Roland Gaucher

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gaucher (homonymie).
Roland Gaucher
Image illustrative de l'article Roland Gaucher
Fonctions
Conseiller régional de Franche-Comté
Député européen

(3 ans, 3 mois et 8 jours)
Législature 2e
Groupe politique GDE
Prédécesseur Dominique Chaboche
Conseiller régional de Picardie
Biographie
Nom de naissance Roland Goguillot
Date de naissance
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique Fédération des étudiants révolutionnaires
Parti socialiste ouvrier et paysan
Rassemblement national populaire
Parti des forces nouvelles
Front national
Profession Journaliste
Écrivain

Roland Gaucher, né Goguillot le à Paris et mort le , est un homme politique, journaliste et écrivain français, engagé à l'extrême droite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roland Gaucher commence sa carrière à l'extrême gauche : il est successivement membre du groupuscule trotskyste Fédération des étudiants révolutionnaires, aux Jeunesses socialistes ouvrières (où il croise Robert Hersant et Alexandre Hébert[1]), puis du Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert.

Après avoir été en khâgne à Henri-IV, où il a pour condisciples Yves Jouffa et Jean-Louis Bory, il est mobilisé au 27e régiment d’infanterie en 1939. Fait prisonnier à Rennes en 1940, il s’évade du convoi qui l’emmenait en Allemagne.

Il retrouve la vie civile et devient, de février 1942 à 1944, responsable des Jeunesses nationales populaires, mouvement de jeunesse du Rassemblement national populaire, parti collaborationniste fondé par Marcel Déat. Le 22 avril 1944, il demande au gouvernement de Vichy de « dresser des listes d'otages et des poteaux d'exécution » à un rythme plus soutenu. Il est condamné fin 1944 et libéré en 1949[2].

Il est ensuite journaliste dans de nombreuses publications comme Est Ouest (de 1949 à 1959) ou l’Auto-Journal (de 1960 à 1965), puis au journal Minute (à partir de 1965), en qualité de grand reporter. Journaliste d'investigation, il se spécialise dans la dénonciation des organisations communistes, et travaille en particulier à l'Institut d’histoire sociale de Georges Albertini.

En octobre 1972, il est l'un des fondateurs du Front national. Il participe ensuite à la scission de celui-ci, qui conduit à la création du Parti des forces nouvelles (PFN) en 1974, où il collabore à la revue Initiative nationale. Il est membre du comité central constitutif du PFN en 1974, puis du bureau politique en 1976 mais le quitte en compagnie de François Brigneau en 1979 pour revenir au FN[3].

En 1984, il fonde avec Michel Collinot National-Hebdo, l'hebdomadaire du Front national, dont il est le rédacteur en chef jusqu'en 1993. En 1991, il rachète avec Jean-François Galvaire le journal Le Crapouillot, qu'il dirige jusqu'en 1994.

Il est conseiller régional (Picardie, 1986-1987 puis Franche-Comté 1992- 1998 ?), et député européen FN ( - [4]). Il est également tête de liste FN dans le XIXe arrondissement de Paris en 1983 et en 1989. En 1988, il assigne en diffamation André Lajoinie, alors candidat du Parti communiste français, qui avait déclaré : « Je pourrais signaler le cas de M. Gaucher, député du groupe Le Pen, qui, avant la Libération, était un responsable du groupe du parti de Déat et qui appelait les jeunes Français à s'enrôler sous l'uniforme allemand pour aller combattre les Soviétiques. » Roland Gaucher fait valoir qu'il a adhéré au RNP en février 1942, alors que les appels de Déat en faveur de l'enrôlement de Français sous l'uniforme allemand datent de 1941. Le 2 juin 1988, la première chambre civile du tribunal de Paris déboute Roland Gaucher de ses demandes, accordant à André Lajoinie le bénéfice de la bonne foi : « M. André Lajoinie a pu raisonnablement et sincèrement être convaincu et donc révéler au public que M. Roland Gaucher avait, en raison de ses engagements au JNP puis au RNP […], adopté la doctrine et les objectifs de Marcel Déat et mis ceux-ci en œuvre. Il s'en déduit que le défendeur pouvait de bonne foi s'interroger sur un tel comportement dans le cadre d'un débat politique dans la perspective d'une campagne électorale[5]. »

Favorable à ce que le FN se préoccupe sérieusement des questions écologiques, il estime notamment que « Les problèmes de l'écologie sont des problèmes graves qui engagent l'humanité »[6].

En 1993, il se met en retrait du FN à la fois en raison des révélations sur son passé, qui le rendent peu fréquentable, et de son agacement face à l'autocratie de Jean-Marie Le Pen, qu'il dénonce violemment dans La montée du FN (1997). Il se rapproche par la suite de l'Alliance populaire de Jean-François Touzé.

En 1997, dans la conclusion de son Histoire des nationalistes en France, il évoque le projet de création d'un pôle de droite « national, libéral et moral » comme une nécessité pour permettre à l'extrême droite d'accéder au pouvoir. Lors de ses dernières années, il est chroniqueur au site Vox NR[7].

Il meurt le à l'âge de 88 ans. Ses obsèques ont lieu le mercredi 8 août en l’église Notre-Dame de la Croix à Maisons-Laffitte (Yvelines).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Opposition en URSS 1917-1967, Albin Michel, 1967.
  • Histoire secrète du Parti communiste français, Paris, A. Michel, (ISBN 9782226001030)
  • Les Terroristes, Famot, 1976. (traduit en 5 langues)
  • Monseigneur Lefebvre, combat pour l'Église, Paris, Éditions Albatros, 1976.
  • Les finances de l'Église de France, Paris, A. Michel, (ISBN 2226011749)
  • Le réseau Curiel, ou, La subversion humanitaire, Paris, J. Picollec, (ISBN 2864770180)
  • Les nationalistes en France : La Traversée du désert (1945-1983), t. 1, Maisons-Laffitte, R. Gaucher, (ISBN 9782950904300)
  • Les Nationalistes en France : La montée du Front, 1983-1997, t. 2, Paris, J. Picollec, (ISBN 9782864771647).
  • Les manipulateurs de la culture, Paris, Déterna, (ISBN 9782913044104)
  • Roland Gaucher et Philippe Randa, Les "Antisémites" de gauche, Paris, Dualpha, (ISBN 9782912476456)
  • Roland Gaucher et Philippe Randa, Des rescapés de l'épuration : Marcel Déat et Georges Albertini, Coulommiers, Dualpha éd, (ISBN 9782353740338)
  • Histoire secrète de la Mafia, Genève, Éditions Famot, (4 tomes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le FN perd son cofondateur, Roland Gaucher », Libération, .
  2. « Roland Gaucher — L'un des fondateurs du Front national », Le Monde, 2 août 2007.
  3. Annuaire de l'extrême droite en France.
  4. « Roland Gaucher », sur la base de données des députés au Parlement européen.
  5. « Au tribunal de Paris Roland Gaucher débouté dans son procès en diffamation contre M. André Lajoinie », Le Monde, 4 juin 1988.
  6. Entretien sur Radio Courtoisie le 15 mars 1989.
  7. Christian Bouchet, « Adieu Roland », Vox NR, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]