Thollet

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Thollet
Image illustrative de l'article Thollet
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Département Vienne
Arrondissement Montmorillon
Canton Montmorillon
Intercommunalité Communauté de communes du Montmorillonnais
Maire
Mandat
Joël Fruchon
2014-2020
Code postal 86290
Code commune 86270
Démographie
Population
municipale
162 hab. (2013)
Densité 5,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 25′ 18″ N 1° 07′ 28″ E / 46.4216666667, 1.1244444444446° 25′ 18″ Nord 1° 07′ 28″ Est / 46.4216666667, 1.12444444444
Altitude Min. 105 m – Max. 195 m
Superficie 29,92 km2
Localisation

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Thollet est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne (région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes).

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La région de Thollet présente un paysage de bocages et de vallées.

Le paysage de bocage dans le département de la Vienne se caractérise par des champs cultivés ou des prés enclos par des haies avec des alignements plus ou moins continus d'arbres et arbustes . Ces haies si caractéristiques contribuent à une meilleure qualité des eaux, permettent son infiltration et protègent ainsi contre l'érosion des sols. Elles constituent des zones de refuge pour la biodiversité. Elles ont, aussi, un rôle de régulation climatique et de nombreux intérêts agronomiques (brise vent, protection du bétail...). Toutefois, avec la modification des pratiques agricoles (intensification et simplification des cultures, utilisation massive d'herbicides, mécanisation) et les remembrements fonciers à partir des années 50, elles ont laissé la place à un espace plus ouvert et sont menacées de nos jours. Ainsi, au niveau de la région Poitou-Charentes, ce sont plusieurs milliers de kilomètres de haies et d'arbres isolés qui ont disparu. On estime que 35 000 km de haies ont été supprimées depuis les années 1960, soit 36 % de perte en moyenne [1]

Le terroir se compose[2] :

  • de vallées étroites et encaissées ainsi que de terrasses alluviales pour 8 % ;
  • de terres de brandes pour 59 % et de sols limoneux sur altérite pour 24 % sur les plateaux du Seuil du Poitou ;
  • de sols sur diorites pour 9 % sur les collines et les plateaux des massifs anciens.

La lande est, ici, de type atlantique: elle est souvent dominée par la Bruyère arborescente et l’Ajonc d’Europe qui constituent un couvert difficilement pénétrable pouvant atteindre 3 m de hauteur. Dans ce cas, la lande prend le nom régional de « brandes ». C’est un espace issu de la dégradation et de l’exploitation intensive de la forêt originelle. La lande couvrait jusqu’à la fin du XIXe siècle plusieurs dizaines de milliers d’hectares (90 000 hectares pour le département de la Vienne vers 1877). Cette terre a été largement mise en culture à la suite de défrichements ou boisée avec du pin maritime. Il s’agit maintenant d’espaces marginaux et menacés car considérés comme « improductifs ». Pourtant, la lande joue un rôle majeur pour une biodiversité qui s’est adaptée et a survécu en leur sein et il s’agit également d’un espace refuge pour de nombreuses espèces de mammifères.

En 2006, 97 % de la superficie de la commune était occupée par l'agriculture et 3 % par des forêts et des milieux semi-naturels[3].

La forêt privée représente, en 2007, 194 hectares soit 6 % du territoire communal[4]. Les espaces boisés (la moyenne sur la région Poitou-Charentes est de 15  %, et 29,2  % pour la France) sur le territoire communal contribuent à assurer des fonctions de production (bois d’œuvre mais aussi bois énergie), de protection (espèces, qualité des eaux) et sociales (accueil du public). Les forêts les plus anciennes ou implantées dans des conditions écologiques particulières (pentes, bords de cours d'eau,...) abritent en général la biodiversité la plus forte. Mais, au cours de l’histoire, pour répondre aux besoins d'une population rurale importante, la forêt poitevine a été intensément défrichée et sur-exploitée jusqu’à la révolution industrielle. Environ la moitié des forêts actuelles du Poitou n'existait pas il y a 200 ans[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par 20 km de cours d'eau dont les principaux sont la rivière Benaize sur une longueur de 9 km et l'Asse sur une longueur de 2 km. Comme pour l'ensemble de la région Poitou-Charentes, la commune a vu la qualité de son eau se dégrader ces dernières années. Au déficit récurrent s'ajoute une pollution engendrée par les diverses activités humaines, notamment agricoles. Ainsi, la commune se situe en Zone de Répartition des Eaux, où l'on observe une insuffisance chronique des ressources en eau par rapport aux besoins. Par ailleurs, elle est concernée par le classement en Zones sensibles, où une élimination plus poussée des paramètres azote et/ou phosphore présents dans les eaux usées est nécessaire pour lutter contre les phénomènes d’ eutrophisation[3].

84 mares ont été répertoriées sur l’ensemble du territoire communal (30 000 recensées dans la région de Poitou-Charentes). Les mares de Poitou-Charentes ont été créées par l'homme, notamment pour répondre aux besoins en eau des habitants (mares communautaires), du cheptel ou à la suite d'activités extractives (argile, marne, pierres meulières). Très riches au niveau botanique, elles jouent un rôle majeur pour les batraciens (tritons, grenouilles), les reptiles (couleuvres) et les Libellules. Elles sont un élément symbolique du patrimoine rural et du maintien de la biodiversité en zone de plaine et de bocage[6].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est océanique avec des étés tempérés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[7]
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Yves Radet    
mars 2008   Joël Fruchon    

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 162 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
535 430 497 506 595 789 781 840 870
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
841 872 841 867 860 867 884 845 841
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
795 780 746 642 611 606 586 538 496
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
427 387 338 283 231 173 172 175 168
2013 - - - - - - - -
162 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 2008, selon l’Insee, la densité de population de la commune était de 6 hab./km2, contre 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.

La diminution de la population de la commune s’intègre dans une évolution générale à l’ensemble des communes rurales du département de la Vienne. Les zones rurales perdent de leurs habitants au profit d’une vaste région circonscrite autour des deux grandes métropoles du département : Poitiers et Châtellerault, et plus particulièrement au profit des cantons limitrophes de la préfecture.

Cette chute démographique s’inscrit dans un vieillissement des populations du sud-est du département. C’est aussi une problématique qui s’inscrit dans une région plus vaste qui impacte les départements voisins : ainsi, si la part des + 60 ans dans le département de la Vienne atteint 23,2 %, il est de 32,7 % dans le département de la Creuse, 29 % dans le département de l'Indre et 26,3 % pour le département de la Charente[10].

Économie[modifier | modifier le code]

Selon la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Poitou-Charentes[11], il n'y a plus que 14 exploitations agricoles en 2010 contre 18 en 2000. Cette baisse du nombre d’exploitations agricoles sur le territoire de la commune s’inscrit dans une évolution globale qui touche l’ensemble du département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, 660 exploitations ont disparu soit -16 %. Pour l’avenir, une inquiétude demeure quant à la pérennité et à la transmission de ces exploitations agricoles du fait du vieillissement la population agricole. En outre, c’est la tranche des moins de 40 ans qui est concernée par la baisse des effectifs. Ce phénomène concerne également dans une moindre mesure, la tranche des 40 à 49 ans. Ceci illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes agriculteurs pour s’installer et faire perdurer leur exploitations[12].

Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de 2 350 hectares en 2000 à 2 031 hectares en 2010. 26 % sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi orges et maïs), 4 % pour les oléagineux (colza et navette), 33 % pour le fourrage et 31 % reste en herbes[11].

6 exploitations en 2010 (contre 9 en 2000) abritent un élevage de bovins (1 125 têtes en 2010 contre 1 073 têtes)[11]. C’est un des troupeaux de bovins les plus importants de la Vienne qui rassemblent 48 000 têtes en 2011[13].

8 exploitations en 2010 (contre 17 en 2000) abritent un élevage d'ovins (4 407 têtes en 2010 contre 7 442 têtes en 2000)[11]. Cette évolution est conforme à la tendance globale du département de la Vienne. En effet, le troupeau d’ovins, exclusivement destiné à la production de viande, a diminué de 43,7 % de 1990 à 2007[13]. En 2011, le nombre de têtes dans le département de la Vienne était de 214 300[14].

Un petit élevage de volailles s'est développé au cours de cette décennie (33 têtes réparties sur 4 fermes)[11].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame est inscrite comme Monument Historique depuis 1993 pour sa charpente.La nef et le chœur sont romans. le chevet, comme souvent pour les églises de campagne, est plat. Le clocher octogonal a été construit à une période plus tardive. Il présente la particularité de pencher vers l'ouest. Ce défaut qui empêchait les cloches de sonner, est dû à des erreurs commises lors de la construction de la charpente. Sur le glacis d'un contrefort du mur sud de la nef, il est possible de découvrir un cadran solaire qui daterait du Moyen Âge. Les peintures sont de la même époque.
  • Le sanctuaire et la villa de la Chasseigne : la villa est située à proximité d'un fanum, c'est-à-dire d'un temple caractéristique de la Gaule. Ce sanctuaire est constitué d'une cella ou chambre consacrée au sacré, de forme carrée, inscrite dans une galerie concentrique. Ce site a été révélé par des photographies aériennes.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La commune abrite deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) [15] suivantes:

  • Le Vallon du Gue Vernais,
  • La Vallée du Corchon.

La ruisseau du Corchon bénéficie des protections issues d'engagements internationaux relevant de la directive habitats-faune-flore[16].

Le Vallon du Gué Vernais[modifier | modifier le code]

Le vallon est situé dans l’extrême sud-est du département de la Vienne, aux confins des collines granitiques du Limousin tout proche. L’intérêt biologique du site qui a justifié sont classement et sa protection réside dans l’existence d’une espèce végétale montagnarde dont la présence ici, à une altitude de 160 mètres seulement, présente un intérêt biogéographique considérable : le Géranium des bois. Sur le site, le géranium est assez abondant de part et d’autre de la route et sa population dépasse la centaine de pieds. Sa localisation en bordure de chaussée l’expose toutefois aux fauches pratiquées par les services d’entretien, la fauche de printemps (courant mai) apparaissant comme particulièrement défavorable à l’espèce qui n’a alors plus la possibilité de produire des fleurs et des graines. Le géranium sur son site est accompagné par une flore banale mêlant des espèces de lisières forestières calcifuges comme la Flouve odorante ou la Fougère-aigle à des plantes de friches anthropiques telles que l’Ortie dioïque.

La vallée du Corchon[modifier | modifier le code]

La vallée du Corchon est un site classé zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) . Il comprend l’ensemble du réseau hydrographique du Corchon qui est un petit affluent de la Benaize. Il s’agit d’une petite rivière de région bocagère, aux eaux d’excellente qualité, à fond de sédiments fins (sables et limons), alimentée par de nombreux petits ruisseaux qui prennent leur source au sein des prairies et des landes couvrant les coteaux riverains.

L’intérêt biologique du site qui justifie son classement et sa protection réside dans la présence importante de la Lamproie de Planer qui est un poisson menacé de disparition dans toute l’Europe. La Lamproie de Planer exige des eaux de très bonne qualité et des sédiments à granulométrie moyenne à grossière pour vivre et se reproduire. De nos jours, les principales menaces sur cet environnement fragile sont : un ralentissement anormal du courant qui modifierait le tri mécanique des sédiments, ou une pollution chimique (toxiques, métaux lourds) ou organique (eutrophisation par surcharge des eaux en nutriments provoquant une pullulation d’algues et une réduction de l’oxygène dissous). La création d’étangs destinés à la pêche le long du cours du Corchon constitue un risque important du aux vidanges des étangs qui pourraient transférer des maladies aux lamproies, qui réchaufferait l’eau de la rivière et qui pourrait introduire des espèces piscicoles exotiques. De même, la transformation des prairies naturelles du bassin versant en cultures céréalières intensives pourrait avoir d’importantes répercussions sur la balance trophique et sédimentaire des eaux (apport d’engrais et de produits phytosanitaires), voire, en cas d’irrigation, sur les débits en période d’étiage.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles de Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Etude 'Evolution du linéaire de haies en Poitou-Charentes', IAAT 2006 – 2008
  2. Chambre Régionale d'agriculture de Poitou-Charente - 2007
  3. a et b Observatoire Régional de l'Environnement de Poitou-Charente
  4. Centre Régional de la Propriété Forestière de Poitou-Charente - 2007
  5. IFEN-BD CORINE Land Cover® 2006, toutes couches « Forêt », hors espace vert artificialisé non agricole
  6. Mares répertoriées par maille, d’après cartes IGN, dans l’Inventaire des mares de Poitou-Charentes - Poitou-Charentes Nature 2003
  7. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011, 2013.
  10. Etude de KPMG pour le Conseil Général de la Vienne : FuturS en Vienne – diagnostic – novembre 2009
  11. a, b, c, d et e Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  12. Agreste – Enquête Structure 2007
  13. a et b Agreste – Bulletin n°12 de Mai 2013
  14. Panorama de l’Agriculture en Vienne – Juin 2012 – Chambre d’Agriculture de la Vienne
  15. Secrétariat scientifique de l'inventaire des ZNIEFF, DREAL Poitou-Charentes , 2011
  16. DREAL Poitou-Charentes / MNHN, 2013