Volonté générale

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Le concept de volonté générale, conçu par Jean-Jacques Rousseau dans Du contrat social, désigne ce que tout citoyen devrait vouloir pour le bien de tous y compris pour son intérêt propre.

En ceci, cette volonté se distingue de la volonté particulière, par laquelle chaque individu recherche son bien personnel. C'est sur la volonté générale que repose le contrat social.

La force du contrat social est que chacun veut « constamment le bonheur de chacun » des autres membres de l'association, ainsi « il n'y a personne qui ne s'approprie ce mot chacun, et qui ne songe à lui-même en votant pour tous » (Contrat social, II, IV).

La volonté générale dans Émile, ou De l'éducation[modifier | modifier le code]

« À l'instant que le peuple considère en particulier un ou plusieurs de ses membres, le peuple se divise. Il se forme entre le tout et sa partie une relation qui en fait deux êtres séparés, dont la partie est l'un, et le tout moins cette partie est l'autre. Mais le tout moins une partie n'est pas le tout ; tant que ce rapport subsiste il n'y a donc plus de tout, mais deux parties inégales.

Au contraire quand tout le peuple statue sur tout le peuple, il ne considère que lui-même, et s'il se forme un rapport, c'est de l'objet entier sous un point de vue à l'objet entier sous un autre point de vue, sans aucune division du tout. Alors l'objet sur lequel on statue est général, et la volonté qui statue est aussi générale. » (Émile ou De l'éducation, livre V, Pléiade, p. 842.)

La volonté générale dans Du contrat social[modifier | modifier le code]

La « volonté générale » (ou volonté du peuple) fonde la légitimité du pouvoir politique.

Les forces de l’État peuvent seulement être dirigées par la volonté générale (l’accord des intérêts particuliers) pour tendre vers le bien commun. La souveraineté populaire peut être déléguée, en s’accordant provisoirement avec la volonté d’un homme, mais ne saurait se soumettre dans la durée à la volonté d'un seul homme. Il est à noter que la volonté générale ne correspond pas à la volonté de la majorité : elle est, d'après Rousseau, "la somme des différences de la volonté de tous"[1], à laquelle on a donc ôté les plus et les moins qui s'entredétruisent.

Influence[modifier | modifier le code]

Ce concept eut une grande influence sur les grands orateurs de la Révolution française ; il est explicitement mentionné, par exemple, dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges.

Ce concept a également beaucoup influencé John Rawls pour la construction de son concept de voile d'ignorance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre II, Chapitre III