Nathalie Goulet

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Nathalie Goulet
Nathalie Goulet en 2014.
Nathalie Goulet en 2014.
Fonctions
Sénatrice de l'Orne
En fonction depuis le
Élection
Groupe politique UDI - UC
Prédécesseur Daniel Goulet
Biographie
Nom de naissance Nathalie Milsztein
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Boulogne-Billancourt
Nationalité Française
Conjoint Daniel Goulet (2004-2007)
Profession Avocate

Nathalie Goulet, née Milsztein le à Boulogne-Billancourt (Seine), est une femme politique française. Sénatrice de l'Orne depuis 2007, elle est membre du groupe Union des démocrates et indépendants - UC au Sénat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après des études de droit et un premier prix au concours général de droit civil, Nathalie Milsztein est avocate au barreau de Paris. Compagne du sénateur RPR de l'Orne, Daniel Goulet, elle devient son assistante parlementaire en 1999[1], avant de devenir sa suppléante le 23 septembre 2001, puis son épouse en 2004.

Radiée en janvier 2000 par le Conseil de l'ordre de Paris pour des manquements graves à la déontologie du métier d'avocat[2],[3], décision confirmée en appel en 2006, elle dépose un pourvoi en cassation[4] et est réinscrite au Barreau de Paris en 2011. Elle sollicite ensuite son omission[réf. insuffisante][5]. En 2014, sur sa déclaration d'intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, elle ne déclare plus aucun revenu en tant qu'avocate, et n'exercer aucune activité annexe[6].

Le , au cours d'une mission parlementaire au Moyen-Orient, Daniel Goulet fait une attaque cérébrale et décède le 25 à l'hôpital Cheikh-Khalifa d'Abou Dabi aux Émirats arabes unis. À la suite d'une plainte contre X[7] déposée en avril 2007, l'enquête retient une mort naturelle par AVC et se conclut par un non-lieu en décembre 2008[8]. Le 15 novembre 2007[4], par un jugement confirmé en appel le 18 décembre 2008[9], Nathalie Goulet fait condamner plusieurs journalistes du Point ainsi que Franz-Olivier Giesbert pour un article jugé diffamatoire.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En qualité de suppléante, Nathalie Goulet succède à son mari comme sénatrice[10] de l'Orne, membre du groupe RDSE[11]. À l'occasion du renouvellement sénatorial du 21 septembre 2008, Nathalie Goulet rejoint le groupe parlementaire de l'Union centriste.

Elle est réélue sénatrice de l'Orne le 25 septembre 2011, obtenant 491 voix au premier tour et 617 voix au second tour (soit environ 60 % des suffrages)[12].

Membre de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, Nathalie Goulet est également membre titulaire de la délégation sénatoriale à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN et présidente du groupe interparlementaire d’amitié France-Pays du Golfe (après avoir présidé celui d’amitié France-Yémen). Elle est par ailleurs vice présidente des groupes d’amitiés France-Mongolie et France-Asie-centrale. Elle est également secrétaire du groupe d'amitié France-Australe[13].

Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, elle soutient François Bayrou[14] puis François Hollande au lendemain du premier tour[15].

Le , Nathalie Goulet annonce sa candidature à la présidence du Sénat[16]. Elle la retire le suivant, ses collègues du groupe centriste lui préférant François Zocchetto, président du groupe[17]. Bien que non candidate, elle obtient une voix au premier tour de scrutin, le .

Nathalie Goulet est depuis octobre 2014 présidente de la Commission d'enquête sur l'organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe[18].

Activités parlementaires[modifier | modifier le code]

Nathalie Goulet en 2012.

Depuis septembre 2008, Nathalie Goulet est membre titulaire de la délégation sénatoriale à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, membre du groupe de travail portant sur la révision constitutionnelle et la réforme du règlement du Sénat et membre de la Commission plénière diagnostic stratégique France 2025[19]. Elle est aussi membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées[20].

En janvier 2011, elle est élue pour siéger au sein de la mission d’information sur le système de contrôle et d’évaluation des médicaments.

De 2008 à 2015, elle est rapporteur de la sous-commission économique de l'Assemblée parlmentaire de l'OTAN et publie un rapport sur le financement du terrorisme[21].

En juin 2015, elle quitte la délégation parlementaire de l'OTAN.

Depuis juin 2015, elle est Vice-Présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées.

Aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

Nathalie Goulet s’est opposée à la réforme de la carte judiciaire estimant qu’il faudrait aujourd’hui 110 magistrats de plus par département pour compenser la suppression des juridictions de proximité[22].

Elle défend l’enseignement agricole public comme vecteur de développement pour l’agriculture mais également pour le développement durable et les questions environnementales[23].

Lutte contre le terrorisme[modifier | modifier le code]

Elle a été rapporteur de deux projets de loi, l'un portant convention d'assistance avec l'Arabie saoudite et l'autre de coopération militaire avec les Émirats arabes unis. Ces textes précisent que la coopération avec la France doit se faire par des organismes officiellement désignés et dans des domaines d'exercice de l'assistance et de la coopération technique définis et encadrés.

En mars 2014, elle dépose une proposition de résolution tendant à la mise en place d'une commission d’enquête sénatoriale sur la plateforme nationale des interceptions judiciaires[24].

En juin 2014, elle obtient la création d’une commission d’enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes en France[25],[26].

Depuis octobre 2015, elle est rapporteur de la mission d'information sur l'organisation, la place et le financement de l'Islam en France et de ses lieux de culte[27].

Lutte contre la fraude fiscale[modifier | modifier le code]

Nathalie Goulet est membre de la Commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales[28] en 2012, elle est vice-présidente de la Commission d'enquête sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l'évasion des capitaux[29] crée après à l’affaire Cahuzac en 2013. Elle intervient régulièrement en séance publique à ce sujet, comme lors du débat sur l'efficacité des conventions fiscales internationales pour en dénoncer l'usage abusif[30].

Droit à l’oubli et libertés sur internet[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, Nathalie Goulet demande la création d'un groupe de réflexion sur « le respect de la vie privée et de la présomption d'innocence à l'heure du numérique » afin de garantir un minimum de règles du jeu sur internet pour protéger les citoyens et réclamant un « droit à l'oubli » sur internet[31].

Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Nathalie Goulet demande depuis plusieurs années la réduction du nombre des ambassadeurs thématiques[32] qu'elle considère comme des « postes pour des amis ou collègues en mal d'exotisme »[33].

Elle est désignée rapporteur d'un projet de loi sur la coopération avec la Turquie en matière de sécurité intérieure[34].

Le sénateur est également rapporteur d'un projet de loi sur l'indemnisation des victimes de la Shoah[35].

Iran et pays du Golfe[modifier | modifier le code]

Nathalie Goulet déplore l'image dégradée de l’Iran sur la scène internationale et salue l’élection du président Hassan Rohani. Elle plaide ainsi pour l’aboutissement rapide des négociations sur l’accord nucléaire iranien[36]. Elle prône un rapprochement entre les deux rives du Golfe. Elle a proposé que les groupes d’amitiés parlementaires France – Pays du Golfe et France - Yémen soient systématiquement associés à la diplomatie économique du gouvernement français dans la région[37].

Israël[modifier | modifier le code]

Le 10 mars 2016, Nathalie Goulet pose une question écrite au secrétaire d'État chargé du budget, Christian Eckert. Elle relève que les contribuables français qui font un don à l'armée israélienne ont droit à une réduction d'impôts de 60% et elle demande « l'explication de cette disposition exorbitante du droit commun », « niche fiscale payée par le contribuable français au profit d'une armée étrangère[38] ». À la date du 25 mars 2016, elle n'avait pas reçu de réponse. Elle déclare qu'après avoir posé cette question, elle a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux[39],[40]. À cette occasion, le site israélien I24news la dénonce comme s'étant « fait une spécialité dans l'activisme anti-israélien flirtant avec l'antisémitisme[41] ».

Azerbaïdjan et Arménie[modifier | modifier le code]

Vice-présidente du groupe interparlementaire d'amitié France-Turquie au Sénat, elle se félicite fin février 2012 de la censure du Conseil constitutionnel sur la loi visant à réprimer la contestation de l'existence des génocides reconnus par la loi (incluant le génocide arménien de 1915[42]).

Fin 2012, dans une lettre au journal arménien Hetq, elle précise qu'elle reconnaît l'existence du génocide arménien et que son opposition à la loi était basée sur sa conviction que ce n'est pas à l'Assemblée nationale d'écrire l'Histoire[43],[44].

En septembre 2015, dans une interview, Nathalie Goulet réaffirme ses liens forts avec l’Azerbaïdjan et le soutien qu'elle lui apporte, estimant que, même si le régime a certains aspects peu démocratiques, ce n'est pas une raison de s'abstenir de faire du commerce avec le pays, pas plus que les reproches qu'on peut faire à la Chine ou à l'Arabie saoudite en matière de droits de l'homme n'empêchent de commercer avec elles. Elle se félicite que l’Azerbaïdjan, bien que musulman, construise une bonne relation avec Israël[45].

Le 3 avril 2016, un jour après le début d'hostilités entre l'Arménie et l’Azerbaïdjan, elle est la première personnalité politique à saisir l'ONU pour demander la condamnation de l'Arménie et le soutien à l’Azerbaïdjan[46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé, Jérôme Pierrat et Olivia Recasens, « Affaire Goulet - Mort d'un sénateur », Le Point no 1807 du 3 mai 2007.
  2. « Nathalie Goulet élu sénateur de l'Orne », sur Ouest-France,‎
  3. Arrêt de la cour d'appel en 2000
  4. a et b Le Point condamné pour avoir diffamé la veuve du sénateur Daniel Goulet, AFP, 16 novembre 2007.
  5. arrêté du Conseil de l'Ordre du 6 décembre 2011
  6. Déclaration sur le site de la HATVP
  7. « Le Parquet ouvre une enquête qui vise la sénatrice de l'Orne », Le Monde du 12 octobre 2007.
  8. Affaire Goulet : la justice rend un non-lieu, Ouest-France, 24 décembre 2008.
  9. Affaire Goulet : la cour d'appel de Paris confirme la condamnation du Point, Ouest-France, 18 décembre 2008.
  10. Nathalie Goulet se désigne elle-même comme « sénateur de l'Orne », sans recourir à la féminisation du titre, par exemple dans une lettre adressée à François Hollande, et dont elle révèle la teneur le 23 juillet 2014 dans un billet de son blog hébergé sur Mediapart, cf. « Massacre à Gaza - Campagne de télégrammes au président de la République », consulté le 30 juillet 2014. De surcroît, le nom de son compte, sur Mediapart, est « Sénateur Goulet », tandis que le blog est titré « Blog du Sénateur Nathalie Goulet ».
  11. Simon Marty, « L'épouse du sénateur était la coupable idéale », Marianne, 8 décembre 2007.
  12. Résultats, ministère de l'Intérieur
  13. Sénat français, « Mme Nathalie Goulet, sénateur de l'Orne (Normandie) - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 22 mars 2016)
  14. « Le sénateur Nathalie Goulet appelle à voter Bayrou », Ouest-france.fr, 8 mars 2012.
  15. La centriste Nathalie Goulet votera Hollande, lemonde.fr, 23 mars 2012.
  16. Nathalie Goulet tentée par la présidence du Sénat, Ouest-France, 8 juillet 2014.
  17. Laure Equy, « "Au Sénat, il n'y a pas que des dorures et des papis misogynes" », liberation.fr, 30 septembre 2014.
  18. « Nathalie Goulet - Sénateur », sur Sénat.fr (consulté le 10 février 2015)
  19. Site officiel.
  20. « Fiche sur le site du Sénat », sur Senat.fr
  21. « NATO PA - Le financement du terrorisme », sur www.nato-pa.int (consulté le 23 mars 2016)
  22. « Dossier sur le site du Sénat », sur Senat.fr
  23. « Dossier sur le site du Sénat », sur Senat.fr
  24. http://www.senat.fr/leg/ppr13-422.html
  25. « Dossier sur le site du Sénat », sur Senat.fr
  26. http://www.tendanceouest.com/alencon/actualite-74684-nathalie-goulet-veut-une-commission-enquete-sur-la-lutte-contre-les-reseaux-djihadistes-en-france.html
  27. « Mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de culte - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 23 mars 2016)
  28. http://www.senat.fr/commission/enquete/evasionfiscale/index.html#c564329
  29. http://www.senat.fr/commission/enquete/role_des_banques_et_acteurs_financiers_dans_levasion_des_ressources_financieres/index.html#c589413
  30. http://www.senat.fr/seances/s201304/s20130423/s20130423014.html#int1276
  31. http://www.ouest-france.fr/le-senateur-goulet-reclame-le-droit-loubli-sur-internet-540631
  32. http://intranet.senat.fr/amendements/2013-2014/671/Amdt_173.html
  33. http://bercy.blog.lemonde.fr/2012/07/27/ambassadeurs-itinerants-sous-le-feu-de-la-rigueur/
  34. « N° 137 - Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord de coopération dans le domaine de la sécurité intérieure entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Turquie », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 23 mars 2016)
  35. « Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des États-Unis d'Amérique sur l'indemnisation de certaines victimes de la Shoah déportées depuis la France, non couvertes par des programmes français », sur www.senat.fr (consulté le 23 mars 2016)
  36. http://www.senat.fr/questions/base/2011/qSEQ11110713G.html
  37. http://www.senat.fr/international/gs_pres.html
  38. Voir la question n° 20545 sur [le site du Sénat français].
  39. « Niche fiscale et Tsahal. La sénatrice de l'Orne menacée de mort », Ouest France, 25 mars 2016, modifié le 26, en ligne.
  40. Geoffroy Lang, « Menacée de mort pour une niche fiscale en faveur d'Israël, la sénatrice Nathalie Goulet s'explique », RTL, 1er avil 2016, en ligne.
  41. « France: une sénatrice s'étonne d'une niche fiscale en faveur de Tsahal », 26 mars 2016, site i24news
  42. « Nathalie Goulet se félicite de la censure du Conseil constitutionnel », Ouest-France,‎ (consulté le 10 mai 2012)
  43. (en) « French Senator Goulet Responds to Hetq Article: Says APA Incorrectly Translated Her Words », hetq,‎
  44. « Revirement surprenant de Nathalie Goulet », TRT,‎
  45. Geoffrey Bonnefoy, « Cash Investigation : Nathalie Goulet persiste et signe sur l'Azerbaïdjan », sur metronews (consulté le 3 avril 2016)
  46. (en) « French senator calls on UN Security Council to condemn Armenian agression against Azerbaijan », sur today.az (consulté le 3 avril 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]