Culture nuragique

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La culture nuragique apparaît en Sardaigne au cours du premier âge du bronze, vers le XVIIIe siècle av. J.-C. et ce nom dérive de son monument le plus caractéristique : le nuraghe. Cette même culture s'est étendue également en Corse, où l'on en trouve trace en maints endroits, notamment en Corse du sud.



Nuragique I[modifier | modifier le code]

Complexe pré-nuragique de Monte d'Accoddi, 4e millénaire av. J.-C.

Sur la base d’une classification et d’une division temporelle du spécialiste Giovanni Lilliu, la première phase dénommée Nuragique I, voit se former les caractéristiques principales de cette culture ; entre la fin du Bronze ancien et les débuts du Bronze moyen (XVIIIe ‑ XVIe siècle av. J.-C.) apparaissent les premiers « proto-nuraghes », appelés également « nuraghes en couloir ». Il s’agit d’édifices assez différents des nuraghes classiques : d’aspect plus ramassé et dont le plan est généralement irrégulier; on ne trouve pas à l’intérieur la grande chambre circulaire typique du nuraghe, mais un ou plusieurs couloirs et éventuellement une petite chambre couverte par une fausse voûte.

Nuragique II[modifier | modifier le code]

Nuraghe Ruju dans la province d'Oristano

À l’âge du Bronze moyen, au cours des XVIIe ‑ XIVe siècle av. J.-C. apparaissent les nuraghes en tholos, caractérisés par la tour conique tronquée qui abrite à l’intérieur une ou plusieurs chambres superposées, couvertes par une fausse voûte.

Nuragique III[modifier | modifier le code]

Dans un second temps, à situer vraisemblablement durant la phase du Nuragique III (Bronze récent et Bronze final, entre le XIVe ‑ IXe siècle av. J.-C.) furent adossées au simple nuraghe déjà existant d’autres tours nuragiques reliées par une mur d’enceinte pour former un véritable bastion muni de tours, constituant des édifices imposants et bien articulés : du simple ajout d’une petite tour latérale à la véritable forteresse avec un bastion pourvu de tours angulaires, généralement trois (Santu Antine, Torralba-SS, Losa, Abbasanta-OR), quatre (Su Nuraxi, Barumini-CA; Santa Barbara, Macomer-NU), ou même cinq (Arrubiu, Orroli-NU), souvent pourvus d’une cour intérieure où se trouvait également un puits pour l’eau.

D’autres murs d’enceinte extérieure, parfois pourvus de tours pouvaient entourer les bastions et constituer une ligne de défense avancée. En ce qui concerne leur fonction, les archéologues sont désormais d’accord pour considérer que les nuraghes étaient des édifices à caractère à la fois civil et militaire, destinés au contrôle et à la défense du territoire et de ses ressources. En effet, depuis la simple tour de guet située à la limite du territoire appartenant à une tribu, sise sur un sommet isolé, ou la garnison des points stratégiques les plus importants (les voies d’accès aux vallées, les sentiers grimpant sur les plateaux, les cours d’eau, les gués, les sources, etc.), on arrive à des édifices complexes comprenant jusqu’à 17 tours (nuraghe Arrubiu, Orroli-NU) et des murs épais de plusieurs mètres, situés au centre de l’espace relevant de l’intérêt commun et certainement résidence fortifiée de l’autorité politique, civile et militaire, et probablement aussi religieuse de la région.

La majeure partie de la population résidait dans les villages de cabanes plus ou moins simples et nombreuses (quelquefois plusieurs centaines) outre que dans les nuraghes. La vie quotidienne se déroulait donc à l’intérieur de modestes demeures de pierres au toit généralement constitués de branchages, souvent crépies à l’intérieur avec du torchis et quelques fois isolées avec du liège.

Dernière phase[modifier | modifier le code]

Dans la dernière phase de la culture nuragique se développe un genre de cabane plus évolué, indiquant une meilleure articulation des activités : il s’agit de la cabane à secteur, assumant parfois la dimension d’un véritable quartier, soit divisé en petits logis s’ouvrant sur une courette et souvent doté d’un four à pain. Parmi les édifices qui caractérisaient les villages on peut surtout remarquer les cabanes de réunions, pourvues d’un siège à la base et destinées aux assemblées des notables du village.

Architecture funéraire[modifier | modifier le code]

L’architecture funéraire est représentée par les tombes mégalithiques en couloir, mieux connues du nom de tombes des géants, qu’on trouve dans toute la Sardaigne bien qu’avec quelques différences, et en plus grand nombre dans la partie centrale de l’île. Il s’agit de tombes constituées d’une chambre funéraire de forme allongée construite avec des pierres plates plantées verticalement, et couverte de pierres plates également (pour les plus archaïques, des dolmens), ou bien par des files de pierres disposées en ogive. De face, la tombe s’ouvrait en deux arcs pour délimiter un espace semi-circulaire.


Religion[modifier | modifier le code]

L’architecture religieuse est au contraire représentée par des puits sacrés et des sources sacrées : édifices liés au culte animiste de l’eau. D’autres édifices de culte sont cependant présents en plusieurs endroits de l’île, toutefois moins nombreux que les puits et les sources, se sont les fameux « temples en mégaron ». Les offrandes de bronzes votifs sont généralement associées aux lieux de culte ; il s’agit là d’une production typique de l’artisanat nuragique, représentant des hommes et des femmes, des animaux, des maquettes de bateaux, de nuraghes, des créatures fantastiques, des reproductions en miniature d’objets usuels etc.

L'art[modifier | modifier le code]

L’habileté et le goût des artisans nuragiques se manifestent essentiellement dans la décoration de vases d’usage certainement rituel, destinés à être utilisés durant des cérémonies complexes ; peut-être dans certains cas également destinés à être rituellement brisés à la fin de la cérémonie, telles les vases retrouvés au fond des puits sacrés.

Structure sociale et économie[modifier | modifier le code]

Il est assez plausible de considérer que la culture de la population des nuraghes était structurée en chefferies, où l’hégémonie de quelques familles à l’intérieur de la communauté était désormais consolidée, et le pouvoir, attribué au début à un chef élu temporairement à des moments exceptionnels était devenu stable et héréditaire. Les représentations des statuettes de bronze nous offrent une documentation à propos des chefs de tribu, reconnaissables parce qu’ils tiennent souvent un bâton, interprété comme un symbole de commandement. L’économie fut essentiellement de type agro-pastoral ; on y dénote cependant un début de spécialisation dans les arts et métiers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]