Béatrix de Rochefide

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Béatrix de Rochefide
Personnage de fiction apparaissant dans
La Comédie humaine

Béatrix de Rochefide et Calyste du Guénic.
Béatrix de Rochefide et Calyste du Guénic.

Alias Marquise Béatrix-Maxilmilienne-Rose de Rochefide
Origine Orne
Sexe Féminin
Caractéristique(s) nuisible
Famille Fille du marquis de Castéran
Entourage le faubourg Saint-Germain
Ennemi(s) La marquise d'Espard, Maxime de Trailles

Créé par Honoré de Balzac
Roman(s) Béatrix, Sarrasine

La marquise Béatrix-Maximilienne-Rose de Rochefide est un personnage de la Comédie humaine d’Honoré de Balzac. Née en 1808, fille du marquis de Castéran, elle épouse à l'âge de vingt ans le marquis de Rochefide qu’elle trompe très rapidement. Elle apparaît pour la première fois dans Sarrasine en 1830, dans l’hôtel de Lanty, accompagnée d’un inconnu.

Sa jeunesse et son mariage complexe sont évoqués par Melchior de Canalis dans Modeste Mignon. La comparaison n’est pas à son avantage : elle est jalouse du salon parisien de Félicité des Touches. La marquise d’Espard la considère comme une petite sotte cherchant à « singer la vicomtesse de Beauséant »[1], et Maxime de Trailles, qu’elle a refusé de recevoir, la définit comme « une marquise d’Espard sans profondeur politique »[2].

Son rôle principal est dans le roman éponyme : Béatrix où sont retracées ses amours tumultueuses. Elle change d’amant comme de chemise, elle se plaît à voler les amants des autres. Félicien Marceau la qualifie de « pie voleuse »[3].

Elle appartient à cette catégorie de coquettes frivoles qu’une secousse peut émouvoir. Comme Antoinette de Langeais avait été séduite par la violence du général de Montriveau, Béatrix sera séduite par le geste désespéré de Calyste du Guénic qui tente de se jeter à la mer avec elle.

Mais Béatrix n’a pas la profondeur d'une Langeais. Elle a surtout le désir de nuire et de saccager, ce qui la rendra laide en fin de vie « osseuse, filandreuse », et vaincue par la famille de Grandlieu qui la pousse dans les bras du comte de la Palférine[4].

Dans l’hôtel de Lanty où elle a été amenée par un accompagnateur inconnu, elle demande l’explication de l’étrange tableau « l'Adonis », de Joseph-Marie Vien. Lorsqu'on lui raconte l’histoire de Zambinella, elle prend le petit vieillard (ex-Zambinella), que la famille de Lanty entoure de mille soins, pour un revenant. Bouleversée par le récit, elle renvoie son narrateur.

Elle appartient au meilleur monde du faubourg Saint-Germain et elle envisage de devenir à son tour une des « reines de Paris ». Elle est présente au fameux « raout » de Félicité des Touches.

Elle fait la connaissance du compositeur – ténor Gennaro Conti avec lequel elle s’enfuit en Italie. On apprend son escapade lorsqu’elle informe Félicité de son retour et de son arrivée au manoir des Touches où Félicité des Touches lui présente Calyste du Guénic. Béatrix comprend tout de suite que Félicité est amoureuse du jeune homme, elle se fait un plaisir de le séduire pour le lui « arracher ». Mais comme, dans un premier temps, elle se refuse à lui, Calyste tente de la jeter à la mer du haut d'une falaise et de se noyer avec elle. Sauvée de justesse par un arbuste qui arrête sa chute, elle est tout d'un coup enchantée par ce geste violent et par le désespoir de Calyste. Mais Conti revient la chercher et elle quitte Guérande avec son amant.

Calyste du Guénic, maintenant marié, lui rend visite dans sa loge au théâtre des variétés où elle se trouve en compagnie de Raoul Nathan et Canalis. Elle devient la maîtresse de Calyste essentiellement pour nuire à la femme du jeune homme, Sabine du Guénic, à laquelle elle fait savoir l’infidélité de son mari.

Raoul Nathan lui présente le Comte Charles-Edouard Rusticoli de La Palferine, dont elle devient la maîtresse, poussée en cela par les Grandlieu qui se plaisent à la ridiculiser. Mais Béatrix se lasse vite de sa nouvelle conquête. À cette époque, elle a vieilli, perdu son charme, et elle retourne piteusement auprès de son mari le marquis de Rochefide qui fait partie de ces « maris inexistants » comme le Comte Hugret de Sérisy, ou Paul de Manerville.

Elle apparaît aussi dans:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Secrets de la princesse de Cadignan, La Pléiade, 1981, t. VI, p. 958
  2. La Maison Nucingen, La Pléiade, 1981, t. VII, p. 913
  3. Balzac et son monde, Paris, 1986, p. 163
  4. Balzac et son monde, Paris, 1986, p. 164

Références[modifier | modifier le code]

  • Pierre Abraham, Créatures chez Balzac, Paris, Gallimard, Paris, 1931.
  • Arthur-Graves Canfield, « Les Personnages reparaissants de La Comédie humaine », Revue d’histoire littéraire de la France, janvier-mars et avril-juin 1934 (réédité sous le titre The Reappearing characters in Balzac’s Comédie humaine, Chapell Hill, University of North Carolina Press, 1961. Réimpression Greenwood Press, 1977.
  • Anatole Cerfberr et Jules Christophe, Répertoire de La Comédie humaine de Balzac, introduction de Paul Bourget, Paris, Calmann-Lévy, 1893.
  • Charles Lecour, Les Personnages de la Comédie humaine, Paris, Vrin, 1967.
  • Félix Longaud, Dictionnaire de Balzac, Paris, Larousse, 1969.
  • Fernand Lotte, Dictionnaire biographique des personnages fictifs de « La Comédie humaine », Avant-propos de Marcel Bouteron, Paris, José Corti, 1952.
  • Félicien Marceau, Les Personnages de la Comédie humaine, Paris, Gallimard, 1977, 375 p.
  • Félicien Marceau, Balzac et son monde, Paris, Gallimard, collection Tel, 1970, édition revue et augmentée, 1986, 684 p. (ISBN 2070706974).
  • Anne-Marie Meininger et Pierre Citron, Index des personnages fictifs de la Comédie humaine, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1981, t.XII, p. 1517 (ISBN 2070108775).
  • Anatole Cerfberr et Jules Christophe, Répertoire de La Comédie humaine de Balzac, introduction Boris Lyon-Caen, classiques Garnier, 2008, (ISBN 9782351840160).