Le Grand Meaulnes

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Le Grand Meaulnes
Image illustrative de l’article Le Grand Meaulnes
Couverture de l'édition originale.

Auteur Alain-Fournier
Pays Drapeau de la France France
Genre roman
Éditeur Émile-Paul Frères
Lieu de parution Paris
Date de parution Octobre 1913

Le Grand Meaulnes est un roman d'Alain-Fournier publié en 1913 chez Émile-Paul Frères. Il avait été auparavant publié en feuilleton dans la NRF de juillet à octobre 1913[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Le narrateur s'appelle François Seurel, mais il ne s'agit en aucun cas du héros du roman. Il se contente de relater l’histoire d’Augustin Meaulnes, son ancien camarade de classe devenu son ami. François Seurel et Augustin Meaulnes sont tous deux écoliers au cours supérieur de Sainte-Agathe, un petit village du Haut-Berry inspiré d'Épineuil-le-Fleuriel, et, comme lui, situé par l'auteur dans le Cher, près de Vierzon. Lors d’une escapade, Augustin Meaulnes arrive par hasard dans un domaine mystérieux où se déroule une fête étrange, poétique et pleine d'enfants. Le château est bruissant de jeux, de danses et de mascarades, et plein d'enfants qui y font la loi. Meaulnes apprend que cette fête est donnée à l’occasion des noces de Frantz de Galais. Parmi les festivités, des promenades en barque sur un lac sont offertes aux convives ; Meaulnes y rencontre une jeune fille, Yvonne de Galais, qui n'est autre que la sœur de Frantz de Galais. Il tombe instantanément amoureux d'elle, mais ne fait que la croiser plusieurs fois et n'a plus l’occasion de la revoir. La fiancée de Frantz tant attendue, Valentine Blondeau, s'est enfuie, le mariage n'a finalement pas lieu et la fête prend tristement fin.

Revenu à sa vie d’écolier, Meaulnes n’a plus qu’une idée en tête : retrouver le domaine mystérieux et la jeune femme dont il est tombé amoureux. Ses recherches restent infructueuses, jusqu'au jour où les deux garçons font la connaissance d'un bohémien qui leur avoue être Frantz de Galais et leur donne un plan qui leur permettrait de retourner au domaine mystérieux. D'autre part, Frantz fait promettre à Augustin de retrouver et faire revenir sa fiancée disparue.

Plusieurs années plus tard, Meaulnes part étudier à Paris, mais en vérité il tente à nouveau de retrouver Yvonne, sans plus de succès. Les mois passent et François n'a plus de nouvelles de son ami. C’est par hasard que François, devenu instituteur, retrouve la piste d'Yvonne de Galais. Il retrouve Meaulnes et le prévient de la nouvelle.

Meaulnes demande Yvonne en mariage, et la jeune femme accepte. Le lendemain du mariage, Meaulnes disparaît sans laisser de nouvelles. François décide de venir en aide à Yvonne, devenue une amie proche, ainsi que du père de celle-ci. Peu à peu, il devient confident de la jeune épouse. Quelques mois passent et Meaulnes ne donne toujours pas de nouvelles. Un jour, Yvonne apprend à François qu'elle est enceinte de Meaulnes. François décide donc de s'occuper d'elle en attendant le retour de son mari. François découvre alors les carnets de Meaulnes, dans lesquels ce dernier explique qu'il a rencontré Valentine pendant son séjour à Paris et qu'il a eu une brève relation avec elle, avant de comprendre qu'il s'agissait de la fiancée disparue de Frantz. Meaulnes raconte qu'il a alors abandonné la jeune femme, qui venait de quitter son métier pour se marier avec Frantz, la condamnant ainsi à vivre dans la misère. Bientôt rongé par le remords et décidé à tenir sa promesse en réunissant Frantz et sa fiancée disparue, Meaulnes annonce dans son carnet son départ après son mariage avec Yvonne afin de retrouver Valentine et la marier à Frantz.

L'accouchement d'Yvonne se passe très mal ; elle meurt d'une embolie pulmonaire après avoir enfanté sa fille. Le père d'Yvonne expire quelques mois plus tard. François devient l'héritier de la famille et s'occupe de la fille de son ami. Un an plus tard, Meaulnes ramène Frantz et Valentine mariés, revient chez lui, apprend la nouvelle de la mort de son épouse par son ami, prend sa fille et disparaît avec elle, laissant François seul, imaginant qu'Augustin va repartir avec sa petite fille « pour de nouvelles aventures ».

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Augustin Meaulnes, 17 ans, grand et mystérieux, aime l'aventure. Admiré par ses camarades de classe, il les emmène dans les rues du bourg après les cours.
  • François Seurel, 15 ans, le narrateur du roman, est le seul ami de Meaulnes. C'est un adolescent calme et posé. Ses deux parents sont instituteurs dans l'école où il étudie. Moins téméraire, il accompagne néanmoins Meaulnes dans sa quête du domaine perdu.
  • Yvonne de Galais, la belle jeune femme du domaine perdu, deviendra l’épouse d’Augustin et la mère de leur petite fille.
  • M. de Galais, le vieux père d'Yvonne et Frantz de Galais, est ruiné après le mariage échoué de son fils.
  • Frantz de Galais est le prétendant de Valentine Blondeau. Selon Yvonne de Galais, sa sœur, il est casse-cou et insouciant.
  • Valentine Blondeau est la fiancée perdue, puis l'épouse de Frantz à la fin du roman.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • La mère de Meaulnes amène son fils Augustin à l'école de Sainte-Agathe et le présente aux instituteurs au début du roman.
  • Monsieur Seurel est le père de François, instituteur de l'école de Sainte-Agathe. Il dirige le Cours Supérieur et le certificat d'études de l'école.
  • Millie est la mère de François, femme de Monsieur Seurel et institutrice, dirigeant la petite classe de l'école de Sainte-Agathe.
  • La tante Moinel est une vieille dame qui aidera François à retrouver Valentine Blondeau.
  • Ganache est un jeune bohémien de 15 ans, ami de Frantz de Galais.
  • Florentin est l'oncle de François. Son commerce sera le lieu des retrouvailles entre François Seurel et Yvonne de Galais. Augustin Meaulnes arrivera par la suite pour retrouver son amante.

Lieux de l'action[modifier | modifier le code]

Alain-Fournier situe l’action de son roman en Sologne, sa région natale. Il s’est inspiré du village d’Épineuil-le-Fleuriel à l’extrémité sud-est du Cher où l’on retrouve tous les lieux du cours supérieur de « Sainte Agathe »[2].

Le « pays perdu » et le domaine des Sablonnières se trouveraient probablement entre le Vieux-Nançay et La Chapelle-d'Angillon, lieu de naissance d’Alain-Fournier, où, à la sortie nord du village, un hameau porte le nom des Sablonnières.

Postérité[modifier | modifier le code]

Alain-Fournier étant mort pour la France en 1914, ses héritiers ont bénéficié des prorogations de guerre et le roman n'est tombé dans le domaine public qu'en septembre 2009.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le Grand Meaulnes est classé à la 9e place des 100 meilleurs livres du XXe siècle[3].

Suite[modifier | modifier le code]

Guillaume Orgel a écrit une suite au Grand Meaulnes, intitulée La Nuit de Sainte-Agathe, publiée en 1988 au Cherche midi[4].

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Le Grand Meaulnes dans la musique[modifier | modifier le code]

Les chansons[modifier | modifier le code]

En ce temps-là,
je lisais Le Grand Meaulnes
et après les lumières,
je me faisais plaisir,
je me faisais dormir.
Je m’inventais un monde
rempli de femmes aux cheveux roux ;
j’ai dit de femmes, pas de jeunes filles.

  • Je vous ai bien eus du même Sardou commence par :

Je sortais tout droit du Grand Meaulnes avec mes airs d’adolescent…

  • Dans La mère à Titi, Renaud chante :

Sur la télé qui trône
Un jour j’ai vu un livre
J’ crois qu’ c’était Le Grand Meaulnes
Près d’ la marmite en cuivre.

Et nos chagrins de môme
Dans les pages du Grand Meaulnes

Je croyais que j'étais
Chez Yvonne de Galais

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Association Jacques Rivièr Alain-Fournier
  2. « Lieux », Le Grand Meaulnes.
  3. « Les 100 livres du vingtième siècle d'après Le Monde - Liste de 95 livres », sur senscritique.com
  4. « À la question posée, Meaulnes pensif avait répondu : « Qui sait ? ». Et c'est ce « qui sait ? » qui a fait rêver Guillaume Orgel. Avec une immense délicatesse et une modestie absolue, il a relevé un à un les acteurs évanouis qu'Alain-Fournier avait laissée derrière lui et […] il les a réveillés de leur sommeil », Bulletin des amis de Jacques Rivière et Alain-Fournier, vol. 14, no 46, Association des amis de Jacques Rivière et Alain-Fournier, 1988 lire sur Google Livres
  5. [vidéo] « Rudolf Escher: Hymne du grand Meaulnes (1950/1951) » sur YouTube : Orchestre Philharmonique Rotterdam/Jeffrey Tate, téléversé le 7 avril 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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