Gutta-percha

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Palaquium gutta
Structure isoprénique 1,4-trans d'une chaîne polymère de gutta-percha

La gutta-percha est une gomme issue du latex naturel obtenu à partir de feuilles d'arbres de l'espèce Palaquium gutta et de plusieurs espèces voisines de la famille des Sapotaceae.

Structure moléculaire[modifier | modifier le code]

Comme le caoutchouc naturel (de sigle NR) issu de l'hévéa, la gutta-percha est un polyisoprénoïde. À la différence du NR (composé de plus de 99 % de cis-1,4-polyisoprène) qui est un solide élastique amorphe, la gutta-percha et la (gutta-)balata, qui renferment principalement du trans-1,4-polyisoprène, sont rigides et en partie cristallisés à température ambiante, ce qui les rend beaucoup moins élastiques.

Applications[modifier | modifier le code]

"Diable pour le pétrissage de la gutta-percha".

Le matériau montre des propriétés adhésives, est un bon isolant électrique et est bio-inerte. Il a été très utilisé pour l'enduction de câbles sous-marins ou souterrains, jusqu'à la découverte du polyéthylène en 1933. En revanche il ne résiste pas à une exposition prolongée aux UV.

Il trouve des utilisations dans le domaine des adhésifs, en chirurgie, notamment dentaire, et plus spécifiquement en endodontie où on l’utilise pour obturer les canaux pulpaires une fois la dent dépulpée.

Il entrait aussi dans la composition des balles de golf (maintenant en matière synthétique).

La gutta-percha a été également très utilisée dans le monde du voyage, grâce à la Maison Moynat qui employait, dès 1854, ce matériau isolant dans la fabrication et au doublage de ses malles. D'autres malletiers ont ensuite commencé à utiliser la sève pour imperméabiliser leurs produits.

Elle a été également utilisée pour la fabrication d'objets de tous les jours comme des médaillons, cadres photo, boîtes à ambrotype ou daguerréotype, disques de gramophone.

Il servait aussi pour fabriquer des bouteilles afin de conserver l’acide fluorhydrique (HF), acide qui est utilisé pour graver le verre par attaque chimique.

Historique[modifier | modifier le code]

Bien avant l’introduction de la gutta-percha en Occident, les indigènes d'Insulinde (anciennement archipel malais) savaient en faire des couteaux, des anses, des bâtons de marche et divers ustensiles. En 1656, voyageant en Extrême-Orient, le Britannique John Tradescant fut le premier européen à en collecter. Dans les années 1840, William Montgomerie, médecin dans l’Armée des Indes, en développa des applications pratiques dans le domaine de l’instrumentalisation médicale. En 1843, Werner von Siemens conçut une machine pour en enrober les câbles en cuivre, avant d’avoir l’idée d'utiliser la gutta-percha pour l’isolation des câbles télégraphiques sous-marins. En 1845, en Écosse, fut moulée la première balle de golf en gutta-percha[1].

En 1852, un modèle de chaussure en gutta-percha est breveté par Napoléon Gaillard[2],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gutta-Percha - An untold story. Prakesh et al. ~2001 Endodontology... Harvey Wickes Felter, and John Uri Lloyd.
  2. Jacques Rougerie, Paris insurgé La Commune de 1871, [Gallimard], , 160 p. (ISBN 978-2-07-044677-3), page 48
  3. « Napoléon Gaillard (1815-1900) Le cordonnier qui chaussa Paris de barricades (14) », sur L'Humanité, (consulté le 23 juillet 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Beauvisage, Contribution à l'étude des origines botaniques de la gutta-percha - Paris : G. Carpentier , 1881

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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