Yvon Chotard

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Yvon Chotard
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Membre du Conseil économique, social et environnemental
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Grand officier de l'ordre national du Mérite (d)
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Yvon Chotard, né le à La Madeleine (Nord) et mort le , est un éditeur et syndicaliste patronal français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Joël Chotard, industriel du textile et maire de Grézieu-la-Varenne, dans le Rhône, de 1944 à 1978.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il fait ses études au collège des jésuites de Lille, puis à l’université de Paris puis de Lyon. Licencié en droit, diplômé d’études supérieures de droit public, diplômé de l’École libre des sciences politiques de Paris, il obtient aussi un certificat d’études littéraires classiques.

Le , alors âgé de dix-neuf ans, il participe à la manifestation d’étudiants et de lycéens autour de l'arc de triomphe de l’Étoile pour commémorer la fête nationale, malgré l’occupation allemande. Cet événement a marqué toute sa vie, inaugurant un long parcours au service des autres. Il entre ensuite dans la Résistance au sein du réseau Alliance, dirigé par Georges Loustaunau-Lacau et Marie-Madeleine Fourcade, qui recrutait alors dans les milieux de droite[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il avait été nommé responsable régional Marseille/Lyon du Commissariat à la Jeunesse, tout en étant membre actif du réseau de résistance "Alliance", mis en place, sur tout le territoire, par le Commandant Georges Loustaunau-Lacau, héros de la guerre de 14/18, qui est arrêté en 1941. Son bras droit, Marie-Madeleine Fourcade, le remplace immédiatement à la tête du mouvement. André Cotte était aussi membre du réseau. C’est ainsi que les hommes se sont rencontrés et lié d’une profonde et durable amitié. Henri Champin en faisait, également, partie, mais ils ne se sont pas connus, les premiers étant à Lyon et mon oncle à Paris.

En 1945, Yvon Chotard crée à Paris la maison d’édition France-Empire, spécialisée dans les récits sur la Seconde Guerre mondiale et sur la Résistance, qu’il a dirigée jusqu’en 1990. Il s’est associé ensuite aux éditions Droguet & Ardant et a créé en 1969 une seconde maison d‘édition consacrée à l’économie et à la gestion sous le nom de Chotard & Associés. L’ensemble des livres publiés par la maison France-Empire a été déposé à l’Institut Mémoire de l’Edition Contemporaine (IMEC), organisme créé par tout un groupe de maisons d’édition dont les bureaux sont à Paris et le centre d’archivage à Caen. Parmi ceux qui ont fait le succès de la Maison, on peut citer, en particulier, Casabianca par le commandant L'Herminier, Les Mémoires d’un agent secret par le Colonel Rémy, plusieurs livres de Christian Bernadac sur les camps de la mort, Mon pays la France par le Bachaga Boualem. Il a fondé une collection "catholique", dirigée à partir de 1959 par son ami le romancier Michel de Saint-Pierre, qu'il a présenté au CEPEC (cf. supra) en 1964. Avec comme auteur-vedette Mgr Cristiani, l’ancien professeur d’histoire de Chotard à la Faculté catholique de Lyon.

En 1969, il devient président de la Commission paritaire du Syndicat des éditeurs, puis vice-président en 1970 et 1971 et président en 1971 et ce, jusqu’en 1988.

Tout en étant consacré à son métier il s’est impliqué dans tout un ensemble d’activités d’ordre social, économique ou politique où il a déployé avec succès toutes ses capacités

Il a toujours été un farouche partisan de la construction européenne. Il est président de 1951 à 1952 du Groupe des Jeunes Chefs d’Entreprise du mouvement européen "La Fédération", dont il était membre du Comité directeur. En 1952, il fonde le mouvement d’action civique Jeune Chambre économique française (JCEF). Cette initiative est menée avec Jacques-Yves Toulouse, Michel Nicolaï, Bertrand Vernes, André Cotte et Gilles Barast, secrétaire général de La Fédération. Ce dernier en sera le Secrétaire général, après avoir quitté "La Fédération" et Yvon Chotard le premier président, jusqu’en juin 1956. Il gardera ensuite le titre de président fondateur jusqu’à la fin de sa vie et ne cessera de veiller sur le mouvement. A l’échelon international, il est élu président du Conseil Européen des Jeunes Chambres Economiques pour 1954 et devient vice-président de la Jeune Chambre Internationale (JCI) pour l’Europe et l’Afrique pour 1955/1956. En tant que chef de la délégation française, il participe à plusieurs Congrès mondiaux de la JCI : Mexico en 1954, Edimbourg en 1955, Wellington en 1956, Tokyo en 1957, Minneapolis en 1958, Rio de Janeiro en 1959 et Puerto-Rico en 1961. C’est avec André Cotte et toute une équipe de parisiens dirigé par lui, qu’il avait organisé le XVIème Congrès de la JCI en 1960. Le président national, cette année-là, était Olivier Giscard d’Estaing. En 1961, à la suite du Congrès de Paris Yvon Chotard a été promu Sénateur 0960 de la JCI.

En 1955, il rejoint le comité directeur du Centre d'études politiques et civiques (CEPEC), animé notamment par Louis Salleron, ancien rédacteur en chef de Fédération. Sa maison d’édition publie des ouvrages de membres et de proches du CEPEC[2], et de patrons catholiques[3].

Il a combattu l'indépendance de l'Algérie. Avec Georges Laederich, président du CEPEC, il participe au premier colloque de Vincennes en juin 1960[4]. France-Empire a publié entre 1962 et 1964 des ouvrages du bachaga Boualem, écrits pour défendre les harkis. Chotard a également mis en place un réseau de distribution de livres, via une SARL, la Sodafe, au capital de 10 000 francs, qui diffusa des ouvrages favorables à l’Algérie française de petites maisons d’éditions comme L’Esprit nouveau, les éditions Saint-Just, les éditions du Fuseau[5].

De 1965 à 1970, Yvon Chotard est président du Centre Français du Patronat Chrétien (CFPC). C’est pendant cette période qu’il crée l’ "Ecole de Chef d’Entreprise" de ce groupement, devenu depuis 2000 le mouvement des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC). Chotard a accepté la présidence du CFPC avec le souci de chercher le « niveau exact où nous devons intervenir pour que la doctrine à laquelle nous croyons ne soit pas seulement l’expression de quelques principes dont la valeur d’engagement serait relativement limitée », conscient qu’une partie des membres du CFPC commettent « l’erreur de limiter (leur action) à (une) proclamation de principes dont ils (n’ont) pas cherché l’application sinon dans leur entreprise du moins dans les organisations professionnelles et l’économie nationale ». C’est que le CFPC traverse alors une crise d’identité qui se traduit par des conceptions divergentes sur ce que doit être le CFPC : des patrons comme Raymond Dreux, vice-président, estiment qu’il doit servir avant tout à « fortifier intellectuellement et spirituellement chacun de ses adhérents » et que, dès lors, ses prises de positions doivent être rares, alors que d’autres, tel Chotard, entendent concilier « pensée et action » et faire appliquer l’enseignement social de l’Eglise dans l’entreprise et dans la Cité[6].

À compter de 1968, il est vice-président de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (ESSEC). De 1988 à 1998 il a été président de la fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (FNEGE).

Dès 1964, il est nommé membre du Conseil Economique et Social (CES) et y sera reconduit jusqu’à sa disparition. Il a participé aux travaux de différentes commissions : aménagement du territoire, activités sociales, économie régionale et travail. Il a été, en particulier, peu après sa nomination, rapporteur de la Commission de l’Aménagement du Territoire présidée par Philippe Lamour, le promoteur de l’opération d’aménagement du Bas Rhône-Languedoc. De plus, il a présidé de 1969 à 1998, le groupe des Entreprises Privées du CES.

Chotard et Saint-Pierre ont collaboré ensemble durant 15 ans, de la collection « Catholique » des éditions France-Empire à la publication à partir de 1968 sous l’égide du Club de la culture française, dirigé par Michel Aumônier, un « vieil ami » de Chotard, d’ouvrages de Marcel de Corte, Pierre Debray et Béatrice Sabran dénonçant les « extravagances liturgiques ou les orientations progressistes de certains milieux d’Eglise »[7]. Le Club de la culture française, fondé avec Pierre Debray et présidé par Saint-Pierre, avec l’aide du club du livre civique, lié à la Cité catholique de Jean Ousset, organisa des conférences à Paris, salle des horticulteurs, dans le VIIe, avec Gustave Thibon et Louis Salleron, ainsi qu’une réunion à la Mutualité en avril 1966 (avec Ousset, Jean Madiran, Saint-Pierre[8].

En 1971 et 1972 il préside la Commission Enseignement Formation du Conseil national du patronat français (CNPF). De 1972 à 1986, il est vice-président de ses instances dirigeantes et président de la commission sociale. Il s’y est affirmé comme un négociateur hors pair, ayant su conquérir l’estime des syndicats de salariés et imposer sa personnalité au public. De 1981 à 1986, il est premier vice-président du CNPF.

En 1987 il est nommé par Jacques Chirac représentant permanent de la France auprès de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), dont le siège est à Genève et dont le Secrétariat est assuré par le Bureau International du Travail (BIT). Fait rarissime, il est élu, aux deux tours de rôle successifs de l’Europe, président du Conseil d‘administration de l’OIT en 1991/1992 et en 1995/1996.

En 1994, le Premier ministre Edouard Balladur, le charge de présider le comité préparatoire au Sommet social des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra à Copenhague.

Il est l’auteur des ouvrages Les patrons et le patronat, Calman-Lévy éd. 1986, Comment sauver la Sécurité sociale,Economica éd. 1989.

L’Association française des Sénateurs de la JCI a fait paraître en 2004 l’ouvrage de l’historienne Isabelle Dumielle: "En marge, côté cœur : comment Yvon Chotard a fait naître et grandir la Jeune Chambre Economique Française. 1952/1964". Comme l’a écrit Jacques Dermagne (†), dans la préface du livre, lorsqu’il était Président du Conseil Economique et Social : "Yvon Chotard fut un formidable inspirateur, animateur,infatigable lutteur, capable de mettre toute sa volonté dans la balance pour faire triompher ses convictions … Yvon Chotard fut pour moi un maître et un ami. Il y avait de la grandeur chez cet homme qui savait à merveille unir la force de caractère et la tendresse tout simplement parce qu’il aimait les hommes et l’humanité. La fidélité était pour lui une vertu cardinale. Pour l’honorer, il aurait tout sacrifié, fût-ce sa vie. Il fut sans doute la plus exemplaire des personnalités patronales, précisément pour avoir porté le progrès social au plus haut niveau".

Fonctions[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse Adeline Levère en avril 1943. Ils ont huit enfants, deux prématurément emportés par la maladie et un disparu avec sa femme dans la catastrophe aérienne de Charm el-Cheikh, en Égypte, le 3 janvier 2004.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les patrons et le patronat (1986)
  • Comment sauver la Sécurité sociale (1989)

Décorations[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels d'Yvon Chotard sont conservés aux Archives nationales sous la cote 617AP [12]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maxime Tandonnet, 1940 : un autre 11 novembre, Paris, Tallandier, 2009
  2. , colonel Rémy, l'amiral Gabriel Auphan : Histoire de la décolonisation. Contribution à l’étude la révolution mondiale, 1967, réédité en 1975, Histoire élémentaire de Vichy, 1971, L’honneur de servir : mémoires, 1978, Au service de l’Eglise. Paroles et écrits, publiés après sa mort ( 1982 ), en 1988. Robert Cassagnau : A l’Est de Saint-Sébastien, 1966, Le Méridien de Bordeaux, 1969, Vive l’anarchie !, 1973, André Piettre, Eglise missionnaire ou Eglise démissionnaire, 1978, Les chrétiens et le socialisme des origines à demain, 1984, Les chrétiens et le libéralisme, 1986.
  3. Pierre de Calan, Les professions, solutions à la crise du syndicalisme, 1965, Chère inflation, 1975, Marcel Demonque et Jean-Yves Eichenberger, La participation, 1968
  4. Nicole Racine, Michel Trebitsch ( dir. ), « Sociabilités intellectuelles-Lieux, milieux, réseaux », Cahiers de l’IHTP, n° 20, 3 -1992 ; Rémi Kauffer, OAS histoire d’une guerre franco-française, Seuil, 2002, p. 114, Dominique Venner, Guide de la politique, Balland, 1972, p. 390
  5. Henry Coston, Le secret des dieux, Lectures françaises, décembre 1968, p. 177.
  6. André Aumonier, Un corsaire de l’Église. Du patronat chrétien au Secours catholique, Paris, Fayard, 1996, p. 114-119 : Aumonier ( 1916-2004 ), ancien de la conférence Olivaint, a fait une carrière de responsable laïc d’organisations catholiques ( Compagnons de France, Centre catholique des intellectuels français, CFPC, dont il fut le délégué général, le Secours catholique, qu’il a présidé de 1983 à 1992, etc. )
  7. Yvon Chotard, « Notre ami Michel », in Michel de Saint-Pierre, témoin de son temps, Ed. Bertout, 1997, p. 67-69 : ouvrages du Club: Pierre Debray, Les technocrates de la foi, 1968, Michel Demange, Extravagances liturgiques et faux œcuménisme, 1968, M. de Corte, L’intelligence en péril de mort, 1969, Béatrice Sabran ( épouse de Debray ), L’Eglise et la sexualité, 1969,
  8. Le Monde et la vie, n° 152, janvier 1966, n° 163, décembre 1966. Aumônier pour le Club de la culture française et Claude Adam de l’Union des intellectuels indépendants invitent par exemple en 1972 Gustave Thibon pour une conférence sur « la dictature de la démocratie ». Le club de la culture française a été fondé en juillet 1963 sous le nom de Club Albert Camus ; il a changé de nom à la demande de la veuve de l’écrivain.
  9. Connaissance du mouvement, Centre National de Formation (initiative du CNF de Franche-Comté), 2000, page 39.
  10. Voir l'ouvrage d'Isabelle Dumielle En marge, côté cœur : comment Yvon Chotard a fait naître et grandir la Jeune chambre économique française, 1952-1964, édition de l'Association française des sénateurs de la Jeune chambre internationale, 2004 (ISBN 2 9523064 0 0)
  11. Notice Organisation internationale du travail
  12. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Liens externes[modifier | modifier le code]

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