Philippe Pemezec

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Philippe Pemezec
Philippe Pemezec à une réunion publique de l'UMP, le 18 février 2010.
Philippe Pemezec à une réunion publique de l'UMP, le 18 février 2010.
Fonctions
Maire du Plessis-Robinson
En fonction depuis le
(21 ans et 8 mois)
Élection
Prédécesseur Robert Gelly
Député des Hauts-de-Seine
Élu dans la 12e circonscription

(5 ans 5 mois et 9 jours)
Élection
Prédécesseur Jean-Pierre Foucher
Successeur Jean-Pierre Schosteck
Conseiller général des Hauts-de-Seine
Élu dans le Canton du Plessis-Robinson

(7 ans et 23 jours)
Président Patrick Devedjian
Prédécesseur Jacques Perrin

(10 ans 7 mois et 10 jours)
Président Charles Pasqua
Prédécesseur Robert Gelly
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Granville (Manche)

Philippe Pemezec, né le à Granville (Manche), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chef d'entreprise de profession[réf. nécessaire], Philippe Pemezec est maire du Plessis-Robinson. Il est élu maire du Plessis-Robinson le , député UMP le , puis réélu en juin 2007, dans la 12e circonscription des Hauts-de-Seine. Il a été rapporteur pour avis au nom de la commission des affaires économiques sur des projets de lois portant sur la ville et le logement, la rénovation urbaine, l'équité sociale et territoriale, etc. Le Conseil constitutionnel annule, le , son élection et prononce une inéligibilité d'un an, son compte de campagne ayant été rejeté[1].

Il a été un responsable du RPF, ainsi que secrétaire départemental de l'UMP des Hauts-de-Seine du au , date à laquelle il remet sa démission au secrétaire général de l'UMP[2].

Le 17 juin 2012, il est battu au second tour des élections législatives par son adversaire socialiste Jean-Marc Germain[3].

Mandats[modifier | modifier le code]

Prises de positions politiques[modifier | modifier le code]

Conception de la ville[modifier | modifier le code]

En rupture avec les modèles d’architecture modernes qu’il juge « brutaux » et « répétitifs », il défend une architecture « douce et classique », privilégiant un cadre de vie préservé[5]. Pour pouvoir mettre en place cette architecture dans la commune de petite couronne qu'est le Plessis-Robinson, Philippe Pemezec a utilisé le levier du foncier, afin de créer « une sorte de cercle vertueux de l’aménagement du territoire »[6]. Opposé à l'étalement urbain, l'actuel maire du Plessis-Robinson explique notamment que l'« on ferait mieux de “dé-densifier” Paris en créant des transports en commun dignes de ce nom pour remplir les villes satellites »[6]. Dès 2003, celui qui était alors député de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine[7], défendait sa vision de la mixité sociale dans les villes, qui consiste selon lui en la création d'« une incitation à l'installation ou au maintien de familles d'un niveau de revenu moyen ou supérieur dans des immeubles collectifs occupés plutôt par des familles à revenu modeste »[8]. C'est d'ailleurs cette définition qu'il a appliquée au Plessis-Robinson.

Ainsi, il a lancé de vastes projets de reconstruction dont principalement ceux du cœur de ville du Plessis-Robinson dont l’architecte en chef fut François Spoerry et du quartier de la Cité jardins. La ville du Plessis-Robinson a été récompensée en 2008 du prix de la meilleure opération de renaissance urbaine dans une ville de banlieue, le prix européen Philippe Rothier d’architecture[9]. Ce prix vient récompenser une volonté constante de la part du maire élu en 1989 de « donner une âme à sa cité dortoir »[10]. En 2012, c'est le Grand Prix Européen de l'Urbanisme qui vient récompenser le fait que « si l’eau, la verdure et la biodiversité sont omniprésents, l’équilibre entre logements privés et logements sociaux a également été garanti par la municipalité »[11]. Cette transformation est, selon l'élu, drastique, puisqu'il explique qu'à son élection en 1989, la ville comptait « 73% de logements sociaux vétustes. Le bâti était en piteux état »[6].

En 2003, le Plessis-Robinson est devenu ville pilote de la rénovation urbaine et ville pilote pour l’accession sociale à la propriété en 2005, un des chevaux de bataille de Philippe Pemezec[12].

Cette description de « bâtisseur » est cependant loin de faire l'unanimité[13]. L'opposition municipale dénonce ainsi la volonté de Philippe Pemezec de transformer le Plessis-Robinson au profit d'une classe sociale plus aisée. Philippe Pemezec au prétexte de la mixité sociale, diminuerait progressivement le nombre de logements sociaux au profit d'habitations au loyer plus élevé chassant ainsi les classes populaires vers les cités des communes comme Chatenay-Malabry, Fontenay-aux-Roses ou encore Bagneux. Ce processus est connu sous le nom de gentrification.

Le 9 juillet 2015 le conseil municipal décide de rebaptiser la place de la Résistance du nom de Charles Pasqua. Philippe Pemezec explique que « Charles Pasqua a été un artisan majeur de la transformation du Plessis-Robinson et de réussite de la ville » et qu'à ce titre il avait « toute sa place dans la mémoire urbaine de la ville »[14]. De nombreuses associations de résistants[15] mais aussi les partis politiques d'opposition (PS-PCF-PG-EELV), des syndicalistes s'opposent depuis à ce changement de nom. Le 24 octobre 2015 lors d'un rassemblement unitaire[16], ils ont appelé Philippe Pemezec à revenir sur sa décision qui selon eux porte atteinte à la mémoire des résistants et de la Résistance. Une pétition a également été lancée contre ce projet. En l'espace de quelques semaines elle a recueilli plusieurs centaines de signatures[17]. La mairie a répondu à ces critiques en rappelant que Charles Pasqua avait lui-même été résistant, et que l'existence d'une place et d'une rue de la Résistance était source de confusion[18].

International[modifier | modifier le code]

Il est fermement opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne[19]. Il milite activement pour une reconnaissance du génocide arménien de 1915[20],[21].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Il publie, à l'automne 2005, en compagnie de Patrick Beaudouin député du Val-de-Marne Le Livre noir de l'intercommunalité dénonçant les insuffisances de la politique de regroupement de communes en France. Il a également déposé conjointement avec Patrick Beaudouin une proposition de loi (décembre 2005) à l'Assemblée nationale (no 2741) visant à améliorer la coopération intercommunale.

Opposition à Patrick Devedjian[modifier | modifier le code]

En novembre 2010, il milite pour l'éviction de Patrick Devedjian de la présidence de la fédération UMP des Hauts-de-Seine[22]. Après les élections cantonales de 2011, il négocie cependant avec celui qui vient d'être reconduit comme président du Conseil général des Hauts-de-Seine un poste de vice-président[23]. Cet épisode de la vie politique est relaté en détail dans l'ouvrage Le Monarque, son fils, son fief[24] de Marie-Célie Guillaume directrice de cabinet de Patrick Devedjian, dans lequel Pemezec est représenté sous le pseudonyme de Cinglé Pichocrole, personnage brutal et violent. Dans ce roman politique elle rapporte l'agression dont elle aurait été victime de la part de Philippe Pemezec dans la vraie vie. En effet en 2011 une plainte pour agression est déposée au commissariat de Nanterre contre Philippe Pemezec[25].

Vote FN en 2002[modifier | modifier le code]

En 2012, la journaliste Claire Checcaglini publie un livre[26] où elle raconte son infiltration au Front national sous un faux nom. Elle raconte avoir rencontré Philippe Pemezec en se faisant passer pour une militante FN en quête de parrainage pour l'élection présidentielle, et celui-ci lui aurait dit avoir voté en faveur de Jean-Marie Le Pen en 2002.

Condamnations[modifier | modifier le code]

En décembre 2010, Philippe Pemezec est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 3000 euros d'amende et 1000 euros de dommages et intérêts pour injures envers Benoît Marquaille, conseiller régional socialiste[27]. Par un arrêt prononcé le 27 juin 2011, la Cour d'appel de Versailles confirme le jugement en portant l'amende à 5000 euros.

En avril 2015, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à une peine de six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d'inéligibilité, pour « prise illégale d’intérêt ». La justice lui reproche d’avoir de par ses fonctions d'administrateur de Hauts-de-Seine Habitat, favorisé sa fille pour l'attribution d'un logement social avec terrasse, dans sa ville. Cette dernière a également été condamnée à une amende de 2000 euros avec sursis pour recel de bien provenant de trafic d’influence. L’enquête avait été ouverte en 2012, après un signalement du groupe socialiste au conseil général des Hauts-de-Seine. L'élu a déclaré qu'il ferait appel de ce jugement[28],[29].

Conséquence de cette condamnation, Philippe Pemezec n'est pas candidat à l'élection régionale de 2015 en Île-de-France alors qu’il devait occuper la troisième position de la liste départementale des Hauts-de-Seine. Valérie Pécresse, tête de liste Les Républicains, considérant cette condamnation rédhibitoire, décide de lui retirer son investiture. Après moult tractations un compromis est trouvé, Philippe Pemezec sera remplacé par sa femme en huitième position sur la liste[30].

Le 30 mars Philippe Pemezec obtient la relaxe de sa condamnation de prise illégale d’intérêts. Malgré la présence de sa signature sur la feuille d'émargement le tribunal n'a pas été en mesure de prouver que Philippe Pemezec a participé à l'examen du dossier de sa fille par la commission d'attribution.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Discrimination au logement[modifier | modifier le code]

Dans son livre Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée, la journaliste Claire Checcaglini raconte que Philippe Pemezec (vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine chargé de l'égalité des chances) lui explique qu'il « écarte » les dossiers des « Arabes » dans sa commune lors des commissions d'attribution de logements sociaux : « Je participe aux commissions d'attribution des logements sociaux à l'office départemental des Hauts-de-Seine. Et je peux vous dire qu'au Plessis, il n'y a pas beaucoup d'Arabes. Je fais très gaffe. »[31]

Philippe Pemezec n'a pour l'instant jamais nié avoir tenu ces propos[32].

Sollicité par les journalistes de Médiapart, Patrick Simon, chercheur à l'Ined réalise une étude comparative des attributions à Boulogne et au Plessis-Robinson. Les données des neuf commissions d'attribution entre avril 2011 et février 2012 révèlent une très nette sous représentation des noms à consonance maghrébine dans les dossiers présentés pour le Plessis-Robinson et le chercheur de conclure à une probable discrimination ethnique[33].

Des élus des Hauts-de-Seine mais aussi des habitants du Plessis-Robinson se sont émus auprès de Patrick Devedjian, Président du Conseil général des Hauts-de-Seine de ces pratiques discriminatoires [34][réf. insuffisante].

Emploi fictif[modifier | modifier le code]

Après avoir vu son élection en tant que député des Hauts-de-Seine invalidée en novembre 2007, Philippe Pemezec est nommé en février 2008 chargé de mission sur l'accession sociale à la propriété, auprès du ministre du Logement. Il aurait perçu pour cette mission la même indemnité que celle de son mandat de député (5400 € par mois). Le successeur de Christine Boutin, Benoist Apparu met fin à cette mission en juin 2010 (un an avant le terme prévu) après que la presse a mis en lumière la discordance entre sa rémunération et le caractère banal, voire plagié, des rapports qu'il produisait[35].

Le parquet de Nanterre ouvre le 10 mai 2013 une information judiciaire contre X pour « détournement de fonds publics, complicité et recel »[36], tandis que l'ancienne ministre Christine Boutin met en cause Claude Guéant[37].

Propos sexistes[modifier | modifier le code]

En juin 2016, il est accusé par Anne Hidalgo d'avoir tenu des propos sexistes[38] ce qu'il dément par la suite[39].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le livre noir de l'intercommunalité avec Patrick Beaudouin, éditions Beaudouin, (ISBN 978-2-9525780-0-4), septembre 2005 Fiche ouvrage
  • Bonheur de ville un maire au chevet de sa banlieue, éditions Eyrolles, juin 2007

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décision no 2007-3965 du 29 novembre 2007 » sur le site du Conseil constitutionnel.
  2. [1]
  3. « Résultat des élections législatives 2012 », sur www.interieur.gouv.frr (consulté le 16 février 15)
  4. « Décision n° 2007-3965 AN du 29 novembre 2007 », Journal officiel,‎ (lire en ligne)
  5. [2]
  6. a, b et c « Ces maires qui ont choisi de bâtir », sur lejdd.fr,‎ (consulté le 16 février 15)
  7. « Résultat des élections législatives 2002 », sur interieur.gouv.fr,‎ (consulté le 16 février 15)
  8. « RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION DES AFFAIRES ECONOMIQUES, DE L'ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE SUR LE PROJET DE LOI (n° 950), d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, PAR M. PHILIPPE PEMEZEC, Député. », sur www.assemblee-nationale.fr,‎ (consulté le 16 février 15)
  9. [3]
  10. Nastia Houdiakova, « Les Robinson du Plessis », Causeur, no 70,‎ , p. 90-93 (lire en ligne)
  11. « La ville du Plessis-Robinson lauréate du Grand Prix Européen de l’Urbanisme 2012 », sur urbanews.fr,‎ (consulté le 16 février 14)
  12. [4], valeursactuelles.com
  13. Jacques Moran, « La « cité des Yougoslaves » sur le chemin de la démolition », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  14. « Charles Pasqua, « Maires en colère », subvention à l’association des élus du RER B, situation comptable de la commune : retour sur le conseil municipal du 9 juillet », sur http://philippepemezec.fr/,‎
  15. Jila Varoquier, « Le Plessis-Robinson : la place de la Résistance transformée en place Pasqua, ils n’en veulent pas », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  16. Pascale Autran, « Au Plessis-Robinson, la place Pasqua ne passe toujours pas », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  17. « Pétition Arrêtons le hold up sur notre place de la Résistance »
  18. « Au Plessis-Robinson, la place de la Résistance, rebaptisée "Charles-Pasqua", agace », lefigaro.fr, 22 octobre 2015.
  19. http://www.nonalaturquie.com/site/site.php?page=documents&documents=Articles&id=10
  20. Nouvelles d'Arménie en Ligne
  21. Tchobanian - Présentation de la revue Europe & Orient
  22. http://lci.tf1.fr/politique/2010-11/devedjian-accuse-les-sarkozy-de-pressions-pour-l-entraver-6154292.html
  23. Paix armée entre UMP au conseil général des Hauts-de-Seine, Le Monde, 30 mars 2011.
  24. http://www.amazon.fr/Le-monarque-son-fils-fief/dp/2354171609
  25. « La "face sombre de l'ancien monarque" Sarkozy vue des Hauts-de-Seine », sur lemonde.fr,‎
  26. « Bienvenue au Front ! »
  27. « Philippe Pemezec condamné pour injures », Le Parisien, 9 décembre 2010.
  28. LeFigaro.fr avec AFP, « Hauts-de-Seine: un maire condamné à 6 mois avec sursis », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  29. Thibault Chaffotte (avec A.-S.-D.), « Hauts-de-Seine : le maire UMP du Plessis condamné pour une HLM attribuée à sa fille », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  30. Anne-Sophie Damecour, « Régionales : Pemezec remplacé par sa femme sur liste LR-UDI-MoDem », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  31. Une journaliste infiltrée au cœur du Front national, "Le Figaro", 22 février 2012
  32. Maud Vergnol, « Pemezec navigue dans les eaux de l’extrême droite », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  33. Mathilde Mathieu, Michaël Hadjenberg, « Philippe Pemezec, le maire UMP qui « loge très peu d'Arabes » », sur Mediapart.fr (consulté le 26 juin 2016)
  34. « Protestations d'élus des Hauts de Seine et de la région Ile de France », sur Vivre au Plessis-Robinson,‎
  35. La mission du patron de l'UMP départementale fait scandale, leparisien.fr, 2 juillet 2010.
  36. Emplois présumés fictifs : une information judiciaire viserait Guéant et Boutin. France Info, 16 mai 2013.
  37. Soupçons d'emploi fictif, Boutin charge Guéant sur Twitter, TF1, 16 mai 2013.
  38. Sexisme : passe d'armes entre Anne Hidalgo et l'élu du Plessis-Robinson, leparisien.fr
  39. http://philippepemezec.fr/communique-de-presse-de-philippe-pemezec-suite-a-la-polemique-lancee-par-anne-hidalgo/
  40. « Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination », Légifrance

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr) Blog de Philippe Pemezec
  • (fr) Fiche sur le site de l'Assemblée nationale