Élections au Cambodge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Politique au Cambodge
Image illustrative de l'article Élections au Cambodge

Depuis 1946, des élections ont régulièrement lieu au Cambodge.

Fin de la période coloniale (1945 - 1953)[modifier | modifier le code]

Après la seconde Guerre mondiale, la débâcle française de 1940 et les épisodes peu glorieux de la guerre franco-thaïlandaise de 1940 et 1941, puis du coup de force japonais de 1945 imposaient au pouvoir colonial de modifier ses relations avec ses possessions de l’Indochine et de leur accorder un minimum d’autonomie. C’est dans ce contexte que le Cambodge se voit octroyer une constitution et une assemblée dont le rôle reste consultatif[1].

1946[modifier | modifier le code]

La première formation à se déclarer fut le Parti libéral, créée par le prince Norodom Norindeth, riche propriétaire terrien. Il voulait améliorer « L’amitié et la compréhension » franco-cambodgienne et visait essentiellement les membres et supporters de la famille royale, les commerçants sino-khmers et les fonctionnaires. Le Parti démocrate, créé en 1946 avait un nombre plus important et varié de fondateurs, allant de Ieu Koeus, un intellectuel réputé de Battambang, à Sim Var, un nationaliste de la première heure, d’anciens religieux et plusieurs personnes issues des familles huppées de Phnom Penh. Son slogan « Utiliser les élites pour servir le Roi et le Peuple » reflétait son but. Le parti pouvait bénéficier également de la personnalité du Prince Sisowath Youthevong, réputé pour son intégrité et très populaire auprès des jeunes Cambodgiens lassés par le népotisme et le clientélisme politique du pouvoir colonial. Un troisième parti, les Démocrates progressistes, créé par le Prince Norodom Montana avait peu d’adhérents. Ses membres étaient des proches du Prince et des hauts fonctionnaires qui ne se reconnaissaient pas dans les deux autres formations. Des trois partis, le Parti démocrate était la seule formation à avoir un programme et une organisation à l’échelle du pays. Des bureaux avaient été ouverts aux niveaux régional et provincial et le parti prenait aussi garde à nommer des candidats bien implantés localement, choisissant souvent d’anciens bonzes ou achards[2].

Avant les élections, le Premier ministre Sisowath Monireth ne faisait pas confiance aux démocrates et s’associait aux Français, irrités par le volet indépendantiste de leur programme, pour saboter leur campagne électorale. Mais ces tentatives s’avéreront vaines et lors du scrutin, le Parti démocrate rafla près de 75 % des sièges[3].

Parti Sièges
Parti démocrate 50
Parti libéral 14
Sans étiquette 3
Démocrates progressistes 0

1947[modifier | modifier le code]

De nouvelles élections législatives sont prévues pour novembre 1947.

En août, deux nouvelles formations émergent, à savoir l’Union nationale, conduit par Khim Tit, et le Parti de la Rénovation khmère, dirigé par Nhiek Tioulong, le prince Sisowath Sirik Matak et Lon Nol, tous fonctionnaires de province qui, tout comme Norodom Sihanouk, fréquentèrent les bancs du Lycée Chasseloup-Laubat de Saigon. Cette dernière organisation enregistre l’arrivée de plusieurs anciens démocrates qui trouvait leur précédente formation « un peu trop progressiste ». Les deux partis proposaient l’idée d’un consensus national, idée reprise plus tard par Sihanouk, et s’opposait ainsi au Parti démocrate qui militait pour une culture basée sur un parti majoritaire. Le Parti de la rénovation khmer supportait en outre la monarchie et pouvait en retour compter sur le soutien de Sisowath Monireth, toujours déçu d’avoir dû abandonner le pouvoir aux démocrates en 1946[4].

Le Parti démocrate de son côté réaffirme ses ambitions indépendantiste lors d’un meeting à Phnom Penh et demande aux autorités coloniales de faire relâcher tous les prisonniers politiques « n’ayant pas porté les armes » et le retour au pays d’un bataillon cambodgien se battant – sous commandement français - en Cochinchine, afin d’« éviter des frictions avec le Viêt Nam qui restera quoiqu’il arrive un pays voisin »[5].

La campagne débute en octobre, quand Léon Pignon, Commissaire de la République au Cambodge, réunit les dirigeants de tous les partis et leur déclare que la France restera « absolument neutre » pendant ces élections. Il demande aux politiciens de conduire leur campagne avec « la plus grande prudence » pour que les élections se déroulent dans le calme. Il rappelle que les candidats n’ont pas à remettre en cause « l’autorité royale – sous-entendu également coloniale – et les impôts » qui étaient les fondements de l’État cambodgien. Il mettait en garde contre les pays voisins « infiniment plus forts et dynamiques » et contre la voracité desquels la France avait dû protéger les Khmers. Dans une correspondance officielle, Pignon aurait exprimé sa crainte que les débats politiques débouchent sur une surenchère nationaliste dont la France aurait à payer le prix[6].

Lors des élections, les démocrates raflaient 73 % des voix et s’assuraient une confortable majorité au parlement[7].

Parti Sièges
Parti démocrate 54
Parti libéral 20
Démocrates progressistes 0
Parti de la Rénovation khmère 0
Union nationale 0

Les libéraux obtinrent des scores honorables dans les provinces de Kampong Spoe, Svay Rieng et Prey Veng mais ne gagnèrent que deux des douze sièges à Kandal et un sur douze à Kampong Cham. À Phnom Penh, Ieu Koeus et Thonn Ouk, les deux candidats démocrates remportaient près de 85 % des voix ; dans le premier district, où l’électorat était essentiellement constitué de fonctionnaires, Thonn Ouk décrochait 1 000 votes contre 185 à ses adversaires. À Kampong Cham, dans le district de Soung, Lon Nol essuie un échec, n’enregistrant que 444 voix contre 5 064 pour son adversaire démocrate[8].

1951[modifier | modifier le code]

Le Parti démocrate cambodgien, malgré sa situation de mouvement majoritaire, est victime de défections et de divisions dont profite Norodom Sihanouk pour dissoudre l'assemblée le 18 septembre 1949. Prétextant l'insécurité régnant dans certaines régions, il diffère l'organisation de nouvelles élections qui n’auront lieu que le 9 septembre 1951 sans que la situation ne se soit améliorée[9].

Au début de 1951, afin de lancer les élections le roi fit une tournée dans les campagnes où il insistait pour que le peuple soit loyal envers la constitution – dont très peu connaissaient la teneur – et soutienne la démocratie. En Khmer le terme Prachéathipatei indique à la foi démocratie et démocrate. De ce fait, beaucoup de personnes auraient pris ce discours pour un soutien royal au Parti démocrate. Plus tard, Huy Kanthoul reconnaitra que cette aide involontaire avait pu contribuer à renforcer sa formation[10].

À cette époque, le succès des démocrates tenait à leur programme en faveur de l’indépendance et d’une plus grande justice sociale, deux domaines dans lesquels Norodom Sihanouk commençait à s’impliquer. Les libéraux, subventionnés par les Français, se reposaient de leur coté sur leurs réseaux clientélistes et n’avaient pas de programme[11].

Bientôt, un nouveau parti dénommé le Nord-est victorieux fait son apparition dont le personnage principal est Dap Chhuon, le maître de Siem Reap. Il est soutenu par sa famille, des transfuges du Parti démocrate et ses affidés. D’après Michael Vickery, il aurait aussi bénéficié d’une aide du pouvoir colonial, l’apparition de cette formation signifiant qu’une partie importante du territoire cambodgien pouvait échapper au contrôle du gouvernement démocrate, une situation qui n’était pas pour déplaire ni à Sihanouk ni aux Français qui se trouvaient alliés pour faire chuter le parti majoritaire[12].

Les élections se déroulèrent finalement dans un climat relativement serein. 496 candidats de plusieurs partis et 62 indépendants concourraient pour les 78 sièges de l’assemblée. À cause de l’insécurité, 300 bureaux de vote ne purent ouvrir. Cela expliquait en partie que 117 000 électeurs de moins qu’en 1947 s’étaient déplacés, même si l’absentéisme dans des zones calmes comme à Phnom Penh, montrait que les enjeux de ces élections n’étaient pas clairs pour tout le monde. Les bureaux dans les zones contrôlées par le Việt Minh et les Khmers issarak n’ouvrirent pas, mais en dehors de ces régions, les consignes de boycott de la guérilla ne furent pas suivies et ces derniers durent se contenter d’annoncer que 700 000 « marionnettes des Français » avaient participé aux élections[13].

Les résultats montraient une nouvelle victoire des démocrates et déçurent leurs opposants.

Parti Sièges
Parti démocrate 54
Parti libéral 18
Nord-est victorieux 4
Parti de la Rénovation khmère 2

Les dirigeants de trois partis mineurs, Lon Nol, Sam Nhean et Yem Sambaur, ne purent être élus et devinrent des opposants acharnés du parlement. En réalité, le Parti démocrate avait récolté moins de 45 % des voix et moins de 25 % des inscrits. Cette baisse devait être due au fait que malgré ses victoires aux élections précédentes, le parti n’avait toujours pas pu mettre en place son programme et obtenir l’indépendance du pays[14].

Royaume du Cambodge (1953-1970)[modifier | modifier le code]

L’indépendance est finalement acquise en 1953 par Norodom Sihanouk, sans que le parti démocrate puisse en revendiquer une quelconque paternité. Des élections eurent lieu en 1955, 1958, 1962 en 1966, toutes remportées par le Sangkum Reastr Niyum.

1955[modifier | modifier le code]

La précédente assemblée avait eu une vie relativement courte. Alors que le gouvernement issu des élections de septembre 1951 avait été déposé par Norodom Sihanouk en juin 1952 et remplacé par un cabinet dirigé par le monarque et hostile au parlement, l’assemblée quant à elle, sera dissoute en janvier 1953, là encore par décret royal. Les choses évolueront lors de la signature des accords de Genève, le 20 juillet 1954, qui confirme l’indépendance du Cambodge au niveau international mais demande l’organisation de nouvelles élections en 1955[15].

Dans le même temps, Yem Sambaur, Sam Nhean, Nhiek Tioulong et Lon Nol, les responsables des petits partis n’ayant obtenu aucun siège aux élections précédentes, s’associaient au sein de Sahapak (le Parti Unifié) afin de tenter de faire chuter le parti démocrate et d’élaborer une stratégie pour gouverner le pays. Sihanouk, ne fut pas long à leur accorder son soutien, les principaux dirigeants de la coalition ayant été parmi ses plus proches collaborateurs. Le roi comptait sur leur capacité d’organisation alors qu’en contrepartie ils espéraient pouvoir bénéficier de la popularité du monarque. Cette alliance perdurera jusqu’à la déposition de Norodom Sihanouk en 1970[16].

Au début de 1955, un coup de théâtre allait secouer la vie politique cambodgienne : le 3 mars, Norodom Sihanouk abdiquait au profit de son père, afin de pouvoir mieux s’investir dans les joutes électorales. En avril, il fondait un mouvement - il insiste pour qu'on ne l’appelle pas « parti » – national politique, le Sangkum Reastr Niyum, que l’on peut traduire par communauté socialiste populaire[17].

Début mai, les membres de différents partis monarchistes de droite viennent renforcer le mouvement ; c’est tout d’abord le Parti de la Rénovation khmère de Lon Nol et Nhiek Tioulong, allié à Sihanouk depuis 1951, qui se dissout, suivi peu après du Parti Populaire de Sam Nhean et de celui du Nord Est victorieux de Dap Chhuon[18].

Sihanouk tentait de soustraire la politique cambodgienne à l’influence des autres formations. Mais encore en avril, beaucoup d’observateurs pensaient que le parti démocrate remporterait les élections repoussées à maintes reprises. Cependant, la police et la milice aux ordres de Dap Chhuon multipliaient les brutalités et autres mesures d’intimidation. Alors que les caciques du Sangkum déploraient devant l’ambassadeur des États-Unis la mort de deux des leurs en province, les actes à l’encontre des partisans démocrates et du Pracheachon, qui n’étaient pas rendu publics, étaient d’une toute autre ampleur. Plusieurs journaux indépendants furent fermés et leurs propriétaires emprisonnés alors que dans les provinces, de nombreux communistes et démocrates furent incarcérés puis libérés après le scrutin, sans avoir été jugés. Ailleurs, des villageois étaient rassemblés à la pagode où ils devaient jurer devant des moines de voter pour le Sangkum cependant que dans certains districts, les candidats royalistes auraient été avertis par leur direction que pour garantir leur avenir, ils devaient assurer à leur mouvement au moins 80 % des suffrages. Enfin, un candidat démocrate avait contacté depuis Siem Reap un membre de l’ambassade américaine mais, d’après ce dernier « la conversation n’avait pas pu être fructueuse, l’interlocuteur étant visiblement effrayé et n’avait pas voulu donner son nom ». Les bruits quant aux actes de violence qui se répandaient à travers le pays par le bouche à oreille suffisaient dans la plupart des cas à contenir les velléités de contestation[19].

Les libéraux furent plus faciles à amadouer. En juin le prince Norodom Norindeth, fondateur du parti en abandonnait la présidence pour rejoindre le Sangkum. Après les élections, il deviendra le premier ambassadeur du Cambodge auprès de l’UNESCO à Paris[20].

Même si les campagnes précédentes avaient déjà eu leur lot de violences et d’abus de toutes sortes, les exactions observées en 1955 étaient d’une toute autre nature. Pour la première fois l’appareil d’État, la famille royale et les médias conjuguaient leurs efforts pour défendre une liste de candidats. Malgré cela, à la fin août, les démocrates pensaient toujours pouvoir décrocher une vingtaine de sièges et espéraient que le Pracheachon pourrait gagner sept des trente circonscriptions dans lesquelles ils concourraient ; ils pourraient alors s’allier pour entraver les réformes constitutionnelles voulue par Sihanouk. Mais dans le même temps, la plupart des candidats démocrates, craignant pour leur vie, se réfugiaient à Phnom Penh. Du côté du Sangkum, le choix de certains candidats prêtait à sourire ; à Battambang, Huy Kanthoul se rappelait d’un « sino-khmer qui aurait eu du mal à lire un seul mot de cambodgien » alors qu’à Svay Rieng, le mouvement était représenté par un jeune chanteur populaire de 19 ans qui avait attiré l’attention de Sihanouk. Ailleurs, on rencontrait d’anciens membres du parti de la rénovation khmère, battus lors des élections de 1947 et 1951[21].

Le mélange de terreur, de favoritisme, de propagande et de mépris pour les élites qui sévissait alors allait devenir monnaie courante dans les années qui suivront. Les démocrates s’estimaient pourtant toujours libres de discuter avec des étrangers de la situation du Cambodge et de l’avenir du pluralisme. Après 1955, la contestation allait être étouffée et les dissidents emprisonnés. Malgré tout, la campagne continuait et les démocrates, poursuivaient leurs discours où ils fustigeaient l’absolutisme et le sous-développement endémique. Pour contrer ces arguments, la presse proche du Sangkum développait une approche originale du malaise social, prétextant que les indigents devaient leur pauvreté à leurs méfaits commis dans leurs vies précédentes alors que les plus aisés jouissaient du fruits des bonnes actions de leurs existences passées. Cette affirmation allait par la suite devenir un des piliers du « socialisme bouddhiste » prôné par le Sangkum[22].

Alors que l’échéance approchait, l’oppression se faisait plus sensible. Trois jours avant les élections, il fut décidé de juguler Keng Vannsak, l’un des orateurs les plus populaires du Parti démocrate, capable d’attirer des foules importantes. Des partisans du Sangkum s’invitèrent à un de ses meetings à Phnom Penh. Des coups de feu furent échangés, tuant un chauffeur du tribun ; ce dernier fut bousculé, poussé hors de la manifestation et arrêté pour incitation à la violence. Il sera emprisonné deux mois sans procès et sera libéré une fois les élections passées et après avoir dû présenté des excuses publiques au roi[23].

Quand la date du scrutin arriva, le résultat ne faisait aucun doute. Mais le score des candidats du Sangkum – crédité de 82 % des voix et la totalité des sièges –avait surpris la plupart des observateurs. Les démocrates, qui n’avaient réunis que 12 % des votes, se plaignaient que dans les circonscriptions où le mouvement royaliste avait perdu, les urnes avaient été détruites et ses candidats avaient été purement et simplement décrétés vainqueurs sans autre forme de procès. Le Pracheachon avait officiellement récolté plus de 30 000 voix, soit 4 % des suffrages exprimés. Il semble acquis que parmi les 25 % d’inscrits qui n’avaient pas volontairement ou non pris part au vote, la plupart auraient voté pour le Parti démocrate ou le Pracheachon, mais pas suffisamment pour empêcher une victoire du Sangkum. Le fait que 309 candidats concourraient pour 91 sièges explique en partie que beaucoup ne s’attendaient pas à un tel raz de marée. Huy Kanthoul affirma à des membres de l’ambassade américaine que dans au moins une des circonscriptions où les démocrates n’obtinrent pas une seule voix, aucun bulletin à leur nom n’avait été fourni dans les bureaux de vote. D’autres se plaignaient que les bulletins du Sangkum étaient imprimés suffisamment gras pour être lisibles à travers l’enveloppe et voir qui n’avait pas voté pour le mouvement royaliste. Dans un bureau de vote, il fut reporté que des militaires surveillaient l’intérieur des isoloirs et corrigeaient tous ceux qui n’avait pas choisi le Sangkum[24].

Parti Voix % Sièges
Sangkum Reastr Niyum 630 625 82 % 91
Parti démocrate 93 919 12 % 0
Pracheachon 31 034 4 % 0
Mouvement du peuple 794 0

Il n’est pas possible de savoir quel score la formation sihanoukiste aurait obtenu sans les manœuvres d’intimidation citée plus haut, mais il semble probable que le Sangkum aurait quand même atteint une majorité confortable. Toutefois, le prince aurait dû affronter une partie de l’assemblée résolument hostile. L’idée d’une telle opposition, même stérile lui aurait été impensable et il aurait voulu en exclure toute possibilité[25].

1958[modifier | modifier le code]

L’année 1957 fut marquée par deux évènements importants dans la vie politique du pays. Le premier fut la disparition du parti démocrate de la scène cambodgienne, suite aux coups de boutoir répétés de Norodom Sihanouk qui acceptait mal l’ombrage supposé ou réel qu’ils pouvaient lui faire; le second était le différend qui opposait les parlementaires au gouvernement et qui allait déboucher sur une dissolution de l’assemblée nationale. Cet acte avançait les élections de plusieurs mois. Le prince, de son coté, était satisfait de pouvoir changer un parlement qui avait montré des velléités d’indépendance et de choisir des candidats du Sangkum qui de toute façon devraient être élus sans réelle opposition[26].

En février, aidé de Chau Seng, un intellectuel de gauche fraichement revenu de France, et quelques autres conseillers, Sihanouk devait traiter environ 700 candidatures d’hommes et de femmes tous désireux d’occuper les bancs de la nouvelle assemblée. Comme précité, les heureux élus se présentaient sans opposition, excepté dans cinq circonscriptions où le Pracheachon proposait des candidats. Les postulants étaient plus qualifiés et plus jeunes que ceux de 1955. Neuf d’entre eux, dont Long Boret, qui allait devenir le dernier Premier ministre de la république khmère, avaient moins de trente ans, vingt-deux entre trente et quarante. Sihanouk choisissait des personnes de sa génération ou plus jeunes pour former la nouvelle assemblée. Il avait aussi sélectionné quelques candidats connus pour être de gauche, tels Chau Seng, So Nem, Hu Nim ou Hou Yuon. Les seules catégories des élites cambodgiennes qui n’étaient pas représentées étaient les femmes et les membres de l’ancienne assemblée[27].

Pour faire ses choix, Sihanouk n’avait pas voulu tenir compte de l’avis des caciques du Sangkum et la campagne sera plutôt animée par de nouvelles composantes du parti, telles les jeunesses socialistes royales khmères (JSRK). Le monarque s’agaçait en effet de plus en plus à l’encontre de son mouvement et des personnes qu’il avait choisies pour le diriger. Deux de ses secrétaires généraux furent même renvoyés en 1957. Au début de 1958, la formation passait graduellement entre les mains de l’entourage du prince et allait progressivement s’identifier plus fortement à ce dernier[28].

Le Pracheachon, quant à lui, était maintenant dans une position délicate. Afin de survivre en tant que parti, il devait se manifester tout en soutenant Norodom Sihanouk. Lors des élections, il devait concourir contre le Sangkum sans s’opposer à lui. Il devait présenter sa propre version du programme du prince en espérant que certaines de ses propositions allaient convaincre les électeurs de voter pour des candidats qui étaient en outre sous surveillance policière[29]. Concernant son programme, certains points seront mis en application une douzaine d’années plus tard par le gouvernement khmer rouge, mais pour le moment, la plupart s’occupait de publier des brochures explicitant en quoi ils se différenciaient du Sangkum. Dans un de leurs journaux, par exemple, un éditorial appelait les électeurs à apporter leur soutien aux candidats qui n’avaient aucun lien avec les impérialistes, mais précisait que cela ne revenait pas à rejeter la confiance accordée à Sihanouk. À Battambang également, le candidat prétendait durant sa courte campagne – il renoncera finalement à se présenter - défendre les idées du communisme et en même temps avoir le soutien total du prince. Le message s’avérait finalement trop nébuleux pour la plupart des électeurs[30].

Toutefois, bien que les visites officielles en Europe de l’Est et en Chine étaient des succès et malgré la faiblesse de l’opposition de gauche, Norodom Sihanouk tentait d’éradiquer le communisme du Cambodge. Après la disparition du Parti démocrate, la campagne pour les élections de 1958 s’était recentrée sur un programme anticommuniste. Au congrès national du Sangkum en janvier, il accusait le Pracheachon d’engendrer une rancœur à son encontre au sein du « peuple ordinaire ». Si cette formation voulait présenter des candidats, il se devait de prévenir l’électorat contre leurs « méfaits ». La propagande du mouvement sihanoukiste, ainsi, après avoir d’abord montré un moine qui quittait sa pagode pour aller voter, se concentra à partir de mars, contre le Pracheachon, publiant notamment la photo d’un train attaqué et détruit en 1954 par le Việt Minh et ses alliés cambodgiens. Juste avant les élections, le prince publiait également trois articles sur le communisme au Cambodge. Il retraçait sa version de l’histoire du mouvement et s’appesantissait sur leur dépendance à l’égard du Viêt Nam. Il concluait en affirmant que le communisme n’avait aucun avenir dans la société cambodgienne. Pendant la campagne, la presse de gauche, ainsi que les candidats du Pracheachon étaient mis sous surveillance policière étroite. Ainsi, à Svay Rieng, quelque deux cents policiers et membres des Jeunesses Socialistes Royales Khmères était chargés de suivre le concurrent du parti de gauche dans ses moindres déplacements. Sihanouk visita les districts où se présentait le Pracheachon et par ses attaques virulentes obtint que seul Keo Meas maintienne sa candidature à Phnom Penh[31].

La campagne quant à elle, était plutôt terne. La plupart des candidats du Sangkum, assurés de l’emporter, ne faisait d’une manière générale qu’une visite de pure forme dans leur circonscription. Exception confirmant la règle, Long Boret parcouru quant à lui des centaines de kilomètres à dos d’éléphant dans la province de Stoeng Treng, pratique qu’il renouvellera en 1962 et 1966[32].

Lorsque les résultats des élections – les premières auxquelles les femmes participèrent - furent publiés, Keo Meas, le seul candidat du Pracheachon, fut crédité de 396 voix à Phnom Penh, alors qu’à Kampot une autre personne dont le nom n’est pas passé à la postérité récoltât une douzaine de bulletins. Le Sangkum quant à lui recueillait plus d’1,6 millions de suffrages. L’abstention était relativement élevée, atteignant même 55 % dans la capitale. Il semblait que les électeurs n’aient pas daigné se déplacer pour un scrutin dont le résultat était connu d’avance et pour choisir des députés dont ils avaient du mal à voir en quoi ils pouvaient avoir une quelconque influence sur leur vie quotidienne[33].

Parti Voix Sièges
Sangkum Reastr Niyum 1 646 488 61
Pracheachon 396 0
Divers 13 0

Ces élections permirent d’avoir des représentants plus jeunes et plus compétents, ce qui donnait aux futurs gouvernements la possibilité de faire plus facilement appel à des parlementaires qu’auparavant. Keo Meas, dans le même temps, craignant d’être arrêté, se réfugiait pour un temps dans l’est du pays près de la frontière vietnamienne. Il dût alors laisser les rênes de la cellule phnompenhoise du Parti communiste du Kampuchéa clandestin à Saloth Sâr, alors âgé de 30 ans, et à son collègue Vorn Vet (ja), permettant au premier nommé d’assoir son influence sur le mouvement avec les conséquences néfastes qui se manifesteront bien plus tard[34].

1962[modifier | modifier le code]

Sihanouk lança la campagne à la fin de 1961 avec pour but d’obtenir un score de 100 %. Il s’attaqua d’abord à l’aile gauche du Pracheachon, fustigeant lors d’une session extraordinaire du congrès national Non Suon, leur porte-parole. Le prince refusait de répondre aux questions du parti relatives à la corruption, la hausse des prix ou la montée du chômage, arguant qu’elles avaient été soumises trop tard pour être traitées. Il utilisait la même méthode qu’il avait déjà appliquée avec succès contre les démocrates et invitait Non Suon à un « débat public » dans la même veine que celui de 1957. Toutefois, devant les menaces de la foule hostile composée de membres du Sangkum, il dût lui adjoindre une protection policière. La campagne s’intensifia en 1962, quand plusieurs personnes soupçonnées d’être membre du Pracheachon étaient arrêtées à Kampong Cham. Ils auraient été trouvés en possession de documents qui ne seront jamais publiés, mais qui auraient contenu des preuves d’un projet de surveillance des politiciens cambodgiens pour le compte d’« une puissance étrangère ». Non Suon fut à son tour appréhendé quelques jours plus tard, suivi peu après par Chou Chet, le directeur de la revue Pracheachon. Le journal de gauche Pancha Shila continua de paraitre quelques semaines, jusqu’à ce que son directeur soit lui aussi incarcéré après avoir fait paraitre des extraits d’un poème cambodgien du XVIIIe siècle qui invitait les fonctionnaires du Palais à ne pas malmener la population[35].

Dans les discours que Sihanouk faisaient à l’époque, il affirmait que les prisonniers seraient certainement reconnus coupables et condamnés à mort. L’arrestation des directeurs de journaux n’avait pas été communiquée, mais le prince déclarait que les rumeurs de mesures arbitraires visant à réduire les chances du Pracheachon pour les prochaines élections n’étaient que le fruit de l’imagination de certains de ses détracteurs. Le chef de l’État était manifestement de mauvaise foi, mais il y’avait également de sérieux désaccords au sein du Parti communiste du Kampuchéa. Alors que Non Suon et Keo Meas soutenait la participation du Pracheachon aux élections, Saloth Sâr et ses partisans ne voyaient pas l’intérêt de présenter des cadres compétents à des élections qu’ils n’avaient aucune chance de remporter, mais où ils risquaient d’attirer sur eux l’attention de la police de Sihanouk qui aurait alors moins de mal à les emprisonner ou à les faire assassiner[36].

Finalement, durant l’année 1962, le Pracheachon décidait de ne pas présenter de candidat et de prononcer sa dissolution. Ces décisions ouvrait un boulevard au Sangkum, mais allait aussi permettre à la mouvance communiste qui préconisait la lutte clandestine de s’affirmer avec les funestes conséquences qui en découleront une douzaine d’années plus tard[37].

L’opposition muselée, Sihanouk définissait de nouvelles règles pour les candidats. Il affirmait avoir reçu plus de 5 000 demandes qui pour beaucoup laissaient transparaitre qu’un siège de député était toujours considéré comme lucratif. En avril, aidé par des conseillers, il éliminait les postulants ayant franchi la limite d’âge de soixante ans, ceux qui avaient un degré d’instruction inférieur au collège et ceux qui avaient rejoint le Sangkum après 1960. La liste fut ainsi réduite à 314 candidats, puis aux 75 requis. Moins de la moitié des élus de 1958 étaient appelés à se représenter. Parmi les nouveaux noms, on notait Khieu Samphân et Yem Sambaur. Les élections en elles-mêmes eurent lieu le 10 juin 1962 et apportèrent peu de surprises, tout au plus l’absentéisme qui avait encore progressé depuis 1958. Juste avant le scrutin, Non Suon et les prisonniers de Kampong Cham furent condamnés à mort sans que les preuves de leur culpabilité ne soient publiées ; peu après, leur peine fut toutefois commuée en un emprisonnement à vie[38].

1966[modifier | modifier le code]

Les élections de la quatrième assemblée depuis l’indépendance étaient prévues pour septembre 1966. Les candidatures devaient être posées avant fin juillet. À ce moment, 425 personnes postulaient pour les 82 sièges en lice (5 nouveaux postes avaient été créés). Sur les 77 députés sortant, 34 décidaient de ne pas se représenter. La campagne de six semaines était surtout axée sur les problèmes locaux et dans la plupart des cas, Sihanouk respecta la promesse qu’il avait faite de ne pas intervenir. Néanmoins, craignant la popularité croissante de Hou Yuon, Hu Nim et Khieu Samphân qui concourraient pour une réélection il lança plusieurs polémiques qui s’avéreront infructueuses contre les communistes cambodgiens et le député conservateur anti-sihanoukiste Douc Rasy[39].

Il semble qu’au départ, le chef de l’État avait prévu de nommé les candidats comme il l’avait fait en 1958 et 1962, mais il changea d’avis en juin. Il justifia sa décision par des pressions qui se seraient exercées sur lui pour désigner des individus qu’il ne souhaitait pas choisir et par la déception que lui avait occasionnée, une fois élues, les personnes qu’il avait précédemment investies[40].

Sihanouk laissa entendre qu’un millier de personnes voulaient postuler, mais que si des compétiteurs hors du Sangkum se présentaient, il faudrait mettre un terme à cette confusion et revenir aux candidatures uniques. Cette remarque semble accréditer la version que le prince avait déjà fait une présélection mais ne voulait ou ne pouvait pas se prononcer sur un choix définitif. D’après Douc Rasy, il subissait des pressions de son entourage pour faire nommer des personnes connues comme proches de ses fidèles plutôt que pour leur compétence. Ne désirant pas agir à l’encontre des intérêts de ses adeptes, et convaincu qu’il n’avait pas grand-chose à craindre de l’assemblée, il dédaigna les élections, décision qui s’avérera lourde de conséquences[41].

On ne peut pas savoir ce que le monarque attendait vraiment de ces élections. Comme toutes les autres depuis 1955, elles se déroulèrent dans un calme relatif, même si certains perdants contestèrent plusieurs résultats et que les pots de vin et autres achats de votes semblent avoir été courants. D’après Milton Osborne, plusieurs candidats payèrent leurs adversaires pour que ceux-ci se désistent. L’absentéisme, de son côté atteignait 35 % au niveau national et même 80 % à Phnom Penh[42].

Il est difficile encore de nos jours de tirer des conclusions des résultats. Seuls 11 vainqueurs des 75 circonscriptions où se présentaient plusieurs candidats obtinrent la majorité absolue. Certains députés furent élus avec moins de 25 % des voix et la plupart n’atteignaient pas les 40 %. Quatre des gagnants - Khieu Samphân, Hou Yuon, Hu Nim et Douc Rasy – avaient été nommément désignés par Sihanouk comme des ennemis du régime. Leurs scores, proches des 50 %, semblent montrer que leur opposition au prince avait joué en leur faveur. D’une manière générale, comme le fit remarquer Charles Meyer, conseiller du monarque, il était admis que beaucoup de candidats qui avaient déclaré un soutien indéfectible à Sihanouk furent défaits[43].

Il semble que ce soit les candidats qui s’étaient focalisés sur les problèmes locaux qui réunirent le plus de voix. Khieu Samphân, par exemple, s’était attiré la sympathie de ses électeurs de S’aang en les visitant régulièrement dans des véhicules de facture modestes et avait même, en une occasion prêté à des fermiers de quoi financer l’installation d’une pompe. Hou Yuon faisait de même à Kampong Cham où il s’était forgé une réputation d’humanité et où en 1966, il rafla 78 % des suffrages. À Siem Reap enfin, un nouveau venu à la politique du nom de Keu Ky Lim, dont le père était un propriétaire connu d’une pêcherie, profita lui aussi de sa connaissance du terrain pour se faire élire[44].

Le recentrage sur les problèmes locaux et la résurgence de réseaux clientélistes régionaux n’étaient pas sans rappeler les campagnes d’avant le Sangkum, avec toutefois des différences notables. Tout d’abord, le parti démocrate attirait à l’époque les foules en prônant l’indépendance du pays, alors qu’en 1966, aucun sujet d’ordre national n’avait été abordé, ni aucune question sur la ligne du parti, vu que l’ensemble des candidats se réclamaient du Sangkum et savaient qu’ils risquaient l’arrestation au cas où ils se seraient déclarés autrement. Concernant les élections, le fort taux d’abstention à Phnom Penh laisse à penser que celui des campagnes a volontairement été minoré par les autorités locales qui devaient établir les décomptes, mais s'étaient trouvées désemparés par l’absence d’instructions de la capitale quant à la marche à suivre pour orienter les votants et les résultats. La deuxième cause possible de cette faible participation peut aussi être mis sur le compte du manque d’enthousiasme de Sihanouk à mobiliser les foules, trop occupé à préparer la visite du général de Gaulle à Phnom Penh quelques semaines avant le scrutin[45].

L’assemblée présentait un nouveau visage. Seuls 28 des 82 députés avaient déjà été élus en 1962. Beaucoup de représentants de l’aile gauche avaient choisi de ne plus se présenter. Comme le fit remarquer Michael Vickery, 6 sièges avaient été gagnés par d’anciens conservateurs du Sangkum qui n’avaient été candidats ni en 1958 ni en 1962, alors que 13 autres, qui n’avaient plus prit part aux élections depuis 1951, étaient alors membres de petits partis de droite qui s’étaient auto-dissous au bénéfice du Sangkum[46]. La principale conséquence de cette élection fut que Sihanouk ne put empêcher ses adversaires de rejoindre l’assemblée. En 1972, alors qu’il était en exil, il confia à Jean Lacouture que le parlement élu en 1966 - qui l'avait déposé - avait été « le plus réactionnaire et corrompu » qu’il ait connu[47]. Lorsque cette nouvelle assemblée se réunit, et après avoir rejeté les candidatures de Sim Var et de Norodom Kanthoul, elle choisit, par 59 voix, le général Lon Nol comme premier ministre[48].

République khmère (1970 - 1975)[modifier | modifier le code]

Après des élections présidentielles qui virent la victoire du maréchal Lon Nol, les Cambodgiens devaient retourner aux urnes le 3 septembre 1972, pour choisir une nouvelle assemblée.

1972[modifier | modifier le code]

Pour ces élections législatives, Lon Nol, qui regrettait que le scrutin présidentiel n’ait pas donné lieu à un plébiscite « sihanoukien », changea la loi électorale avec l’aide de son frère, le colonel Lon Non. La capitale cambodgienne, qui avait majoritairement voté contre le maréchal se retrouvait désavantagée au profit de secteurs qui en fait n’étaient plus sous domination républicaine et dont l’électorat se limitait de ce fait aux réfugiés des camps contrôlés par l’armée. De plus, l’assemblée fut étendue de 82 à 126 sièges pour tenir compte de la croissance démographique, mais en occultant que les bureaux de vote ne seraient pas accessibles à une partie importante de la population[49].

Les militants des trois figures marquantes de la république s’organisaient en partis politiques pour pouvoir se présenter devant les électeurs. In Tam concourrait sous la bannière d’une réincarnation du Prachéathipatei (« parti démocrate »), alors que les fidèles de Sirik Matak se regroupaient au sein du Sathéaranak Rath (« parti Républicain »). Une troisième formation, le Sangkum Sathéaranak Rath (« parti socio-républicain »), officiellement créé par Lon Non, apparaissait rapidement comme le parti du maréchal-président bien que celui-ci se soit déclaré au-dessus des partis. Enfin deux petits partis, le Pracheachon (« parti du peuple »), qui n’avait rien à voir avec l’ancienne vitrine légale du parti communiste du Kampuchéa, et Sattrey (« parti des femmes ») apparaissaient pour beaucoup d’observateurs comme des créations de Lon Non afin de diviser l’opposition. Très vite, la campagne électorale se limita à des échanges d’attaques personnelles par le biais des organes de presses des différentes factions[50].

Au bout d’un moment, il apparaissait clair que le scrutin avait toutes les chances d’être émaillé d’irrégularités visant, avec le soutien de l’armée, à assurer la victoire du parti présidentiel. Les deux principales formations d'opposition décidèrent en conséquence de se retirer de la course et seules 10 circonscriptions présentèrent plusieurs candidats. Il s'ensuivit une victoire écrasante du parti socio-républicain. Dans les bureaux où l’opposition semble avoir gagné la majorité, des bulletins furent détruits alors que quelques-uns des adversaires du régime furent emprisonnés pendant le scrutin[51].

Parti Voix % Sièges
Parti social républicain 1 304 207 99,1 % 126
Pracheachon 12 854 0,1 % 0

Kampuchéa démocratique (1975 - 1978)[modifier | modifier le code]

Suite à la promulgation par les khmers rouges d'une nouvelle constitution le 5 janvier, des élections eurent lieu le 20 mars 1976 en vue d'élire les 250 députés de la nouvelle Assemblée des Représentants du peuple.

Ce parlement était normalement élu pour 5 ans et comprenait 150 représentants des paysans, 50 des ouvriers et 50 des militaires.

On sait très peu de chose de ces élections:

  • il y avait 515 candidats aux 250 sièges à pourvoir.
  • les candidats devaient tous avoir « de bons états de service dans la lutte révolutionnaire pour la libération du peuple et de la nation »[52].
  • la participation aurait été de 3 462 868 votants, soit 98 % des inscrits.
  • les noms des candidats n'étaient pas communiqués aux électeurs[52].
  • il y eut 46 femmes élues (29 représentantes des paysans, 8 des ouvriers et 9 des forces armées[53].

Cette assemblée ne fut convoquée qu'une seule fois, du 11 au 13 avril 1976, occasion durant laquelle elle entérina la démission de Norodom Sihanouk à la tête de l'État et son remplacement par Khieu Samphân, ainsi que l'acceptation d'un nouveau gouvernement dirigé par un représentant des ouvriers des plantations d'hévéa du nom de Pol Pot; il s'agit de la première référence à ce surnom derrière lequel se cachait en réalité Saloth Sar[54].

République Populaire du Kampuchéa (1979 - 1991)[modifier | modifier le code]

Des élections auraient été organisées en 1981.

État du Cambodge puis royaume du Cambodge (Depuis 1991)[modifier | modifier le code]

L'Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge a installé à partir de 1992 un régime parlementaire. De premières élections législatives eurent lieu en 1993. Depuis, le parlement est renouvelé tous les cinq ans.

1993[modifier | modifier le code]

Conformément aux accords de Paris du 23 octobre 1991, l'Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge avait dans ses missions « l'organisation et la tenue d'élections libres et régulières ».

Au total, ce seront 20 formations qui se présenteront devant les urnes. Les plus importantes sont le Parti populaire cambodgien (PPC) de Hun Sen, Premier Ministre de l'État du Cambodge, le Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif (FUNCINPEC) dirigé par le Prince Norodom Ranariddh (fils du Chef de l'État, le Prince Norodom Sihanouk) et le Parti démocrate libéral bouddhiste (PDLB) conduit par un ancien Premier Ministre du Cambodge, M. Son Sann. Le Parti du Kampuchéa démocratique (PKD), vitrine pseudo-légale khmère rouge a choisi de son côté de boycotter ses élections[55].

Le scrutin s'est finalement déroulé du 23 au 25 mai 1993 mais uniquement dans les zones qui n'étaient pas contrôlées par le PKD. Les élections purent se dérouler sans heurts majeurs, malgré les menaces proférées par les dirigeants khmers rouges qui avaient juré de tout mettre en œuvre pour perturber le déroulement[56].

Si le FUNCINPEC obtient le plus de voix et de siège, les résultats restent serrés. Le PPC obtient la majorité des voix dont 11 provinces et le FUNCINPEC dans 10. En termes de sièges, chacun des deux partis obtient la première place dans 9 provinces et sont à égalité dans 3 autres. Toutefois, si le FUNCINPEC domine 5 des 6 provinces les plus peuplées, il obtient des résultats honorables dans l’ensemble du pays, profitant de la référence à Norodom Sihanouk et au royaume du Cambodge, considéré comme un âge d’or par la plupart des Cambodgiens. Le PPC de son côté, subit une usure du pouvoir après 14 ans à la tête du pays. Les partis qui se réclamaient proches du modèle américain (le parti démocrate libéral – 1,56 % - et le PLDB – 3,81 %) essuyèrent un échec cuisant, le second nommé ayant en outre du mal à se démarquer du FUNCINPEC avec qui il partagea les destinées de la « résistance anticommuniste » au régime de la république populaire du Kampuchéa pendant plus de 10 ans[57].

Certains élus du PPC, déçus par ce résultat, tentèrent de créer une république dissidente composée des provinces de la frontière est du pays où ils étaient majoritaires. Cette tentative n'ayant pas abouti, les titulaires qui y ont participé durent céder leur siège aux suivants de la liste du même parti[58].

Néanmoins, aucune formation politique n’ayant obtenu les deux tiers des sièges prévus par les accords de Paris pour pouvoir adopter la constitution[réf. nécessaire], Norodom Sihanouk, intervient pour créer une coalition gouvernementale. Après plusieurs tentatives, il parvient à un accord, en juin, qui débouche sur la création d’un gouvernement d’union nationale, dont le pouvoir est partagé entre les partisans du prince Norodom Ranariddh, vainqueurs des élections et ceux de Hun Sen qui contrôlaient toujours l’appareil d’état[59].

L'Assemblée constituante a tenu sa séance inaugurale le 14 juin 1993. Elle consacre le retour au pouvoir de Norodom Sihanouk comme roi du Cambodge, couronné le 24 septembre. Après la ratification de la nouvelle Constitution, le monarque nomme premier Premier ministre le prince Norodom Ranariddh et Hun Sen devient le second Premier ministre, respectant ainsi le compromis consenti en juin[60].

À noter que c'est la première fois, depuis l’indépendance cambodgienne, que le parti alors au pouvoir (en l'occurrence ici le Parti populaire cambodgien) ne sort pas vainqueur d’une élection.

Résultats[61]
Parti Voix % Sièges
FUNCINPEC 1 703 212 45,47 58
Parti populaire cambodgien (PPC) 1 454 647 38,23 51
Parti libéral démocratique bouddhiste (PLDB) 139 966 3,81 10
Parti démocrate libéral 57 538 1,56 -
Mouvement pour la libération nationale du Kampuchéa (MOLINAKA) 50 474 1,37 1
Parti des Khmers neutres 45 681 1,20 -
Parti républicain de coalition 39 047 1,04 -
Parti du Cambodge libre, indépendant et démocratique 35 301 0,93 -
Parti républicain libéral 29 977 0,78 -
Parti libéral de réconciliation 28 368 0,74 -
Parti républicain de coalition 26 071 0,69 -
Parti Cambodge Renaissance 25 945 0,69 -
Parti républicain de coalition 24 710 0,64 -
Parti du Cambodge neutre et démocratique 22 995 0,61 -
Parti paysan libéral démocratique khmer 19 775 0,52 -
Parti républicain de développement 19 233 0,51 -
Rassemblement pour la solidarité nationale 13 681 0,36 -
Parti d'action pour la démocratie et le développement 12 852 0,35 -
Parti pour la république démocratique khmère 10 629 0,29 -
Parti nationaliste 7 310 0,20 -

1998[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 26 juillet 1998, le PPC ou Pracheachon (Parti populaire cambodgien) a remporté 39,29 % des voix, et obtenu 64 sièges sur les 122 qui composent l'Assemblée nationale. Le FUNCINPEC (Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif, conduit par le prince Norodom Ranariddh, Premier ministre sortant) a recueilli 30,07 % des voix, et obtient 43 sièges. Le PSR (Parti Sam Rainsy) (Sam Rainsy), obtient 13,54 % des voix et 15 sièges. Si le PPC détient la majorité absolue à l'Assemblée, l'article 90 de la Constitution de 1993 oblige la formation du gouvernement à être avalisée par une majorité des deux-tiers, donc nécessite une coalition.

Résultats[61]
Parti Voix % Sièges
Parti populaire cambodgien (PPC) 2 030 802 39,29 64
FUNCINPEC 1 554 374 30,07 43
Parti Sam Rainsy (PSR) 699 653 13,54 15
Parti démocrate cambodgien 89 999 1,74 -
Parti du soutien à la nation cambodgienne 71 105 1,36 -
Parti libéral démocrate pour le salut national 46 420 0,90 -
Parti Son Sann 45 844 0,89 -
Parti Reastr Niyum 37 309 0,72 -
Parti libéral bouddhique 32 957 0,64 -
Parti Khmer Angkor 26 482 0,51 -
Parti des citoyens khmers 23 707 0,46 -
Parti de l'unité cambodgienne 19 234 0,37 -
Parti pour sauver les droits des femmes cambodgiennes 18 885 0,36 -
Parti des agriculteurs 15 596 0,30 -
Parti de la nouvelle société 15 065 0,29 -
Parti de la coalition républicaine 14 915 0,29 -
Parti démocrate libéral 14 086 0,28 -
Parti démocrate de la ruche sociale 13 951 0,27 -
Parti républicain du développement libre 13 781 0,27 -
Parti de la solidarité nationale 13 043 0,25 -
Parti de l'unification nationale 11 888 0,23 -
Parti du développement national 10 450 0,20 -
Parti lumière de la liberté 10 026 0,19 -
Parti neutre cambodgien 8 461 0,16 -
Mouvement pour la libération nationale du Kampuchéa (MOLINAKA) 8 396 0,16 -
Parti nationaliste cambodgien 7 522 0,15 -
Parti de l'État de droit, de la nation et des femmes 6 216 0,12 -
Parti de la construction nationale 5 830 0,11 -
Parti Nokor Chum 5 318 0,10 -
Parti de la femme cambodgienne Neang Neak 5 076 0,09 -
Parti du Cambodge libre indépendant et démocratique 3 938 0,08 -
Parti d'un Cambodge neutre et démocratique 3 870 0,07 -
Parti de la nouvelle vie cambodgienne 3 830 0,07 -
Parti des femmes cambodgiennes 3 300 0,06 -
Parti du développement agricole cambodgien 3 192 0,06 -
Parti d'un Cambodge nouveau 3 156 0,06 -
Parti républicain libre 1 654 0,03 -
Parti des enfants cambodgiens 1 603 0,03 -
Parti khmer du progrès 1 554 0,03 -

2003[modifier | modifier le code]

Le Parti populaire cambodgien du Premier ministre Hun Sen manque de peu (9 sièges) la majorité des deux-tiers qui lui aurait permis de gouverner seul. Il s'ensuivra des tractations de plusieurs mois avant de pouvoir former un gouvernement de coalition avec le FUNCINPEC.

Ce dernier parti poursuit sa chute et se retrouve talonné par le Parti Sam Rainsy qui, à cause du scrutin par circonscriptions aura 2 députés de moins que le FUNCINPEC alors qu'il dispose de 55 000 électeurs de plus.

Résultats[62],[61]
Parti Voix % Sièges
Parti populaire cambodgien (PPC) 2 447 259 47,35 73
Parti Sam Rainsy (PSR) 1 130 423 21,87 24
FUNCINPEC 1 072 313 20,75 26
Parti démocrate khmer 95 927 1,86 -
Parti du riz 76 086 1,47 -
Parti Inpath Borey 62 338 1,21 -
Parti Norodom Chakrapong de l'âme khmère 56 010 1,08 -
Parti du développement du Cambodge 36 838 0,71 -
Parti Khmer Angkor 26 385 0,51 -
Parti des femmes cambodgiennes 23 538 0,46 -
Parti du Front des Khmers 20 272 0,39 -
Parti de l'unité khmère 18 309 0,35 -
Mouvement démocratique de Hang Dara 15 671 0,30 -
Parti de l'âme khmère 14 342 0,28 -
Parti des jeunes Khmer 14 018 0,27 -
Parti de la solidarité khmère 11 676 0,23 -
Les Khmers aident les Khmers 9 482 0,18 -
Parti des paysans khmers 9 449 0,18 -
MOLINAKA & les résistants khmers pour la liberté 6 808 0,13 -
Parti du Cambodge libre indépendant et démocratique 6 806 0,13 -
Parti des citoyens khmers 6 526 0,13 -
Parti khmer nationaliste 4 232 0,08 -
Parti démocrate libéral 4 129 0,08 -

2008[modifier | modifier le code]

Des élections, très attendues, ont eu lieu le dimanche 27 juillet 2008. Elles virent la victoire écrasante du parti du Premier Ministre Hun Sen.

Résultats détaillés (participation : 81 5 %)[63]
Partis
politiques
Votes Sièges
# % +/- # % +/-
Parti populaire cambodgien 3 492 374 58,11 + 10,76 90 73,2 + 17
Parti Sam Rainsy 1 316 714 21,91 + 0,04 26 21,1 + 2
Parti des Droits de l'Homme 397 816 6,62 + 6,62 3 2,4 + 3
Parti Norodom Ranariddh 337 943 5,62 + 5,62 2 1,6 + 2
FUNCINPEC 303 764 5,05 - 15,70 2 1,6 - 24
Alliance pour la démocratie 68 909 1,15 - 0
Parti démocratique Khmer 32 386 0,54 - 1,32 0
Mouvement démocratique de Hang Dara 25 065 0,42 + 0,12 0
Parti pour la justice sociale 14 112 0,23 - 0
Parti républicain Khmer 11 693 0,19 - 0
Parti Khmer pour la lutte contre la pauvreté 9 501 0,16 - 0

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (fr) François Ponchaud, Une brève histoire du Cambodge, Siloë,‎ 13 septembre 2007, 142 p. (ISBN 9782842314170), p. 49
  2. (fr) Pierre-Lucien Lamant, « Les partis politiques et les mouvements de résistance khmers vus par les services de renseignement français (1945-1952) », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 148,‎ octobre 1987, p. 79-96
  3. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 1 (« In search of independence 1945 - 1950 »), p. 31
  4. (fr) Philippe Preschez, Essai sur la démocratie au Cambodge, vol. 4, Centre d'étude des relations internationales, coll. « Recherches, Fondation nationale des sciences politiques »,‎ 1961, 134 p., p. 31
  5. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 1 (« In search of independence 1945 - 1950 »), p. 37
  6. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 92
  7. (fr) Soizick Crochet, Le Cambodge, Karthala Editions, coll. « Méridiens »,‎ 23 mai 1997, 279 p. (ISBN 9782865377220), p. 79
  8. (fr) Philippe Preschez, Essai sur la démocratie au Cambodge, vol. 4, Centre d'étude des relations internationales, coll. « Recherches, Fondation nationale des sciences politiques »,‎ 1961, 134 p., p. 34-35
  9. (fr) Jacques Dalloz, La guerre d'Indochine, 1945-1954, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 1er février 1987, 314 p. (ISBN 978-2020094832), p. 128
  10. (fr) Prince Norodom Sihanouk, Souvenirs doux et amers, Hachette,‎ 9 avril 1984, 413 p. (ISBN 978-2010076565), p. 174
  11. (fr) Philippe Preschez, Essai sur la démocratie au Cambodge, vol. 4, Centre d'étude des relations internationales, coll. « Recherches, Fondation nationale des sciences politiques »,‎ 1961, 134 p., p. 44-45
  12. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 94
  13. (en) Justin J. Corfield, The History of Cambodia, Greenwood Press,‎ avril 2009, 192 p. (ISBN 978-0313357220), p. 47
  14. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 2 (« Political warfare 1950 - 1955 »), p. 57
  15. (fr) Laurent Césari, L'Indochine en guerres : 1945-1993, Belin, coll. « Belin Histoire Sup »,‎ 1995, 315 p. (ISBN 9782701114057), p. 86
  16. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 97
  17. (fr) Prince Norodom Sihanouk, Souvenirs doux et amers, Hachette,‎ 9 avril 1984, 413 p. (ISBN 978-2010076565), p. 218-219
  18. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 2 (« Political warfare 1950 - 1955 »), p. 79
  19. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 98-99
  20. (en) Instruction CA 6626, Département d'État des États-Unis,‎ 7 février 1961
  21. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 98
  22. (fr) René Gallissot, Bernard Hours et Thierry Pouch, Adieux aux Colonialismes ?, vol. 174, L'Harmattan,‎ 23 mars 2010, 213 p. (ISBN 978-2296113343, résumé), « Socialisme colonial, socialiste national des pays dominés », p. 91
  23. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 978-0300102628, résumé), p. 159
  24. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 978-0300102628, résumé), p. 159-160
  25. (fr) Gilbert Bereziat, Cambodge 1945-2005 : soixante années d'hypocrisie des grands, L'Harmattan, coll. « Questions contemporaines »,‎ 4 février 2009, 276 p. (ISBN 978-2296079472, résumé), p. 39
  26. (fr) Renée Bridel, Neutralité : Une voie pour le Tiers Monde?, vol. 4, L'Age d'Homme, coll. « Mobiles littérature »,‎ 12 février 1990, 288 p. (ISBN 978-2825129883), p. 150
  27. (en) R. H. Taylor, The Politics of Elections in Southeast Asia, Cambridge University Press,‎ 13 juillet 1996, 272 p. (ISBN 978-0521564434, résumé), p. 223
  28. (en) Wim Swann, 21st Century Cambodia : View and Vision, Global Vision Publishing House,‎ 1er décembre 2009, 372 p. (ISBN 978-8182202788), « Independent struggle », p. 4
  29. (fr) Gérard Gilles Epain, Indo-Chine : Une histoire coloniale oubliée, L'Harmattan, coll. « Recherches asiatiques »,‎ 28 janvier 2008, 532 p. (ISBN 978-2296040731, résumé), p. 507
  30. (en) Ian Harris, Cambodian Buddhism : History and Practice, University of Hawai'i Press,‎ 15 mai 2008, 368 p. (ISBN 978-08248329880300102628[à vérifier : isbn invalide], résumé), p. 141
  31. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 978-0300102628, résumé), p. 180
  32. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 3 (« Sihanouk unopposed 1955 - 1962 »), p. 97
  33. (en) Henry Kamm, Cambodia : Report from a stricken land, Arcade Publishing,‎ 1er janvier 1998, 286 p. (ISBN 978-1559704335), « Brief greatness, a decline without end », p. 29
  34. (en) Elizabeth Becker, When The War Was Over : Cambodia And The Khmer Rouge Revolution, PublicAffairs, coll. « History / Asian Studies »,‎ 20 octobre 1998, 632 p. (ISBN 978-1891620003, résumé), « The path of betrayal », p. 82
  35. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 3 (« Sihanouk unopposed 1955 - 1962 »), p. 119
  36. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 978-0300102628, résumé), p. 194-195
  37. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 978-0300102628, résumé), p. 196
  38. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 3 (« Sihanouk unopposed 1955 - 1962 »), p. 120
  39. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), p. 208-209
  40. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 978-0300102628, résumé), p. 231-234
  41. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 106-107
  42. (en) Milton Osborne, Before Kampuchea : Preludes to Tragedy, White Orchid,‎ 7 juillet 2004, 208 p. (ISBN 978-9745240445, résumé), p. 178
  43. (fr) Charles Meyer, Derrière le sourire khmer, Plon,‎ 1971, 413 p., p. 155
  44. (en) Milton Osborne, Before Kampuchea : Preludes to Tragedy, White Orchid,‎ 7 juillet 2004, 208 p. (ISBN 978-9745240445, résumé), p. 178-179
  45. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 4 (« Cambodia clouds over, 1963-1966 »), p. 155
  46. (en) Michael Vickery, Ben Kiernan et Chanthou Boua, Peasants and politics in Kampuchea : 1942-1981, Zed Books Ltd,‎ août 1982, 384 p. (ISBN 978-0905762609), « Looking back at Cambodia », p. 106
  47. (fr) Prince Norodom Sihanouk et Jean Lacouture, L'Indochine vue de Pékin : Entretiens, Le Seuil,‎ 1972, 185 p., p. 82
  48. (en) Elizabeth Becker, When the War Was Over : Cambodia and the Khmer Rouge Revolution, PublicAffairs, coll. « History / Asian Studies »,‎ 20 octobre 1998, 632 p. (ISBN 978-1891620003, résumé), p. 116-117
  49. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, résumé), chap. 6 (« Sliding toward Chaos 1970 - 1975 »), p. 222
  50. (fr) Ros Chantrabot, La République khmère : 1970-1975, L'Harmattan,‎ 9 juin 1991, 216 p. (ISBN 9782738419309), partie I, chap. 4 (« Institutions et Réalités politiques - Le maréchal et le prince »), p. 53
  51. (fr) Peh Buntong, Le développement socio-économique au Cambodge, L'Harmattan, coll. « Points sur l’Asie »,‎ 15 février 2013, 338 p. (ISBN 978-2336290454, résumé), p. 58
  52. a et b (fr)Solomon Kane (trad. François Gerles, préf. David Chandler), Dictionnaire des khmers rouges, IRASEC,‎ février 2007, 460 p. (ISBN 9782916063270), p. 125-126
  53. (fr) « élections du 20 mars 1976 », sur [Union Interparlementaire http://www.ipu.org/french/home.htm] (consulté le 20 avril 2013)
  54. (fr) Philip Short (trad. Odile Demange), Pol Pot : Anatomie d'un cauchemar [« Pol Pot, anatomy of a nightmare »], Denoël éditions,‎ avril 2007, 604 p. (ISBN 9782207257692), p. 434
  55. (en) « United Nations Transitional Authority in Cambodia (UNTAC) – Background (summary) », Past opérations, sur United Nations Peacekeeping (consulté le 2 octobre 2011) : « Document non officiel »
  56. (fr) « Lettre datée du 2 juin 1993, adressée au président du conseil de sécurité par le secrétaire général », S25879, sur Documents officiels des Nations unies,‎ 2 juin 1993 (consulté le 2 octobre 2011)
  57. (fr) Raoul-Marc Jennar, 30 ans depuis Pol Pot : Le Cambodge de 1979 à 2009, Paris, L'Harmattan, coll. « Points sur l'Asie »,‎ 17 juin 2010, 330 p. (ISBN 9782296123458), p. 138-139
  58. (fr) « Élections parlementaires en Assemblée constituante, 1993 », Base de données Parline : Cambodge - Archive, sur [Union Interparlementaire http://www.ipu.org/french/home.htm],‎ 6 avril 2006 (consulté le 2 octobre 2011)
  59. (fr) Raoul-Marc Jennar, « L'ONU au Cambodge. Les leçons de I'APRONUC », Études internationales, Institut québécois des hautes études internationales, vol. 26, no 2,‎ 1995, p. 291-314 (ISSN 0014-2123, lire en ligne)
  60. (fr) Paul Isoart, « L'Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge », Annuaire français de droit international, no 39,‎ 1993, p. 157-177 (DOI 10.3406/afdi.1993.3126, lire en ligne)
  61. a, b et c (fr) CHHORN Sopheap - Les élections législatives au Cambodge depuis 1993 - Université Lumière Lyon 2 - Faculté de Droit et Science politique, 12 janvier 2004
  62. (en) National Election Committee 2003 National Assembly Election
  63. (km) « ប្រកាសព័ត៌មាន២០០៨ », sur The national election comitee (NEC) (consulté le 15 mars 2012)