Marie-Madeleine Fourcade

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Marie-Madeleine Fourcade
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Fonction
Députée européenne
-
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Marie-Madeleine BridouVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
HérissonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Femme politique, résistanteVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions

Marie-Madeleine Fourcade (née le à Marseille et décédée le à Paris) est une résistante française. Elle fut, pendant la Seconde Guerre mondiale en France, responsable de l'un des plus importants réseaux de résistance ayant agi pour les Britanniques (MI6).

Elle succéda comme chef du réseau de résistance de droite Alliance à son fondateur Georges Loustaunau-Lacau après l'arrestation de celui-ci en 1941. Elle est la seule femme à avoir dirigé un grand réseau de résistance en France, et l’une des rares en Europe avec la Belge Andrée De Jongh[1].

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

« Rien dans le parcours de cette jeune femme de la haute bourgeoisie, élevée au couvent des Oiseaux et pianiste avertie, ne préfigure un tel destin », écrit l'historien Max Lagarrigue (en)[2].

Née Marie-Madeleine Bridou, elle est mariée avant sa majorité au futur colonel Édouard Méric. C'est sous ce nom qu'elle apparait dans les documents de la Seconde Guerre mondiale. Elle prendra le nom de Fourcade en 1947 après son remariage, nom sous lequel elle publiera ses souvenirs en 1968[3]. « Mariée avant sa majorité à un officier, elle prend rapidement sa liberté. Menant dès lors une vie très indépendante, elle travaille comme journaliste et collabore avec l’écrivain Colette à une émission de radio parisienne », indique Max Lagarrigue[2]. Mère de 2 enfants, un fils né en 1929, et une fille née en 1932[4]. Le couple se sépare quand Edouard-Jean Méric se voit muté aux Affaires indigènes du Maroc.[5]

En 1936, elle rencontre deux camarades de son beau-frère, qui était officier supérieur : Charles de Gaulle et Georges Loustaunau-Lacau. Déjà chroniqueuse de mode à Radio-Cité, elle accepte ensuite une proposition de travail de ce dernier. Elle est donc associée aux réseaux Corvignolles, puis elle est secrétaire de rédaction du groupe de publication nationaliste et antisémite qu'anime Loustaunau-Lacau (La Spirale et L'ordre national)[6].

Résistance[modifier | modifier le code]

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Prise en main[modifier | modifier le code]

La défaite attire les déçus de l'armistice dans les rangs de la petite organisation. Des officiers de marine comme Henri Schaerrer, Jean Boutron, Gabriel Rivière ou de l'aviation comme Léon Faye rejoignent ses rangs. Une liaison entre zone occupée et zone non occupée est mise en place.[7]. Le 14 avril 1941, Loustaunau rencontre les Britanniques au Portugal, en la personne de Kenneth Cohen [8], alias Crane, et se lie au MI 6. À la suite d'un coup fouré à Alger, Georges Loustaunau-Lacau est arrêté et emprisonné par la Police Française. Marie-Madeleine Méric prend alors, en juillet 1941, la tête du « réseau SR Alliance » par un simple télégramme radio à l'Intelligence Service. C'est sous le nom de code POZ 55, qu'elle prévient Londres de l'arrestation du No 1 du groupe Navarre[9]. Dès lors, elle est « Hérisson » dans le réseau, et le commandant Léon Faye en est le chef militaire, et son plus fidèle adjoint.[10] Et si rien ne fut facile à mettre en place[11] , avec son aide, elle relance une activité de renseignements, signalant, les ports, les bases de sous-marins, les aérodromes ennemis. Dans le Sud-ouest, Marie-Madeleine Méric s'appuie sur le Commissaire Jean Philippe dit « basset ». Missions aériennes en pleine nuit avec la RAF, menées par le lieutenant Pierre Dallas (structure AVIA) et liaisons radios deviennent opérationnelles. D'abord situé à Pau, le poste de commandement du réseau est transféré à Marseille, à la Clinique Jeanne d'Arc, avec des annexes en ville dont le bar Saint-Charles, situé au 355 de la Corniche à la villa Brise, pour les rendez-vous et ce, jusqu'en 1942[12].

Opérations[modifier | modifier le code]

Missionnée par le MI6, elle organise l'opération Minerve, le 4 novembre 1942, sous le commandement de Léon Faye et du Colonel Charles Bernis. C'est-à-dire le départ en sous-marin (le Seraph) depuis la plage du Lavandou, du Général Giraud pour Gibraltar. Evadé de la Forteresse de Königstein en avril, Le Général Henri Giraud se doit d'accueillir le débarquement américain à Alger qu'on annonce imminent[13]. Mais Giraud, rancunier envers les Anglais depuis l'affaire de Mers el-Kébir[14] refuse l'aide des Britanniques[15]. De nuit, le transfert est fait.

Le 7 novembre, Georges Loustaunau-Lacau s'évade après 16 mois d'internement et se cache à Toulouse. Le jour suivant, les Alliés débarquent en Afrique du Nord, et l'Amiral Darlan se rallie à eux. La police française de Marseille fait une descente le 10 novembre 1942, dans les bureaux du réseau, Marie-Madeleine Méric, Monique Boutinck dite « Hermine » estafette du PC, et Ferdinand Rodriguez dit « Pie » le radio, s'échappent avec la complicité de policiers bienveillants. Le lendemain, les troupes allemandes envahissent la Zone libre. Le 23, Faye, peu après son transfert, s'évade avec le Général Cochet de la prison de Toulouse. Loustaunau-Lacau est repris. Quelques jours plus tard, Le 27 novembre précisément, a lieu le sabordage de la flotte française à Toulon pour ne pas tomber entre les mains de l'occupant nazi.

Le MI6 demande aussi au réseau de Marie-Madeleine Méric (Fourcade) de s'intéresser de près aux bases de lancement des V1, orientées vers Londres.

Chute du réseau ?[modifier | modifier le code]

Le 16 juillet 1943, elle convoque les principaux responsables de secteur du réseau, rue Raynouard à Paris. Lors d'un vote à main levée avec les responsables de chacun des 17 secteurs[16], Paul Bernard est désigné comme chef du réseau en l'absence des chefs que sont Méric (Fourcade) et Faye. Le 18 juillet 1943, elle s'envole pour l'Angleterre afin de rencontrer Sir Claude Dansey, le grand patron de l'Intelligence Service britannique. Elle y restera près d'un an confinée dans une maison de style très anglais, au 10 Carlyle Square[17]. Le colonel Édouard Kauffmann prend la suite de Léon Faye, arrêté avant Paris, par la SIPO-SD de Dijon, le 16 septembre 1943, sur dénonciation d'un agent français de l'Abwehr, Jean-Paul Lien, alias Flandrin. Le 21, c'est au tour de Kauffamnn. Et les arrestations se poursuivent, près de 200. La perte de Léon Faye est un coup dur pour Marie-Madeleine, à tel point qu'elle tente de rentrer en France, malgré l'opposition du MI6 et de Dansey. C'est Paul Bernard qui prend la suite, imposé par les Britanniques[18].

Pour des raisons de haute politique, les Anglais enjoignent au réseau de renseignements Alliance (SR L' Alliance) de se rapprocher du BCRA (pro gaulliste) à partir de février-mars 1944, en accord avec André Manuel, numéro deux du service secret de la France Libre. Le 17 mars 1944, c'est au tour de « Martinet », Paul Bernard, de tomber. Toujours retenue en Angleterre, Marie-Madeleine Méric (Fourcade) propose au MI6, Jean Roger, dit Sainteny, futur ministre du général de Gaulle, pour la suppléer. De cette longue période forcée en terre anglaise, Marie-Madeleine en retire une profonde vocation gaulliste, qui durera. Elle rencontre le Colonel Passy, ou le Général François d'Astier de La Vigerie. Elle rentre en France à la veille du Débarquement en Provence des Alliés le 15 août 1944, afin de réorganiser le réseau décimé[19]. Mais elle se fait prendre dans une rafle de la police française à sa planque d'Aix-en-Provence. Elle réussit finalement à s'évader.

Mémoire de la Résistance[modifier | modifier le code]

En 1945, elle crée et prend la présidence de l'Association Amicale Alliance. Elle se charge alors de l'homologation de ses 3 000 agents, survivants ou disparus[20], ainsi que des œuvres sociales et de la publication du Mémorial de l'Alliance dédié aux 432 morts du réseau. « Tout de suite, dans l'après-guerre, s'est imposé un problème dramatique, celui des femmes de résistants... »[21] Parallèlement, elle prend fait et cause pour le Général de Gaulle, en 1947, et en compagnie d'André Astoux [22], lancent la "Campagne du Timbre" afin d'asseoir la popularité du Général et pour remplir les caisses du « RPF » (Rassemblement du peuple français)[23]

En 1958, en pleine crise institutionnelle sous la IVe république, elle rempile avec André Astoux, mobilise ses anciens compagnons de la Résistance et milite pour le retour du Général de Gaulle au pouvoir. Vice-présidente du C.A.R, sous la Ve République, elle soutient par la suite, Dominique Ponchardier , Voltaire Ponchel ou Charles Pasqua.

Elle préside le Comité d'action de la Résistance (C.A.R) à partir de décembre 1962 ainsi que le jury d'honneur de Maurice Papon en 1981. Remariée en 1947, le 20 novembre, avec Hubert Fourcade, elle aura trois autres enfants. Vice-présidente de l'Union Internationale de la Résistance et de la Déportation depuis 1960 et de l'Association Nationale des Médaillés de la Résistance (depuis 1947), membre de la LICRA, Marie-Madeleine Fourcade est représentante à l'Assemblée des Communautés européennes (1981-1982) et préside en 1982 la Défense des intérêts de la France en Europe. Ses derniers combats furent pour le règlement de la crise libanaise et le procès Klaus Barbie à Lyon.

Publiée en 1968, sous le titre "L'arche de Noé", la légende du réseau est un véritable Best-seller.

Elle est commandeur de la Légion d'honneur et titulaire de la médaille de la Résistance (avec rosette). Croix de Guerre Française et Belge, Officier de l'Ordre de l'Empire britannique et de l'Ordre de Léopold[24].

Elle est députée européenne entre 1980 et 1981.

Mère de 5 enfants, Christian, Béatrice, Florence, Jacques et Pénélope.

Marie-Madeleine Fourcade est décédée le à l’hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce ; le Gouvernement français et les derniers survivants du réseau lui rendent un hommage solennel le 26 juillet à l'occasion de ses obsèques en l'église Saint-Louis-des-Invalides et de son inhumation au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 90). La place Marie-Madeleine-Fourcade à Paris, lui rend hommage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Larousse, « La Résistance », Encyclopédie Larousse, (consulté le 14 octobre 2012)
  2. a et b La France sous l'Occupation, Max Lagarrigue, 99 questions..., CNDP, 2007.
  3. Histoire critique de la résistance, Dominique Venner, Pygmalion, 1995, (ISBN 2-85704-444-5)
  4. La jeune mère de famille confie ses enfants à leur grand-mère, sous protection d'un policier, Simon Cotoni membre de la Résistance, du réseau Alliance, et du réseau Ajax. Rémi Kauffer
  5. page 154, du livre de Rémi Kauffer.
  6. Simon Epstein, Un paradoxe français : Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, (lire en ligne), p. 399-402 :

    « Fourcade, à la fin des années 1930, [...] était la secrétaire de rédaction du groupe de publication nationaliste et antisémite qu'animait Loustanau-Lacau (La Spirale). »

    .
  7. Page 156 les maîtres de l'espionnage.
  8. Le chef de la section française du MI6
  9. rémi Kauffer, Les maitres de l'espionnage, éditions Perrin, p. 157
  10. Rémi Kauffer.
  11. l'opposition du lieutenant Gavarni, bras droit de Crane, qui négociait en l'absence de Méric, avec le chef de la Surveillance du territoire de Vichy, Henri Rollin, afin d'intégrer le réseau dans le dispositif du gouvernement de Vichy: sources Rémi Kauffer
  12. Francis Agostini dans son mémoire, et Marie-madeleine Fourcade "l'Arche de Noé" au Seuil.
  13. Les chemins de la mémoire, no 239, octobre 2013, p. 12.
  14. La Royal Navy ouvrit le feu contre les Cuirassés Bretagne et Provence, le Croiseur Dunkerque et le contre-torpilleur Mogador, à quai dans le port, et causa la perte de 1297 marins français
  15. Pourtant les Anglais ont toujours préféré Giraud à de Gaulle. Giraud, moins controversé aux yeux des troupes françaises d'Algérie et du Maroc dévouées à Vichy, pourrait affaiblir les prétentions politiques de Gaulle, selon Rémi Kauffer.
  16. Paris, Lille, Autun, Verdun, Lyon, Grenoble, Vichy, Ussel, Tulle, Bordeaux, La Rochelle, Pau, Bayonne, Toulouse, Marseille, Nice, et l'Italie
  17. p 160, les maîtres de l'espionnage.
  18. Rémi Kauffer, "Les maîtres de l'espionnage", édition Perrin, 2017
  19. Rémi Kauffer, "les maîtres de l'espionnage", éditions Perrin, 2017
  20. Marie-Madeleine Fourcade sera en charge de dresser les listes d'agents, d'en authentifier les actions, et leur attibuer des qualifications, comme P2, P1 ou O, demander des pensions, des décorations, enquêter, collecter des archives, des témoignages pour le "Mémorial de l'Alliance". Rémi Kauffer
  21. Marie-Madeleine Fourcade, recueil de Rémi Kauffer dans "Les Maîtres de l'espionnage" chez Perrin, p. 162
  22. ancien fusilier marin de la France Libre
  23. "Les maîtres de l'espionnage, édition Perrin, p. 164
  24. Francis Agostini, Président départemental de l'Union Fédérale des Bouches du Rhône, Président du Comité de Coordination des associations d'Anciens Combattants et Victimes de Guerre de Marseille et des Bouches du Rhône.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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