Rue des Bourdonnais

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1er arrt
Rue des Bourdonnais
Image illustrative de l’article Rue des Bourdonnais
Rue des Bourdonnais vue du carrefour avec la rue Boucher.
Situation
Arrondissement 1er
Quartier Halles
Saint-Germain-l'Auxerrois
Début 20, quai de la Mégisserie
Fin 21, rue des Halles et 33, rue Saint-Honoré
Morphologie
Longueur 311 m
Largeur Minimum : 3,50 m
Historique
Dénomination 3 avril 1852
Ancien nom Rue de l'Archet
rue de l'abreuvoir Thibaut-aux-Dés
rue des Jardins
ruelle-Jean-de-la-Poterne
ruelle des Étuves-aux-Femmes
rue de l'Abreuvoir-Marion
rue de l'Arche-Marion
rue Thibautodé
vicus Theobaldi ad Decios
vicus Theobaldi ad Tados
rue Thybault-aux-Dez
rue Thibaut a Dez
rue Thibaut-aux-Dés
rue Thibaud-Ausdet
rue Thibault-Oudet
rue Thiébaud-Audet
rue Thibautodé
rue des Bourdonnais
rue à Bourdonnas
rue Adam-Bourdon
rue Guillaume-Bourdon
rue Sire-Guillaume-Bourdon
rue Lenoir-Saint-Honoré
passage de l'Échaudé
Géocodification
Ville de Paris 1201
DGI 1193

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue des Bourdonnais
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La rue des Bourdonnais est une voie du 1er arrondissement de Paris, en France.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Les rues de l'Archet, Thibautodé, des Boudonnais et Lenoir-Saint-Honoré en 1793-1795 avec, en superposition, le tracé des rues actuelles.

La rue des Bourdonnais est issue de la réunion au milieu du XIXe siècle des rues de l'Archet, Thibautodé, des Bourdonnais et Lenoir-Saint-Honoré[1].

Rue de l'Archet[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Son nom lui vient du fait qu'un pont constitué d'une arche enjambait cette rue qui descendait vers la Seine[1].

Situation[modifier | modifier le code]

En 1817, la « rue de l'Arche-Marion » commençait aux 66-68, quai de la Mégisserie et se terminait aux 77-79, rue Saint-Germain-l'Auxerrois et était située dans l'ancien 4e arrondissement de Paris, quartier du Louvre[2].

Les numéros de la rue étaient noirs[3]. Le dernier numéro impair était le no 3 et le dernier numéro pair était le no 4.

Historique[modifier | modifier le code]

Entre la Seine et la rue Saint-Germain-l'Auxerrois se trouve vers 1300 la « rue de l'abreuvoir Thibaut-aux-Dés[4] », du nom de la rue la prolongeant[1].

La désignation de cette rue change fréquemment au fil des années. En 1398, elle est nommée « rue des Jardins » avant de prendre des noms liés à la présence de bains (étuves) dans cette rue[1].

Elle devient au XVe siècle la « ruelle Jean-de-la-Poterne », du nom d'un de ses habitants qui y possédait des bains ; en 1530, elle est désignée « ruelle des Étuves-aux-femmes » ; en 1565, son nom est « rue de l'Arche-Marion », une dite Marion étant tenancière des bains publics vers 1500[1].

La rue finit par prendre le nom de « rue de l'Archet », le quai de la Mégisserie enjambant la rue de l'Archet qui descendait vers la Seine par un pont constitué d'une arche[1].

Rue Thibault-aux-Dez[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer le nom de cette rue. Elle pourrait tenir son nom du propriétaire de plusieurs maisons de cette rue au XIIIe siècle, un certain Thibaut Odet. Son nom pourrait également venir d'un joueur surnommé Thibaut-aux-Dès. Toutefois, Jean de Marlès[5], l'abbé Lebeuf et Jacques Hillairet pensent que le nom d'Odet, qui était celui d'une famille considérable, fut celui de Thibaut Odet, trésorier d'Auxerre sous Louis IX au XIIIe siècle.

Situation[modifier | modifier le code]

En 1817, la rue Thibault-aux-Dez commençait aux 76-78, rue Saint-Germain-l'Auxerrois, se terminait rue Boucher et aux 25-34, rue Bertin-Poirée et était située dans l'ancien 4e arrondissement de Paris, quartier du Louvre[6].

Les numéros de la rue étaient noirs[3]. Le dernier numéro impair était le no 21 et le dernier numéro pair était le no 20.

Historique[modifier | modifier le code]

Au nord de la rue de l'Archet se trouve la rue Thibautodé, se terminant au niveau de l'actuelle rue de Rivoli. Le poète Guillaume Colletet, le peintre Jean-Baptiste Greuze et le chimiste Claude Louis Berthollet habitèrent dans cette rue[1].

La rue Thibautodé existait déjà en 1230 sous les formes latines de vicus Theobaldi ad Decios ou vicus Theobaldi ad Tados et sous la forme romane, ou française de « rue Thybault-aux-Dez » ou « Thibaut-aux-Dés ». Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous la forme « rue Thibaut a Dez », puis au XVe siècle, elle est désignée « rue Thibaud-Ausdet », « Thibault-Oudet » ou encore « Thiébaud-Audet ». Au XVIIe siècle, cette rue a pris le nom de « rue Thibautodé », forme qu'elle garda jusqu'en 1852 lorsqu'elle fut intégrée à la rue des Bourdonnais.

Rue des Bourdonnais[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Cette voie doit son nom à Adam et Guillaume Bourdon, bourgeois de Paris ayant exercé des fonctions municipales au XIIe siècle.

Situation[modifier | modifier le code]

En 1817, la rue des Bourdonnais commençait au 2, rue Béthisy et au 24, rue Bertin-Poirée, se terminait aux 31-33, rue Saint-Honoré et était située dans l'ancien 4e arrondissement de Paris, quartier Saint-Honoré[7].

Les numéros de la rue étaient noirs[3]. Le dernier numéro impair était le no 25 et le dernier numéro pair était le no 16.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette voie est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous la forme « rue à Bourdonnas ».

Initialement « rue à Bourdonnas », puis « rue Adam-Bourdon », « rue Guillaume-Bourdon » ou « rue Sire-Guillaume-Bourdon » du nom de deux frères fonctionnaires municipaux, des notables bourgeois, à la fin du XIIIe siècle, la rue devient la « rue des Bourdonnais » au début du XIVe siècle en référence à ces deux frères. Elle commence au niveau de l'actuelle rue de Rivoli et se termine rue Saint-Honoré[1].

Au XVIIe siècle, la rue des Bourdonnais est le lieu de commerces de draps, de tissus d'ameublement et de soieries[1].

Hôtel construit par Pierre Legendre ou maison de La Couronne d'Or, 31, rue des Bourdonnais (gravure de la France historique et monumentale de Jean-Abel Hugo, 1836), faussement identifié comme hôtel de La Trémoille au moment de sa destruction en 1841 et jusqu'en 1966.

Au no 31 se trouvait un autre bâtiment notable, un hôtel[8] dont l'édification fut commanditée par Pierre le Gendre, trésorier des guerres et trésorier du roi. Propriété de la famille du président Roze au 16e et XVIIe siècle, l'hôtel avec pour enseigne La Couronne d'Or est ensuite occupé par des commerçants d'étoffes. Parmi ceux-ci, il faut probablement compter les marchands d'étoffes de soie, d'or et d'argent, Gaultier (Barthélémy [-1678] puis son fils François [-1688]), dont parle La Bruyère dans ses Caractères et madame de Sévigné[9]. Il a ensuite été habité par le chimiste Antoine-François Fourcroy. Cet hôtel de style Renaissance à la décoration remarquable a été détruit en 1841[1] ; seuls Viollet-le-Duc et quelques personnalités protestèrent sans succès contre la destruction de ce prestigieux hôtel particulier[10]. Des vestiges en sont conservés à l'École des beaux-arts.

Dans le même îlot, au coin de la rue Béthizy, se trouvait l'hôtel de la Trémoille. Il est acheté par Guy de Trémoïlle en 1388 puis est reconstruit par Louis II de La Trémoille qui y habite de 1489 à 1499 ; Antoine du Bourg y réside de 1535 à 1538. L'hôtel de La Trémoille est racheté par la famille Bellièvre dont il prend le nom de 1600 à 1675[1].

On y a aussi trouvé, de 1363 à 1373 l'hôtel des Cranaux ou des Crémaux et qui fut habité en 1370 par Philippe d'Orléans[1]

Rue Lenoir-Saint-Honoré[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

La rue emprunte son nom à Jean Charles Pierre Lenoir, un lieutenant de police de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

En 1817, la rue Lenoir-Saint-Honoré commençait aux 14-16, rue Saint-Honoré no 2[Quoi ?], se terminait aux 11-13, rue de la Poterie et était située dans l'ancien 4e arrondissement de Paris, quartier des Marchés[11].

Les numéros de la rue étaient noirs[3]. Le dernier numéro impair était le no 3 et le dernier numéro pair était le no 4.

Historique[modifier | modifier le code]

La rue Lenoir-Saint-Honoré a été ouverte en 1787, dans le prolongement de la rue des Bourdonnais au nord de la rue Saint-Honoré. Elle succéda à un passage entre les rues au Lard et de la Poterie, le « passage de l'Échaudé[12] ». Elle a été intégrée à la rue des Bourdonnais en 1851[12] qui atteint alors les pavillons des Halles[1]. La rue des Bourdonnais a par la suite été amputée de cette partie située au nord de la rue Saint-Honoré lors de la construction du Forum des Halles.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative au siège de l'association Emmaüs, 32, rue des Bourdonnais à Paris.
  • Louis II de La Trémoille, vainqueur à Fornoue et Agnadel demeurait rue des Bourdonnais.
  • Vers la fin du XVIe siècle, les ducs de Villeroy avaient leur hôtel dans cette rue, au no 34.
  • Au no 32 se trouve le siège de l'association Emmaüs, qui gère plus de 20 centres d'accueils à Paris et en banlieue parisienne, et emploie plus de 400 travailleurs sociaux. Le 22 janvier 2008, à l'occasion de la commémoration du premier anniversaire de la mort de l'abbé Pierre, une plaque commémorative est apposée à la façade de l'immeuble, siège de l'association Emmaüs et cœur historique du mouvement Emmaüs, par un SDF et un compagnon d'Emmaüs, en présence de Bertrand Delanoë, maire de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l et m Maurice Baurit et Jacques Hillairet, Saint-Germain-l'Auxerrois, Paris, Les Éditions de Minuit, 1955, p. 176 à 180.
  2. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 14e quartier « Louvre », îlot no 21, F/31/80/41, îlot no 22, F/31/80/42.
  3. a b c et d Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris.
  4. Ou « Thibaut-aux-Dez » selon le Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris de Jean de La Tynna, p. 17.
  5. Paris ancien et moderne, ou, Histoire de France divisée en douze périodes appliquées aux douze arrondissements de Paris, vol. 3, p. 48.
  6. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 14e quartier « Louvre », îlot no 7, F/31/80/27, îlot no 8, F/31/80/28.
  7. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 13e quartier « Saint-Honoré », îlot no 1, F/31/79/24, îlot no 4, F/31/79/27, îlot no 5, F/31/79/28, îlot no 6, F/31/79/29.
  8. Les vestiges de l'hôtel Le Gendre et le véritable hôtel de la Trémoïlle, par un groupe de recherche de l'Université de Paris sous la direction d'André Chastel, article sur Persée.
  9. Inventaire après décès de Barthélémy Gaultier du 23 août 1678 chez Pierre Parque MC/ET/LXXXVI/425 ; Inventaire après décès de François Gaultier 24 janvier 1688 MC/ET/LXXXVI/448.
  10. Roch de Coligny, expert.
  11. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 15e quartier « Marchés », îlot no 8, F/31/79/09, îlot no 9, F/31/79/10.
  12. a et b Maurice Baurit et Jacques Hillairet, Saint-Germain-l'Auxerrois, Paris, Les Éditions de Minuit, 1955, p. 246.