Werner von Siemens

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Werner von Siemens
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait (avant 1881)

Nom de naissance Ernst Werner von Siemens
Naissance
Lenthe (de) village de Prusse,
devenu un quartier de Gehrden
Décès (à 75 ans)
Charlottenburg (Berlin)
Nationalité Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Pays de résidence Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Diplôme
Activité principale
Autres activités
artilleur
Formation
École d’artillerie et du génie de Berlin
Distinctions
1888, est anobli par Frédéric III
Conjoint
Mathilde Drumann (1824–1865), puis Antonie Siemens (1840–1900)

Ernst Werner von Siemens ( à Lenthe, près de Hanovre - à Berlin) est un inventeur et industriel allemand, magnat du génie électrique. Avec Alfred Krupp et Friedrich Bayer, il est l'un des piliers de l’Ère des Fondateurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation scientifique[modifier | modifier le code]

La Siemenshaus à Goslar.

Siemens, issu d'une vieille famille de Goslar (dont la maison, la Siemenshaus, est mentionnée dans les annales de la ville en 1384), est le quatrième enfant du métayer Christian Ferdinand Siemens (1787–1840) et de sa femme Éléonore-Henriette Deichmann (1792–1839). Après l'emménagement de la famille en 1823 dans le Mecklembourg, où le père vient d'acquérir le domaine de Menzendorf, les affaires patinent. Siemens reçoit sa première éducation de sa grand-mère et de son père, fréquente une année l'école municipale de Schönberg (Mecklembourg), suit les trois années suivantes les leçons d'un précepteur puis fréquente les trois dernières années le Katharineum de Lübeck. Il quitte ce lycée en 1834 sans passer ses examens, car bien qu'il cherche un métier technique, la situation financière de ses parents l'oblige à seconder son père, surtout après le décès de sa mère en juillet 1839. Son père décède à son tour en janvier 1840, laissant Werner, aîné des garçons, responsable de ses frères et sœurs.

Sur les conseils d'un professeur de géodésie, Ferdinand von Bültzingslöwen, il passe le concours des officiers du génie militaire à Berlin. Mais le chef du corps du génie, le général Gustav von Rauch, écarte sa candidature pour des raisons d'âge, étant donné le trop grand nombre de candidats ; il lui recommande toutefois de passer le concours d’artilleur, où il pourra suivre les mêmes cours que les officiers du génie. Aux épreuves à Magdebourg, il est reçu 1er des 14 candidats, pour quatre places offertes. À l’automne 1835, il est aspirant pendant trois ans à l’École de l’Artillerie et du Génie de Berlin. Là, il reçoit une formation scientifique très complète, allant de la géométrie à la chimie en passant par la physique[1] et la balistique, avec en outre quelques conférences reçues à l’Université de Berlin. Il est reçu lieutenant d’artillerie en 1838.

Le lieutenant Werner Siemens prend ses quartiers à Magdebourg puis rejoint sa garnison de Wittenberg, où, pour avoir été témoin lors d’un duel, il est condamné à cinq années de forteresse. Il a toutefois la permission d’aménager sa cellule de la citadelle de Magdebourg en laboratoire : là, dans le prolongement des idées de Jacobi sur les dépôts galvaniques de cuivre, il développe un procédé de galvanisation (notamment destiné à la dorure et l’argenterie). Gracié par la Couronne, Siemens retrouve en 1842 les ateliers de l’Artillerie à Berlin. En 1847, il fonde avec Johann Georg Halske la société Telegraphenbauanstalt von Siemens & Halske qui deviendra par la suite la Siemens AG.

Au cours de la Première guerre de Schleswig, en 1848, il sauve la milice de Kiel en défendant le port de Kiel contre les fantassins de marine danois, après avoir pris position sur le Fort Friedrichsort[2]. Il met au point des mine marines actionnables à distance, qu'il fait mouiller au large du port de Kiel pour tenir les navires danois à distance[3].

La période berlinoise[modifier | modifier le code]

Le tramway électrique de Lichterfelde (1881).
Stèle funéraire de Werner von Siemens dans le Südwestkirchhof Stahnsdorf de Berlin.

Il demeure sous les drapeaux jusqu'en juin 1849 tout en essayant de gagner de l'argent par diverses inventions, tournant son imagination à développer des machines directement utilisables. Ainsi il invente un nouveau régulateur pour les machines à vapeur, une presse pour fabriquer des pierres en ciment artificiel et une presse hydraulique. En revanche, bien qu'il ait échangé avec son frère sur un projet d'échappement à roue libre, il ne passa jamais à sa réalisation.

Le jeune entrepreneur épouse le 1er octobre 1852 l'une de ses nièces, Mathilde Drumann (1824–1865), à Kœnigsberg : elle est la fille du professeur d'université Wilhelm Drumann et de Sophie Mehlisz. De cette union naîtront Arnold et Wilhelm et les filles Anna Zanders et Käthe Pietschker (1861–1949). Mathilde mourra 1er juillet 1865. Le 13 juillet 1869 il se remarie avec une autre cousine, Antonie Siemens (1840–1900), fille de Carl Georg Siemens, qui sera plus tard élevé au rang de baron de Wurtemberg, et d'Ottilie Denzel (1812–1882). De ce deuxième mariage naîtront Carl Friedrich et Hertha (1870–1939; épouse Carl Dietrich Harries).

En 1866, Werner Siemens établit le principe de la dynamo électrique. L'un de ses professeurs à l'école d'artillerie n'était autre que le physicien Gustav Magnus, à qui Siemens expédia un exemplaire de cette dynamo. Magnus vit tout l'intérêt de cette invention et s'efforça de publier cette découverte, d'abord à Berlin[4] puis à Londres[5]. En 1877, Siemens obtient le brevet du haut-parleur électrodynamique[6]. En 1879, lors de l'exposition industrielle de Berlin, Siemens & Halske[7] met en service un petit train pour les visiteurs qui est tracté par la « première locomotive (électrique) digne de ce nom » dont le moteur est alimenté en énergie par une installation fixe[8].

Le 17 février 1887, Siemens acquiert le domaine de Biesdorf, d'une superficie de 600 hectares, qui comprend un château. L'année suivante, il est anobli par l'empereur Frédéric III : Werner Siemens devient Werner von Siemens. Il transmet en 1889 le château à son fils Wilhelm. Dans sa résidence secondaire de Bad Harzburg, Siemens a rédigé de 1889 à 1892 ses mémoires pendant ses vacances de fin d'année : il les fera publier peu avant sa mort. Le 6 décembre 1892, Werner von Siemens succombe à Berlin d'une pneumonie. Il a été enterré au cimetière d'Alten Luisenfriedhof à Charlottenburg ; par la suite, ses cendres seront transférées dans le caveau familial des Siemens au Südwestkirchhof Stahnsdorf de Berlin.

Le nom « siemens » a été adopté comme unité du système international pour la conductance électrique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parmi ses professeurs se trouvait le capitaine Meno Burg.
  2. Cf. l’aperçu sur le site Internet www.kiel-friedrichsort.de
  3. D'après Gerd Stolz, Die Schleswig-Holsteinische Marine 1848–1852., Boyens, Heide in Holstein,‎ (ISBN 3-8042-0188-1), p. 18 et suiv.
  4. Verhandlungen der Königlichen Akademie der Wissenschaften du 17 janvier 1867
  5. Proceedings of the Royal Society of London, Vol. 15 (1867), p. 367
  6. (en) site de l'université de San Diego
  7. Site berlin.de : La capitale impériale : 1879 lire (consulté le 9 juillet 2013).
  8. Jean-Marc Allenbach, Traction électrique, Volume 1, PPUR presses polytechniques, 2008 (ISBN 9782880746742)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Wilfried Feldenkirchen, Werner von Siemens : inventor and international entrepreneur, Ohio State University Press, 1994 (extrait)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]