Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse

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Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse
Image illustrative de l'article Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement chanoines réguliers de la Mère de Dieu depuis 2004
Début de la construction VIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1923)
Logo monument historique Classé MH (1932)
Logo monument historique Classé MH (1958)
Site web www.chanoines-lagrasse.com
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Aude
Commune Lagrasse
Coordonnées 43° 05′ 26″ N 2° 37′ 01″ E / 43.090556, 2.616881 ()43° 05′ 26″ Nord 2° 37′ 01″ Est / 43.090556, 2.616881 ()  

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Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse

L'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse est une abbaye située dans la commune de Lagrasse dans le département de l'Aude en région Languedoc-Roussillon.

Monastère bénédictin du VIIIe siècle à la Révolution, l'abbaye est rendue à la vie monastique en 2004 lors de son rachat par la communauté des chanoines réguliers de la Mère de Dieu. L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 23 juillet 1923[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le dortoir.
Le cloître.

Le monastère primitif, fondé à une date inconnue, est reconstruit par l’abbé Nimphibius en 779 en un lieu nommé alors « Novalius ». La nouvelle abbaye reçoit la protection de Charlemagne à partir de cette date. Son allégeance jouera un grand rôle dans le rayonnement temporel et spirituel de l'abbaye au cours du IXe siècle au XIe siècle. Ses possessions s’étendent de l’Albigeois jusqu’à Saragosse. Le texte de la charte de fondation daté du 19 janvier 779 est conservé aux archives départementales de l'Aude[2]. Un manuscrit intitulé « La légende de Philomena » de la première moitié du XIIIe siècle, dont deux exemplaires en latin et deux en langue d'oc existent encore aujourd'hui, décrit la fondation du monastère, les miracles et la consécration miraculeuse de l'église[3],[4].

Au cours des XIIe et XIIIe siècles, pendant la répression contre les Cathares, les abbés de Sainte-Marie ont un rôle d’apaisement. C’est grâce à eux que les cités de Béziers et de Carcassonne retrouvent la paix avec le roi et l’Église. Saint Louis leur en sera reconnaissant.

À partir du XIIIe siècle jusqu'au XVe siècle, l'abbaye connaît une période de déclin à cause de son excès de richesse puis de la guerre de Cent Ans. Une première réforme spirituelle est alors introduite au XIIIe siècle par l'abbé Auger de Gogenx. L'église abbatiale actuelle est profondément remaniée et transformée pour se protéger des pillards et des attaques venus de l'extérieur. Des fortifications sont bâties au XIVe siècle.

Au XVIe siècle, le premier abbé commendataire, Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix, entreprend la construction d’un grand clocher qui restera inachevé à sa mort en 1537. Au XVIIe siècle, la vie religieuse refleurit dans sa ferveur avec l’introduction à Lagrasse de la réforme de Saint-Maur en 1663.

Puis, au XVIIIe siècle, l’évêque de Carcassonne, Armand Bazin de Bezons, devient abbé de Lagrasse. Sous son impulsion les monuments monastiques sont rénovés et enrichis d’une cour d’honneur, d’un bâtiment conventuel et d’un cloître de style classique dans un beau grès ocre flammé. Ce chantier offre à Lagrasse l’originalité d’être aujourd’hui une des rares abbayes de la région juxtaposant harmonieusement des parties médiévales et classiques.

En 1792, malgré l’opposition des Lagrassiens, l’État s'empare des bâtiments et les moines sont chassés. Mais cette action engendre une dégradation de l'abbaye. L’édifice est pillé et puis vendu en deux lots séparés. Ces lots sont achetés par la famille Berlioz pour la petite partie, et la famille Sarrail et Gout de Bize pour la grande partie[5]. Cette séparation subsiste encore de nos jours.

La grande partie[modifier | modifier le code]

Après avoir servi d'hôpital militaire puis de caserne de gendarmes jusqu'en 1880[6], quatre religieuses de la congrégation des filles de Notre-Dame des Sept Douleurs s’installent dans la plus grande partie de l’abbaye[7]. Après deux ans de travaux, une maison de retraite y fut inaugurée en 1896 et parallèlement une cérémonie marqua la réouverture au culte de l'Église en présence de l'évêque de Carcassonne, Mgr Billard. Faute de vocations, l'hospice des religieuses à Lagrasse ferme en 1976.

En 1979, la Communauté de la Théophanie rachète la grande partie. Elle réalise d'importants travaux d'aménagement pour loger la communauté. L'association sera finalement dissoute en 1991 et l'abbaye mise en vente.

Après quelques années d'abandon, la famille Pregizer rachète les bâtiments en 1995 et entreprend, sous la direction des monuments historiques, d'importants travaux de réhabilitation. Toutes les cloisons érigées au fil des siècles sont abattues et laissent à nouveau réapparaître la splendide architecture d'origine au sein du palais abbatial. Parallèlement, l'étude préalable réalisée avec la DRAC, est l'occasion d'un travail de relevé sans précédent qui permet d'examiner pour la première fois la vue d'ensemble du monument et pose les bases d'un plan de restauration[8]. Afin de ramener l'abbaye à sa fonction d'origine, la famille Pregizer décide de vendre le bâtiment à une communauté de chanoines sous la règle de saint Augustin.

En 2004, cette communauté des chanoines réguliers de la Mère de Dieu acquiert les bâtiments[9] avec le soutien de Monseigneur Jacques Despierre, alors évêque de Carcassonne.

La petite partie[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la partie médiévale en cours de restauration. L’orphelinat des œuvres sociales des Médaillés militaires occupe cette partie de l’édifice, depuis le début du XXe siècle. La mairie de Lagrasse l'acquiert en 1981. Depuis 2004 elle est propriété du Conseil général de l'Aude qui permet sa visite depuis 2007.

La communauté des chanoines[modifier | modifier le code]

La partie récente de l'abbaye.

La communauté des chanoines réguliers de la Mère de Dieu a été fondée par le père Wladimir, premier père abbé de la communauté, à Gap. En 2004, elle déménage vers Lagrasse. Le 3 novembre 2006 le second abbé de la communauté, le père Emmanuel Marie de Saint-Jean, 60e abbé de l'abbaye de Lagrasse, a reçu des mains de Mgr André Fort, évêque d'Orléans, les insignes de sa charge : la Crosse, la Mitre et l'Anneau.

Au sein de l'abbaye vit donc la communauté des chanoines réguliers de la Mère de Dieu. Ce sont des religieux, en majorité prêtres, vivant en communauté sous la règle de saint Augustin, attachés à un monastère ou à une église. Ces prêtres vouent leur vie à la liturgie et à l’apostolat. Cela donne donc un triptyque : vie commune, vie contemplative et vie apostolique.

Ces hommes vivent intégralement la réalité de la consécration communautaire et personnelle à la Vierge Marie. La vie d'un chanoine de l'abbaye se déroule alors autour de la liturgie, la contemplation, l'apostolat et les études diverses. Les chants, les prières et les messes font partie de leur vie quotidienne.

Le « Te Deum pour Lagrasse »[modifier | modifier le code]

Les travaux de rénovation de l'abbaye ayant un coût très élevé, une jeune compositrice, Jeanne Barbey, décide de leur venir en aide en écrivant un « Te Deum ». Cette œuvre, jouée pour la première fois le 15 janvier 2006 en l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile de Paris devant plus de 1 500 personnes, connaît un grand succès, et contribue ainsi à développer le rayonnement de l'abbaye en France.

Les abbés[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Durliat, Daniel Drocourt - L'Abbaye de Lagrasse - pp.104-124, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1973
  • Bruno Tollon - L'Abbaye de Lagrasse aux XVIIe et XVIIIe siècles - pp.125-129, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1973
  • Collectif, dir. A.S.M.V.A.L. - L'Abbaye de Lagrasse - Mille ans de sculptures - Nouvelles Presses du Languedoc - Sètes - 2008
  • Collectif, dir. A.S.M.V.A.L. - Auger de Gogenx (1279-1309), dans Les Cahiers de Lagrasse 1 - Nouvelles Presses du Languedoc - Sètes - 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00102711 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Magnou-Mortier : Recueil des chartes de l'abbaye de la Grasse, tome I, 77-1119, 1996, pp. 3-4.
  3. Voir sur lagrasse.fr.
  4. Voir sur emile.simonnet.free.fr.
  5. ADA: 1V 193.
  6. ADA: 4N78 : Lettre du ministère de l'intérieur.
  7. ADA : 82J 42: Les sœurs achètent la propriété à la famille Gout de Bize.
  8. Étude historique de l'Abbaye de Lagrasse, B. Chédozeau. 2003.
  9. La visite est possible (payante).
  10. Claudine Pailhès, « Introduction », dans Claudine Pailhès, éd. Recueil des chartes de l'abbaye de La Grasse, tome II : 1117-1279, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Collection de documents inédits sur l'Histoire de France - Section d'histoire médiévale et de philologie, no 26, Paris, 2000, p. XXXVII. (ISBN 978-2-7355-0434-3) [présentation en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]