Aller au contenu

Manifestation du 11 novembre 1940

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Manifestation du
Description de cette image, également commentée ci-après
Pris à l'angle des Avenue George-V et des Champs-Élysées, ce cliché montre le cortège des élèves de l'Institut agronomique. Il est à ce jour l'unique témoignage photographique connu de la manifestation. Il a été retrouvé par un ancien élève de la promotion de l'Institut et remis en 2001 au musée de la Résistance nationale.
Informations
Date
Localisation Paris, France
Caractéristiques
Revendications Hommage au Soldat inconnu, résistance face à l'occupant allemand
Nombre de participants 5 600[1]
Types de manifestations Manifestations, monômes, dépôts de gerbes de fleurs
Bilan humain
Blessés 100[2]
Arrestations 143[2] à 1 000[1]
Procès 5[2]

La manifestation du est une manifestation de lycéens et étudiants ayant eu lieu à Paris, sur les Champs-Élysées et devant l'arc de triomphe de l'Étoile, en commémoration de l'armistice du . Rassemblant plusieurs milliers de personnes et durement réprimée par les occupants nazis, avec passages à tabac et simulacres d’exécution[3], elle est considérée comme un des tout premiers actes publics de résistance à l'occupant en France après l'armistice du et l'appel du 18 Juin par le général de Gaulle.

Origines de la manifestation

[modifier | modifier le code]

Contexte estudiantin

[modifier | modifier le code]
Soldats allemands paradant sur les Champs-Élysées le .

La manifestation du tire ses origines de plusieurs événements survenus peu avant. Tout d'abord, l'occupation de Paris depuis est une humiliation pour les Parisiens tandis que l'installation de l'armée allemande avec ses corollaires (panneaux en allemand, drapeaux nazis, etc.) marque la défaite française de façon particulièrement visible.

Plus tard, la poignée de main entre le Maréchal Pétain et Adolf Hitler à l'entrevue de Montoire le signe l'entrée dans la collaboration. Pour nombre de Français persuadés que Pétain était en train de préparer en secret la revanche, c'est une désillusion. De nombreux étudiants, quelle que soit leur sensibilité politique, entrent dans une logique de refus et de dissidence.

Le préfet de police Roger Langeron note à la date du 28 octobre : « Une suite que Pétain n'avait pas prévue : le développement de la campagne gaulliste, la recrudescence des papillons et des inscriptions à la craie : « Vive de Gaulle! » On parle de manifester le 11 novembre... Montoire a déjà eu un résultat : celui de stimuler la propagande gaulliste chez les étudiants »[4] .

La Sorbonne rouvre ses portes dès tandis que le régime de Vichy est instauré[5]. Le rectorat de Paris compte alors 37 000 élèves scolarisés dans le secondaire et seulement 15 500 étudiants dont la moitié venus de province[6]. Tant bien que mal, lycéens et étudiants font leur rentrée scolaire et la vie universitaire reprend son cours. Les conférences universitaires d'ordre scientifique et littéraire sont maintenues à la Sorbonne et à la faculté de médecine. Rapidement, des lancers de tracts et d'œufs au Quartier latin sont rapportés[5]. « Des « V » sont tracés sur les murs, des « Vive de Gaulle » sont criés dans les couloirs du métro »[7], des papillons dénonçant l'occupation allemande, la mainmise de Vichy sur l'université et son « dessein d'asservissement intellectuel de la France »[5] sont déposés un peu partout, dans les livres des bibliothèques, sur les bureaux, collés aux murs. Des étudiants, par petits groupes d’une demi-douzaine, prennent l’habitude de venir perturber les cours de professeurs réputés collaborateurs. Le port d’une petite croix de Lorraine pendue autour du cou se répand aussi dans les rues du Quartier latin[6].

Le , les étudiants Christian Rizo et Félix Kauer sont condamnés à 2 mois de prison pour un lancer de tracts sur des personnalités allemandes dans un amphithéâtre[8]. La présence d'Allemands dans les amphithéâtres de la faculté de médecine en auditeurs libres irrite profondément les étudiants qui protestent. Le , les étudiants désertent un amphithéâtre devant trois officiers allemands[5]. Le , un incident similaire est rapporté à la Sorbonne[5].

À la faculté de droit, Jean Ebstein-Langevin, ancien militant des Jeunesses Royalistes[9], rallié à De Gaulle, et André Pertuzio prennent le contrôle de la Corporation de la faculté de droit de Paris (la « Corpo » de droit)[6] pour en faire un bloc d'opposition à l'Association générale d'entraide aux étudiants de Paris, d'inspiration allemande[7],[10].

À la Sorbonne, François Lescure, étudiant en lettres, dirigeant clandestin de l'union des étudiants communistes et délégué en zone occupée de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), exige la « démobilisation rapide, la sortie de camps de jeunesse et des sessions de rattrapage »[5] pour les étudiants. Par-delà les clivages idéologiques, il noue des contacts parmi les étudiants nationaux de la faculté de droit, en particulier Ebstein-Langevin dont il est proche, et avec Claude Bellanger, fondateur en octobre 1940 du groupe de résistance Maintenir[11] (qui fusionnera avec l'OCM en 1941)[6].

Plusieurs lycées parisiens connaissent un début d’agitation patriotique. À Louis-le-Grand, le 29 octobre, un soldat allemand en visite dans les locaux est conspué[6]. Au lycée Buffon, Raymond Burgard, professeur de lettres, fondateur en septembre 1940 du réseau Valmy, distribue largement sa feuille clandestine dans l’établissement, appelant ses élèves à refuser l’asservissement et à manifester leur rejet du nazisme. Il encourage les élèves à participer à la manifestation du 11 novembre. Son fils sera arrêté le 11 novembre, puis relâché[12].

Au lycée Janson-de-Sailly, Henri Lablénie, autre professeur de lettres, lance, avec son épouse et un groupe de lycéens, Notre droit, publication s’adressant à la jeunesse et se présentant sous la forme d’un recueil de maximes anti-allemandes et anti-vichystes. Distribué dans les lycées parisiens, son premier numéro contribue beaucoup à la mobilisation pour la manifestation des lycéens du 11 novembre 1940[13].

Le changement de la date de la cérémonie

[modifier | modifier le code]

La question de la commémoration du , traditionnelle et extrêmement importante depuis 1920, pose problème aux autorités allemandes. Le haut commandement allemand, s’adressant à la fois au préfet de police et au recteur de Paris, M. Roussy, leur fait sèchement savoir qu’est « prohibée sous toutes ses formes l’expression d’un souvenir insultant pour le Reich et attentatoire à l’honneur de la Wehrmacht ». Face à cet oukase, les autorités françaises se soumettent aussitôt[6].

Le , le secrétaire d'État à l'Instruction publique, Georges Ripert, informe les recteurs que le , qui est férié depuis , sera un jour travaillé ordinaire. Il souhaite tout de même des cérémonies discrètes dans les établissements[5]. La crainte d’un mouvement des étudiants et des lycéens se propage d’échelon en échelon dans les administrations de l’Instruction publique[6]. La lecture d'une circulaire interdisant les manifestations et commémorations est faite par les recteurs d'université et les proviseurs, annonçant indirectement aux jeunes qu'il y avait une tension sur le sujet[14]. L'information fuite jusqu'aux oreilles d'étudiants et lycéens qui n'entendent pas se laisser dicter leur conduite.

Le gouvernement de Vichy déclare que les morts de la Grande Guerre seront finalement commémorés le , jour de la Toussaint[5]. Spontanément, dans un Paris où le sentiment anti-allemand se développe, 20 000 personnes passent déposer à l'Arc de Triomphe près de 500 bouquets le [15].

Dans les jours précédant le , plusieurs incidents sont signalés entre des étudiants et des soldats allemands à l'université ou dans des cafés. Des incidents lors de la projection des actualités dans les cinémas occasionnent la fermeture de vingt-six salles à partir du 4 novembre[16]. Le 6 novembre, une violente bagarre entre étudiants et soldats allemands se produit au café d’Harcourt, situé boulevard Saint-Michel. Une dizaine d’étudiants provoquent des soldats allemands attablés autour d’une bière et bien éméchés. Ils prennent le dessus et les Allemands doivent sortir de l’établissement amochés et débraillés sous les rires et les bravos des passants[6]. À la suite de cette humiliation, les autorités d’occupation décident la fermeture du café d'Harcourt, de même que les étages des cafés Dupont et Capoulade[5].

Dès le début du mois de novembre, le recteur de l'académie de Paris, Gustave Roussy, a connaissance des projets de manifestation [5]: « 5 novembre […] je réunis les doyens et le directeur de l’enseignement. On parle du 11 novembre et je donne les renseignements que j’ai sur les manifestations qui seraient projetées par les étudiants à l’Arc de Triomphe […] A 16 h 30 je reçois dans mon cabinet M. Meyer du service des Renseignements Généraux de la Préfecture de Police. Il me donne des indications sur la manifestation projetée à l’Étoile. »

A Londres, sur les ondes de la BBC, de Gaulle a lancé un appel demandant aux Français de célébrer pacifiquement l'anniversaire de la victoire en dépit des interdictions imposées par l'occupant.

André Weil-Curiel, de son côté, a pris l'initiative d'un premier acte de résistance symbolique[17]: « Par des lettres dactylographiées, non signées, postées à des gens dont les sympathies nous semblaient acquises, nous invitions les patriotes à venir déposer un bouquet de fleurs tricolores au pied de la statue de Georges Clemenceau, aux Champs-Elysées, pendant toute la journée du 11 novembre. Nous recommandions aux destinataires d’inviter de la même façon tous les amis dont ils étaient sûrs. L’idée eut un retentissement prodigieux. (...) Partout où j’allais je rencontrais des personnes qui me montraient mystérieusement le petit papier, me disant avec un peu d’émotion : « J’y serai ».

Entre le 8 et le 11 novembre, les couloirs et les halls des facultés sont en effervescence.

Un tract apolitique et rassembleur, est rédigé et formalisé au cours de la nuit du 8 au 9 novembre. Cet appel est l’œuvre commune des principaux leaders de la contestation antiallemande à l’Université, dont les membres du groupe Maintenir – Claude Bellanger, maître Félix Rocher, maître Jean Kreher, Alfred Rosier – ainsi que François Lescure, qui représente les Étudiants communistes, et Ebstein-Langevin pour les nationaux[6]. Les communistes ont décidé de se joindre à la manifestation du seulement trois jours avant, car Maurice Berlemont, responsable au Parti communiste des Jeunesses communistes, avait initialement estimé que l’initiative, qui émanait d’« étudiants patriotes de la Faculté de droit », ne correspondait pas à la ligne souhaitée[5].

Manuscrit et transmis de la main à la main, le tract circule dans les universités de Paris et les rues du Quartier latin. Il appelle à la manifestation devant la tombe du Soldat inconnu, le au soir :

Tract anonyme appelant à manifester le (conservé à La Contemporaine).

« Étudiant de France,
Le 11 Novembre est resté pour toi jour de
Fête Nationale
Malgré l'ordre des autorités opprimantes, il sera
Jour de Recueillement.
Tu n'assisteras à aucun cours
Tu iras honorer le Soldat Inconnu 17 h 30
Le 11 Novembre 1918 fut le jour d'une grande victoire
Le 11 Novembre 1940 sera le signal d'une plus grande encore
Tous les étudiants sont solidaires pour que
Vive la France.
Recopie ces lignes et diffuse-les. »

 Tract trouvé dans le hall de la faculté de médecine de Paris (conservé à la BDIC)[18]

Tract communiste contre l'incarcération à la Santé du professeur Paul Langevin après son arrestation le par la Gestapo, et appelant à la manifestation du (conservé à La Contemporaine).

Arrestation de Paul Langevin

[modifier | modifier le code]

L'arrestation le par la Gestapo de Paul Langevin, fondateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, grande figure scientifique et professeur au Collège de France, est également considérée comme un des éléments déclencheurs de la manifestation. Cette interpellation suscite une vague d’indignation chez une grande partie des étudiants et des professeurs du Quartier latin, par-delà les clivages partisans.

Les graffitis et papillons prolifèrent à la Sorbonne, réclamant la libération du professeur Langevin[6].

L'Union des étudiants et lycéens communistes de France (UELCF), clandestine depuis septembre 1939, fait circuler un tract dans le quartier latin dénonçant l’arrestation du professeur Langevin «  signal de la lutte ouverte des puissances obscurantistes contre la culture et la pensée libre ».

Un 2ème tract appelle à une manifestation le 8 novembre, jour où le professeur Langevin aurait dû donner sa leçon inaugurale au Collège de France, avec un appel également pour une mobilisation le 11 novembre[19].

Une cinquantaine d’étudiants communistes, dont Claude Lalet[20], qui sera interné et fusillé à Châteaubriant, parvient à manifester le aux abords du Collège de France, malgré les dispositifs répressifs français et allemands, pour dénoncer l’arrestation du professeur[5]. Un tabou vient de tomber : il est possible de manifester à Paris sans subir de représailles.

Le , Jacques Bonsergent de l'École nationale supérieure d'Arts et Métiers est arrêté pour une bagarre avec des soldats allemands. Il est fusillé le 1940 pour avoir refusé de dénoncer son camarade à l'initiative de la bagarre[7].

Enfin, la veille du , une note officielle est publiée dans les journaux du  : « La préfecture de police communique : les administrations et les entreprises privées travailleront normalement le à Paris et dans le département de la Seine. Les cérémonies commémoratives n'auront pas lieu. Aucune démonstration publique ne sera tolérée »[7]. L’avis est affiché dans les lycées et facultés. Ce qui amplifie la rumeur propagée par le bouche-à-oreille. L’interdiction provoque une réaction spontanée de petits groupes qui veulent défier l’occupant et décident de braver l’interdit.

Déroulement de la manifestation

[modifier | modifier le code]

La manifestation du débute tôt le matin à 5 h 30, quand André Weil-Curiel, Léon-Maurice Nordmann et Michel Edinger, membres du réseau du musée de l'Homme, déposent devant la statue de Georges Clemenceau en bas des Champs-Élysées une gerbe « en témoignage d'admiration envers l'homme qui ne voulut jamais capituler et ne désespéra pas de la Patrie ». La gerbe est entourée d'un ruban tricolore et accompagnée d'une « carte de visite » en carton d'un mètre de long, portant l'inscription « Le général de Gaulle à l'organisateur de la victoire ».

La carte de visite et le ruban disparaissent au cours de la matinée, ainsi que les nombreux bouquets qui avaient été déposés près de la gerbe par des mains anonymes[21]. Un certain nombre d'arrestations sont effectuées, dont celle de René Beaudoin, professeur au lycée Lakanal, porteur d'un insigne à la croix de Lorraine. Tout au long de la journée, des Parisiens viennent cependant sur la tombe du Soldat inconnu[22]. Le rapport du directeur général de la police évaluera à « 24 500 le nombre de visiteurs » des lieux pour l’ensemble de la journée du 11 novembre 1940.

Dans la journée, le Quartier latin est calme, tandis que les lycées continuent leurs cours. Au lycée Henri-IV, Michel Cournot dépose des tracts d'appel à la manifestation sur les tables, y compris celle de son professeur, René Maublanc. « J’avais déposé un tract sur sa table aussi. Il sourit en le prenant, il croyait à une plaisanterie. Son sourire cessa. Il parcourut la classe des yeux, dit : « Me faites-vous l’honneur d’être lycéen, ce soir ? » Ce fut tout, nous comprîmes qu’il y serait[23]. »

Les étudiants et lycéens ne commencent à converger vers la place de l'Étoile, par petits groupes, qu'à partir de 16 h. Vers 16h30, plusieurs centaines d'élèves du lycée Janson-de-Sailly arrivent en cortège[24] avec une gerbe de fleurs de deux mètres de haut en forme de croix de Lorraine, emblème de la France libre.

Yvan Denys, alors en classe de troisième au lycée Janson-de-Sailly , raconte: « Le mot d'ordre se diffuse comme une traînée de poudre. À la sirène de 4 heures, nous nous précipitons en nombre -une dizaine de notre classe- vers le portail, au milieu d’une foule de « grands » qui l’ont forcé, malgré les efforts des surveillants. Cette sortie massive, joyeuse, de plusieurs centaines d’élèves de 13 à 20 ans a des allures de reconquête de la liberté. La rue de la Pompe, l'avenue Victor-Hugo où nous avançons sont comme des territoires libérés. Près de la cité Argentine, place Victor Hugo, nous voudrions nous compter ... Impossible ! Nous sommes trop nombreux. Place de l’Étoile, sur le terre-plein entre les avenues Victor-Hugo et Kléber, une foule de jeunes nous masque en partie l’Arc de Triomphe. On a envie d'approcher, d'être sous l'Arc, près de la flamme du soldat inconnu. On est si nombreux, on se sent si forts ! »[25]

Apres 17 heures, des étudiants et des lycéens affluent du Quartier Latin et de tout Paris aux Champs-Elysées. Ils arrivent par le bas de l'avenue en provenance du pont des Invalides et remontent vers l'Etoile[24] ou bien surgissent des stations de métro et défilent sur les trottoirs des deux côtés de l’avenue. Les estimations font alors état de 3 000 à 5000 jeunes[6], pour l'essentiel lycéens et étudiants présents le long des Champs Elysées[26], sur la place de l'Étoile et devant la tombe du Soldat inconnu. De nombreux étudiants arborent le drapeau français et le drapeau anglais[26]. Une note de police rapporte qu'on chante La Marseillaise, qu'on crie « Vive la France », « Vive De Gaulle ». il ne fait aucun doute que les « Vive de Gaulle », clairs et nets, ont dominé les slogans scandés au cours de ce rassemblement. Plus marginalement, quelques manifestants se rappellent avoir observé « Vive de… » en brandissant deux cannes à pêche (des gaules)[27]. Les manifestants conspuent les forces de l’ordre. Des cris fusent : « Salauds », « A bas Hitler. »

Des manifestants, dont fait partie Pierre Lefranc, envahissent le siège principal du groupe pro-nazi de Robert Hersant, « Jeune Front », située en bas des Champs Elysées au N°28, jettent des pierres, et en brisent les vitrines[28]. Les militants fascistes réussissent à fuir, échappant de peu à un véritable lynchage. Vers 17h30 des soldats allemands, pour la premiere fois de la journée, interviennent pour arrêter cinq étudiants que leur avaient désignés les membres du « Jeune Front». L'atmosphère se tend très fortement[26]. La Marseillaise éclate à nouveau, suivie du Chant du départ, puis de "Vive la France", "A bas Pétain", "A bas Hitler"[29]. Malgré les charges policières et les arrestations, les jeunes tiennent bon, se dispersent puis se regroupent. La foule continue à grossir et à défiler sur toute l'avenue, de l'Etoile au Rond-Point [24]. Des policiers et quelques soldats de la Wehrmacht sont conspués et bousculés, et doivent battre en retraite.

Devant l’hôtel Claridge, situé au no 74 de l'avenue des Champs-Élysées où siègent des autorités militaires, un groupe de lycéens renverse les barrières métalliques qui établissent une zone de sûreté autour de l’établissement en en défendant l’accès. La sentinelle allemande est prise à partie par deux jeunes gens, dont Pierre-André Dufetel, qui fête le jour même ses dix-huit ans[30]. Les manifestants tentent en vain d’arracher son fusil au soldat allemand, qui se jette par terre pour protéger son arme et appelle à l’aide[6].Les lycéens parviennent à quitter les lieux et à se fondre dans la foule à l’arrivée de renforts. Les soldats qui cherchent à les rattraper sont molestés et rebroussent chemin. Les policiers français sont totalement débordés. Peu avant 18 heures, les manifestants qui sont groupés devant le Fouquet’s sont dispersés par les soldats allemands qui procèdent à de nouvelles arrestations

L'armée allemande, d'abord surprise, intervient brutalement vers 18h sur ordre de la Kommandantur qui siège à l’hôtel Meurice à la Concorde[28]. L’assaut est d’une grande violence. La Wehrmacht a une double consigne : mettre fin au rassemblement et capturer un maximum de manifestants[6].

Une compagnie motorisée, remontée des Champs-Élysées, se déploie en arc de cercle autour de l’Étoile. La compagnie se positionne de manière à opérer une manœuvre d’encerclement autour de la place de l’Étoile et verrouiller ses douze avenues. Les soldats sautent de camions bâchés baïonnettes au canon . Une section d'infanterie avec fusils et fusil-mitrailleurs prend position au Rond-Point[23]. Des camions et des véhicules blindés barrent tout le front de l’avenue. Deux mitrailleuses sont installées sur le sol et pointées vers la manifestation[23]. Une autre section arrive en camion au carrefour des Champs-Elysées et de l'avenue Georges V. Revolver au poing et à coups de crosse, les Allemands chargent les jeunes qui se trouvent sur les trottoirs. Jusqu’à la rue La Boétie, les Allemands sont maîtres d’un terrain, mais, entre la rue Pierre-Charron et l’avenue George V, la foule est dense et ne se prive pas de hurler des injures « Bandits, lâches, assassins » aux Allemands qui arrêtent sans discrimination, jettent à terre et rouent de coups de pied tous ceux qui leur tombent sous la main[17]. Des manifestants tentent de venir en aide à leurs camarades brutalisés, mais ils se font arrêter à leur tour. Des side-cars et voitures militaires sèment la panique en circulant à vive allure et en zigzag sur les trottoirs[24].

Et puis des coups de feu éclatent. Jean Guéhenno témoigne : « J’ai vu les soldats allemands charger, baïonnette au canon, les jeunes gens des écoles sur les trottoirs de l’avenue, des officiers les jeter à terre. Trois fois j’ai entendu tirer des mitraillettes [31]» . 

Les manifestants se dispersent alors rapidement et de façon désorganisée dans les rues avoisinantes[23]. Les lycéens et étudiants n’ont plus qu’un objectif en tête, échapper à la nasse qui se referme sur eux mais beaucoup se retrouvent pris au piège. Vers 18 h 30, la manifestation est terminée sur les Champs-Elysées, laissant une quinzaine de blessés dont cinq graves[32]. Des groupes d'étudiants se reforment cependant sporadiquement dans le bas des Champs-Elysées, la rue Royale et même l'avenue de l'Opéra jusqu'à 19h[24].

Pierre Lefranc fait partie des blessés[33]: « Je me suis retourné et j’ai vu que les Allemands, déployés en tirailleurs, déblayaient les Champs-Elysées en les descendant au pas de gymnastique. Je me suis engouffré dans la rue de Presbourg, à peu près vide : nouveaux coups de feu – des éclats de pierre tombaient. Avec une dizaine de camarades, nous avons tourné à gauche dans l’avenue Marceau ; c’est là que j’ai été touché par des éclats de grenade à la cuisse gauche : sous l’effet du souffle, je suis tombé par terre. Des Allemands m’ont ramassé et emmené jusque devant l'actuel Drugstore, bras en l’air[28]

Michel Cournot est lui aussi arrêté: « Ils nous enfournèrent dans leurs camions verts, à coups de crosse dans le dos. Les officiers hurlaient, les hommes paraissaient plutôt contrariés. On nous débarqua devant un hôtel de la rue de Castiglione. Nous nous retrouvâmes là une cinquantaine peut-être, les autres étaient parqués ailleurs. On nous repoussa vers le fond de la cour, plus ou moins adossés au mur, et devant nous apparut un peloton d’une quinzaine de géants qui, obéissant à des hurlements brefs, se mirent à charger leurs fusils. C’était tellement spectaculaire que l’on ne pouvait avoir peur, tout était trop fort, trop immédiat, et moi je ne songeais qu’à faire disparaître les tracts que j’avais encore[23]

Répression

[modifier | modifier le code]

Plus de 200 arrestations sont alors effectuées par la Geheime Feldpolizei, la police militaire allemande[5]. Les Allemands ont procédé eux-mêmes à la majorité des arrestations[34] et établi leur propre liste cumulative par établissement[5]. Les étudiants et lycéens arrêtés sont emmenés dans les prisons de la Santé[23], du Cherche-Midi et de Fresnes[35]. Le rapport du commandement militaire évoque 143 arrestations maintenues au 17 novembre, à la Santé ou au Cherche-Midi.

Le lendemain de la manifestation, le commandement militaire allemand de Paris fait fermer tous les établissements d'enseignement supérieur de la capitale. Les étudiants provinciaux doivent rentrer chez eux, les Parisiens sont tenus de pointer quotidiennement dans les commissariats. Gustave Roussy, recteur de l'académie de Paris, est relevé de ses fonctions le et remplacé temporairement par Jérôme Carcopino, directeur de l'École normale supérieure. Maurice Guyot, secrétaire général de l'Université de Paris, est également révoqué[5].

A la demande des autorités d’occupation, l’administration française fait savoir que ces mesures constituent « une punition infligée aux étudiants de Paris responsables du désordre des rues que l’autorité allemande ne saurait accepter en aucune façon »[28].

Dans les lycées, Carcopino fait pleuvoir les circulaires. Il menace de faire subir aux lycées le sort des facultés, si “l'agitation” continue. Partout on fait gratter les tables et les murs pour y effacer les inscriptions défavorables à la collaboration. Et les auteurs d'inscriptions nouvelles sont menacés d'exclusion et de poursuites judiciaires.

Des rumeurs parlent d'étudiants fusillés ou déportés. Radio Londres évoque le chiffre de 11 tués et 500 déportés le . Le nouveau recteur demande au préfet de Paris de faire démentir ces chiffres pour garder le calme. Il tente, dans les semaines qui suivent la manifestation, de faire atténuer la répression.

En même temps que les efforts de Carcopino, le commandement militaire allemand demande à Berlin de rouvrir les établissements parisiens, ce qui est fait progressivement entre le et le .

Pour prévenir tout retour d'opposition, les autorités allemandes procèdent à des arrestations préventives de jeunes autour des Champs-Élysées, avec pour point culminant le avec plus de 1 000 arrestations relachés dans la nuit.[36],[37]

François Lescure est arrêté le au siège de l'UNEF, place Saint-Michel, qui est perquisitionné[5].

Le commandement allemand libère les prisonniers du en trois vagues : , et 11 décembre[5]. Cinq personnes sont condamnées par les tribunaux militaires allemands, dont le professeur René Baudoin[5].

Le 8 décembre, dans une lettre au maréchal Pétain, Jérôme Carcopino admet : « Pendant plus d’une semaine j’ai craint de ne pouvoir apaiser l’effervescence des lycéens. » Il a fallu près d’un mois pour que les autorités se rassurent[5].

Lors de cette manifestation, on relève la présence d'André Weil-Curiel[17], Léon-Maurice Nordmann[17], René Beaudoin, André Le Troquer[17], Yves Kermen, François Bresson, Jean Ebstein-Langevin[9], Francis Cohen, Olivier de Sarnez, Germaine Ribière, Odile de Vasselot[38], François Cuzin[39], Yvette Gouineau[40], Georges Lapierre[41], René Chuzeville[42], Didier Rémon[43], Charles Pot[44], Alain Griotteray[45], Maurice Carme[46], Roger Nimier[47], Jorge Semprun[48], Françoise Gilot[48], Jean Zyromski[17], Marcel Bleitbreu[49], Pierre Brossolette[50], Ivan Denys[51], Philippe Guimiot[52], Gilles Haarbleicher[52], Henri Lablénie[13], Tony Bloncourt[53], Anise Postel-Vinay[54], Jean Colson[55], Micheline Bood[26], Henri Becker[56], André Pertuzio, Oriane Guéna[57] (femme de Yves Guéna), Fernand Bonnier de la Chapelle, Jean Guéhenno[31], Pierre Lefranc[38], Pierre-André Dufétel[30], René Maublanc[23], Claude Santelli[58], Michel Cournot[23], Jean Matthyssens[59], Madeleine Riffaud[59], Georges Suffert[59], Igor de Schotten[60], Claudine Planus[60], Brigitte Friang[3], Robert Pimienta[3], Claude Souef[61], Christian Rizo[8], Félix Kauer[8], François Lescure[29]. Le jeune Pierre Halbwachs, fils de Maurice Halbwachs, fut stupéfait « de retrouver à cette manifestation beaucoup d'étudiants qui formaient les années précédentes les « ligues » contre lesquelles il s'était battu et en particulier pas mal d'anciens de l'Action française »[5].

Du côté communiste, l'historiographie ne permet pas de connaître suffisamment le nombre de participants. Il est certain que les militants André et Robert Kirschen, Maroussia Naïtchenko, Pierre Daix et Jeanne Brunschwig, Jacques d’Andurain, Raymond Guglielmo et Pierre Hervé ne furent pas présents, « le plus souvent sur ordre de la direction [du Parti communiste clandestin], pour des raisons de sécurité »[5]. François Lescure et Maurice Berlemont y allèrent en observateurs[5].

Les travaux de l'historienne Danielle Tartakowsky sur les rapports de police des différentes arrestations permettent de cerner la sociologie de la manifestation : « 917 hommes et 122 femmes, 545 lycéens ou collégiens, 299 étudiants, 57 écoliers, 138 salariés (dont de nombreux professeurs et instituteurs). Une moyenne d'âge de 18 ans »[62].

La censure allemande n'a pas permis que les journaux en rendent compte le lendemain. C'est cinq jours après que des commentaires de la presse collaboratrice parisienne calomnient les manifestants en dénigrant l'irresponsabilité d'une certaine jeunesse, sans mettre en cause les éventuels participants communistes[35].

Plaque commémorative inaugurée en par René Coty.
Plaque commémorative inaugurée en par Nicolas Sarkozy.

La composition des manifestants est assez floue et a donné lieu à des récupérations dès les années suivantes. Il semble que les étudiants et lycéens aient été relativement apolitiques et provenaient à la fois de la droite nationaliste et de la gauche communiste. Le tract d'appel à manifester est en effet reconnu comme particulièrement apolitique.

Lors de la répression, ce sont davantage les gaullistes qui sont incriminés par les autorités, mais des militants communistes identifiés, comme François Lescure, sont tout de même interrogés et la presse clandestine communiste salue la manifestation, tout en la rattachant fortement à l'arrestation de Paul Langevin. Les étudiants arrêtés nient toute origine politique. Les journaux d'occupation mettent la responsabilité de la manifestation sur l'irresponsabilité de la jeunesse. La presse clandestine salue la défense des traditions universitaires. Si le patriotisme est rarement mis en avant, les différents groupes commencent à s'attribuer la paternité de la manifestation.

Les années suivantes, les autorités surveillent fortement le Quartier latin afin de prévenir toute nouvelle tentative de manifestation. Le Front national étudiant salue la mémoire des étudiants de , ainsi que divers résistants en (comme Jean Guéhenno ou Gustave Roussy lorsqu'il reprend ses fonctions en ). L'UNEF ne valorise pas cet événement et demande sans insistance et sans succès la pose d'une plaque commémorative en .

De leur côté, les communistes, et notamment François Lescure, revendiquent la paternité de la manifestation et notamment l'impression des tracts d'appel à manifester. Le récit de l'événement est enjolivé, devenant une marche unie remontant les Champs-Élysées aux cris de « à bas Pétain, à bas Hitler ». Le rôle des communistes est donné comme prédominant. Ce discours, relayé jusqu'en , reçoit ses premières inflexions après une étude de Raymond Josse[63] puis d'autres historiens jusque dans les années 1990.

Une plaque commémorative est inaugurée le par le président de la République, René Coty : « Le devant la tombe de l'Inconnu les étudiants de France, manifestant en masse, les premiers résistèrent à l'occupant »[64]. Elle est située sur la façade de l'hôtel Landolfo-Carcano (actuelle ambassade du Qatar), au 156 avenue des Champs-Élysées, à l'angle avec la place de l'Étoile.

À la suite de la pose de cette plaque, une Association des Résistants du est créée en [65]. Son fondateur et délégué général est Jean Ebstein-Langevin. Elle accepte en son sein d’anciens manifestants parrainés par des membres. Elle est placée d'emblée sous la présidence d'honneur de Pierre Lefranc, gaulliste blessé et incarcéré lors de la manifestation. Elle organise lors des cérémonies du des dépôts de gerbe, reprenant la grande gerbe de deux mètres du lycée Janson-de-Sailly. Elle recueille également des témoignages d'anciens manifestants en lien avec la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du ministère de la Défense. Elle accrédite la thèse d'une manifestation spontanée de jeunes étudiants et lycéens, « instinctivement patriotes » et parfois potaches contre l'occupant[66].

En 2002, l’association du , qui regroupe les anciens lycéens et étudiants qui avaient participé à cette manifestation, se fond dans Le Souvenir français[67]. Dès lors, celui-ci prend en charge la préparation de la cérémonie traditionnelle, organisée à proximité de l’Arc de Triomphe. En 2017, Le Souvenir français la refonde afin de l’imposer comme la cérémonie phare de la Résistance étudiante et lycéenne. Depuis 2019, le drapeau de l’association du est confié pour un an à un établissement parisien héritier de l’évènement. Sa passation annuelle auprès d’un nouvel établissement est effectuée lors de la cérémonie du .

Chaque année, la cérémonie débute à 9h30 – en amont de la cérémonie nationale organisée sur la tombe du Soldat inconnu, avec la participation des lycées héritiers des manifestations du  ; des établissements scolaires parisiens dans lesquels ont été déposés des drapeaux d’associations d’anciens combattants dissoutes, de délégations des principaux syndicats et des principales organisations regroupant des étudiants et des lycées, ainsi que des personnalités officielles dont le ministre de l’Éducation nationale et le maire de Paris[68].

Le , le président de la République Nicolas Sarkozy inaugure une plaque commémorative sous l'Arc de Triomphe : « En hommage aux lycéens et étudiants de France qui défièrent l'armée d'occupation nazie le au péril de leur vie »[69].

Représentations culturelles

[modifier | modifier le code]

Bande dessinée

[modifier | modifier le code]

Dans le tome 1 de la série Les Zazous[70] de Salva Rubio et Danide, les jeunes héros participent à la manifestation du .

La manifestation est présente dans le film La Bataille de Gaulle : L'Âge de fer, sorti en 2026.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 Thomas Fontaine, « Chronologie : Répression et persécution en France occupée - », Online Encyclopedia of Mass Violence, CERI (Sciences Po/CNRS), (ISSN 1961-9898, lire en ligne).
  2. 1 2 3 Fischer 2004, p. 24.
  3. 1 2 3 Emmanuel Laurentin, « La Fabrique de l'Histoire », sur radiofrance.fr/franceculture, (consulté le )
  4. Roger Langeron, Paris, juin 40. Journal du préfet de police à Paris du 10 juin 1940 au 20 janvier 1941, , p181
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Monchablon 2011.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Maxime Tandonnet, 1940, un autre 11 novembre, Tallandier, , 254 p. (ISBN 978-2847346053)
  7. 1 2 3 4 Présidence de la République, « Célébration nationale du 92e anniversaire de l'Armistice de  » [PDF], sur defense.gouv.fr, DICoD, (version du sur Internet Archive).
  8. 1 2 3 « Christian Rizo », sur resistance-ftpf.net (consulté le ).
  9. 1 2 Fabrice Bourrée, « Jean Ebstein-Langevin », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  10. Camille Berth, « Premier acte de résistance à l'ennemi : Le  », sur actionfrancaise.net, Action française, (consulté le ).
  11. Emmanuel Debonno, « Claude Bellanger et le groupe Maintenir », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  12. Alain Dalançon, « Burgard Raymond », sur maitron.fr, (consulté le )
  13. 1 2 Alain Dalançon, Pierre Petremann, « Lablénie Henri, Edmond, Gilbert. Pseudonyme: Dolmont Max », sur maitron.fr (consulté le )
  14. Monchablon 2011, p. 70.
  15. Monchablon 2011, p. 69.
  16. Danielle Tartakowsky, « 11 novembre 1940, La manifestation patriotique des lycéens et étudiants », sur https://le-souvenir-francais.fr, (consulté le )
  17. 1 2 3 4 5 6 Linda Weil-Curiel, « Le 11 Novembre 1940 à Paris – La résistance commence avec les fleurs ! », sur revuepolitique.fr, (consulté le )
  18. Appel à manifester le 11 novembre 1940.
  19. Pierre Giolitto, « L’école dans la résistance », Histoire de la jeunesse sous Vichy, , Pages 401 à 437 (lire en ligne)
  20. Jean-Pierre Besse, Alain Monchablon, Claude Pennetier, « Lalet Claude », sur maitron.fr, (consulté le )
  21. « Evènement- 11 novembre 1940 - Paris , canton de Paris (Seine) - 75 Paris - Manifestations », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  22. « Evènement - 11 novembre 1940 - Paris , canton de Paris (Seine) - 75 Paris - Manifestations », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  23. 1 2 3 4 5 6 7 8 Michel Cournot, « Il était une fois… Les résistants du 11 novembre 1940 », Le Monde, (lire en ligne)
  24. 1 2 3 4 5 Raymond Josse, « La naissance de la résistance étudiante à Paris: la manifestation du 11 novembre 1940 », Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, vol. 12, no 47, , p1-31
  25. Joël Drogland, « Lycéen résistant », sur clio-cr.clionautes.org, (consulté le )
  26. 1 2 3 4 Patrice Delpin, « Une lycéenne à Paris pendant l’Occupation – 1940-1944 », sur clio-texte.clionautes.org, (consulté le )
  27. Guillaume Piketty, Pierre Brossolette : Un héros de la Résistance, Paris, Odile Jacob, , 416 p. (ISBN 2-7381-0539-4 et 978-2-7381-7276-1, lire en ligne Accès limité).
  28. 1 2 3 4 Pierre Giolitto, « L’école dans la résistance », sur shs.cairn.info, (consulté le )
  29. 1 2 « Après la défaite : premières actions de résistance », sur resistance-ftpf.net (consulté le )
  30. 1 2 « Il y a 70 ans, la manifestation des jeunes Parisiens, premier acte de résistance », 20 minutes, (lire en ligne)
  31. 1 2 Jean Guéhenno, Journal des années noires: (1940-1944), Folio, , 544 p. (ISBN 978-2070454389)
  32. Monchablon 2011, p. 72–73.
  33. Pierre Bourget, Histoires Secrètes De L'occupation De Paris (1940 - 1944). Tome 1 : Le Joug., Hachette, , 360 p.
  34. Fabrice Grénard, « La manifestation du 11 novembre 1940 à Paris », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  35. 1 2 Alain Monchablon, « , une manifestation à la lumière des archives », Libération, (version du sur Internet Archive).
  36. Monchablon 2011, p. 75.
  37. « 21 novembre 1940 - Paris , canton de Paris (Seine) - 75 Paris - Manifestations », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  38. 1 2 Frantz Malassis, « La manifestation du 11 novembre 1940 à Paris vue par ses acteurs », sur museedelaresistanceenligne.org, (consulté le )
  39. Robert Mencherini, « François Cuzin », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  40. Fabrice Bourrée, « Yvette Gouineau », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  41. Rémi Dauphinot, « Georges Lapierre », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  42. « Parcours de manifestants du 11 novembre 1940 », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  43. Fabrice Bourrée, « Didier Rémon », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  44. Gilles Morin, « Pot Charles, Louis, Paul », sur maitron.fr, (consulté le )
  45. Alain Griotteray, Mémoires : aimer et servir la France, Monaco et Paris, Éditions du Rocher et Éditions de Fallois, , 347 p.-[24] p. de pl. (ISBN 2-268-04966-3).
  46. Fabrice Bourrée, « Maurice Carme », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  47. Marc Dambre, « Les Hussards et l'Action française », dans Michel Leymarie (dir.), Olivier Dard (dir.) et Jeanyves Guérin (dir.), L'Action française : Culture, société, politique, vol. IV : Maurrassisme et littérature (colloque à l'Université Paris 3-Sorbonne nouvelle, -), Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », , 320 p. (ISBN 978-2-7574-0401-0), p. 201–217 [DOI 10.4000/books.septentrion.48965] [lire en ligne].
  48. 1 2 Alan Riding, Intellectuels et artistes sous l'Occupation: Et la fête continue, Flammarion, , 448 p. (ISBN 978-2081294035), p92-93
  49. Claude Pennetier, « Bleibtreu Marcel- pseudonymes-vierny-tanguy-antoine-a-partir-de-1940-pierre-favre-a-partir-de-1947 », sur Maitron patrimonial, 18 juin 2024. (consulté le )
  50. Guillaume Piketty, Pierre Brossolette : Un héros de la Résistance,, Odile Jacob, (ISBN 9782738105394)
  51. Jacques Girault, « Denys Yvan, Marie, Louis », sur maitron.fr, (consulté le )
  52. 1 2 Ivan Denys, Lycéen résistant, Signes et Balises, , 224 p. (ISBN 978-2954516301), p12-15
  53. Daniel Grason, Claude Pennetier, « Bloncourt Tony, Louis, Marie, Edmond », sur Maitron patrimonial (2006-2024) (consulté le )
  54. « Aux combattantes, la France reconnaissante.100 fiches biographiques », sur cheminsdememoire.gouv.fr (consulté le )
  55. Fabrice Bourrée, « Jean Colson grièvement blessé le 11 novembre 1940 », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  56. « Henri Becker », sur ordredelaliberation.fr (consulté le )
  57. « Décès de Madame Oriane Guéna », sur charles-de-gaulle.org, (consulté le )
  58. « 11 novembre : rébellion lycéens », sur ina.fr, (consulté le )
  59. 1 2 3 Didier Fischer, « Les étudiants et la Résistance », Matériaux pour l'histoire de notre temps, no N°74, , p20-28 (lire en ligne)
  60. 1 2 « Plaque à la mémoire des élèves du Lycée Molière mortes pour la France, Paris 16e », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  61. Claudine Cardon-Hamet, Pierre Cardon, « Souef Olivier, résistant dès 1940, déporté », sur deportes-politiques-auschwitz.fr, (consulté le )
  62. « Plaque en hommage aux jeunes qui défilèrent le  », sur museedelaresistanceenligne.org, Association pour des études sur la Résistance intérieure (AERI), Fondation de la Résistance (consulté le ).
  63. Josse 1962.
  64. Alain Vincenot, Jean Mattéoli (préface) et Christine Levisse-Touzé (introduction), La France résistante : Histoires de héros ordinaires, Paris, Éditions des Syrtes, coll. « Histoire et document », , 574 p. (ISBN 2-84545-089-3), p. 29.
  65. « Association des Résistants du 11 novembre 1940 » (annonce no 19 du ), Journal officiel de la République française, no 14, , p. 1008 (lire en ligne).
  66. Monchablon 2011, p. 78–81.
  67. « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le ).
  68. Souvenir, « Journal du Président pour novembre 2025 », sur Le Souvenir Français, (consulté le ).
  69. AFP, « 11-Novembre : Hommage aux lycéens résistants de  », Le Monde, .
  70. Salva Rubio (scénario) et Danide (dessin et couleurs) (trad. Lise Gallot), Les Zazous, t. 1 : All too soon, Grenoble, Glénat, 55 p. (ISBN 978-2-344-04177-2, présentation en ligne).

Sources et bibliographie

[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier | modifier le code]