William Bourdon

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William Bourdon
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Antoine Deltour, et ses avocats Me Penning (au centre) et Me Bourdon (à droite) au tribunal correctionnel de Luxembourg.

William Bourdon (né en 1956) est un avocat français du Barreau de Paris, qui exerce en droit pénal notamment en pénal des affaires, droit de la communication. Il est avocat associé depuis 1979 du cabinet Bourdon Simoni Voituriez[1].

Famille et études[modifier | modifier le code]

William Bourdon est fils de Philippe Bourdon, ingénieur et industriel, petit-fils de Pierre Bourdon, ancien ingénieur en chef de Michelin, et arrière-petit-fils de l'industriel Édouard Michelin, fondateur du groupe Michelin.[réf. nécessaire]

Il étudie au Lycée Janson-de-Sailly, puis à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a obtenu une maîtrise de droit privé et est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris.[réf. nécessaire]

Activités professionnelles et associatives[modifier | modifier le code]

De 1994 à 2000, William Bourdon est secrétaire général adjoint, puis secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'homme. En octobre 2001, il fonde l'association Sherpa, dont l'objet est de « défendre les victimes de crimes commis par des opérateurs économiques », et il en est actuellement le président. Sherpa est installée dans les locaux de France Libertés ; William Bourdon est membre du Conseil d'administration de France Libertés et avocat de Danielle Mitterrand depuis de nombreuses années. Il a été en outre l'avocat de Transparency International, de l'association Survie et de la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD). Il est proche d'associations d'aide aux étrangers en situation irrégulière, notamment la Cimade, pour laquelle il est intervenu en qualité d'observateur en 1992.

William Bourdon s'est illustré dans des affaires pénales dans les années 1980 (défense de prostitués dans l’Affaire Jobic[2], un commissaire de police accusé de proxénétisme avant d'être finalement relaxé), puis s'est spécialisé dans la défense des droits de l'homme (SOS Racisme, opposants chinois, génocide rwandais, Augusto Pinochet et aussi de contestataires, de partisans de la « lutte sociale», ou de militants de l'ultra gauche. Ainsi, en 2006, il défend le syndicaliste de SUD PTT Cyril Ferez qui, selon lui « a fait l'objet d'une véritable raclée, d'un passage à tabac pendant un temps important par une quinzaine de CRS » lors des manifestations contre la loi pour l'égalité des chances. Il défend également Yldune Lévy[3], proche de Julien Coupat, dans l’affaire des sabotages des caténaires SNCF[4], deux détenus français de la prison de Guantánamo condamnés par la justice française[5], ou l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. En 2009, William Bourdon défend André Barthélemy, président d'« Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme », renvoyé devant le Tribunal correctionnel de Bobigny pour « provocation directe à la rébellion » et « entrave volontaire à la circulation d'un aéronef », pour s'être opposé aux conditions de reconduite à la frontière de deux ressortissants congolais[6].

William Bourdon est également l'initiateur en 2000[7], au nom de la FIDH, de la plainte et de l'inculpation au Sénégal pour tortures et crimes contre l'humanité visant Hissène Habré. En décembre 2008, après l'échec de plaintes lancées contre Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Sherpa et Transparency international déposent une plainte contre X sur « les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France » par ces chefs d'État africains.

En mars 2007, dans une pétition publiée par le Nouvel Observateur, William Bourdon appelle à voter pour la candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal[8].

En avril 2009, il participe à un meeting de campagne pour les élections européennes du mouvement Europe Écologie (Liste conduite par Daniel Cohn-Bendit) aux côtés d'Eva Joly. Il proclame : « Je veux être libre de tout le monde, je ne veux rentrer dans aucun système. »

Dès 2012, William Bourdon se rapproche à nouveau du Parti socialiste et fait partie de l'équipe de campagne de François Hollande.

Procès impliquant l'État ou les intérêts libyens[modifier | modifier le code]

En 2005, il a défendu[9], Motassim Bilal « Hannibal » Kadhafi, le fils du colonel Mouammar Kadhafi, condamné le 23 mai 2005 par la 10e Chambre du Tribunal correctionnel de Paris à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour violences conjugales[10].

Le 25 octobre 2007, il dépose une plainte avec constitution de partie civile pour diffamation à l'encontre de Jeune Afrique[9] et son rédacteur en chef François Soudan, au nom et pour le compte de Moussa Koussa, chef des services de renseignement extérieurs libyens. La plainte sera retirée volontairement le 10 avril 2009[11].

Après l'arrêt de la chambre d'accusation de Paris du 20 octobre 2000 autorisant à instruire la plainte des victimes de l'attentat du DC10 d'UTA contre le Colonel Kadhafi, considérant que « l'immunité, à l'origine absolue, des chefs d'État, comporte, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des limites », William Bourdon déclare au quotidien Libération[12] que cet arrêt risque de créer une « confusion », car seuls trois crimes à « valeur universelle » ont justifié la levée de l'immunité présidentielle : le génocide, le crime contre l'humanité et le crime de guerre : « Le terrorisme est un crime très relatif. Si l'on raisonne ainsi, Yasser Arafat pourrait être poursuivi », a observé Me Bourdon, qui a souligné que le terrorisme et le trafic de stupéfiants ont été sciemment écartés des textes lors de la création de la Cour pénale internationale. En accord avec le point de vue exprimé par William Bourdon, le parquet général a demandé à la Cour de cassation de se prononcer pour la première fois sur la question controversée de l'immunité des chefs d'État. Ce qui n'a pas d'effet suspensif sur l'instruction en cours.

Autres éléments biographiques[modifier | modifier le code]

En 2000, il rédige et fait éditer à titre d'auteur un essai intitulé La Cour pénale internationale - Le Statut de Rome, dans lequel il explique et critique article par article les arcanes de cette institution, dont les statuts ont été adoptés le 17 juillet 1998 et qui est en vigueur depuis le 1er juillet 2002.

En 2001, il crée l'association Sherpa qui travaille à rendre concrète la notion de responsabilité sociale des entreprises par une amélioration des outils juridiques disponibles.

En 2005, il fait verser 5,2 millions € par le groupe pétrolier Total à des victimes birmanes au terme d'une médiation avant procès.

En 2006, il apparaît dans son propre rôle comme avocat pour les parties civiles africaines dans le film Bamako d'Abderrahmane Sissako, dans lequel il tient une plaidoirie contre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) en conclusion de film. Il est également, depuis décembre 2006, coprésident de la Société des lecteurs de Libération (SLL) avec Zina Rouabah.

Avocat au Barreau de Paris, il est l'initiateur des premières procédures engagées en France à l'encontre de certains responsables de crimes contre l'humanité, notamment serbes et rwandais. Il est également l'avocat de familles franco-chiliennes victimes du dictateur Augusto Pinochet.

Membre du « Comité International de soutien aux victimes vietnamiennes de l'Agent orange et au procès de New York » (CIS).

En 2014, il publie le Petit manuel de la désobéissance aux éditions Jean-Claude Lattès. Il y évoque le sort des "désobéissants" et des lanceurs d’alerte et les risques qu'ils encourent.

En 2017, avec la participation de ses collaborateurs, publie Les dérives de l'état d'urgence[13] dans la collection "Actualité" des Editions Plon.

Filmographie dans son propre rôle[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]