Roger Grenier

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Roger Grenier
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Roger Grenier au Salon du livre de Paris en 2014

Naissance (97 ans)
Caen, France
Activité principale
Écrivain, romancier, conférencier, journaliste, éditeur
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Les Larmes d'Ulysee, Ciné-roman, Paris ma grand'ville

Roger Grenier, né le [1] à Caen dans le Calvados, est un écrivain, journaliste et homme de radio français. Il est régent du Collège de ’Pataphysique[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il passe son enfance à Pau, où sa mère Andrélie ouvre un magasin de lunettes[3]. Pendant la guerre, Roger Grenier suit les cours de Gaston Bachelard à la Sorbonne avant de participer en 1944 à la libération de Paris. Il est ensuite engagé par Albert Camus dans l'équipe de Combat, puis à France-Soir. Journaliste, il suivra de près les procès de la Libération auxquels il consacrera son premier essai en 1949 sous le titre Le Rôle d'accusé. Homme de radio, scénariste pour la télévision et le cinéma, membre du comité de lecture des éditions Gallimard depuis novembre 1963, il reçoit le Grand prix de littérature de l'Académie française en 1985 pour l'ensemble de son œuvre. Celle-ci est composée de plus d'une trentaine d'ouvrages, romans — dont deux best-sellers Le Palais d'hiver en 1965 et Ciné-roman, Prix Femina en 1972 —, essais et nouvelles. Publié internationalement (The Difficulty of Being a Dog…), il est également conférencier, parlant de littérature, de l'histoire des éditions Gallimard ou de ses amis (Albert Camus, Brassaï…). En 1971, il rédige la préface à L’île de Sakhaline d'Anton Tchekhov pour la collection Folio.

Il est marié et a deux enfants. De 2007 à 2015, il publie ses souvenirs.


Résistance[modifier | modifier le code]

À l'été 1939, Roger Grenier, âgé de 19 ans, réside chez sa mère à Tarbes. La mobilisation générale est freinée par le manque d'équipement et il patiente en raison de son jeune âge. Il postule finalement à Pau où on lui propose d'être répétiteur, et c'est au lycée Montaigne de Bordeaux où il est nommé pour la rentrée 1939-1940, lycée qu'il décrit comme « plus grand lycée de France à ce moment là », ayant accueilli de nombreux élèves de Paris et du nord de la France. En avril 1940 il est finalement mobilisé, et déplacé vers Marseille, puis l'Algérie pour 1 an.

Durant cette année, Roger Grenier participe notamment à des manœuvres de marche forcée dans le désert algérien. Enfin démobilisé au bout de 2 ans et demi, en novembre 1942, il reprend ses études de Lettres en zone libre. Une mathématicienne l’introduit notamment à Laurent Schwartz, lié à CDLR, Ceux de la Résistance, ce (petit) réseau de résistants se défini comme « strictement apolitique ».

À Paris, en zone occupée, il travaille pour un office statistique de l'État français. N'étant pas mathématicien de formation, il s'agit surtout d'une couverture pour aider la résistance intérieure française militaire. Parallèlement, comme les jeunes de son âge, il constate que de nombreux civils ont été raflés, ou du moins ont quitté précipitamment leurs appartements parisiens, abandonnant sur place leurs animaux de compagnie, ne donnant aucune adresse de suivi du courrier.

À 24 ans, il participe à la Libération de Paris, notamment en rédigeant des communications. Chaque jour il travaille dans divers lieux de commandement insurrectionnel, dont l’Hôtel de Ville.

Roger Grenier rapporte dans Paris ma grand'ville qu'il est arrêté par les forces d'occupation le 19 août 1944, boulevard Saint-Germain, alors qu'il dissimulait un appareil photo. Une fois l'appareil confisqué, le peloton d'exécution est formé. Au dernier moment, une dispute en allemand se tient entre les officiers et des civils (peut-être des diplomates). Il est alors sauvé de l'exécution et relâché pour des raisons qu'il ignore, ne comprenant pas la langue allemande. Il s'agit du fac-similé de ses notes d'époque[4].

Il rejoint la presse libre une fois la capitale libérée.

Combat[modifier | modifier le code]

Combat est le journal d'Albert Camus (30 ans), qui fait de Roger Grenier (24 ans) un membre de la rédaction[5].

Dans un entretien, il décrit son passage à Combat comme une aventure : « À Combat, j'entrais non dans un journal, mais dans un monde où j'allais tout apprendre. », Le Magazine Littéraire, n°18, janvier-février 2010[6].

Il travaille ensuite pour France-Soir et enfin depuis 1964 pour Gallimard, son éditeur depuis 1949.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • On ne joue pas aux Robinsons, Radiodiffusion française, Progr. parisien, 23 septembre 1948
  • Le Rôle d'accusé, essai, Paris, Gallimard, 1949.
  • Les Monstres, roman, Paris, Gallimard, 1953.
  • Limelight. Les Feux de la rampe, roman d'après le scénario original de Charles Chaplin, Paris, Gallimard, 1953, (fa) Les feux de la rampe, Shirkat-i Sahāmī-yi Kitābhā-yi Jībī, 1998
  • Les Embuscades, roman, Paris, Gallimard, 1958; rééd., Paris, Gallimard, 1980, coll. "Folio"; (de) Der Hinterhalt, Ullstein-Verlag, 1969.
  • La Voie romaine, roman, Paris, Gallimard, 1960.
  • Le Silence, nouvelles, Paris, Gallimard, 1961; rééd. 1984.
  • À Albert Camus, ses amis du livre, ouvrage collectif, préface de Roger Grenier, Paris, Gallimard, 1962.
  • Le Palais d'hiver, roman, Paris, Gallimard, 1965; rééd. Paris, Gallimard, 1973, coll. Folio"; (es) El palacio de invierno, G.P., 1966, (de) Der Winterpalast: Roman, Propyläen-Verl., 1967, (cs) Zimní kasino, Odeon, 1975.
  • Claude Roy, Paris, Seghers, 1971.
  • Avant une guerre, roman, Paris, Gallimard, 1971.
  • Une maison place des fêtes, nouvelles, Paris, Gallimard, 1972.
  • Ciné-roman, Paris, Gallimard, 1972. Prix Femina; rééd., Paris, Gallimard, 1973, coll. "Soleil"; Paris, Gallimard, 1995, coll. "Folio"; (ja) Shineroman (シネロマン), Hakusuisha (白水社), 1977, rééd. 2001, adapté (téléfilm) en 1978
  • Le Miroir des eaux, nouvelles, Paris, Gallimard, 1975, Prix de la nouvelle de l'Académie française; (ja) 水の鏡, 白水社, 1984
  • La Salle de rédaction, nouvelles, Paris, Gallimard, 1977, (ja) 夜の寓話, 白水社, 1992.
  • Iscan, Paris, Horay, 1978, coll. "Le Territoire de l'œil".
  • Un air de famille, récit, Paris, Gallimard, 1979.
  • La Follia, roman, Paris, Gallimard, 1980.
  • La Fêlure, de Francis Scott Fitzgerald, préface de Roger Grenier, Paris, Gallimard, 1981, coll. "Folio".
  • Album de la Pléiade : Roger Grenier, Album Camus : iconographie choisie et commentée, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », (ISBN 2070110451)
  • La Fiancée de Fragonard, nouvelles, Paris, Gallimard, 1982, (zh) 未婚妻, 漓江出版社, 1992.
  • Œuvres complètes d'Albert Camus, deux tomes, Club de l'Honnête Homme, 1983.
  • Il te faudra quitter Florence, roman, Paris, Gallimard, 1985; rééd. Paris, Gallimard, 1994, coll. "Folio"; (lt) Tu bėgsi iš Florencijos : romanas, Alma littera, 1998.
  • Le Pierrot noir, roman, Paris, Gallimard, 1986; rééd. Paris, Gallimard, 1996, coll. "Folio"; (en) Another November, Bison Books, 1998
  • Prague: un guide pratique, Paris, Autrement, coll. "L'Europe des villes rêvées", 1987, vol. 24.
  • Brassaï, essai, 1987
  • Albert Camus, soleil et ombre : une biographie intellectuelle, essai, 1987. Prix Albert-Camus. Rééd. 1991. (it) Albert Camus, a cura di Roger Grenier, Milano, Bompiani, 1988. Réed. 1992[7]
  • La Mare d'Auteuil, roman, Paris, Gallimard, 1988.
  • Prague, Paris, Autrement, 1988.
  • Rues, 1934–1988, photos de J. Dubois, Paris, Nathan, 1988.
  • Pascal Pia ou Le droit au néant, essai, Paris, Gallimard, 1989, coll. "L'un et l'autre".
  • Roger Grenier, Jacques Lacarin (eds.), Valery Larbaud et la France, colloque, 21 novembre 1989, Clermond-Ferrand, Institut d'études du Massif central, « Publication de l'Institut d'études du Massif central », 1990.
  • Partita, roman, Paris, Gallimard, 1991; (en) Piano music for four hands, University of Nebraska Press, 2001.
  • Villas anglaises à Pau, photos de Anne Garde, éd. Marrimpouey, 1991
  • Regardez la neige qui tombe. Impressions de Tchekhov, essai, Paris, Gallimard, 1992, Prix Novembre; rééd. Paris, Gallimard, 1997, coll. "Folio".
  • La Marche turque, nouvelles, Paris, Gallimard, 1993.
  • Trois heures du matin Scott Fitzgerald, essai, Paris, Gallimard, 1994.
  • Quelqu'un de ce temps-là, nouvelles, Paris, Gallimard, 1997.
  • Les Larmes d'Ulysse, essai, Paris, Gallimard, 1998, coll. "L'un et l'autre"; rééd., Paris, Gallimard, 2000, coll. "Folio"; (es) La Dificultad de ser perro, Alba, 2001, (en) The Difficulty of Being a Dog, University of Chicago Press, 2000, Rééd. 2002[8], (pt) Da dificuldade de ser cão, Companhia Das Letras, 2002
  • Le Veilleur, roman, 2000
  • Roger Grenier ou le droit de se contredire, entretien avec Danielle Stéphane, La Passe du vent, 2001.
  • Fidèle au poste, Paris, Gallimard, 2001, coll. "L'un et l'autre".
  • Schwarz-Abrys, du cloutisme au couteau, in Actes du 6e colloque des invalides: les fous littéraires - dernières nouvelles, Centre cultural canadien, 5, rue de Constantine, Paris, 29 novembre 2002.
  • Une nouvelle pour vous, nouvelles, 2003, Vidéo Un livre un jour sur le site de l'INA
  • Trois tortues et quelques autres, livre d'artiste, Gibraffaro, 2003 .
  • Andrélie, traits et portraits, Paris, Mercure de France, 2005.
  • Le temps des séparations, nouvelles, Paris, Gallimard, 2006.
  • Trois années d'après la nouvelle d'Anton Tchekhov, théâtre, 2006, créée au Petit Montparnasse, mise en scène par Jean-Claude Idée, 2006
  • Venedig Venezia Venise Venice, texte du porfolio Venedig Venezia Venise Venice, illustrations de Rainer G. Mordmüller, Gerd Winner, et Manfred Zimmermann, Herzog August Bibliothek, 2006[9]
  • Instantanés, souvenirs, Paris, Gallimard, 2007, Prix des Éditeurs[10]
  • Tchékhov - Récit d'un inconnu et autres nouvelles, préface et dossier de Roger Grenier, Paris, Gallimard, 2008, coll. "Folio".
  • Les Yeux ouverts dans Paris insurgé, de Claude Roy, préface de Roger Grenier, illustration de Jean Reschofsky, Regain de lecture.
  • Traces, texte du porfolio Paris, impressions en blanc et noir, illustrations de Rainer G. Mordmüller, Gerd Winner, et Manfred Zimmermann, Herzog August Bibliothek, 2009[11],[12]
  • Dans le secret d'une photo, souvenirs, 2010[13], (en) A Box of Photographs, University of Chicago Press, 2013[14]
  • Le palais des livres, essais, 2011[15]
  • 5, rue Sébastien-Bottin, ill. de Georges Lemoine, Paris, Gallimard, 2011.
  • Brefs récits pour une longue histoire, Paris, Gallimard, 2012.
  • Françoise Giroud vous présente le Tout-Paris, de Françoise Giroud, réédition, préface de Roger Grenier, Paris, Gallimard, 2013.
  • Mélodie : chronique d'une passion, d'Akira Mizubayashi, préface de Roger Grenier, Paris, Gallimard, 2013, coll. "L'un et l'autre".
  • Instantanés II, mémoires, Paris, Gallimard, 2014, (ISBN 978-2-07-014428-0)
  • Paris ma grand'ville, Paris, Gallimard, coll. "Le Sentiment Géographique", 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Grenier, Roger », notice d'autorité personne n° FRBNF11905870, catalogue Bn-Opale Plus, Bibliothèque nationale de France, créée le 12 mai 1975, modifiée le 27 février 2007
  2. Régents du Collège de ’Pataphysique
  3. Roman Andrélie de 2005
  4. Passage cité dans Le Paris de Roger Grenier, par Jean-Claude Raspiengeas, La Croix, 15 mai 2015
  5. (fr) Bernard Pivot, « Paris vide-Grenier - leJDD.fr », LeJDD.fr,‎ (lire en ligne)
  6. Voir aussi dicocitations.com (Droits de reproduction et de diffusion réservés)
  7. référence
  8. Notice de l'éditeur
  9. Venedig Venezia Venise Venice, site de Rainer G. Mordmüller
  10. http://www.prix-litteraires.net/prix/264,prix-des-editeurs.html
  11. Paris impression en blanc et noir
  12. Paris, impressions en blanc et noir, site de Rainer G. Mordmüller
  13. http://bibliobs.nouvelobs.com/rencontre-autour-de-cesare-pavese-75007
  14. Notice de l'éditeur
  15. notice sur Livres.tv

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]