Sam Rainsy

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Sam Rainsy
Dans ce nom khmer, le nom de famille, Sam, précède le nom personnel.

Sam Rainsy, né le 10 mars 1949 à Phnom Penh, est un homme politique cambodgien, chef du Parti Sam Rainsy, principal parti d'opposition au pouvoir actuel. Anciennement ministre et aujourd'hui député, il a vécu en France en exil depuis 2010, mais a pu retourner au pays quelques jours avant les élections législatives du 28 juillet 2013[1]. Le soir il se déclare vainqueur avant de se rétracter sans explications[2].

Enfance en exil et formation[modifier | modifier le code]

Sam Rainsy est le fils de Sam Sary, membre du gouvernement du Cambodge dans les années 1950. Il a connu l’opulence du pouvoir puis la déchéance quand son père est brutalement limogé. La grande famille patricienne Sam s'installe en France en 1965 après la disgrâce de son père et étudie au lycée Janson-de-Sailly puis à Sciences Po. Il devient analyste financier. Il est marié à Tioulong Saumura, qui est également membre du parlement, et a trois enfants : Sam Patrice, Sam Muriel et Sam Rachel [3].

De son entrée au gouvernement jusqu'à son opposition avec Hun Sen (1992-2003)[modifier | modifier le code]

Il décide de s'engager en politique après le départ des Vietnamiens en 1989. Il adhère au FUNCINPEC, et après son retour au Cambodge en 1992, il devient député de la province de Siem Reap en 1993. Il est nommé ministre des Finances, mais il perd son poste lors d'un remaniement ministériel le jeudi 20 octobre 1994[4].

En 1994, il est exclu du Funcinpec et fonde dans un premier temps, le Parti de la nation khmère (PNK). Il est victime d'un attentat à la grenade le 30 mars 1997 et il ne doit d'avoir la vie sauve qu'au sacrifice personnel de son garde du corps qui se jette sur lui pour le protéger de la déflagration causée par des grenades lancées dans la foule. Cette attaque serait due à des gardes du corps de Hun Sen sur ordre de ce dernier[5]. Il choisir de s'exiler pendant six mois. Il rentre le 27 novembre 1997 et lance un appel à la paix lors d'une cérémonie à la mémoire des victimes[6]. Son parti change de nom avant les élections de 1998 pour devenir le « Parti de Sam Rainsy » (PSR)[7].

Sam Rainsy est élu membre du Parlement pour la province de Kompong Cham à ces élections et son parti obtient nationalement 14 % des voix puis 22 % cinq ans plus tard (élections législative de 2003).

De son deuxième exil jusqu'à son retour au Cambodge (2004-2006)[modifier | modifier le code]

Camion de campagne de Sam Rainsy (2008).

En 2004, la justice cambodgienne annonce qu'elle entame une enquête pour diffamation visant Sam Rainsy[8]. Il est poursuivi pour avoir diffamé le Parti du peuple cambodgien et le Funcinpec (accusations de corruption). Il est également poursuivi pour avoir accusé publiquement le Premier ministre Hun Sen de nombreux méfaits (le meurtre du leader syndical SRP Chea Vichea le 22 janvier 2004, l'organisation de détournements de fonds publics[9] et surtout l'organisation de son assassinat manqué lors d'un attentat à la grenade ainsi que celui de quatre autres personnalités de l'opposition en 1997).

Il part en exil le 3 février 2005 après que l'Assemblée nationale lui ait retiré l'immunité parlementaire avec deux autres députés[10]. Le même jour, le député Cheam Channy est arrêté et placé en détention dans la prison militaire cambodgienne accusé d'avoir créé une milice anti-Hun Sen.

Sam Rainsy est jugé par contumace le 22 décembre 2005 et condamné à 18 mois de prison ainsi qu'à une amende de 14 000 $ US. Le 5 février 2006, Sam Rainsy reçoit une grâce royale de Norodom Sihamoni et rentre au Cambodge le 10 février 2006.

Les espoirs déçus des élections de 2008 et son rôle de chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Sam Rainsy fonde beaucoup d'espoirs sur les législatives de 2008. La campagne est vive et le ministre des Affaires étrangères Hor Namhong dépose une plainte contre lui pour diffamation[11]. Les élections du 27 juillet 2008 s'achèvent mal pour le PSR puisqu'il est largement battu. Sam conteste alors la validité des résultats en affirmant que de nombreux électeurs n'ont pas pu voter[12].

Le 25 octobre 2009, il abat une borne frontalière en signe de protestation contre les travaux de démarcation de la frontière avec le Viêt Nam. Le 27 janvier 2010, Sam Rainsy est condamné à deux ans de prison pour avoir arraché des pieux frontaliers[13] controversés avec le Viêt Nam dans la province de Svay Rieng. Cette condamnation est considérée comme un déni de justice, pour l'ONG Human Rights Watch. Il décide alors de s'exiler en France. Le gouvernement français par la voix de Pierre Lellouche affirme qu'il ne pouvait « accepter ces pratiques, qui relèvent de l’intimidation »[14].

Le 23 septembre 2010, il est condamné à dix ans de prison par la justice cambodgienne pour avoir publié, selon elle, une fausse carte des frontières nationales avec le Viêt Nam[15].

Le 12 juillet 2013, il est gracié par décret royal à la suite d'une demande du Premier ministre Hun Sen[16]. Il lui est précisé qu'il n'aurait de toute façon "pas le droit" de participer aux élections législatives[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-23358326
  2. http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/07/29/cambodge-l-opposition-refuse-le-resultat-des-legislatives_3454731_3216.html
  3. Le prénom vient après le nom en khmer. Entretien avec Sam Rainsy
  4. Cambodge : le ministre des finances évincé, Le Monde, 22 octobre 1994.
  5. Philip Short (trad. Odile Demange), Pol Pot : Anatomie d'un cauchemar [« Pol Pot, anatomy of a nightmare »], Denoël éditions,‎ avril 2007, 604 p. (ISBN 9782207257692), p. 563
  6. Sam Rainsy, le principal opposant à Hun Sen, a regagné le Cambodge, Le Monde, 29 novembre 1997.
  7. Jean-Claude Pomonti, Le « candidat propre » Sam Rainsy tente une percée, Le Monde, 26 juillet 1998.
  8. Jean-Claude Pomonti, Le Cambodge affronte sa plus grave crise politique depuis sept ans, Le Monde, 1er février 2004.
  9. D'après Sam, Hun Sen aurait signé un contrat de 27 millions de dollars pour la construction de la nouvelle assemblée nationale alors que selon le devis initial se montait à seulement 13 millions
  10. Catherine Bedarida, France Culture en voyage dans un Cambodge meurtri, Le Monde, 22 août 2007.
  11. article du 9 juillet 2008 de Ka-set, journal en ligne écrit en Français et en Khmer
  12. "Elections au Cambodge: le PPC de Hun Sen revendique une victoire écrasante", Agence France-Presse, 28 juillet 2008
  13. pour « destruction de biens publics et incitation à la haine raciale »
  14. Assemblée nationale, séance du jeudi 28 janvier 2010
  15. Un opposant cambodgien condamné, Le Figaro, 23 septembre 2010.
  16. Cambodge : le chef de l'opposition gracié, Le Figaro, 12 juillet 2013.
  17. Gracié, le chef de l'opposition en exil va rentrer au Cambodge, Le Monde, 12 juillet 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sam Rainsy, Des racines dans la pierre, mon combat pour la renaissance du Cambodge, Paris, Calmann-Levy, 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]