Théophile Alajouanine

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Théophile Alajouanine
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Naissance
Verneix (France)
Décès (à 89 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Champs neurologie

Théophile Alajouanine, né le à Verneix dans l'Allier et mort le à Paris, est un neurologue et écrivain français.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Théophile Alajouanine fait ses études secondaires au collège des Maristes de Moulins et ses études médicales à Paris. Il est Interne des hôpitaux en 1913 et son internat, interrompu par la Première Guerre mondiale, durera 6 ans. C'est sous l'influence de maîtres comme Achille Souques et surtout Charles Foix qu'il s'oriente vers la neurologie. Il reçoit aussi une solide formation en psychiatrie, notamment avec Philippe Chaslin. Il sera ensuite successivement chef de clinique des maladies nerveuses (en 1923), médecin des hôpitaux (en 1926) et professeur agrégé de neurologie dans le service du professeur Georges Guillain, poste qu'il conserve jusqu'en 1936. En 1947, il succède à Georges Guillain à la chaire de clinique des maladies du système nerveux de la Salpêtrière (dont le premier titulaire avait été Charcot). Il conservera ce poste jusqu'en 1960. Élu membre de l'Académie de médecine en 1951, il était également grand officier de la Légion d'honneur et Docteur Honoris causa de plusieurs universités[1].

Le professeur Alajouanine a consacré toute sa jeunesse à l'étude des problèmes de neuropathologie et individualisé des syndromes qui portent son nom. Il a publié plusieurs centaines d'articles dans la Revue neurologique. Il a contribué à l'essor de la neuropsychologie en s'intéressant à la sémiologie, aux mécanismes et à la rééducation des aphasies. Autour de lui se constitua dans les années 1950 un groupe de cliniciens dont les travaux se révélèrent particulièrement féconds et que l'on désigne sous le nom d'école sémiologique de la Salpêtrière.

Il a également été le directeur de la première présentation de malades par Jacques Lacan à la Société neurologique de Paris en 1926[2].

Théophile Alajouanine avait une double activité de neurologue et d'écrivain. Son livre sur Valery Larbaud, qu'il a soigné pendant vingt-deux ans, son amitié avec Paul Valéry et de nombreux poètes en témoignent. Il fit l'analyse sémiologique de la maladie neurologique dont souffrit Maurice Ravel à la fin de sa vie. Son ouvrage l'Aphasie et le langage pathologique a été couronné par l'Académie française en 1970.

Quant à ses opinions politiques, il était un royaliste d'Action française. il aurait dû être l'un des orateurs d'un meeting en mai 1936, interdit par les autorités[3]. Il a loué publiquement Charles Maurras lors du meeting organisé en 1937 à l'occasion de la sortie de prison du maître du "nationalisme intégral"[4] et encore à une réunion des étudiants d'Action française, qu'il préside, en 1938[5]. Il a participé aux banquets médicaux annuels d'Action française - il a présidé celui de 1933[6]- et à ceux du Cercle Fustel de Coulanges[7]. Dans son discours de 1933, il déclare: « Parvenu maintenant aux situations officielles de notre profession, je n'ai en rien modifié l'expression de mes convictions politiques, estimant au contraire qu'il fallait d'autant plus les affirmer que leur proclamation risquerait d'être plus surprenante pour les uns, choquante pour les autres (...): la fidélité à un idéal politique (...) ne ( peut ) étonner que les lâches et les indécis ». Ses convictions se caractérisent par son hostilité à l'égard de l'« étatisme républicain », du « fonctionnarisme outrancier et monstrueux » qui menacerait sa profession, de la crainte d'une « fonctionnarisation totale des médecins », par son admiration pour Maurras, pour sa méthode qu'il compare à celle des médecins, par sa haine « d'un mal terrible: le mal démocratique », du « principe funeste de l'égalité », du « lamentable et stupide suffrage universel » qui lui fait préférer la monarchie[8].

On le trouve encore au banquet médical d'Action française en 1963 qui renoue avec la tradition des banquets interrompue depuis 1939[9].

Éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Nécrologie de Théophile Alajouanine » Le Monde, .
  • L'œuvre d'Alajouanine. Jean Métellus. Inauguration du Centre Hospitalier Côte des Neiges, Montréal, avril 1982.
  • Jean Métellus, Le parcours d'Alajouanine, La nouvelle revue française, 1978, 305
  • « Vie de Théophile Alajouanine, Neurologue 1890-1980 » Encyclopaedia Universalis. 1981. p. 521.
  • Boudin G, Nick J. « Théophile Alajouanine (1890-1980) » Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, 1982 mars;166(3):313-23.
  • (en) Lhermitte F, Lecours AR, Signoret JL. « Théophile Alajouanine (1890-1980) » Brain and Language, 1981 mai;13(1):191-6.
  • (en) Boller, François, « Modern neuropsychology in France: Théophile Alajouanine (1890-1980) » Cortex, 2006 Jan;42(1):3-4.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rohmer F. « Théophile Alajouanine (1890-1980) » Rev Neurol (Paris) 1980;136:885-91.
  2. Élisabeth Roudinesco, Jacques Lacan : Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque »,‎ (1re éd. 1993) (ISBN 9782253088516), p. 1531
  3. L'Action française, 17 mai 1936
  4. L'Action française, 9 juillet 1937
  5. L'Action française, 25 février 1938, "La réunion de la Mutualité", L'Etudiant français,10 mars 1938, "Les leçons d'une réunion"
  6. Dès le premier en 1927: L'Action française, 24 mai 1927, "Le banquet des médecins d'Action française", L'Action française, 11 juin 1931, L'Action française, 16 juin 1932, L'Action française, 18 juin 1933, L'Action française, 8 juin 1934, L'Action française, 8 mai 1935, L'Action française, 17 mai 1935,L'Action française, 20 mars 1939, L'Etudiant français, mars 1939.
  7. Le Matin, 25 juin 1933, "Au cercle Fustel de Coulanges", L'Action française, 15 juin 1934, "Le banquet Fustel de Coulanges", Journal des débats, 25 juin 1935, "Le banquet du cercle Fustel de Coulanges", L'Action française, 29 mai 1937, "Le banquet du Cercle Fustel de Coulanges", Journal des débats, 18 juin 1938, "Le banquet du Cercle Fustel de Coulanges", Journal des débats, 27 mai 1939, "Le banquet du Cercle Fustel de Coulanges" ( il y prit la parole pour faire l'éloge du Cercle)
  8. L'Action française, 19 juin 1933 ( discours d'Alajouanine )
  9. Aspects de la France, 13 juin 1963, n° 770