Wilfrid Hamel

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Wilfrid Hamel
Illustration.
Fonctions
Maire de Québec
Prédécesseur Lucien-Hubert Borne
Successeur Gilles Lamontagne
Ministre des Terres et Forêts
Prédécesseur John Bourque
Successeur John Bourque
Député de Saint-Sauveur
Prédécesseur Pierre Bertrand
Successeur Francis Boudreau
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance L'Ancienne-Lorette, Québec
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Québec, Québec
Parti politique Parti libéral du Québec
Parti libéral du Canada
Liste des maires de la Ville de Québec

Wilfrid Hamel (L'Ancienne-Lorette, - Québec, ), est un homme politique québécois. Il est ministre au sein du deuxième gouvernement d'Adélard Godbout et maire de Québec de 1953 à 1965.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine-Wilfrid Hamel est le fils d'un couple de cultivateurs établis à L'Ancienne-Lorette, Edmond Hamel et de son épouse Marie-Élise-Mathilde Paradis. Il fait ses études à L'Académie commerciale de Québec de 1910 à 1913 et travaille ensuite comme comptable au bureau Maranda et Labrecque. Il est actionnaire et directeur de cette entreprise de 1925 à 1941 et s'implique dans différents organismes comme la Société Saint-Vincent-de-Paul ou bien les Chevaliers de Colomb. De 1940 à 1942, il est marguillier de la paroisse Sacré-Cœur-de-Jésus.

Il se lance en politique lors de l'élection québécoise de 1936 comme candidat libéral dans Saint-Sauveur. Il essuie une défaite contre l'unioniste Pierre Bertrand. Il parvient cependant à se faire élire en 1939. Le , il est assermenté ministre d'État au sein du deuxième gouvernement d'Adélard Godbout. Il est ministre des Terres et Forêts du au . Il est réélu député à l'élection de 1944. Il perd en 1948, et retente sa chance en 1952, sans succès. Pendant ce temps, il collabore à titre d'organisation pour le Parti libéral du Canada dans la région.

Le , il est élu maire de Québec à la suite d'un scrutin ayant nécessité un recomptage judiciaire tant il était serré (462 voix d'avance sur Raymond Cossette, principal adversaire)[1].

Il se retire le . Il décède trois ans plus tard, le et est inhumé à L'Ancienne-Lorette le .

Hydro-Québec[modifier | modifier le code]

Le , Hamel présente le projet de loi 17 créant Hydro-Québec (la Commission hydroélectrique de la province de Québec). Faisant suite à l'une des promesses électorales du Parti libéral de 1939, ce projet de loi comportait trois volets principaux : la nationalisation de la Montreal Light, Heat and Power (et de sa filiale, la Beauharnois Light, Heat and Power), la création d'Hydro-Québec (chargée alors de fournir l'île de Montréal en électricité et en gaz) et l'adoption d'une politique d'électrification rurale de 10 000 000 $ par année.

Cette loi marque une étape importante dans un long débat entre les pourfendeurs des monopoles privés d'électricité (comme le Dr Philippe Hamel) et leurs défenseurs (comme le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau). La nationalisation de l'hydroélectricité avait été suggérée à partir de 1929, puis s'était retrouvée propulsée sur la scène politique à partir de 1933 dans le Programme de restauration sociale[2] de l'Église catholique et par les travaux de la Commission de l'électricité de 1934[3]. Cette question avait semblé pouvoir se régler lorsque l'Union nationale de Maurice Duplessis avait ajouté la nationalisation à son programme électoral en 1936. Cependant, elle fut de nouveau mise à l'écart à partir de 1937, en faveur de mesures plus modérées qui ne remettaient pas en question le monopole des entreprises privées d'hydroélectricité[4].

Malgré l'opposition des députés de l'Union nationale et d'un libéral[5], le projet de loi est adopté le .

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réjean Lemoine, Les maires de Québec depuis 1833, Ville de Québec, (ISBN 9782895521006), p. 153.
  2. L'École sociale populaire, Le Programme de restauration sociale expliqué et commenté, Montréal, 1934, 80 p.
  3. La Commission de l'Électricité de la Province de Québec (Commission Lapointe) était dirigée par le ministre Ernest Lapointe. Cette commission, toutefois, n'avait pas de mandat précis car aucune loi ou arrêté ministériel de la définissait. Pourtant, elle permettra de créer des débats importants. Voir le déroulement de cette commission dans Albert Faucher, « La question de l'électricité au Québec durant les années trente », L'Actualité économique, vol. 68, no 3, septembre 1992, p. 415-432
  4. En 1937, quelque temps après sa victoire électorale, Maurice Duplessis propose la création du Syndicat national de l’électricité, une entreprise d'État chargée de construire des centrales électriques en Abitibi. Les interventions du Syndicat national de l’électricité se limitant à l’Abitibi et au Témiscamingue, plusieurs observateurs estiment que M. Duplessis a abandonné sa promesse électorale et qu’il a ainsi relégué aux oubliettes la création d’une commission hydroélectrique provinciale faisant directement concurrence aux trusts de l’électricité. Voir : Archives de l’Université Laval, Fonds Philippe Hamel (P160), H.12 : C. L’H., « Au jour le jour : le discours du Trône à Québec », Le Droit, 27 février 1937; AUL, P160, H.12 : « M. Layton et la question de l’Hydro », L'Action catholique, 3 mars 1937; AUL, P160, H.12 : « Cette initiative d’étatisation », L ’Événement, 8 mars 1937.
  5. George Marler se dira contre la loi qui favorise « la propriété publique ». Joseph LaVergne, « Le bill de l’hydro est adopté en lere lecture », La Patrie, 24 mars 1944, p. 12.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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