Wangen (Bas-Rhin)

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Wangen
Image illustrative de l'article Wangen (Bas-Rhin)
Blason de Wangen
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin
Arrondissement Arrondissement de Molsheim
Canton Molsheim
Intercommunalité C.C. de la Mossig et du Vignoble
Maire
Mandat
Yves Jung
2014-2020
Code postal 67520
Code commune 67517
Démographie
Population
municipale
700 hab. (2014)
Densité 181 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ 06″ nord, 7° 28′ 02″ est
Altitude 287 m (min. : 176 m) (max. : 400 m)
Superficie 3,87 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.wangen-alsace.net/

Wangen (en alsacien Wonge) est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin, en région Grand Est. Ses habitants sont nommés les Wangenois et Wangenoises.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Wangen se situe près de la ville de Wasselonne, au Nord-Ouest de l'Alsace et s'étend sur 3,87 km2. Une rivière traverse le village d'Ouest en Est : la Mossig. La région de la commune de Wangen possède un relief propice à la culture de la vigne, qui a d'ailleurs été un pilier de son histoire depuis sa création. Le village se situe en zone AOC.

Wangen était autrefois située sur la ligne de chemin de fer reliant la ville de Sélestat à celle de Saverne, avant la dépose du tronçon Molsheim - Saverne en 1967 qui a été remplacé par une piste cyclable.

Le village de Wangen est jumelé avec le village de Poutoru, chef-lieu de la commune de Tahaa, en Polynésie française

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières mentions connues du village de Wangen remontent au IXe siècle, lorsque certaines parcelles de terres sont données à l'abbaye féminine Saint-Étienne de Strasbourg[1]. Cette dernière contrôle le village de Wangen jusqu'à la Révolution française, et permet à une noblesse locale de se former et de prospérer. La viticulture contribue ainsi à donner aux Von Wangen, nobles et défenseurs du village, une richesse et un socle économique permettant leur établissement. Ils construisent ainsi un château de base octogonale au cours du XIIIe siècle, dont ils restent propriétaires jusqu'en 1566, date à laquelle ils vendent l'édifice à l'abbaye Saint-Étienne. Le château est démembré par la suite pour permettre la construction et l'agrandissement de certaines maisons du village, notamment le Freihof, ensemble important de l'histoire de Wangen. En effet, après son accession au statue de cour colongère au IXe siècle, soit une organisation rurale spécifique, Wangen possède en seigneur de ses terres l'abbesse de l'abbaye Saint-Étienne. Quand cette dernière se rendait à Wangen, sa demeure était le Freihof, situé actuellement au 179, rue basse. Cet ensemble de bâtiments lui permettait de faire valoir ses privilèges, notamment celui de justice. L'abbesse utilisait le tilleul, placé au milieu de la cour du Freihof, pour rendre justice auprès des gens de Wangen.

Pendant la période trouble du Moyen Âge, une enceinte est érigée tout autour de Wangen. Longue de 1100 mètres, d'une hauteur pouvant aller jusqu'à 7 mètres et possédant une épaisseur entre 1,10 et 1,70 mètre, elle possède trois portes, la Niedertor, la Sommertor et la Motscheltor.

Mais les seigneurs du village n'oublient pas d'offrir un support religieux à leurs sujets. Ainsi est attestée la présence de l'église à sa place actuelle dès 1214, date inscrite sur le tympan roman de cette église à l'histoire chargée. Surélevée en 1581 à la demande de l'abbesse Odile de Dürmentz, elle devient une église dite "simultanée" à la fin du XVIIe siècle, suite à l'introduction du simultaneum en Alsace par Louis XIV. Cette utilisation de l'église par catholiques et protestants est visible aussi au cimetière. Déplacé du centre du village vers la périphérie au XVIIe siècle, le cimetière est divisé entre catholiques et protestants. Construit notamment grâce à d'anciennes pierres tombales, le mur du cimetière possède plusieurs pierres datant de 1648, date de la fin de la guerre de Trente Ans.

Du fait de la Révolution et de la mise en place de la République, Wangen voit les différents privilèges touchés par les nobles supprimés, et est élu à sa tête un premier maire. Jean Adam LAUGEL, élu en 1792, alors vigneron, démontre à lui-seul l'attachement de Wangen à sa viticulture, malgré les évènements qui précipitent l'Alsace au centre des préoccupations, territoire français à la frontière entre le Saint-Empire romain germanique et la France. Dès 1819, et l'utilisation de l'établissement des jeunes aveugles de Paris pour se couvrir, le greffier du Tribunal de Commerce de Strasbourg, Monsieur MARTHA, essaie de remettre en place le bodenzinßwin sur la commune de Wangen et demande 600 mesures de vin par an. Jugée une première fois par la cour royale de Colmar le 3 juillet 1827, puis arrêtée par la cour de cassation de Paris le 27 mai 1830, la rente en vin est jugée comme féodale et supprimée.

Grâce à ces deux jugements successifs, le Conseil municipal de Wangen se réunit, avec à sa tête le Maire Jean-Georges STROHL, le 10 mai 1830[2]. Cette session met en avant la suppression de cette rente féodale comme un bienfait pour Wangen. Voulant perpétuer le souvenir de cet évènement, vécu comme une libération, est mis en place la Fête de la Fontaine. Elle est mise en place dans un premier temps pour récompenser les défenseurs, Monsieur LAUTH, avocat à Strasbourg, Messieurs SANDHERR et BLETRY, avocats à Colmar et Monsieur GUICHARD Père, avocat au Conseil d'État et à la cour de cassation de Paris. Les mandataires, Monsieur Charles MOLL, percepteur de Wangen, Georges STROHL, alors Maire et Christian OSTERMANN, meunier, sont aussi à l'honneur. Il est décidé que la Fête de la Fontaine doit être organisée le trois juillet de chaque année selon une exécution programmée à l'avance. Il s'agit dans un premier temps de cérémonies religieuses pour les catholiques et les protestants du village. Suivent une distribution de prix d'encouragements aux écoliers et aux habitants méritants, ainsi que des réjouissances publiques. En 1834 voit le jour une fontaine monumentale près de l'église de Wangen pour célébrer la victoire lors du procès, et le Conseil municipal du 15 mai 1836[3] établis les inscriptions qui doivent orner cette fontaine. Est aussi décidé que cette fontaine recevra un système pour permettre une distribution en vin, par le Maire ou tout représentant de l'Ordre, lors de la Fête de la Fontaine, tradition tenue jusqu'à aujourd'hui.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Wangen

Les armes de Wangen se blasonnent ainsi :
« D'azur à Saint Étienne de carnation, vêtu d'une robe et d'un camail, la tête entourée de rayons, tenant de sa dextre une palme, le tout d'or. »[4].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie-école (1902)

La commune de Wangen a compté, depuis l'ère révolutionnaire 22 mandats de maire successifs, et ceci malgré les sursauts de périodes royales et impériales[5].

Liste des maires de Wangen
Début de mandat Fin de mandat Identité Etiquette Métier
1792 1793 Jean Adam LAUGEL Vigneron
1794 1795 Hans BOHNERT Vigneron
1795 1797 Jean Georges STROHL Tonnelier
1798 1807 Jean Pierre LAUGEL Tonnelier
1807 1809 Pierre BECKER Cordonnier
1809 1811 Jean Michel LORENTZ Tonnelier
1811 1834 Jean Georges STROHL Tonnelier
1834 1837 Jean MOLL Tonnelier
1837 1843 Georges SCHWACH Vigneron
1843 1846 Jean MOLL Tonnelier
1846 1848 Jean SIMON Tonnelier
1848 1854 Georges STROHL Tonnelier
1854 1860 Jacques ZIMMER Secrétaire
1860 1884 Georges STROHL Tonnelier
1884 1902 Auguste LORENTZ Vigneron
1902 1919 Charles FRITSCH Vigneron
1919 1941 Jean Georges STROHL Négociant en vin
1941 1945 Edouard LORENTZ
1945 1971 Georges BOHNERT Vigneron cultivateur
1971 1989 Jean-Georges UNTERREINER Viticulteur et gérant
1989 2008 Paul HEINRICH Cadre bancaire
2008 En cours Yves JUNG

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[7],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 700 habitants, en diminution de -2,78 % par rapport à 2009 (Bas-Rhin : 1,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
684 671 688 756 782 781 750 776 759
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
744 771 750 772 731 745 793 722 713
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
722 715 683 624 614 653 623 584 619
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
599 570 589 572 656 704 705 720 700
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006 [9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Les anciennes fortifications du village, composées d'un mur d'enceinte englobant tout la partie médiévale du village, et les trois portes, La Niedertor, la Sommertor et la Motscheltor.
  • La partie historique du village, datant de l'époque médiévale et ayant évoluée avec son temps.
  • Les bâtiments formant l'ensemble du Freihof
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  • La chapelle Sainte-Croix construite en 1833, et composée notamment d'éléments gothiques du XIIIe siècle-XIVe siècle.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Georges Strohl, général de brigade (1839-1901) : le nom d'une rue lui est dédié à Wangen, son village natal.
  • Augusta Moll-Weiss (1863-1946) fondatrice de l'école des mères
  • Charles Auguste Moll (1821-1881), Colonel du Génie, rentré à l'école militaire en 1843 et parti en retraite en 1881

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

. Site des habitants de Wangen

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Ohresser, « L'abbaye Saint-Étienne de Strasbourg. Origines et fondations », in Annuaire de la Société des amis du Vieux Strasbourg, 1971, p. 13-26
  2. Archive 8E517/18 Registre servant à inscrire les Délibérations du Conseil Municipal de la Commune de Wangen, commencé le 6 novembre 1815 et finit en 1842. Détenu par les Archives Départementales du Bas-Rhin
  3. Archive 8E517/18 Registre servant à inscrire les Délibérations du Conseil Municipal de la Commune de Wangen, commencé le 6 novembre 1815 et finit en 1842. Détenu par les Archives Départementales du Bas-Rhin
  4. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)
  5. « Liste des maires de Wangen », www.wangen-alsace.net,‎ (lire en ligne)
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  10. Bernard Vogler, « Liste de localités ayant de nos jours une église simultanée », in Antoine Pfeiffer (dir.), Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie, SAEP, Ingersheim ; Oberlin, Strasbourg, 2006, p. 298 (ISBN 2-7372-0812-2)