Andy Goldsworthy

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Andy Goldsworthy

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Striding Arch, Colt Hill

Naissance (57 ans)
Cheshire, Royaume-Uni
Nationalité Britannique
Activités Sculpture ; photographie
Formation Bradford College of Art (1974-1975) ; Preston Polytechnic (1975-1978)
Mouvement artistique Art environnemental ; Land art
Influencé par Constantin Brâncuși ; Richard Long ; Robert Smithson ; Joseph Beuys ; Ben Nicholson ; Paul Nash

Andy Goldsworthy est un artiste britannique, né dans le Cheshire le 26 juillet 1956, qui produit des sculptures intégrées à des sites spécifiques urbains ou naturels. Il est l'un des principaux artistes du Land art et utilise des objets naturels ou récupérés pour créer des sculptures éphémères ou permanentes faisant ressortir le caractère de leur environnement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Andy Goldsworthy naît dans le Cheshire le 26 juillet 1956[1] et grandit à Leeds dans le Yorkshire. Dès l'âge de 13 ans, il travaille dans des fermes et cette expérience l'influence profondément. Il découvre la beauté des matériaux naturels façonnés par l'homme, comme les sillons dessinés par le tracteur dans le champ, ou le mélange des objets de la ferme avec les pierres. La brutalité très visuelle de la campagne marque également ses conceptions artistiques, par ses observations quotidiennes d'animaux morts, ou de chiens attaquant les moutons[2]. Plus tard, il compare le caractère répétitif du travail paysan à la routine de la sculpture : « Une bonne partie de mon travail ressemble à la cueillette des patates ; il faut rentrer dans son rythme. »[3]

À Leeds, il entre au College of Art de Bradford en 1974, puis s'inscrit à la Preston Polytechnic de Lancaster afin d'étudier les beaux-arts entre 1975 et 1978 ; il obtient un diplôme de Bachelor of Arts de cette université[4].

Goldsworthy réside ensuite successivement dans le Yorkshire, le Lancashire et en Cumbrie. En 1985, il s'installe à Langholm dans le Dumfriesshire, en Écosse, puis, l'année suivante, à Penpont, village voisin où il installe son atelier dans un ancien grenier en pierre. De ce mouvement qui l'a entraîné peu à peu plus au nord, Goldsworthy déclare qu'il est « dû à un mode de vie qu'il ne maîtrisait pas complètement », mais que les facteurs en sont les occasions qui se présentent, le désir de travailler à ces endroits et des « raisons économiques »[5].

En 1993, il reçoit un doctorat honoris causa de l'Université de Bradford. Il est actuellement professeur itinérant de l'Université Cornell[6].

Un documentaire intitulé Rivers and Tides lui est consacré par le réalisateur allemand Thomas Riedelsheimer en 2001, avec une musique composée pour l'occasion par le guitariste Fred Frith[7]. Ce film présente le travail d'élaboration sur plusieurs mois d'une œuvre intitulée Rivers and Tides, constituée de serpentins de glace, de feuilles et de cercles de branches, de nids de bois et de cairns.

Style artistique[modifier | modifier le code]

Andy Goldsworthy travaille généralement en plein air, avec des matériaux trouvés sur place, bien qu'il ait réalisé à l'occasion certaines œuvres à l'intérieur de bâtiments, musées ou galeries (par exemple, le mur d'argile à Digne). Il utilise quasi-exclusivement des matériaux ou objets naturels (neige, glace, feuilles d'arbres, tiges, galets, fleurs, etc.) pour ses œuvres (à quelques exceptions près, comme par exemple le cairn édifié à partir de morceaux d'acier sur le site d'une ancienne mine)[8].

Pour ses œuvres éphémères, Goldsworthy n'utilise généralement pas d'autres outils que ses propres mains et dents, des outils improvisés et éventuellement un opinel. Il lui est arrivé de faire appel à de la machinerie lourde ou légère pour réaliser des œuvres d'envergure et permanentes (notamment les cairns les plus grands ou des sculptures comme Roof, Stone River et Three Cairns, Moonlit Path et Chalk Stones). Pour la création de Roof, Goldsworthy a travaillé avec son assistant et cinq maçons qui se sont assurés que la structure peut survivre au temps et à la nature.

À l'instar de nombreux artistes du Land art, Andy Goldsworthy considère ses œuvres comme de l'« art éphémère », le temps de dégradation pouvant varier de quelques secondes à plusieurs années : sculptures de glace qui ne durent qu'une saison, sculptures de sable sur une plage disparaissant à la première marée, constructions de pierre ou de métal qui ne subissent qu'une entropie naturelle.

La photographie joue un rôle crucial dans son art. Goldsworthy conserve les traces de ses œuvres au moyen d'épreuves photographiques en couleur dont beaucoup sont accompagnées d'un titre sous forme de légende expliquant la genèse de l'œuvre. Selon ses propres termes, « chaque œuvre pousse, subsiste, se dégrade — composantes intégrales d'un cycle que le photographe montre à leur point culminant, balisant le moment où l'œuvre est la plus vivante. Il y a une intensité dans une œuvre à son sommet qui j'espère s'exprime dans l'image. L'évolution et le délabrement sont implicites. »[9]

Son intention n'est pas « d'apposer sa marque » sur le paysage mais de travailler instinctivement avec lui, afin que ses créations manifestent, même brièvement, un contact en harmonie avec le monde naturel. Il s'intéresse particulièrement au temps tel qu'il est rendu manifeste par l'évolution de la nature. « Mouvement, changement, lumière, croissance et altération sont l'âme de la nature, les énergies que j'essaie de faire passer à travers mon travail » [10].

Andy Goldsworthy voyage beaucoup mais se concentre sur un seul endroit. C'est ainsi qu'il a rendu visite, à plusieurs reprises, à un rocher bien précis près de Saint-Louis dans le Missouri. Il a également travaillé dans le désert d'Australie, à Grise Fiord au nord du Canada, et au Pôle Nord pendant deux jours.

Il a exposé seul à plusieurs reprises en Angleterre, en France, aux Pays-Bas et au Japon. Il a participé à la Biennale de Venise et exécuté plusieurs commandes importantes, comme celle du Jardin de pierres, commanditée par le Musée de l'héritage juif de New York[11], ou celle commanditée pour la cour d'entrée du musée De Young de San Francisco, intitulée Drawn Stone, qui fait écho au fréquents tremblements de terre de la ville. Cette installation comporte, dans la chaussée, une gigantesque crevasse qui se subdivise en plusieurs craquelures plus petites, et des blocs de calcaire pouvant servir de bancs. Les petites craquelures ont été faites au marteau, ajoutant un caractère imprévisible à l'œuvre lors de sa création[12].

Expositions et installations[modifier | modifier le code]

Œuvres pérennes en France[modifier | modifier le code]

Refuge d'Art[modifier | modifier le code]

Refuge d’Art est un parcours de 150 km à travers la réserve naturelle géologique de Haute-Provence. Il permet à des randonneurs de relier trois Sentinelles, cairns en pierre sèche édifiés aux entrées de la réserve. Ce parcours est ponctué de Refuges, bâtiments en ruine restaurés pour servir d'abris. Une sculpture est installée dans chaque site[27].

Autres[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J. P. Stonard, « Goldsworthy, Andy », Grove Art Online,‎ 10/12/2000 (consulté en 30/03/2009)
  2. D'après une interview pour Time, 13 avril 2007
  3. (en) T. Adams, « Natural talent », The Observer,‎ 11/03/2007 (consulté en 30/03/2009)
  4. (en) « Andy Goldsworthy (British, 1956) », artnet (consulté en 30/03/2009)
  5. (en) « Andy Goldsworthy », Cass Sculpture Foundation (consulté en 30/03/2009)
  6. (en) Rivers and Tides sur l’Internet Movie Database
  7. (en) A. Sooke, « He's got the whole world in his hands », The Daily Telegraph,‎ 24/03/2007 (consulté en 30/03/2009)
  8. (en) « Andy Goldsworthy: Art of nature », ninemsn,‎ 19/02/2006 (consulté en 30/03/2009)
  9. Citation de Goldsworthy tirée de son livre Le Temps.
  10. Notes biographiques de son éditeur en France
  11. (en) S. Douglas, « In Their Words: James Turrell and Andy Goldsworthy », Artinfo,‎ 24/10/2005 (consulté en 30/03/2009)
  12. a, b et c « Refuge d'Art, Andy Goldsworthy », Musée Gassendi
  13. (en) « Andy Goldsworthy sculpture, Stone River, enters Stanford University's outdoor art collection », Cantor Arts Center, Université Stanford,‎ 4 septembre 2001 (consulté le 30 mars 2009)
  14. (en) « Andy Goldsworthy: Arch at Goodwood, 2002 », Cass Sculpture Foundation (consulté le 30 mars 2009)
  15. (en) « Andy Goldsworthy on the Roof », Metropolitan Museum of Art,‎ 2004 (consulté le 30 mars 2009)
  16. (en) « Andy Goldsworthy : Early Works : Leaves, Twigs, Enormous Snowballs and Icicles... Andy Goldworthy's Sculptures are Inherently Surprising and Beautiful », bbc.co.uk,‎ 4 mai 2005 (consulté le 30 mars 2009)
  17. (en) « Andy Goldsworthy : Nature and Art Combine when the Early Works of the Internationally Renowned Artist Andy Goldsworthy come to Fairfields Art Centre in Basingstoke », bbc.co.uk,‎ 20 septembre 2005 (consulté le 30 mars 2009)
  18. (en) « Drawn Stone », Galerie Lelong (consulté le 30 mars 2009)
  19. (en) « The Andy Goldsworthy Project : 22 January – 15 May 2005 », National Gallery of Art,‎ 2005 (consulté le 30 mars 2009)
  20. (en) « Andy Goldsworthy », Gibbs Farm
  21. (en) S. Oksenhorn, « A Wall of Integration, Not Division », Aspen Times Weekly,‎ 23 septembre 2006 (consulté le 30 mars 2009)
  22. (en) G. Calton (photographe), « Andy Goldsworthy at the Yorkshire Sculpture Park », The Observer,‎ 11 mars 2007 (consulté le 30 mars 2009)
  23. (en) « Andy Goldsworthy », Yorkshire Sculpture Park (consulté le 30 mars 2009)
  24. (en) « Goldsworthy's Spire + Wood Line », Presidio
  25. (en) Kevin Rushby, « Andy Goldsworthy in Alderney », The Guardian,‎ 15 avril 2011 (consulté le 1er mai 2011)
  26. « En plaçant mon travail dans un lieu où quelque chose existe déjà, où des hommes ont déjà vécu, – explique Goldsworthy – ma vie et mon art sont mis en contexte. Je considère le paysage comme une succession de couches dont je serais la dernière strate. Je m’identifie à la géologie et à la façon dont les êtres déposent leur présence et leur vie par strates successives qui font la richesse d’un lieu »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Hand to Earth: Andy Goldsworthy, Henry Moore Centre, Leeds, England, 1990.
  • A Collaboration with Nature, Harry N. Abrams, Inc., New York, 1990.
  • Stone, Harry N. Abrams, Inc., New York, 1994. Diffusion en France : éditions Anthese (Pierres).
  • Wood, Harry N. Abrams, Inc., New York, 1995. Diffusion en France : éditions Anthese (Bois).
  • Wall, Harry N. Abrams, Inc., New York, 1995. Diffusion en France : éditions Anthese (Mur).
  • Arch, Harry N. Abrams, Inc., New York, 1999. Diffusion en France : éditions Anthese (Arche).
  • Cairns, Diffusion en France : éditions Anthese / Images en manœuvres / Musée Gassendi, 1997.
  • Time, Cameron Books, Moffat, Dumfriesshire Schotland 2000. Diffusion en France : éditions Anthese (le temps).
  • Midsummer Snowballs, Harry N. Abrams, Inc., New York, 2001.
  • Refuges d'Art, Editions Artha / Varia, 2002.
  • Passage, Thames & Hudson, 2004. Diffusion en France : éditions Anthese (Passage).
  • Portfolio, Andy Goldsworthy, Refuges d'Art, 1999-2005, Coéditeurs Musée Gassendi, CAIRN, Réserve Géologique de Haute-Provence, 2005.
  • Mur et enclos, 2008.
  • Refuges d'Art, Editions Fage, Musée Gassendi, 2008.
  • Andy Goldsworthy, Andy Goldsworthy, Repères 97, Ed. Galerie Lelong, Paris, 1998, (ISBN 2868820212)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Refuges d'Art, DVD, 16min30, Sibylle Sturmer, 2006. Vendu avec l'ouvrage Refuges d'Art, (Fage / Musée Gassendi, 2008).
  • Energy art, DVD, 8min50, Yann Marquis, 2004. Vendu avec l'ouvrage Refuges d'Art, (Fage / Musée Gassendi, 2008).
  • Rivers and Tides, DVD, Thomas Riedelsheimer, Editeur DVD : Compagnie des Phares et Balises, EAN 3545020007280, 2000.
  • Nature & Nature, un film de Camille Guichard, 13 min, production et diffusion Terra Luna Films, 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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