Acédie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'acédie peut prendre la forme de la paresse et de l'oisiveté, dans la parabole du bon grain et de l'ivraie de l'Évangile selon Saint Matthieu. Tableau d'Abraham Bloemaert, 1624. Walters Art Museum, Baltimore.

Dans la religion catholique, l’acédie est un mal de l’âme qui s’exprime par l’ennui, le dégoût pour la prière, la pénitence, la lecture spirituelle. L’acédie peut être une épreuve passagère, mais peut être aussi un état de l’âme qui devient une véritable torpeur spirituelle et la replie sur elle-même. C’est alors une maladie spirituelle[1].

Pour l’Église catholique romaine, en théologie morale, l’acédie est l'un des sept péchés capitaux.

L’acédie correspond à un concept moral, ascétique et psychologique qui a pris des sens très différents selon les cultures et les contextes dans lesquels il est utilisé.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, ἀϰήδεια (prononcer « akêdéia ») signifie en grec ancien : négligence, indifférence[2]. Ce nom appartient à la famille du verbe άκηδέω (prononcer « akêdéo »), qui veut dire « ne pas prendre soin de ». On a l’image de quelqu’un qui néglige de prendre soin de lui-même, et finit par se désintéresser de tout.

Historique[modifier | modifier le code]

Des Pères du Désert au monachisme cénobitique (IVe ‑ Ve siècle)[modifier | modifier le code]

Les premières occurrences du mot « acédie », dans le vocabulaire religieux, remontent à la Septante, une version de la Bible hébraïque en langue grecque. Il évoque la faiblesse, la fatigue ou l'angoisse. On y trouve par exemple : « Mon âme s'est endormie à cause de l'acédie » (ἔσταξεν ἡ ψυχή μου ἀπὸ ἀκηδίας) (Ps. 118, 28)[3].

Si Origène (v. 185-v. 253) est le premier Père de l'Église à nommer l'acédie dans son Commentaire sur les Psaumes[4], sa paternité conceptuelle revient à Évagre le Pontique (v. 345-399). Après avoir été prêcheur à Constantinople, où les dangers se font trop pressants, il se réfugie dans le désert et devient ermite du Mont Nitrie en 382, sous la direction spirituelle de Macaire de Scété († v. 391)[5]. Evagre le Pontique (345-399) est le premier à intégrer l'acédie dans un schéma, qui ne porte pas encore le nom de péchés capitaux, mais de mauvaises pensées (logismoi)[6]. Le moine doit les combattre pour atteindre l'impassibilité (apatheia). La pensée d’Évagre le Pontique sur l’acédie, qu’il appelle également « démon de midi », traverse son œuvre, mais elle est particulièrement présente dans le Traité pratique et L’Antirrhétique. Elle pourrait être résumée ainsi : un rallongement de la perception temporelle, une aversion pour la cellule et la vie monastique, une instabilité intérieure, un vagabondage des pensées et une négligence envers les devoirs monastiques, le tout poussant l’acédieux à fuir[7].

« Le démon de l’acédie, qui est aussi appelé ‘démon de midi’, est le plus pesant de tous ; il attaque le moine vers la quatrième heure et assiège son âme jusqu’à la huitième heure. D’abord, il fait que le soleil paraît lent à se mouvoir, ou immobile, et que le jour semble avoir cinquante heures. Ensuite il le force à avoir les yeux continuellement fixés sur les fenêtres, à bondir hors de sa cellule, à observer le soleil pour voir s’il est loin de la neuvième heure, et à regarder de-ci, de-là quelqu’un des frères […]. En outre, il lui inspire de l’aversion pour le lieu où il est, pour son état de vie même, pour le travail manuel et, de plus, l’idée que la charité a disparu chez les frères, qu’il n’y a personne pour le consoler. Et s’il se trouve quelqu’un qui, dans ces jours-là ait contristé le moine, le démon se sert aussi de cela pour accroître son aversion. Il l’amène alors à désirer d’autres lieux, où il pourra trouver facilement ce dont il a besoin, et exercer un métier moins pénible et qui rapporte davantage ; il ajoute que plaire au Seigneur n’est pas une affaire de lieu : partout en effet, est-il dit, la divinité peut être adorée. Il joint à cela le souvenir de ses proches et de son existence d’autrefois, il lui représente combien est longue la durée de la vie, mettant devant ses yeux la fatigue de l’ascèse ; et, comme on dit, il dresse toutes ses batteries pour que le moine abandonne sa cellule et fuie le stade[8]»

L'acédie appartient à l'expérience commune de la vie érémitique et monastique du IVe siècle, comme en témoignent les apophtegmes[9]. Ces paroles des Pères du Désert, compilées par Pallade et Théodoret, s'adressaient généralement à leurs disciples auxquels ils apprenaient les principes spirituels et ascétiques de leur retraite. La lutte contre l'acédie était partie prenante de leur enseignement[10].

Jean Cassien (v. 355-435) est le deuxième auteur patristique à avoir clairement enrichi la pensée sur l'acédie chrétienne. Vers 386, il quitte le monastère de Bethléem dans lequel il s’est fait moine, pour aller visiter les ermites du Désert. Là-bas, il prend connaissance de l’enseignement d’Évagre, qui nourrira énormément sa pensée. Expulsé d’Égypte, de Constantinople et de Rome pour ses affinités avec l’origénisme, il s’installe en France où il fonde plusieurs monastères à Marseille, dans le premier quart du Ve siècle[11]. Son parcours de vie est extrêmement important puisqu'il a permis de transmettre de l'Orient à l'Occident, et du monde érémitique au monde cénobitique, le concept d'acédie. Jean Cassien est le père du cénobitisme occidental, à savoir la vie monastique en communauté. Ses Institutions cénobitiques[12], destinées à régler les communautés naissantes, consacrent un chapitre entier à l'acédie. Il ne se contente pas de reprendre les positions des Pères du Désert, mais les adapte à ce nouveau monachisme, en insistant particulièrement sur le travail manuel. Il complète à deux niveaux la définition de l'acédie : il clarifie sa place dans le schéma des sept vices – et pas encore péchés - et il lui crée une progéniture[13].

Évagre le Pontique évoquait déjà dans l’Antirrhétique le rejet du travail manuel par les acédieux[14]. Mais Jean Cassien est le véritable maître d’œuvre du rapprochement entre l'acédie et ses conséquences mortifères pour le travail manuel[15]. Il moralise le labeur monastique, dans le chapitre des Institutions dédié à l'acédie, par un commentaire des Épîtres de saint Paul[16]. Il y explique ceci : « Sans travail manuel, le moine ne peut ni demeurer stable ni s’élever un jour au sommet de la perfection [17]». Autrement dit, l'acédieux ne connaît ni stabilité, ni contemplation. La question de la stabilité est cruciale dans ce contexte de naissance du cénobitisme. Or, le travail est précisément ce qui permet à la communauté d'assurer sa pérennité et son indépendance vis-à-vis du siècle[18]. Les moines qui refusent de travailler mettent donc en danger la survie de la communauté, devenant « des membres corrompus par la pourriture de l’oisiveté[19]». De plus, ils s'opposent avec orgueil à l'injonction divine qui, après la Chute, impose aux hommes de travailler à la sueur de leur front (Gen. 3, 17-19).

L'acédie monastique (VIe ‑ XIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Grégoire le Grand (540-604) est le troisième Père de l'Église à poser sa pierre à l'édifice de l'acédie chrétienne. Bien qu'il connaissait le concept, il décide de ne pas l'intégrer à son nouveau schéma des sept vices, qui aura un grand succès au cours du Moyen Âgel[20]. L'acédie est fondue dans le vice de tristesse, où se retrouvent un progéniture commune (torpor circa praecepta, vagatio mentis erga illicita)[21]. En ce sens, Grégoire le Grand n'a pas participé à enrichir la définition de l'acédie, mais à la rendre mineure et floue puisqu'elle est désormais intrinsèquement liée à la tristesse. Différentes raisons ont été évoquées pour expliquer sa position : le manque d'autorité biblique[22], le cantonnement à la sphère monastique qui empêche l'universalisation du propos et la difficile distinction avec la tristesse[23].

L'absence du terme « acédie » dans la Règle de saint Benoît a également participé à sa relégation. À partir du IXe siècle, sous l'égide de Benoît d'Aniane et de Charlemagne, la règle bénédictine est uniformisée et diffusée progressivement à tout le monachisme occidental[24].

Néanmoins, l'acédie ne disparaît pas des textes pour autant. Elle est citée dans un certain nombre d'ouvrages carolingiens destinés à des laïcs : le De virtutibus et vitiis liber (Livre des vertus et des vices) d'Alcuin d'York (v. 730-804), le De institutione laicali (De la formation des laïcs) de Jonas d'Orléans (760-841) et le De ecclesiastica disciplina (De l'instruction ecclésiastique) de Raban Maur (780-856)[25]. Hormis l'insistance flagrante sur l'oisiveté engendrée par l'acédie, ces auteurs ne font que reprendre sa définition traditionnelle. En revanche, certains historiens y ont vu le début d'une laïcisation du concept[26].

L'acédie ressurgit au cours des XIe et XIIe siècles, dans les milieux monastiques réformés. Selon Jean-Charles Nault, sa définition se voit dédoublée entre une acédie corporelle, dénoncée par Pierre Damien (1007-1072), et une acédie spirituelle, spécifiée par Bernard de Clairvaux (1090-1153)[27]. Le premier semble insister sur les manifestations physiques de l'acédie, telles que l'oisiveté et la somnolence, dans son De institutionis ordinis eremitarum (Sur l'institution de l'ordre des ermites) et sa Vie de Romuald. Le second opère dans ses sermons une « spiritualisation » de l'acédie qui atteint en priorité l'esprit. Cette redéfinition s'inscrit dans le contexte d'un âge d'or des traités de vie intérieure, renouvelant l'intérêt pour la psychologie dans la vie spirituelle.

Au Moyen Âge central, l'acédie est donc toujours vivante, et semble encore être l'apanage des milieux monastiques[28]. Toutefois, la définition de ce concept reste encore floue, pour trois raisons. D'abord, dans les textes, si les manifestations traditionnellement acédiques sont souvent citées (tristitia : tristesse, taedium : ennui, lassitude, fastidium : dégoût' ou tepiditas : tiédeur), le terme « acédie » quant à lui, apparaît peu[29]. Les auteurs préfèrent donc les signifiés au signifiant. Ensuite, depuis Grégoire le Grand, l'acédie est difficilement discernable de la tristesse. Hugues de Saint-Victor, dans son Expositio in Abdiam (Explication sur le Livre d'Abdias), évoque à la quatrième position vicieuse « acedia seu tristitia »[30]. Enfin, la place de l'acédie dans le schéma vicieux n'est pas encore pérennisée. Les auteurs hésitent encore entre deux héritages : le schéma septénaire ou octonaire[31].

L'acédie chez Thomas d'Aquin et les scolastiques[modifier | modifier le code]

Thomas d'Aquin (1224-1274) est le dernier théologien médiéval à avoir alimenté le concept d'acédie. Il l'évoque à deux reprises dans son De malo (q. 11)'et dans sa fameuse Somme Théologique (II, II, q. 35)[32]. Ses travaux s'inscrivent dans le renouveau intellectuel qu'incarne la scolastique, émergeant à la fin du XIIe siècle. Il s'agit, pour ces théologiens, de concilier la philosophie grecque, redécouverte grâce aux traductions d'Aristote, à la théologie chrétienne. Ce processus s'accompagne d'une volonté de clarifier, par la logique et la rationalisation, les doctrines. L'acédie, concept encore flou et fuyant jusqu'au début du XIIIe siècle, n'a pas échappé à cette entreprise. Elle n'a jamais été l'objet de controverses scolastiques, mais a irrigué les sommes théologiques de nombreux auteurs tels que Guillaume d'Auxerre (1150-1231), Alexandre de Halès (1185-1245) ou Albert le Grand (1193-1280)[33].

Thomas d'Aquin, dans sa Somme théologique, impose le schéma des sept péchés capitaux tel qu'il est connu aujourd'hui, au moyen de la théorie des cinq facultés de l'âme chez Aristote (végétative, sensitive, locomotive, appétitive, intellective). L'acédie, qui est officiellement intégrée dans son schéma vicieux, est définie ainsi : « tristitia de spirituali bono » (tristesse des biens divins)[34]. Autrement dit, elle est une aversion envers Dieu lui-même et les choses qui lui sont liées. Nous pouvons en conclure que : 1 l'acédie est une tristesse particulière en ce qu'elle est spirituelle ; 2 l'acédie étant une sorte de tristesse, elle s'oppose à la vertu de charité et constitue un péché mortel ; 3 l'acédie est un vice capital (vitia capitalia) puisqu'elle est responsable des mauvaises actions morales auxquelles l'homme consent[35]. Cette définition permet la réconciliation entre les deux héritages conceptuels de l'acédie, de Cassien et de Grégoire le Grand. La tristesse et l'acédie ne sont plus superposées mais harmonisées[36]. De plus, l'acédie se distingue de la paresse, dans la pensée thomiste, puisque cette dernière n'est qu'une sorte de peur[37].

Néanmoins, des ambiguïtés persistent par les usages qui sont faits de l'acédie. Les prédicateurs, qui s'en sont emparés pour édifier les laïcs, l'ont clairement rapprochée de la paresse. Alain de Lille (1128-1202), dans son De arte praedicatoria (Sur l'art de la prédication), définie l'acédie comme une paresse (« acediam sive pigritam »)[38]. Au XIIIe siècle, elle est également de plus en plus confondue avec la mélancolie. L'acédie est une forme de tristesse et la tristesse est une passion. Or, la passion est un mouvement de l'âme accompagné de changements physiques. C'est ainsi que Guillaume d'Auvergne, dans son De virtutibus (Sur la vertu), parle de l'acédie comme d'un vice « créé et renforcé par l'humeur mélancolique »[39]. La médecine commence donc à la penser, non plus comme un vice, mais comme une véritable maladie physique[40]. À l'instar du problème sémantique entre la tristesse et l'acédie, la mélancolie et l'acédie pourraient n'être qu'une même réalité aux discours différents : l'un relayant un discours moral, l'autre un discours médical.

Sens religieux, un péché capital[modifier | modifier le code]

L'acédie figure depuis le Moyen Âge dans la liste des péchés capitaux, le terme venant de la Bible grecque, la Septante, où elle avait le sens général de négligence et d'indifférence, avant que s'ajoute celui de chagrin et surtout d'ennui. Le catéchisme la garde dans sa liste des péchés capitaux : « la paresse ou acédie »[41]. Cette transformation historique d'un sentiment intérieur, un manque de goût (pouvant aller jusqu'à la tristesse spirituelle), à une attitude extérieure, la paresse, est révélatrice de la civilisation du travail[42].

Ainsi, l'acédie désigne l’état de quelqu’un qui est en perte de foi, ou du moins ne la ressent plus, dont le doute l’emporte sur la croyance, et qui cesse de faire des efforts par l’étude et la connaissance de Dieu et les pratiques religieuses telles que la prière, l’adoration, les lectures saintes, la participation régulière aux offices et le service du prochain.

Le mot ne figure plus dans les dictionnaires, mais le catéchisme en parle encore comme d'une forme de dépression due au relâchement : il mentionne l'acédie à propos des tentations contre la prière, « une tentation à laquelle la présomption ouvre la porte »[43].

L'état d’acédie peut avoir plusieurs causes : la responsabilité morale du patient (péché), la maladie, une épreuve de type mystique. Les trois causalités peuvent d'ailleurs être solidaires, puisque tout homme est pécheur et appelé au salut par une voie de purification qui passe par les épreuves ordinaires de la condition humaine.

Jean-Charles Nault considère que l'acédie, péché monastique par excellence, que les anciens moines avaient tant étudiée, mais dont on ne parle pratiquement plus aujourd'hui, constitue un obstacle majeur dans le déploiement de l'agir de tout chrétien. Il prône une reprise en compte de l'acédie dans la morale actuelle[44].

Robert Faricy considère que l'acédie est la principale forme d'indifférence religieuse[45].

Ces dernières décennies, on a affaibli le sens de l’acédie en la réduisant à la simple « paresse ». Pourtant, les deux termes ne sont pas synonymes, puisque l'acédie se traduit dans les sociétés contemporaines par l'indifférence religieuse, alors que l'importance du facteur travail dans l'économie montre que nous ne sommes pas dans une société de paresse.

Enfin, le pape François mentionne régulièrement depuis son accession à la papauté l'acédie comme menace grandissante pour la société en général et le clergé chrétien en particulier :

« (...) les personnes éprouvent le besoin impérieux de préserver leurs espaces d’autonomie, comme si un engagement d’évangélisation était un venin dangereux au lieu d’être une réponse joyeuse à l’amour de Dieu qui nous convoque à la mission et nous rend complets et féconds. Certaines personnes font de la résistance pour éprouver jusqu’au bout le goût de la mission et restent enveloppées dans une acédie paralysante [...] Le problème n’est pas toujours l’excès d’activité, mais ce sont surtout les activités mal vécues, sans les motivations appropriées, sans une spiritualité qui imprègne l’action et la rende désirable. De là découle que les devoirs fatiguent démesurément et parfois nous tombons malades. Il ne s’agit pas d’une fatigue sereine, mais tendue, pénible, insatisfaite, et en définitive non acceptée. Cette acédie pastorale peut avoir différentes origines. Certains y tombent parce qu’ils conduisent des projets irréalisables et ne vivent pas volontiers celui qu’ils pourraient faire tranquillement. D’autres, parce qu’ils n’acceptent pas l’évolution difficile des processus et veulent que tout tombe du ciel. D’autres, parce qu’ils s’attachent à certains projets et à des rêves de succès cultivés par leur vanité. D’autres pour avoir perdu le contact réel avec les gens, dans une dépersonnalisation de la pastorale qui porte à donner une plus grande attention à l’organisation qu’aux personnes, si bien que le “tableau de marche” les enthousiasme plus que la marche elle-même. D’autres tombent dans l’acédie parce qu’ils ne savent pas attendre, ils veulent dominer le rythme de la vie. »[46] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de l'acédie selon l'Église catholique en France
  2. A. Bailly, Dictionnaire grec-français, Édition 1963
  3. « La Septante, Psaumes, chapitre 118 », sur ba.21.free.fr (consulté le 28 avril 2015)
  4. « L'acédie est un mouvement de longue durée des parties irascible et concupiscible : la première étant irritée par les objets présents, la dernière de ceux à venir », Origene, Selecta in psalmos (PG 12, 1593).
  5. Wenzel S., The Sin of Sloth : « Acedia » in Medieval Thought and Literature, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1967, p. 4.
  6. « Huit sont en tout les pensées génériques qui comprennent toutes les pensées : la première est celle de la gourmandise, puis vient celle de la fornication, la troisième est celle de l'avarice, la quatrième celle de la tristesse, la cinquième celle de la colère, la sixième celle de l'acédie, la septième celle de la vaine gloire, la huitième celle de l'orgueil », Évagre le Pontique, Traité pratique : ou Le moine, trad. et éd. par A. et C. Guillaumont, Paris, Éd. du Cerf, 1971, p. 64.
  7. Nault J.-C., La saveur de Dieu : l’acédie dans le dynamisme de l’agir, Paris, Éd. du Cerf, 2006, p. 35-63.
  8. Évagre le Pontique, Traité pratique, 12, op. cit.
  9. Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 9.
  10. Antoine 1 « Le saint abba Antoine, alors qu’il demeurait dans le désert, fut en proie à l’acédie et à une grande obscurité de pensées », cité dans Nault J.-C., La saveur de Dieu, op. cit., p. 67.
  11. Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 18.
  12. Jean Cassien, Institutions cénobitiques, trad. et éd. par J.-C. Guy, Paris, Éd. du Cerf, 2001 (1re éd. 1965)
  13. « De l’acédie [naissent] l’oisiveté, la somnolence, l’humeur acariâtre, l’inquiétude, le vagabondage, l’instabilité de l’esprit et du corps, le bavardage et la curiosité », Jean Cassien, Conférences, éd. par E. Pichery, Paris, Éd. du Cerf, 1955-1958., V, XVI, p. 208-209.
  14. « La pensée de l'acédie fait rejeter le travail des mains et fait que le corps s'appuie contre le mur pour dormir », Évagre le Pontique, Antirrhétique, VI, 28, cité dans, Traité pratique, op. cit., p. 79, t. 1.
  15. Nault J.-C., La saveur de Dieu, op. cit., p. 88.
  16. I Thess. 4, 9-11, II Thess. 3, 6-15 et Éphés. 4, 28.
  17. Jean cassien, Institutions cénobitiques, X, 24, p. 422-425.
  18. C’est dans cette logique d’autonomisation que Jean Cassien reprend la fameuse injonction de saint Paul qui ordonne aux Thessaloniciens de travailler de leurs mains (I Thess., 4, 11), « pour éviter ce contre quoi il les avait mis en garde précédemment – à savoir : vivre dans l’inquiétude, se soucier des affaires des autres », Jean cassien, ibid., X, 7, 4, p. 394-395.
  19. Ibid., X, 7, 8, p. 398-399.
  20. « La racine de tout péché est l’orgueil, dont il est dit, selon le témoignage de l’Écriture : ‘Le principe de tous les péchés, c’est l’orgueil’ (Sir. 10, 13). Ses premiers rejetons, à savoir les sept vices principaux, sont les produits de cette racine empoisonnée. Ce sont : la vaine gloire, l’envie, la colère, la tristesse, le désir de s’enrichir, l’excès dans le manger et le boire, la luxure », Grégoire le grand, Morales sur Job, XXXI, 45 (PL 76, 621).
  21. Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 24.
  22. Ibid., p. 34.
  23. Grégoire le grand, Morales sur Job, trad. et éd. par A. Gaudemaris (de) et R. Gillet, Paris, Éd. du Cerf, 1948, p. 89.
  24. Bonnerue P., Benedicti Anianensis concordia regularum, Turnhout, Brepols, 1999, p. 45-53.
  25. Nault J.-C., La saveur de Dieu : l’acédie dans le dynamisme de l’agir, Paris, Éd. du Cerf, 2006, p. 125-139.
  26. Ibid., p. 130 ; Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 35.
  27. Ibid., p. 139-143.
  28. Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 31.
  29. Ibid., p. 33.
  30. Cité dans Nault J.-C., La saveur de Dieu, p. 147 (PL 175, 400).
  31. Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 28.
  32. Ibid, p. 48.
  33. Ibid., p. 47.
  34. Ibid., p. 48.
  35. Ibid., p. 49-50.
  36. Ibid., p. 63-64.
  37. « Cum pigritia sit timor de ipsa operatione, inquantum est laboriosa », Thomas d'aquin, Somme théologique, I -II, q. 44, a4 ad 3, cité dans ibid., p. 58.
  38. Alain de lille, De arte praedicatoria, 7 « Contra acediam » (PL 210, 126), cité dans Nault J.-C., La saveur de Dieu, op.cit., p. 155.
  39. Wenzel S., The Sin of Sloth, op. cit., p. 59-60.
  40. Laharie M., La folie au Moyen Âge : XIe ‑ XIIIe siècle, Paris, Le Léopard d’or, 1991, p. 131-134.
  41. Catéchisme de l'Église catholique, 1992
  42. Homélie du père Jancrey-Laval, 27-28 octobre 2007
  43. Catéchisme de l'Église catholique, § 2733.
  44. Jean-Charles Nault, La Saveur de Dieu, l'acédie dans le dynamisme de l'agir, conclusion générale, pages 456-466]
  45. Robert Faricy, l'anomie et la croix, étude sur l'indifférence religieuse et la vie spirituelle
  46. http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#Non_%C3%A0_l%E2%80%99ac%C3%A9die_%C3%A9go%C3%AFste

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adhelme. Patrologia Latina, PL 89.
  • Alliez, J., Huber, J. P. - 1987. « L’acédie ou le déprimé entre le pêché et la maladie », Annales médico-psychologiques, 45, 5, p. 393–408.
  • Barthes, R. - 1977. Séminaire au Collège de France, Comment vivre ensemble. Leçon du 19 janvier 1977.
  • Bartlett, S. - 1990. Acedia: The Ethiology of Work-Engendered Depression. New Ideas in Psychology, 8, 3, p. 389–396.
  • Bourget, P. - 1914. Le Démon de midi, Paris, Plon.
  • Bunge, G. - 1991. Akédia, la doctrine spirituelle d'Évagre le Pontique sur l'acédie, Bégrolles-en-Mauges, Spiritualité Orientale.
  • Cassien, J. - 465. Institutions cénobitiques. Paris, Le Cerf, 1965.
  • Charbonneau, G. ( sous la direction de) - 2012. La Kédia, Gravité, Soin, Souci, Argenteuil, Le Cercle Herméneutique, no 18-19
  • Chaucer, G. - 1400. The Parson's Tale, in The Canterbury Tales, Cambridge Univ. Press, 1975.
  • Chazaud, J. - 1979. La Souffrance de l'idéal, Toulouse, Privat.
  • Clairvaux B. de, Traité de la demeure intérieure. PL 134.
  • Dejours, C. - 1998. Souffrance en France, Paris, Seuil.
  • Del Castello, A. - 2010. Accidia e Melanconia, Milan, Franco Angeli.
  • Évagre le Pontique - 1996. Traité pratique, ou Le Moine. Paris, Le Cerf.
  • Fernandez-Zoïla, A. - 1999. Récits de vie et crises d'existence, Paris, L'Harmattan.
  • Forthomme, B. - 2000. De l'acédie monastique à l'anxio-dépression, Paris, Les Empêcheurs de tourner en rond.
  • Ide, P. - 2003. Les Sept Péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête, Edifa.
  • Jonas d'Orléans, Patrologia Latina, PL 106.
  • Larue, A. - 2001. L'Autre Mélancolie, Paris, Hermann.
  • Lecomte, B. - 1991. L'Acédie, invention et devenir d'une psychopathologie dans le monde monastique, thèse de doctorat de médecine, université de Nancy-1.
  • Le Moal Y. - 2007. L'Actualité de l'acédie au moment de la mi-carrière : recherche exploratoire sur sa portée et sa gestion au regard de la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, thèse de doctorat en sciences de gestion (gestion des ressources humaines), IAE/IGR, université de Rennes-1.
  • Le Vigan Pierre - 2011. Le malaise est dans l'homme, avatar-édition.
  • Luciani-Zidane, L. - 2009. L'Acédie, le vice de forme du christianisme. De saint Paul à Lacan, Paris, Cerf.
  • Loriol, M. - 2000. Le Temps de la fatigue. Paris : Anthropos.
  • Mollet, L. - 1993. La Crise du milieu de la vie, Paris, Masson.
  • Monbourquette, J. - 2001. À chacun sa mission, Paris, Bayard.
  • Nault, J.-C. - 2006. La Saveur de Dieu, l'acédie dans le dynamisme de l'agir, Paris, Cerf, coll. cogitatio fidei no 248, couronné par le prix Henri de Lubac
  • Nault, J.-C. - 2013. Le démon de midi - L'acédie mal obscur de notre temps, préface du cardinal Marc Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Evêques, Dijon, L'échelle de Jacob.
  • Robert-Demontrond, Ph., Le Moal Y. - 2004. « L’Acédie comme mal des ambitions déçues : repères théoriques et études de cas », Revue internationale de psychosociologie

2004/23 (Vol. X).

Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :