Art éphémère

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L'art éphémère est une forme artistique, présente surtout dans l'art contemporain (mais pas exclusivement) et qui joue non pas sur la pérennité de l'œuvre d'art, ce qui est la règle générale, mais sur la brièveté, son caractère provisoire et souvent la mise en scène de l'artiste lui-même dans l'œuvre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette forme d'art est récente mais, par définition, ne laissant pas de trace directe, les formes anciennes ne nous sont connues que par des pratiques ayant survécu dans des civilisations primitives.

L'art éphémère dans l'art contemporain[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire de l'art, chaque génération a cherché la rupture avec la génération précédente. Ainsi lorsque Kasimir Malevitch réalise en 1918 son Carré blanc sur fond blanc, la seule provocation restante consiste à nier le support lui-même.

Certains artistes s'emparent de cette question, comme Marcel Duchamp en réalisant ses « ready-made », objets de la vie courante promus au rang d'œuvres d'art. Les dadaïstes puis les surréalistes vont expérimenter les œuvres collectives, à commencer par les « performances », qui par définition ne durent que l'espace de la représentation.
Les « performances » ont évolué, notamment dans l'Art corporel, le fluxus et les happenings.

Le Land art est également une forme d'art éphémère, puisqu'il consiste à réaliser des œuvres d'art dans la nature, en général avec des éléments naturels tels que des branchages, des fleurs, des cailloux, ... lesquels sont périssables ou en tout cas évoluent avec les saisons et les aléas climatiques.

Le street art, ou art urbain, est également une forme d'art éphémère (graffiti, pochoir, collages, etc.). Parmi les chefs de file de cette forme d'expression : le groupe Banlieue-Banlieue qui durant les années 1980 réalisait en atelier d'immenses fresques, peintes sur des lés de papier kraft puis collés sur les murs des villes pour être abandonnées aux intempéries. Jean Faucheur et les Frères Ripoulin réalisaient, quant à eux, des peintures sur papier kraft, 4 m x 3 m, qu'ils collaient sur les panneaux publicitaires implantés dans les rues de Paris. D'autres utiliserons d'autres techniques de traces urbaines : Jérôme Mesnager, Jef Aérosol, Miss.Tic, Les Musulmans fumants, et plus récemment : Banksy, Obey Giant, Invader, Zevs, JRetc.

Les cercueils figuratifs créés par Eric Adjetey Anang de l'atelier Kane Kwei et par une demi-douzaine d'autres artistes de Teshie (Ghana) relèvent également de l'art éphémère.

De même, le Goodbye art (destruction de l'œuvre après sa création), élaboré par le plasticien Phil Hansen, constitue une autre variante de l'art éphémère.


Les « installations » sont souvent éphémères, créées pour le temps d'une exposition.

Paradoxes de l'art éphémère[modifier | modifier le code]

Le désir de laisser le moins de traces pérennes possibles demeure paradoxal pour un artiste en réalisant une performance sans preuve durable (autre que la photographie). Si l'art éphémère veut sortir du musée, il y revient de façon indirecte. De plus, le problème du financement de l'artiste se pose de façon non triviale. Pour exister culturellement et financièrement l'intervenant en art éphémère se voit donc contraint de réaliser a priori des projets ou des maquettes qu'il peut exposer et vendre (comme Christo par exemple) et de réaliser pendant son projet des enregistrements, photographies, films, vidéos qu'il pourra ensuite utiliser comme témoignages et sources de revenus. De même, le Land art, réalisé en pleine nature, gigantesque et périssable, peut réintégrer les musées et expositions sous une forme vendable et réduite en taille (ex : Lignes d'ardoises de Richard Long à Bordeaux, ou sous forme de photographies (Andy Goldsworthy, Nils-Udoetc.)[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]