Église orthodoxe d'Ukraine

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Église orthodoxe d'Ukraine
(uk) Православна церква України
Blason
Image illustrative de l’article Église orthodoxe d'Ukraine
Monastère Saint-Michel-au-Dôme-d'Or à Kiev.
Fondateur(s) Vladimir Ier en 988
Autocéphalie ou autonomie
déclarée 2018
Reconnaissance
Primat actuel Épiphane, Métropolite de Kiev et de toute l'Ukraine
Siège Kiev, Ukraine
Territoire primaire Ukraine
Rite byzantin
Langue(s) liturgique(s) ukrainien
Calendrier julien

L'Église orthodoxe d'Ukraine (en ukrainien : Православна церква України, romanisé : Pravoslavna tserkva Ukrayiny) est une juridiction autocéphale[1]. Son primat est Épiphane : il porte le titre de « Métropolite de Kiev et de toute l'Ukraine ».

Issue de la fusion de l'Église orthodoxe ukrainienne - Patriarcat de Kiev et de l'Église orthodoxe autocéphale ukrainienne (1990-2018) (en), elle est fondée en 2018 à la demande du président ukrainien, Petro Porochenko, et de la Rada. Son autocéphalie est reconnue en 2019 par le patriarcat œcuménique de Constantinople et le patriarcat orthodoxe d'Alexandrie. Cette décision provoque un schisme entre le patriarcat de Constantinople et le patriarcat de Moscou. Plusieurs autres églises orthodoxes s'abstiennent de reconnaître cette nouvelle autocéphalie.

Elle est l'une des trois principales Églises orthodoxes en Ukraine, les deux autres étant l'Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou) et l'Église orthodoxe ukrainienne - Patriarcat de Kiev dont l'annulation de la dissolution a été décrétée par un « synode local » le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie de l'orthodoxie en Ukraine[modifier | modifier le code]

  • 988 - 1299 : naissance de la métropole de Kiev. La Rus' se convertit au christianisme orthodoxe en 988. Kiev reste le centre religieux des slaves orientaux jusqu'en 1299.
  • 1299 - 1303 : la métropole s'installe à Vladimir. Elle sera transférée à Moscou en 1325. L'Ukraine perd son rôle de centre religieux jusqu'en 1303.
  • 1303 - 1401 : à la suite du déplacement de la métropole à Vladimir, les territoires Sud de la Rus' obtiennent une nouvelle métropole située à Halytch jusqu'en 1401.
  • 1300 env. - 1458 : le Grand Duché de Lituanie qui s'étend en grande partie sur l'actuelle Ukraine obtient la création d'une métropole pour ses sujets orthodoxes.
  • 1458 - 1596 : le patriarcat de Constantinople refond l'organisation religieuse au sein des territoires du Grand Duché de Lituanie. Kiev redevient métropole.
  • 1596 - 1620 : à la suite de l'union de Brest, une partie des orthodoxes d'Ukraine font allégeance à Rome. L'Ukraine se retrouve avec quelques confréries mais sans métropole.
  • 1620 - 1686 : rétablissement de la métropole de Kiev en 1620 par le patriarcat de Constantinople. En 1686, la métropole est contrainte de se subordonner au patriarcat de Moscou.
  • 1686 - 2018 : l'Ukraine est sous la juridiction du patriarcat de Moscou. À la suite de son indépendance en 1991, des églises dissidentes mais non reconnues voient le jour, dont l'Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev, créée par le patriarche autoproclamé Philarète.
  • 2018 - 2019 : rétablissement par le patriarcat de Constantinople de la métropole de Kiev et dénonciation de sa subordination au Patriarcat de Moscou en 1686.
  •  : le patriarcat de Constantinople accorde l'autocéphalie à la métropole de Kiev. Les différentes juridictions présentes dans le pays restent effectives.

Concile de 2018[modifier | modifier le code]

À la suite de la décision du Patriarcat œcuménique de Constantinople du d'accorder l'autocéphalie aux orthodoxes d'Ukraine, dans le contexte de conflit russo-ukrainien, les différentes églises orthodoxes du pays — surtout celles qui n'étaient jusque là reconnues par aucune église autocéphale — se réunissent dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev pour un concile de réunification. La création d'une nouvelle Église est actée le [3]. Cela entraine un schisme dans le monde orthodoxe[4].

Le concile rassemble essentiellement deux Églises, qui fusionnent à cette occasion : l'Église orthodoxe ukrainienne - Patriarcat de Kiev autoproclamée en 1992 et l'Église orthodoxe autocéphale ukrainienne (1990-2018) (en). L'Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou) rejette quant à elle le concile et interdit à son clergé d'y participer. Deux de ses évêques et quelques autres de ses représentants passent outre cette interdiction.

Lors de ce concile, à la suite d'un vote à deux tours, un ecclésiastique de 39 ans, Épiphane, est élu métropolite de l'Église orthodoxe d'Ukraine.

Autocéphalie[modifier | modifier le code]

Le , après une prière prononcée dans l'église patriarcale Saint-Georges à Istanbul, le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, accorde par un « tomos », c'est-à-dire un décret, l'indépendance canonique à l'Église orthodoxe d'Ukraine créée depuis peu. Le président de l'Ukraine Petro Porochenko et d'autres responsables politiques ukrainiens ont assisté à la cérémonie. Le lendemain, le , les attributs de cette reconnaissance sont remis à l’Église orthodoxe d'Ukraine, qui devient ainsi la 15e église autocéphale orthodoxe.

En , 79,3 % des Ukrainiens se déclarent orthodoxes : 61,5 % affirment leur appartenance à l'Église orthodoxe d'Ukraine, 20,5 % à aucune juridiction et environ 18 % à celle de l'Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou)[5].

Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022[modifier | modifier le code]

Le 24 Mai 2022, durant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le synode élargi de l'Église orthodoxe d'Ukraine a proclamé hérétique le Patriarche Kirill de Moscou, l'accusant de professer le phylétisme à travers la croyance au monde russe. Elle a pour cette raison décidé de cesser de le commémorer. L'Église a aussi demandé à toutes les autres Églises orthodoxes de faire en sorte que Kirill soit déchu de son mandat de patriarche[6],[7].

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

L'Église orthodoxe d'Ukraine compte une quarantaine de diocèses :

Ukraine[modifier | modifier le code]

Monastères[modifier | modifier le code]

Monastère Saint-Michel-de-Vydoubitch.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « History is made: Bartholomew signs tomos of autocephaly for Orthodox Church of Ukraine », sur www.unian.info (consulté le )
  2. Jacques Berset, « Ukraine : L'orthodoxie divisée, le « patriarche Philarète » fait dissidence », cath.ch,‎ (lire en ligne).
  3. « L’Ukraine possède une nouvelle Église orthodoxe », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  4. « Une Pâque orthodoxe sur fond de schisme entre Kiev et Moscou: le récit de l’envoyé spécial du Figaro », sur LEFIGARO, (consulté le )
  5. « Конфесійна структура і створення Православної Церкви України: травень 2019 », sur kiis.com.ua, Київський міжнародний інститут соціології (КМІС)
  6. (en-US) NewsRoom, « Church of Ukraine: Stops commemoration of Kirill, asks to be deprived of the Patriarchal Throne », sur Orthodox Times (consulté le )
  7. (uk) « Постанови Архієрейського Собору від 24 травня 2022 р. », sur OCU (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabrice Deprez, « Une année agitée pour la jeune Église orthodoxe d’Ukraine », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]