Banque d'Angleterre

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Banque d'Angleterre
(en) Bank of England
Image illustrative de l'article Banque d'Angleterre
Logo de la Banque d'Angleterre

Siège Londres (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)
Coordonnées
géographiques
du siège
51° 30′ 51″ N 0° 05′ 17″ O / 51.5142, -0.088055651° 30′ 51″ Nord 0° 05′ 17″ Ouest / 51.5142, -0.0880556  
Création 27 juillet 1694
Président Drapeau : Canada Mark Carney
Zone monétaire Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Devise Livre sterling
Code ISO 4217 GBP
Réserves 403 milliards de £ (2013)
Site officiel (en) www.bankofengland.co.uk

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(Voir situation sur carte : Angleterre)
Banque d'Angleterre

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Banque d'Angleterre

La Banque d'Angleterre (en anglais, Bank of England) est la banque centrale du Royaume-Uni, située dans la Cité de Londres.

Société de droit privée durant deux siècles et demi, elle est nationalisée en 1946 puis devient en 1998, un organisme public indépendant du gouvernement, contrôlé uniquement par le Trésor. Sa principale mission reste consultative au niveau de la politique monétaire.

Elle est connue sous le nom de « La vieille dame de Threadneedle Street » (« The old lady of Threadneedle street »)[1].

Ce site est desservi par la station de métro Bank and Monument.

Histoire de la Banque d'Angleterre[modifier | modifier le code]

La Banque d'Angleterre vers 1890-1900.

La banque a été fondée en 1694 sous le nom de The Governor and Company of the Bank of England, quelques années après la Glorieuse Révolution par un groupe d'artisans, parlementaires et marchands menés par sir William Paterson et construite sur l'ancien temple romain dédié à Mithras, situé dans Walbrook. Son capital initial était fixé primitivement à 1,2 million de livres sterling, il s’élève en 1697 à 2,2 millions de livres puis en 1710 à 5,56 millions de livres.

Parfois surnommée the old lady of Threadneedle Street, « la vieille dame de Threadneedle Street », du nom de son adresse dans la City de Londres depuis 1734, son capital a été nationalisé le 1er mars 1946, puis en 1998, elle devient un organisme public indépendant, uniquement contrôlé par le Treasury Solicitor's Department (TSol).

Une innovation majeure pour l'époque[modifier | modifier le code]

Les expériences précédentes étaient apparues dès le Moyen Âge, à Venise et à Gênes. La Banque d'Amsterdam, née en 1609, centralisait les virements commerciaux en Europe et mettait en circulation des certificats représentatifs des dépôts qui lui étaient confiés, proches des billets de banque, mais elle n'escomptait pas régulièrement les effets de commerce.

Quasiment à la même époque la Banque de Suède ou Riksbank a été la première à émettre de véritables billets de banque, mais son importance économique est restée alors fort limitée. La Banque d'Angleterre est devenue la première des grandes banques d'émission et un pivot, dès sa création, de la révolution financière britannique, en soutenant les emprunts de l'État, puis plus tard en servant de prêteur en dernier ressort aux banques commerciales.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, elle ne dépend toujours pas du gouvernement mais d’une holding privée contrôlée par des intérêts financiers de la City. En 1844 lui est conféré le pouvoir d'émission de la monnaie fiduciaire par l'État. Cela est explicable par la multiplication des échanges au début du XIXe sièle qui nécessite ainsi des besoins de billets à grande échelle.

Son surnom de « old lady of Threadneedle Street » provient d'une légende qui est colportée dès cette époque : le fantôme de Sarah Whitehead, également surnommé The Black Nun (la nonne noire), hanterait les jardins de la banque puis ses locaux. En réalité, cette histoire repose sur un fait historique avéré : en 1811, Philip Whitehead, employé comme caissier à la Banque, fut traduit en justice pour contrefaçon puis pendu. Sarah, sa sœur, qui n'avait pas été avertie, revint plusieurs fois à la Banque demander de ses nouvelles. En 1818, le directeur, agacé, lui remet une somme d'argent pour qu'elle cesse de revenir importuner les employés et les clients. Elle perdit sans doute la raison, écrasée par le chagrin[2].

Missions et activités[modifier | modifier le code]

La Banque d'Angleterre.
Banque d'Angleterre, Leeds.

La Banque d'Angleterre a pour rôle de promouvoir et de maintenir la stabilité monétaire et financière du Royaume-Uni, de conduire la politique de change, d'assurer la distribution des livres sterling en Angleterre et au Pays de Galles, et de jouer le rôle de « prêteur en dernier ressort » auprès des banques commerciales.

La Banque d'Écosse peut émettre des billets indépendamment.

Émission monétaire[modifier | modifier le code]

La Banque d'Angleterre émet des billet depuis 1694. Les premiers billets de banque étaient rédigés à la main sur une seule face, authentifiés par un timbre sec, une numérotation et des signatures de contrôle. Dès 1725, l'impression se fait à la presse via une gravure sur métal mais toujours uniface. Ces premiers types de billets furent appelés pendant longtemps les White Notes (billet blancs), du fait de leur couleur monochrome qui les caractérisait jusqu'en 1914. L'impression devient totalement mécanisée dès 1855, toujours uniface, et les premiers billets polychromes modernes sont très tardifs, ils naissent en 1928 en même temps que les premiers billets de petits montants. Les montants courants sont relativement faibles, entre ½ (10 shillings) et 50 livres sterling, ce qui est toujours le cas, les billets d'un montant inférieur à 5 livres ayant été supprimés dans les années 1980. Les montants plus élevés servaient aux grosses transactions et étaient plutôt rares (billets de 100 à 1000 livres). L'impression est actuellement gérée par De la Rue.

En vertu d'un système juridique d'exception, il est interdit de faire figurer une reproduction des anciennes émissions de la banque d'Angleterre et ce, sur n'importe quel support (voir Billet de banque ancien et droit de reproduction).

Réserves d'or[modifier | modifier le code]

La Banque d'Angleterre constitue le lieu de dépôt des réserves stratégiques en or métal pour la Grande-Bretagne, mais également pour le compte d'autres gouvernements. La salle des coffres est située sous la City, dans un espace de plusieurs étages souterrains tenu secret.

La Banque d'Angleterre, qui détenait au XIXe siècle la plus importante réserve d'or au monde, est aujourd'hui à la 15e place en termes de volumes, pour une masse estimée à 4 600 tonnes, essentiellement des lingots. En février 2014, au cours du marché de l'or, la réserve est évaluée à un peu moins de 150 milliards d'euros.

Musée[modifier | modifier le code]

La Banque d'Angleterre comprend également en ses locaux un musée de la monnaie et de la finance anglaise à des fins pédagogiques, situé sur son bord oriental. Le musée est privé, il est ouvert seulement des lundis aux vendredis.

Présidents de la Banque d'Angleterre[modifier | modifier le code]

La liste des présidents de la Banque d'Angleterre depuis le début du XXe siècle est la suivante[3] :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. William Engdahl, Pétrole une guerre d’un siècle, Jean-Cyrille Godefroy, France, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « About the Bank », sur Bank of England,‎ 21th August
  2. (en)The Bank of England and The Black Nun, en ligne.
  3. « A chronological list (1694 - present) », Bank of England (consulté le 2014-07-17)