Pierre Estève

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Pierre Estève

Nom de naissance Pierre Estève
Naissance 11 février 1961 (54 ans)
Cahors, France
Activité principale auteur-compositeur, musicien, artiste contemporain
Activités annexes chercheur, journaliste
Genre musical musique contemporaine
Instruments chant, multi-instrumentiste
Années actives depuis 1976
Labels WEA
Shooting Star
Universal
Site officiel www.pierreesteve.com

Pierre Estève (né le 11 février 1961 à Cahors) est un auteur-compositeur multi-genres, musicien[1], artiste contemporain d'installations numériques et sculptures sonores, chercheur et journaliste français. De formation classique (Conservatoire et direction d’orchestre), spécialiste des orchestres symphoniques virtuels et des instruments du monde, il est notamment connu du grand public pour avoir composé la musique de nombreuses bandes originales de jeux vidéo, publicités, documentaires et films. Multi-instrumentiste, il collectionne les instruments des cinq continents mais aussi toutes sortes de matériaux naturels et sonores. Il conçoit également des installations basées sur l'interaction du public avec des matières acoustiques naturelles et technologiques, y déployant des instruments expérimentaux qu'il crée lui-même.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Pierre Estève naît le 11 février 1961 à Cahors en France, puis passe la majeure partie de son enfance à Avignon. Commençant l'apprentissage de la musique vers l'âge de 4 ans, il entre deux ans plus tard au conservatoire d'Avignon où il s'initie au piano. Durant son enfance, il se montre très sensible aux sonorités des milieux naturels[1]. Ces expériences seront la source de l’intérêt de l'artiste pour les instruments du monde, et plus fondamentalement des matières sonores. C'est à l'adolescence qu'il écrit ses premières compositions, évoluant dans des groupes de rock. Il obtient un baccalauréat scientifique au lycée, puis poursuit des études d'ingénieur en Maths Sup à Marseille. Il décide alors de se consacrer entièrement à son apprentissage musical. Par la suite, il étudie la direction d'orchestre et le chant en tant que baryton. Il est diplômé en fugue, harmonie, contrepoint et analyse musicale, puis obtient les Médailles d'Or en guitare, musique de chambre et théorie musicale aux conservatoires d'Avignon et de Montpellier[2].

Premiers pas dans l'industrie musicale[modifier | modifier le code]

Pierre Estève achète sa première guitare électrique à l'âge de 13 ans, puis fait l'acquisition en 1978 d'un synthétiseur Roland Jupiter-4, sur lequel il expérimente beaucoup. La maitrise qu'il développe de ces instruments l'amène à travailler très jeune en tant que musicien de studio, où il effectue ses premiers enregistrements. Vers 16 ans, il évolue dans un groupe de rock progressif nommé "Aube en Hiver" et y développe une série de compositions conceptualisée autour du Livre des morts des Anciens Égyptiens.

Au milieu des années 1980, le musicien tourne en tant que premier guitariste soliste pour le Canto General, sous la direction de Jean Golgevit. En 1987, il signe un contrat de licence avec WEA. Il publie un premier enregistrement solo, Atout Cœur, sur support 45 tours. Pierre Estève devient l'un des objectifs de l'année de sa maison de disque ce qui l'amène à tourner quelques émissions de télévision. Se sentant complètement étranger à ce monde, et attiré par la musique de film, il commence à réaliser dans une volonté d'autonomie des bandes sons pour diverses publicités et spots promotionnels à partir de 1989.

Il enregistre en 1992 un premier album collaboratif pour Radio France sous le nom de Gloobi doo-wap. Non commercialisé, le disque et ses musiques sont destinés à être employé comme illustrations musicales pour les radios du groupe. Durant cette période, il écrit également de nombreuses chansons, tout en développant plusieurs projets rock. Les diverses commandes qu'il réalise lui permettent alors de faire l'acquisition d'un studio d'enregistrement.

Immersion dans le jeu vidéo[modifier | modifier le code]

En 1995, il entre en relation avec l'éditeur et développeur de jeux vidéo Cryo Interactive. Le studio français travaille à cette époque à la suite de Dragon Lore, et lui propose de prendre en charge la réalisation sonore. Pierre étant intrigué par les innovations et expérimentations structurelles et sonores permises par le jeu vidéo, il accepte de composer et enregistrer la bande son de Dragon Lore II dans un court délai. Inspiré par des compositeurs tels que Carl Orff ou Basil Poledouris, il écrit une partition à l'esprit épique et baroque, avec quelques nuances plus orientales. Estève souhaite aller au-delà des limites technologiques imposées par les outils d'alors, et sample sa propre libraire afin d'obtenir un rendu satisfaisant. Dû aux limitations techniques d'époque, il est contraint de construire la plupart de ses morceaux à partir de courts motifs répétés en boucle, en les étoffant subtilement au fur et à mesure. Chaque boucle mélodique devait en effet pouvoir tenir dans 512 Ko de mémoire, leur addition constituant les différentes compositions. Il conçoit un moteur son à l'aide du programmeur du jeu permettant de créer des variations musicales en fonction du scénario[2]. Cette dernière expérience reste fondatrice car elle marque un premier pas dans le cheminement du compositeur vers l'élaboration d'installations interactives à partir de 2000. Dragon Lore II sort en décembre 1996 et la bande-originale sera publiée sous forme d'album en 2009.

À son travail sur ce jeu, Pierre cofonde avec Patricia Ruscito le label Shooting Star fin 1996, dont le rôle sera de produire et d'éditer du contenu sonore pour l'industrie musicale et l'audiovisuel[3].

En 1996, il débute une série d'enregistrements consacrée aux matériaux et matières sonores avec l'album Bamboo[2][4].

Chaque album est prévu pour être interprété exclusivement à l'aide des matières auxquelles ils sont respectivement consacrés. Pour ce premier disque, la musique est donc produite à partir de flûtes, percussions et samples constitués uniquement de bambou.

Pierre Estève intervient parallèlement en tant que consultant artistique sur la musique et les doublages français de Versailles: Complot à la Cour du Roi Soleil, développé par Cryo. Il réalisera les effets sonores des cinématiques pour les deux jeux qui suivront Versailles dans la même collection: Égypte : 1156 av. J.-C. - L'Énigme de la tombe royale (1997) et Chine : Intrigue dans la Cité interdite (1998).

D'Atlantis au Deuxième monde[modifier | modifier le code]

Avec Dragon Lore II, Pierre Estève se passionne pour les interactions permises entre la musique et l'environnement virtuel d'un jeu vidéo. Fin 1996, il fait la rencontre du compositeur Stéphane Picq. Dans le même temps, Cryo développe ce qui deviendra l'un des jeux les plus importants du studio, Atlantis, secrets d'un monde oublié. Le jeu réinvente le mythe de Platon, se déroulant en Atlantide à une époque pré-antique. Une part majeure du processus de création consiste donc à inventer et concevoir les différents éléments culturels composant la société Atlante, dont la musique. Estève et Picq proposent à Cryo de la réaliser, ce que le studio accepte.

Les deux musiciens se mettent au travail début 1997. Depuis les années 1980, Pierre Estève s'intéresse de près aux instruments du monde, en ayant accumulé toute une série provenant de divers revendeurs à Paris ou lors de ses voyages. À l'aide de cette collection, Estève et Picq recréent et interprètent une musique primordiale en adéquation avec l'univers d'Atlantis, mêlant de nombreuses influences venues des quatre coins du monde, tout en y intégrant des instruments électroniques[5]. Chacun écrit et interprète une dizaine de morceaux, et collabore également sur quatre musiques de la bande originale[1]. Proche de l'équipe créative de Cryo, ils prennent également en charge certains bruitages d'ambiance du jeu, notamment lorsque ces derniers interagissent avec la musique, et tentent d'en tirer un système de boucles sonores aléatoires dont l'objectif est de rendre plus vivant certains environnements: le joueur ne doit plus avoir l'impression qu'une même séquence audio se répète indéfiniment dans un contexte donné.

Parallèlement à ces travaux, ils réalisent ensemble un diaporama multimédia, interactif et non-linéaire se présentant sous la forme d'un carnet de voyage dans le monde d'Atlantis. Ils emploient pour cela différents dessins et aquarelles préparatoires de Thomas Boulard, designer graphique du jeu, tout en y intégrant leurs propres musiques. De nombreuses citations d'écrivains et poètes connus, ou écrites par l'un ou l'autre des deux musiciens, viennent ponctuer le parcours du carnet, inspirées des environnements du jeu. L'ensemble offre une vision complémentaire de ces derniers.

Courant 1997, Cryo lance Atlantis, secrets d'un monde oublié. Afin de donner une dimension à part entière à la bande originale, Shooting Star la publie sous forme de double album audio avec une plage interactive sous le titre anglophone Atlantis: The Lost Tales. De nombreux magazines et revues, parfois au-delà de la presse vidéo ludique, saluent la qualité et la grande originalité de la musique, soulignant son rôle essentiel dans l'atmosphère du jeu. L'album est rapidement un succès.

Après cette collaboration, Pierre Estève est choisi par Canal+ Multimedia pour concevoir le son et la musique de leurs futurs jeux. Premier d'entre eux, Le Deuxième Monde, développé par Cryo, est un pionnier des mondes virtuels en ligne, le joueur y évoluant dans un Paris reconstitué en 3D. Il est distribué avec un jeu d'aventure se déroulant dans le même univers, intitulé Légendes Souterraines. Pierre Estève est chargé de réaliser la bande sonore de l'ensemble et compose une musique s'éloignant de l'exotisme d'Atlantis, tout en continuant à développer une atmosphère syncrétiste à fort accent spirituel, comportant entre autres chants grégoriens et sonorités mécaniques. L'ensemble se révèle particulièrement sombre, en adéquation avec le contexte torturé des jeux[1].

La bande originale est éditée et publiée chez Shooting Star parallèlement à ces jeux. Elle comporte comme pour Atlantis une plage CD-ROM comportant des dessins originaux de Stéphane Levallois, designer des deux projets. Ils sont présentés sous la forme d'un diaporama multimédia intégrant cette fois-ci de nombreuses animations, renforçant l'expérience interactive. Le Deuxième Monde et Légendes Souterraines sont publiés courant 1997. L'album, nommé Obscura, sort au début de l'année suivante.

En 1998, Estève se voit confier la bande son d'une nouvelle production Cryo, un jeu de simulation divine nommé Deo Gratias. Le compositeur façonne des atmosphères mystiques relatant du chaos divin originel, tout en incluant d’étonnantes sonorités pop dans quelques chants liturgiques. Suite à la demande de fans, l'album de la bande originale parait en 2014, sur support dématérialisé,

La même année, l'éditeur français travaille également à l'adaptation en jeu de stratégie de la série de bandes dessinées Chroniques de la Lune Noire, édité par Dargaud. Le jeu se déroule dans l'univers médiéval-fantastique créé par le scénariste François Marcela-Froideval. Pierre Estève réalise l'intégralité des musiques et bruitages de la production. Durant le développement, la chaîne de télévision La Cinquième tourne un reportage sur le compositeur intitulé Au Son de la Lune[6]. La bande originale est publiée en juillet 1999.

Durant 1999, Cryo élabore la suite d'Atlantis. Pierre se retrouve entièrement en charge de la musique de ce nouveau jeu. Le scénario se déroule cette fois longtemps après la disparition de l'Atlantide. Le protagoniste par le biais de la transe, est amené à s'incarner dans trois personnages de civilisations très éloignés les unes des autres, dans l'espace et le temps. Estève réunit ainsi les instruments de sa collection figurant plus ou moins les contrées visitées au cours du jeu (Irlande, Chine et Yucatán). Il souhaite évoquer aussi bien le monde physique que spirituel des cultures entrevues. L'organisation de la bande originale se construit de manière segmentée en quatre parties. Estève y emploie certaines musiques composées à l'origine de manière détachée de la conception d'Atlantis II. À cet égard, le morceau intitulé Highlands, écrit lors d'un récent voyage du compositeur en Irlande, illustre une partie de l'épisode situé dans ce pays au cours du jeu.

Atlantis II et sa bande originale sont lancés en novembre 1999. Cette dernière est à nouveau accompagnée d'une application multimédia contenant entre autres des artworks de Thomas Boulard, designer principal du jeu. Elle inclut par ailleurs des photographies d'instruments employés pour l'enregistrement. La musique est véritablement acclamée pour sa richesse sonore, ainsi que pour la qualité et la variété des différentes compositions. Dû à certaines émotions suscitées par le jeu et sa bande son, l'ensemble acquerra une aura particulière auprès d'une partie de la communauté des joueurs dont on trouve encore aujourd'hui de nombreux témoignages à ce propos.

Le tournant vers l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

En mars 2000, un documentaire de 52 minutes intitulé 48 Heures avec Pierre Estève est produit par la chaîne Game One. Le film suit pendant deux jours le compositeur dans son quotidien et ses activités de recherche et de pratique musicales[7].

Pierre se met à composer la musique de différents métrages et films pour la télévision. Durant cette période, il travaille tout d'abord sur une série de documentaires produits par la société ZED, puis enchaîne de nombreuses autres productions reliées à des thématiques proches des préoccupations du compositeur dont la nature et les nouvelles technologies. Il sera récompensé en 2006 du prix « François de Roubaix » pour la musique du film Les Samouraïs Noirs, de Jean Queyrat, au FIFME de Toulon[8].

En 2001 paraît le second opus de la série du compositeur sur les matériaux, Metal. Dans le livret accompagnant le disque, Estève explique notamment le lien essentiel qu'entretient cette matière à l'Homme, et plus généralement à la vie et l'illustre à travers une série d'instruments, issus de cultures éloignées, de la guitare Dobro au gamelan de Java. Les compositions et interprétations du disque consistent à marier les sonorités de ces instruments, mais aussi les cultures dont elles sont issues.

Il collabore la même année avec Infogrames et Moulinsart Multimédia en réalisant la partie sonore de Tintin : Objectif Aventure, mettant en scène le personnage créé par Hergé. Pierre développe une sémantique propre au jeu pour la musique : par exemple, un instrument donné est associé à une action en cours ou un personnage (Tintin, Milou ...), au lieu d'être assimilé à la région du monde qu'il pourrait évoquer (comme la cornemuse et l’Écosse par exemple); le joueur est en effet amené à visiter de nombreux pays. Le jeu met en scène Bianca Castafiore interprétant l'Air des bijoux, de Gounod: c'est Pierre Estève lui-même qui prête sa voix à la cantatrice. Il supervise également l'enregistrement des doublages français[9].

Le compositeur revient en 2004 vers la saga Atlantis avec le jeu Atlantis Evolution, quatrième opus de la série. Il compose pour celui-ci de nombreux titres, et réemploie également plusieurs thèmes déjà utilisés dans les deux premiers épisodes, réinterprétés ou remixés pour l'occasion[10]. Pierre Estève y poursuit ses expériences de métissages musicaux, à travers des associations instrumentales inhabituelles tels qu'un berimbau et un harmonica. Un certain nombre de morceaux sont interprétés à l'aide de synthétiseurs afin de coller à l'univers du jeu, davantage associée à la science-fiction par rapport aux précédents épisodes. Pour certaines phases de jeu, hommage aux jeux d'arcade des années 1980, il compose des musiques dans un style electro assez prononcé, rappelant les sonorités et le style associé au chiptune. Il est également chargé de la conception sonore des environnements du jeu (jungle, village, grotte, etc …).

En 2013, Pierre revient à la musique de jeu vidéo en composant notamment les bandes originales des jeux d'aventure Dracula 4 et 5, édités par Anuman Interactive. Afin de restituer l'atmosphère angoissante qui sous-tend l'intrigue des jeux, Estève fait usage de guitares électriques saturées ou de violons stridents, personnifiant par exemple la présence invisible du comte Dracula. En fonction des lieux explorés par les joueurs, il développe également des pistes d'ordre symphoniques, tandis que d'autres tendent plutôt vers des ambiances orientalisantes[11].

Artiste contemporain: Flowers 2.0[modifier | modifier le code]

Débuté en février 2012, ce projet s'inscrit dans la continuité de la réflexion de l'artiste autour de la matière et de l'interaction entre celle-ci et l'Homme. Dans les précédents travaux de l'artiste, le public était amené à expérimenter des matières élémentaires telles que la pierre ou le bois. Flowers 2.0 se compose de plusieurs centaines de « fleurs » de plastique entièrement conçu à partir de bouteilles recyclées. Le projet s'inscrit dans une démarche de développement durable, participative, et écocitoyenne en amenant directement le public à s'impliquer dans l'élaboration de l'installation, tout en développant les sensibilités créatives. Les gens sont invités à apporter leurs propres bouteilles, mais également à créer des fleurs, pour lesquelles différent degré d'élaboration sont envisagés de l'assemblage de bouteilles plastiques, à l'adjonction de LED, leur permettant de développer un cycle de vie propre (elles s'illuminent la nuit grâce à l'énergie accumulée le jour).

En juillet 2012, Pierre Estève expérimente pour la première fois le projet lors du NoWhere, événement annuel de rencontre artistique situé à Saragosse, en Espagne. L'installation voyage par la suite de Lausanne[12] à Montmorency de novembre 2012 à mars 2013. En avril 2013, Pierre met en œuvre pour le parvis de la Défense une nouvelle dimension participative du projet[13]. Par la suite, Flowers 2.0 s'installe à Sevran, puis Grenoble en avril 2014, où plus de 900 enfants, le CHU, Le Festival des Détours de Babel, La Métro sont amenés à participer à l'élaboration de fleurs donnant lieu à une exposition de 2000 fleurs au jardin du Musée d'histoire naturelle de la ville[14].

Travaux[modifier | modifier le code]

Matières sonores[modifier | modifier le code]

Enfant, lors de nombreuses sorties à la campagne, Pierre Estève se montre très sensible aux sonorités des milieux naturels, à l'harmonie et la vie qui s'en dégage[1]. Ces expériences joueront un rôle essentiel dans l’intérêt de l'artiste pour les instruments du monde, et plus fondamentalement les matières sonores sur lesquelles il poursuit un travail de fond. Si ses préoccupations peuvent transparaître dans des œuvres de commande comme Atlantis, elles s'incarnent notamment à travers une série de disque consacrée aux matériaux et matières tels que la pierre ou l'eau. Le premier, publié par Shooting Star en 1996, s'intitule Bamboo et s'attache au sonorités du bambou. Il est suivi de Metal (deuxième opus) en 2001. Huit autre albums sont actuellement en projet dont Stone et Stalactica. Si les deux premiers étaient essentiellement interprétés par le biais d'instruments préexistants, Stalactica est notamment le fruit de nombreuses années de travail sur les propriétés acoustiques de grottes, et notamment celles d'Isturitz. Enregistré dans les grottes, la musique est ici directement produite par des formations naturelles comme les stalactites, stalagmites et drapés[1].

Nouvelles technologies[modifier | modifier le code]

À partir de 2000, Pierre Estève développe et met en place la première d'une série d'installations numériques et sonores qui se poursuit toujours actuellement. Elle est présentée en 2002, lorsqu'il reçoit carte blanche de Kraft Foods dans le cadre du happening Café Show organisé au carrousel du Louvre. L'installation sollicite tous les sens des visiteurs par le biais de quatre vasques emplies de grain de café déclenchant des sons lorsqu'on y plonge les mains, et également grâce à une balançoire dont le mouvement se synchronise avec des images projetées sur un écran géant.

L’intérêt qu'avait pu porter Pierre aux instruments du monde et aux cultures primordiales dans sa jeunesse, s'est au fur et à mesure des années mué en une fascination beaucoup plus profonde pour les matières naturelles elles-mêmes. Estève se sent particulièrement proche des préoccupations de son temps, dont l'urgence écologique. Dans son travail, il cherche à interroger ainsi à divers niveaux le rapport de l'être humain au monde, supprimant en premier lieu les murs des conditionnements culturels. Par le biais d'une l’interaction avec l’œuvre, le spectateur devenu acteur perd la notion du temps pour mieux s'immerger dans un espace intérieur, spirituel.

Outre Café Show, on retrouve cette thématique à travers un certain nombre de ses installations dont par exemple Roc Gong. Créée en 2009, elle se constitue d'un certain nombre de pierres phonolites. Ces dernières sont sélectionnées et préparées de manière à offrir des sonorités particulières, mais conservent leur aspect plastique et tactile originelle. N'étant pas assimilable à une culture particulière, ces pierres sonores suppriment la barrière qui peut par exemple rebuter un non-musicien à tenter d'en jouer, et le public présent y est justement invité[4].

Instruments[modifier | modifier le code]

C'est en 1995, durant la réalisation de Bamboo, que Pierre Estève commence véritablement à constituer une collection d'instrument du monde. Dans son atelier, on trouve notamment un gamelan javanais historique, ayant appartenu à un descendant de la famille royale de Yogyakarta[1], Raden Mas Jodjana, et également des instruments celtes, arméniens ou africains, allant des pièces les plus raffinées aux plus primitives.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums de bandes originales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Pierre Estève. Interview par Sébastien Ferran. WakaWaka #4 - Stonegeek (podcast). Abandonware France. 28 janvier 2013.
  2. a, b et c Alain Thomas, « Le chant des ordinateurs », Le Monde interactif, 4 octobre 2000, p. IV [lire en ligne]
  3. René Broca et Cristian Jacquemart, « Shooting Star: le son pour le multimédia », Écran Total, no 278, 16 juin 1999
  4. a et b Suzi Loo, « Pierre Estève, l'homme qui fait chanter l'univers minéral », Epoch Times, 16 juillet 2009, [lire en ligne (page consultée le 28 juin 2014)]
  5. Tommy Nobyn, « Pierre Estève & Stéphane Picq - Alchimistes du son », Micro & Musique, octobre/novembre 1997
  6. [vidéo] La Cinquième, « Au son de la lune », sur www.cndp.fr,‎ 18 juillet 2014 (consulté le 12 juillet 2014)
  7. [vidéo] Pierre Boulay, « 48 Heures avec Pierre Estève », sur YouTube,‎ 18 juillet 2014 (consulté le 12 juillet 2014)
  8. « Festival du film maritime - Le jury a livré son verdict », Var-Matin, 7 octobre 2007
  9. [vidéo] Game One, « Tintin : Objectif Aventure - Le Making Of », sur YouTube,‎ 18 juillet 2014 (consulté le 12 juillet 2014)
  10. « "Pierre Esteve is back as the composer in Atlantis Evolution." », sur adventurelantern.com (consulté le 18 novembre 2007)
  11. [vidéo] Anuman Interactive, « Dracula 4 : L'Ombre du dragon – Journal des développeurs 3 », sur Dailymotion,‎ 18 juillet 2014 (consulté le 12 juillet 2014)
  12. artéMédia, « Pierre Estève "Flowers 2.0" à la Fête des Lumières de Lausanne », sur www.artémédia.fr,‎ 4 aout 2014 (consulté le 4 juillet 2014)
  13. « Exposition : Flowers 2.0 - Du 2 au 7 avril 2013 », sur www.ladefense.fr,‎ 2013 (consulté le 28 juillet 2014)
  14. Nathalie Anula, « Flowers 2.0: le recyclage, tout un art !», Métroscope, no 107, mars-avril 2014, p. 18 [lire en ligne (page consultée le 28 juillet 2014)]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]