Portrait de la jeune fille en feu

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Portrait de la jeune fille en feu
Réalisation Céline Sciamma
Scénario Céline Sciamma
Acteurs principaux
Sociétés de production Lilies Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame romantique
Durée 120 minutes
Sortie 2019


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Portrait de la jeune fille en feu est un drame romantique français écrit et réalisé par Céline Sciamma, sorti en 2019. Il s'agit du quatrième long-métrage et du premier film en costumes de la cinéaste.

Il obtient le prix du scénario et la Queer Palm au Festival de Cannes 2019, le César de la meilleure photographie aux César 2020, et de nombreuses autres récompenses.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, Marianne, une artiste peintre, dirige une leçon de peinture. L'une de ses étudiantes l'interroge sur l'un de ses tableaux intitulé Portrait de la jeune fille en feu.

Des années auparavant, Marianne arrive sur une île bretonne. Une comtesse lui a commandé un portrait de sa fille Héloïse, fiancée à un noble milanais. Mais on informe Marianne qu'Héloïse refuse de poser pour un portrait car elle ne souhaite pas se marier. Marianne est donc présentée à Héloïse en tant que dame de compagnie, et l'accompagne quotidiennement lors de ses sorties afin d'analyser et de mémoriser ses traits pour les recopier ensuite sur une toile.

Marianne finit le portrait mais refuse de trahir la confiance d'Héloïse et lui dévoile donc le tableau ainsi que la vraie raison de sa venue. Héloïse critique fortement le tableau, que Marianne détruit ensuite. La mère d'Héloïse s'apprête à renvoyer Marianne quand Héloïse décide d'accepter de poser pour un deuxième portrait. Pendant que la mère d'Héloïse est en voyage, le lien entre les deux femmes se renforce. Un soir, elles lisent, avec Sophie, une servante, l'histoire d'Orphée et Eurydice avant de débattre de la vraie raison qui aurait poussé Orphée à se retourner. Les deux femmes aident Sophie à se faire avorter et vont à un rassemblement de femmes qui chantent et dansent. Là, la robe d'Héloïse commence à prendre feu, mais est vite éteinte. Pendant ce temps, Marianne est hantée par une vision d'Héloïse en robe de mariée.

Le lendemain, Marianne et Héloïse vont dans une grotte et partagent leur premier baiser ainsi que leur première nuit ensemble le soir même. Les jours suivants, leur romance et leur complicité ne cessent de s'accroître. Cependant, leur relation est étouffée par le retour de la mère d'Héloïse. Marianne dessine des croquis d'Héloïse et d'elle-même qu'elles s'échangent pour se souvenir de l'autre et échangent un bref adieu. Alors que Marianne sort de la maison, elle entend Héloïse lui dire, telle Eurydice à Orphée, « Retourne-toi ». Elle se retourne et voit Héloïse en robe de mariée.

De retour dans le présent, Marianne révèle qu'elle a revu Héloïse deux fois depuis : la première fois sous la forme d'un portrait dans une galerie d'art, où elle pose avec sa fille, mais tenant un livre furtivement ouvert à la page 28, numéro de la page sur laquelle Marianne avait dessiné son autoportrait. Elle l'aperçoit ensuite de nouveau pendant un concert, où elle la voit émue par le troisième mouvement de « L'estate » de Vivaldi, morceau que Marianne lui avait fait découvrir au clavecin pendant son séjour.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

En , il est annoncé que l’actrice Adèle Haenel retrouve la réalisatrice pour son quatrième long métrage, onze ans après Naissance des pieuvres (2007). Le tournage débute le à Saint-Pierre-Quiberon au nord de la presqu'île de Quiberon et à Brech, jusqu’au . Les prises de vues s’ensuivent à Paris jusqu’au . Jean-Baptiste de Laubier retrouve la réalisatrice pour la quatrième fois pour composer la musique du film[4]. Il partage la musique avec Arthur Simonini[1]. Hélène Delmaire est l'artiste qui a peint la plupart des tableaux présentés dans le film[5].

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Portrait de la jeune fille en feu
Score cumulé
SiteNote
Allociné4 étoiles sur 5
Compilation des critiques
PériodiqueNote

Le film reçoit un accueil critique enthousiaste, collectant de nombreux prix et éloges.

France[modifier | modifier le code]

Le site Allociné propose une moyenne de 45 à partir de l'interprétation de critiques provenant de 36 titres de presse[6].

Pour Jérémy Piette, dans Libération, « Portrait de la jeune fille en feu se révèle l'un de ces très beaux films qui donnent envie de faire des films, ou d'en voir, ou d'en espérer d’autres » et qui propose « un regard en rupture avec l’ordinaire des regards, une alternative »[7].

Dans Première, Thierry Cheze parle d'« un film d'une délicatesse infinie » qui « entre au Panthéon des plus belles histoires d'amour du 7e art »[8], soulignant la qualité des cadrages et du jeu des actrices[9], dans la même lignée que Télérama qui le qualifie d'« élégant et lyrique »[10].

Le site d'actualité cinématographique CinéSéries salue le travail de la réalisatrice : « Portrait de la jeune fille en feu met en scène un amour impossible entre deux femmes au XVIIIe siècle. Un film sur la passion superbement dirigé par Céline Sciamma »[11].

Dans l'émission de radio Le Masque et la Plume, les critiques sont divisées : une partie juge le film « ridicule, scolaire » ou « décevant », tandis que la majorité le décrit comme « magnifique, [...] d'une richesse incroyable », insistant sur l'intelligence du traitement des thématiques liées à l'art, à l'amour et au féminisme[12].

Québec[modifier | modifier le code]

Dans une critique particulièrement enthousiaste, François Lévesque, du journal montréalais Le Devoir parle d'un film « d’une sidérante beauté », à la fois « profondément féministe et romantique » qui laisse « une empreinte indélébile dans la mémoire. »

Pour Isabelle Hontebeyrie, du Journal de Montréal, « les éclairages, la beauté sauvage des décors naturels et les scènes filmées comme des tableaux sont autant d’éléments qui confèrent à ce «Portrait de la jeune fille en feu» un charme universel et durable. »

Dans La Presse, Marc Cassivi juge le film « beau, fin, sensible, sensuel et élégant » et la mise en scène « magnifique de subtilité dans son évocation des turbulences du rapport amoureux. »[13]

Éric Morneau du journal Le Soleil de Québec mentionne que « le film n’échappe pas à une certaine surcharge symbolique » tout en louant la « mise en scène totalement incarnée » d'un film qui « offre aussi une réflexion sur le geste de peindre, de réaliser un portrait, soit saisir l’âme de son sujet. »[14].

Box-office[modifier | modifier le code]

  • France : 305 437 entrées[15]
  • À l'étranger : 888 907 entrées[16]

Analyse[modifier | modifier le code]

Céline Sciamma explique avoir voulu « faire un film d’amour, avec une histoire totalement inventée », estimant qu'« il y avait peu de films totalement consacrés à l’amour, alors que ce sont souvent les plus grands de l’histoire du cinéma »[17]. Parmi ses influences, elle évoque Titanic — influence dont elle a été consciente a posteriori —, Mulholland Drive, Alfred Hitchcock et Barry Lyndon pour l'éclairage « à la bougie »[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Six des huit journalistes de Télérama ayant visionné la totalité des films en compétition à Cannes en , auraient décerné le prix d'interprétation féminine à Adèle Haenel et Noémie Merlant[18]. Le magazine Première s'étonne également que le film n'ait pas reçu un prix plus prestigieux que celui du scénario à Cannes, par exemple le Prix de la mise en scène, un double prix d’interprétation féminine, voire le Grand Prix[8].

Portrait de la jeune fille en feu était le grand favori[19] des trois films présélectionnés pour représenter la France aux Oscars en 2020[20], avant que ne soit retenu le film de Ladj Ly, Les Misérables[21].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Para One, « Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, dont j'ai composé la musique originale avec Arthur Simonini, en sélection officielle au Festival de Cannes 2019 ! », sur Facebook, (consulté le 10 mai 2019).
  2. Fabien Lemercier, « Céline Sciamma enfin en compétition à Cannes avec Portrait de la jeune fille en feu », sur Cineuropa, (consulté le 29 avril 2020)
  3. Claire Mathon, « Où Claire Mathon, AFC, parle de son travail sur "Portrait de la jeune fille en feu", de Céline Sciamma », (consulté le 20 septembre 2019).
  4. Benoît Basirico, « Cannes 2019 : Quels compositeurs au sein de la sélection officielle ? », sur Cinezik, (consulté le 10 mai 2019).
  5. Juliette Marie, « Hélène Delmaire, la peintre derrière le "Portrait de la jeune fille en feu" », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 septembre 2019).
  6. « Portrait de la jeune fille en feu », sur Allociné (consulté le 2 octobre 2019).
  7. Jérémy Piette, « Céline Sciamma, peinture sur soi », sur Libération, (consulté le 2 octobre 2019).
  8. a et b « Portrait de la jeune fille en feu : Tableau de maître [Critique] », sur Premiere.fr, (consulté le 9 mars 2020)
  9. « Cannes 2019: Un Portrait de la jeune fille en feu porté par un fabuleux duo d’actrices [Critique] », sur Premiere.fr, (consulté le 7 mars 2020)
  10. « Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma - (2019) - Drame » (consulté le 9 mars 2020)
  11. « Critique de Portrait de la jeune fille en feu (Film, 2019) », sur CinéSéries, (consulté le 20 mai 2020)
  12. France Inter, « Critique - "Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma : plutôt "lumineux" ou "décevant" ? », sur www.franceinter.fr, (consulté le 7 mars 2020)
  13. « Critique de Portrait de la jeune fille en feu (Film, 2019) », sur La Presse, 2020-14-02 (consulté le 10 juillet 2020)
  14. « Critique de Portrait de la jeune fille en feu (Film, 2019) », sur LeSoleil, 2020-20-02 (consulté le 10 juillet 2020)
  15. JP-Boxoffice.com ; page du film Portrait de la jeune fille en feu, consulté le 7 mars 2020.
  16. « Portrait de la jeune fille en feu fait un carton à l’étranger », sur Premiere.fr, (consulté le 7 mars 2020)
  17. a et b « Céline Sciamma : « DiCaprio est une icône lesbienne. » », So Film, no 73,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2020).
  18. « Cannes 2019 : le palmarès de la rédaction », sur www.telerama.fr, (consulté le 25 mai 2019)
  19. « Oscar du meilleur film international », sur www.20minutes.fr, (consulté le 20 septembre 2019)
  20. « Oscars 2020 : quels films pour représenter la France comme Meilleur film étranger ? », sur www.allocine.fr, (consulté le 17 septembre 2019)
  21. « Oscars 2020 : le film Les Misérables choisi pour représenter la France », sur www.allocine.fr, (consulté le 20 septembre 2019)
  22. Thomas Sotinel, « Festival de Cannes 2019 : la Palme d’or revient à « Parasite », le Grand Prix à « Atlantique » », sur Le Monde, (consulté le 26 mai 2019).
  23. « Cannes : la Queer Palm 2019 décernée à Céline Sciamma », sur europe 1 (consulté le 25 mai 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Critiques

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]