Groupe international d'experts sur les ressources

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Groupe International d'Experts sur les Ressources
Organe de l'ONU
Type d'organisation Panel scientifique
Acronymes GIER
Chef Janez Potočnik et Izabella Teixeira
Statut Actif
Membres
Siège Paris (France)
Création 2007
Site web http://www.unep.org/resourcepanel
Organisation parente
Janez Potočnik, coprésident du Groupe International d'Experts sur les Ressources (GIER)

Le Groupe International d'Experts sur les Ressources (GIER ou International Resource Panel) est un groupe d'experts scientifiques indépendant créé en 2007 par l'ONU pour aider les pays à utiliser les ressources naturelles de manière durable et soutenable, c'est-à-dire sans compromettre les besoins humains présents et futurs.

Il est hébergé par le Programme des Nations unies pour l'environnement.

Missions[modifier | modifier le code]

Sa mission est double :

  • Il produit des informations synthétiques, indépendantes et cohérentes, sur les ressources naturelles (minérales notamment). En particulier, il évalue le volume des réserves de matières premières importantes, stratégiques ou critiques (dont les matières premières minérales critiques).
  • Le panel évalue l'efficacité avec laquelle ces ressources sont utilisées, et les impacts du cycle de vie long des produits et des services créés et consommés avec ces ressources, au regard d'options ou de scénarios efficients, c'est-à-dire retenus - à échelle planétaire ou supranationale pour répondre aux besoins humains et économiques, avec moins de ressources et en dégradant moins l'environnement.
  • Sur ces bases, il fournit des conseils d'expert à l'ONU, aux gouvernements, aux industriels sur ces sujets ; Les rapports du Panel sont censés être politiquement pertinents et pouvoir fournir aide et conseil à la formulation de politiques publiques, ainsi qu'à la planification et devraient servir à la programmation d'une meilleure gestion des ressources.

Objectif[modifier | modifier le code]

Son travail doit faciliter le découplage entre la croissance[1] (démographique, économico-industrielle) et la surconsommation et surexploitation de ressources (pas, peu, difficilement, coûteusement ou lentement renouvelables). Ceci implique de stopper le gaspillage qui est aussi source de dégradation de l'environnement et de la santé, et qui conduit à l'épuisement de nombreuses ressources[2],[3]. Une modification du « métabolisme industriel »[4] ainsi qu'une transition écologique vers une économie verte et plus circulaire où tous les déchets seraient recyclés implique une connaissance fine et constamment réactualisée des flux et stocks de toutes les ressources et des pressions sur celles-ci.

Contexte et histoire du GIER[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de libéralisation et mondialisation économiques des dernières décennies du XXe siècle, alors qu'approche le peak oil[5],[6], l'humanité prend conscience de la dépendance[7] croissante des prix[8] des biens et des services, ainsi que de l'économie mondialisée aux énergies fossiles et nucléaire en général[9]. Dans le même temps, émerge la perception des enjeux locaux et globaux liés à la double crise du changement climatique et à l'effondrement de la biodiversité. Le Sommet de Rio (juin 1992) classe ces deux problèmes comme les plus urgents à résoudre au monde (avec la déforestation et la désertification). Ces deux questions sont aussi de plus en plus considérées comme symptomatiques d'un problème plus large lié à la surexploitation des stocks et des flux[10] des ressources naturelles, et d'un manque d'attention portée à leur gestion[11].

Les ressources en question comprennent les matières (combustibles fossiles, matières fissiles, biomasse terrestre et marine, minéraux et métaux nécessaires à la construction, aux infrastructures et à l'industrie, à la défense ou aux télécommunications), mais aussi dans certaines régions du monde l'énergie, l'eau, la terre (en tant que surface foncière limitée et en tant que sol fertile nécessaire aux cultures, élevages et forêts).

Après divers ouvrages et alertes publiés par le club de Rome, les partis écologistes, le WWF, Greenpeace ou le World Resources Institute[10], en 2005, le Millennium Ecosystem Assessment a confirmé que la hausse rapide et planétaire des pressions humaines sur les ressources naturelles (empreinte écologique, empreinte énergétique, empreinte carbone, empreinte eau…) ont causé des pertes considérables, et pour partie irréversibles, de la biodiversité qui est une source fondamentale et vitale de services écosystémique pour l'humanité [12]. Des conséquences sociales graves existent aussi avec une inégalité de répartition des ressources et richesses aggravée par le libéralisme et des marchés dérégulés, toujours au détriment des populations et pays les plus pauvres[13].

Le taux actuel de consommation de ressources - par les pays riches et industriels essentiellement - dont en combustibles fossiles, métaux, terres rares, eau et bois, est devenu insoutenable et inéquitable, même pour les ressources renouvelables que nous consommons plus vite qu'elles ne peuvent se renouveler. C'est ce que montre notamment l'index Planète vivante du WWF[14] qui constate qu'au rythme de croissance et de consommation de ressources des années 2000, il fraudra à l'humanité d'ici 2050, l'équivalent des ressources d'au moins deux planète[14].

L'idée d'utiliser raisonnablement et de manière optimisée (en les recyclant donc) les ressources est officiellement entrée dans l'agenda de la gouvernance mondiale de l'Organisation des Nations unies à Rio de Janeiro en 1992 à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (ou « Sommet de la Terre ») [15].

Depuis longtemps, les spéculateurs et certains industriels jouent sur l'envolée des cours des métaux et produits rares.
Cette rareté conduit aussi à des faillites, à l'insécurité d'approvisionnement et à des tensions sur les marchés générant des situations parfois violentes, une économie occulte et dangereuse pour l'environnement et les personnes (milliers des mines artisanales illégales, orpaillage illégal au mercure…), alimentant des conflits violents ou des guerres civiles comme en Afrique.

L'OCDE, l'Europe (via l'AEE[16] et Eurostat[17]), certains gouvernements et divers acteurs publics ou privés assuraient dans le monde, pour leur propre compte, une veille technologique et stratégique et avec des géologues (du BRGM en France) et des spécialistes du recyclage (au sein de l'Ademe par exemple) un travail d'inventaire des matières premières menacée [18]. Ces informations souvent jugées d'intérêt stratégiques sont peu partagées, ou sont parfois tenues secrètes, empêchant ou freinant la planification d'une gestion durable, cohérente et planétaire de nombreuses ressources stratégiques. Il existe en outre des flux cachés (empreinte eau délocalisée[19] et énergies « grises » peu ou mal prix en compte par les indicateurs classiques[20].

En 2005, plusieurs organisations environnementales internationales (ONGE) de premier plan ont entrepris de mettre en relation des travaux disparates ayant comme point commun les ressources naturelles.

Aux États-Unis l'USGS publiait déjà des données mondiales sur les ressources. En 2005, en Europe la Commission européenne a subsidiairement mis en place une nouvelle stratégie sur l'utilisation durable des ressources naturelles utilisées en Europe[21] and UNEP was conducting detailed studies into the way we use resources and their impacts[22].

L'ONU appelle à un « New deal » écologique (2009)[23] et a pour sa part mis en place ce panel scientifique pour disposer d'une évaluation mondiale et transparente des ressources certaine et potentielles et des données sur la gestion et le recyclage de ces ressources.

Structure et gouvernance du panel[modifier | modifier le code]

Le Groupe International d'Experts sur les Ressources comprend 30 experts issus d'un large éventail d'institutions universitaires et d'organisations scientifiques (voir tableau ci-dessous).

Le GIER est coprésidé par Janez Potočnik, ancien Commissaire européen à la recherche, à l'innovation et à la science de novembre 2004 à octobre 2009 puis Commissaire européen à l'environnement de novembre 2009 à novembre 2014. Il est assisté par Izabella Teixeira, ancienne ministre de l'environnement du Brésil (avril 2010 à mai 2016).

Son comité directeur rassemble des représentants de plus de 20 gouvernements et de la Communauté européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et d'organisations de la société civile dont l'Union internationale pour la conservation de la nature, le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (World Business Council for Sustainable Development) et le Conseil international pour la science.

Il est soutenu par un secrétariat léger, accueilli par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dans son bureau de Paris, en France. Le secrétariat du GIER est actuellement présidé par le docteur Peder Jensen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ayres, R.U. and van den Bergh, J.C.M. (2005) A Theory of Economic Growth Material/ Energy Resources and Dematerialization: Interaction with Three Growth Mechanisms. Ecological Economics, 55:96-118
  2. ONU/PNUE, IRP, Decoupling natural resource use and environmental impacts from economic growth ; “People believe environmental ‘bads’ are the price we must pay for economic ‘goods.’ However, we cannot, and need not, continue to act as if this trade-off is inevitable" ; UN Under Secretary-General Achim Steiner, UNEP’s Executive Director
  3. Fischer-Kowalski, M., Swilling, M., von Weizsäcker, E.U., Ren, Y., Moriguchi, Y., Crane, W., Krausmann, F., Eisenmenger, N., Giljum, S., Hennicke, P., Romero Lankao, P., Siriban Manalang, A., Sewerin, S. (2011), Decoupling natural resource use and environmental impacts from economic growth, A Report of the Working Group (UNEP) on Decoupling to the International Resource Panel (en anglais), (ISBN 978-92-807-3167-5), PDF, 174 p
  4. Ayres, R.U. (1994) Industrial metabolism: theory and policy. In B. R. Allenby & D. J. Richards (eds.), The Greening of Industrial Ecosystems: 23-37. Washington, DC: National Academy Press.
  5. Aleklett, K., Höök, M., Jakobsson, K., Lardelli, M., Snowden, S. and Söderbergh, B. (2009) The Peak of the Oil Age – analyzing the world oil production Reference Scenario in World Energy Outlook 2008, Energy Policy, Volume 38, Issue 3, March 2010, Pages 1398-1414
  6. Association for the Study of Peak Oil and Gas (ASPO) Newsletter No. 100 (2009) http:// aspoireland.files.wordpress.com/2009/12/newsletter100_200904.pdf
  7. Behrens, A., Giljum, S., Kovanda, J. and Niza, S. (2007) The Material Basis of the Global Economy: Worldwide Patterns of Natural Resource Extraction and their Implications for Sustainable Resource use Policies. Ecological Economics, 64:444-453.
  8. AIECE (2009) World commodity prices 2009. Association of European Conjuncture Institutes, Working Group on Commodity Prices
  9. AGAMA Energy (2005) 'Every Decision is an Energy Decision': Sustainable Development's Hottest Topic. Cape Town: Unpublished paper commissioned by the Department of Environmental Affairs and Tourism
  10. a et b Adriaanse, A., Bringezu, S., Hammond, A., Moriguchi, Y., Rodenburg, E., Rogich, D. and Schütz, H. (1997) Resource Flows: The Material Basis of Industrial Economies. World Resources Institute, Washington, DC
  11. Bringezu, S. and Bleischwitz, R. (2009) Sustainable Resource Management: Global Trends, Visions and Policies. Wuppertal Institute, Germany.
  12. Millennium Ecosystem Assessment, (2005). Ecosystems and Human Well-being: Synthesis. Island Press, Washington, DC.
  13. Christian Aid (2005) The Economics of Failure: The Real Cost of ‘Free’ Trade for Poor Countries. Christian Aid, London
  14. a et b WWF (2006), Living Planet Report.
  15. Doris A. Fuchs and Sylvia Lorek, Sustainable Consumption Governance: A History of Promises and Failures
  16. EEA (2005) Sustainable use and management of natural resources. EEA Report No 9/2005. European Environment Agency (EEA), Copenhagen
  17. Bringezu, S. and Schutz, H. (2001) Material use Indicators for the European Union, 1980- 1997. Economy-Wide Material Flow Accounts and Balances and Derived Indicators of Resource use. Luxembourg: Eurostat
  18. OECD OECD's Work on Sustainable Materials & Waste Management
  19. Chapagain, A.K. and Hoekstra, A.Y. (2008) The global component of freshwater demand and supply: An assessment of virtual water flows between nations as a result of trade in agricultural and industrial products, Water International 33(1): 19-32
  20. Bringezu, S., Schutz, H., Steger, S. and Baudisch, J. (2004) International Comparison of Resource use and its Relation to Economic Growth: The Development of Total Material Requirement, Direct Material Inputs and Hidden Flows and the Structure of TMR. Ecological Economics, 51(1/2):97-124.
  21. European Commission, Sustainable Use of Natural Resources
  22. UNEP Annual Report 2005 Sustainable Living
  23. Barbier, E.B. (2009) A Global Green New Deal: Report prepared for the Economics and Trade Branch, Division of Technology, Industry and Economics, United Nations Environment Programme

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fischer-Kowalski, M., Swilling, M., von Weizsäcker, E.U., Ren, Y., Moriguchi, Y., Crane, W., Krausmann, F., Eisenmenger, N., Giljum, S., Hennicke, P., Romero Lankao, P., Siriban Manalang, A., Sewerin, S. (2011), Decoupling natural resource use and environmental impacts from economic growth, A Report of the Working Group (UNEP) on Decoupling to the International Resource Panel (en anglais), (ISBN 978-92-807-3167-5), PDF, 174 p
  • (fr) http://www.unep.org/resourcepanel/Publications/EnvironmentalChallengesMetals/tabid/106142/Default.aspx Risques Environnementaux et défis liés aux flux et xycles de métaux anthropogéniques]
  • Banque mondiale, Commission on Growth and Development (2008) The Growth Report: Strategies for Sustained Growth and Inclusive Development ; Washington, DC
  • Eurostat (2001) Economy-wide Material Flow Accounts and Derived Indicators. A methodological guide. Luxembourg: Eurostat, European Commission, Office for Official Publications of the European Communities, 1-92.
  • Eurostat (2002) Material use in the European Union 1980-2000. Indicators and Analysis. Office for Official Publications of the European Communities, Luxembourg.
  • Eurostat (2007) Economy-wide Material Flow Accounting. A Compilation Guide. European Statistical Office, Luxembourg.