps des Cadets de Perpignan, perdit son père à la fin de cette même année et dut rester à Roquetaillade jusqu'à l'année suivante (1673), époque à laquelle il entra comme volontaire, dans le régiment du Languedoc commandé par un de ses parents, le marquis d'Hautpoul, et partit en Allemagne alors qu'il avait à peine 18 ans comme capitaine des grenadiers. Il fit deux campagnes sous les ordres de Turenne, participa à la bataille de Marienthal et tomba malade à Saverne (en Alsace).

Au cours de sa maladie contagieuse il aurait fait le vœu à Notre-Dame de Marceille, près de Limoux, de donner à sa chapelle la somme de cent livres et de se faire bénédictin si, par bonheur et par son intercession, il revenait dans son pays. Son vœu fut exaucé et il rentra dans sa famille.

Après le décès de son père au château de Roquetaillade, celui de sa mère qui suivit de près son retour le laissa dans l'isolement, et il renonça au monde, prit l'habit de saint Benoît en 1675, au monastère de la Daurade à Toulouse, où il apprit le grec, l'hébreu, le chaldéen, le syriaque et le copte. Il y fit profession l'année suivante, le 13 mai 1676.

Il enseigna ensuite à Sorèze et deux ans après à l'abbaye de Lagrasse où il resta huit années, pendant lesquelles il entretint une active correspondance avec son supérieur général Dom Martin. Il s'y perfectionna en grec. Claude Martin, mort en 1696, le fit envoyer en 1686 à l'abbaye Sainte-Croix de Bordeaux où il apprit l'hébreu, puis à Paris, en 1687 aux Blancs-Manteaux.

Entouré d'un groupe de savants, (l'Académie des Bernardins), il publia des éditions des œuvres des pères de l'Église grecque : saint Athanase (1698 et qui lui valut les félicitations de Bossuet) et saint Jean Chrysostome (achevé en 1718), et se lia avec Du Cange sous la direction duquel il travailla un moment. En 1714 il publie des fragments qu'il a rassemblés des Hexaples d'Origène[1].

Dom Bernard de Montfaucon avait commencé ses travaux d'érudition grecque et latine bien avant son départ pour l'Italie (mai 1698) qu'il parcourut en tous sens pendant trois ans à la recherche de manuscrits pour la publication des œuvres de saint Jean Chrysostome, et où il fut un moment procureur de son ordre à la suite de la mort de son prédécesseur Dom Estiennot. À Rome, le pape Innocent XII qui avait facilité son voyage le reçut très honorablement, mais il fut en butte à la jalousie de Zacagni sous-bibliothécaire au Vatican et soutint des luttes contre les jésuites[2]. Enfin, il rentra en France en juin 1701.

En 1719, il avait été nommé par le Régent, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en l'absence de place vacante. C'est cette même année qu'il étudia la sépulture mégalithique de Cocherel (Eure).

À la mort (1719) du père Michel Le Tellier, jésuite, ancien confesseur de Louis XIV, Bernard de Montfaucon fut élu à sa place.

La compréhension de l'architecture antique fait des progrès déterminants, surtout avec la publication à partir de 1719 par Bernard de Montfaucon de L'Antiquité expliquée et représentée en figures[3] en 19 volumes qui présente pour la première fois l'Antiquité grecque et l'Antiquité romaine en commun. C'est durant cette période (1723) qu'il explore le site d'Olympie avec l'archevêque de Corfou.

C'est dom Bernard de Montfaucon qui est le fondateur de la paléographie avec la publication, en 1707, de Paleographia Graeca. C'est lui qui a inventé le mot Paléographie qu'il emploie pour la première fois dans une lettre datée du 14 janvier 1708 en lui donnant une signification très large qui englobe à la fois la codicologie et l'étude des écritures livresques.

Il distingue deux grandes catégories d'écritures : l'onciale, faite des majuscules, dont il emprunte le nom aux latinistes et qu'il connaît mal, les exemples en étant rares à Paris, et les écritures liées, faites des minuscules, dont il a une grande connaissance, par le Cabinet du roi et la collection du duc de Coislin.

Dom Bernard de Montfaucon mourut le 21 décembre 1741 à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et son corps fut transféré en 1819 dans l'ancienne église abbatiale.

Ses autres œuvres sont : Analecta Graeca (1688) ; Collectio nova et scriptorum graecorum (1706), Monuments de la monarchie française, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne (5 volumes de gravures, 1729-1733).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Analecta graeca, sive varia opuscula graeca inedita (Paris, 1688)
  • S. Athanasii opera omnia (Paris, 1698)
  • Diarium italicum (Paris, 1702)
  • Bibliotheca Coisliniana (Paris, 1705)
  • Collectio nova patrum graecorum (1706)
  • Palaeographia Graeca, sive, De ortu et progressu literarum graecarum (Paris, 1708)
  • Bibliotheca Coisliniana olim Segueriana, Paris: Ludovicus Guerin & Carolus Robustel, (Paris, 1715)
  • L'antiquité expliquée et représentée en figures (vols. 1-15, Paris, 1719-[1724)
  • Les monuments de la monarchie française (vols. 1-5, Paris, 1729-1733)
  • S. I. Chrisostomi opera omnia (Paris, 1718—1738; new edition 1735—1740)
  • Bibliotheca bibliothecarum manuscriptorum nova (vols. 1-2, Paris, 1739)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bravo Garcia Antonio, The Legacy of Bernard de Montfaucon: Three Hunderd Years of Study on Greek Handwriting Proceedings of the Seventh International Colloquium of Greek Palaeography (Madrid-Salamanca, 15-20 September 2008). Brepols 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « HEXAPLES » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  2. il écrira qu'à Rome il n'avait rien de plus à faire que surveiller les jésuites
  3. L'Antiquité expliquée et représentée en figures sur le site de la Ruprecht-Karls-Universität Heidelberg