Nathalie Goulet

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Nathalie Goulet
Illustration.
Nathalie Goulet en 2012.
Fonctions
Sénatrice française
En fonction depuis le
(15 ans, 5 mois et 19 jours)
Élection 25 septembre 2011
Réélection 24 septembre 2017
Circonscription Orne
Groupe politique RDSE (2007-2008)
UC (2008-2011)
UCR (2011-2012)
UDI-UC (2012-2017)
UC (depuis 2017)
Prédécesseur Daniel Goulet
Biographie
Nom de naissance Nathalie Milsztein
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Boulogne-Billancourt (Seine)
Nationalité Française
Parti politique UDI
Conjoint Daniel Goulet (2004-2007)
Profession Avocate

Nathalie Goulet, née Milsztein le à Boulogne-Billancourt (Seine), est une femme politique française. Sénatrice de l'Orne depuis 2007, elle est membre du groupe Union centriste au Sénat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et vie personnelle[modifier | modifier le code]

Nathalie Milsztein est issue d'une famille juive. La famille de son père a été déportée lors de la rafle du Vel d'Hiv en 1942, mais son père a survécu[1].

Elle a deux enfants qui habitent aux États-Unis[1].

Compagne du sénateur RPR de l'Orne, Daniel Goulet (1928-2007), elle devient son assistante parlementaire en 1999[2], avant d'être sa suppléante à partir du . Elle l'épouse en 2004.

Études et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après des études de droit, Nathalie Milsztein devient avocate au barreau de Paris.

Radiée en janvier 2000 par le conseil de l'ordre de Paris pour des manquements graves à la déontologie du métier d'avocat[3], décision confirmée en appel en 2006, elle dépose un pourvoi en cassation[4] et est réinscrite au Barreau de Paris en 2011. En décembre 2011, elle sollicite et obtient son omission[5].

En 2014, sur sa déclaration d'intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, elle déclare n'avoir plus aucun revenu en tant qu'avocate et n'exercer aucune activité annexe[6].

Le , au cours d'une mission parlementaire au Moyen-Orient, son époux Daniel Goulet fait une attaque cérébrale et meurt le 25 à l'hôpital Cheikh-Khalifa d'Abou Dabi aux Émirats arabes unis. À la suite d'une plainte contre X[7] déposée en avril 2007, l'enquête retient une mort naturelle par AVC et se conclut par un non-lieu en décembre 2008[8].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

En qualité de suppléante, Nathalie Goulet succède à son mari comme sénatrice[9] de l'Orne, membre du groupe RDSE[10]. À l'occasion du renouvellement sénatorial du , elle rejoint le groupe parlementaire de l'Union centriste.

Elle est réélue sénatrice de l'Orne le , obtenant 491 voix au premier tour et 617 voix au second tour (soit environ 60 % des suffrages)[11].

Ancienne vice-présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, Nathalie Goulet a été présidente du groupe interparlementaire d’amitié France-Yémen, puis de celui d’amitié France-Pays du Golfe). Elle a par ailleurs été vice-présidente des groupes d’amitié France-Mongolie et France-Asie centrale, et secrétaire du groupe d'amitié France-Australie[12].

Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, elle soutient François Bayrou[13], sans lui avoir donné de parrainage officiel, puis François Hollande au lendemain du premier tour[14].

Le , elle annonce sa candidature à la présidence du Sénat[15]. Elle la retire le suivant, ses collègues du groupe centriste lui préférant François Zocchetto, président du groupe[16]. Bien que non candidate, elle obtient une voix au premier tour de scrutin, le .

Elle soutient Alain Juppé pour la primaire française de la droite et du centre de 2016 [réf. nécessaire].

Après avoir été secrétaire de la commission des finances, elle occupe la vice-présidence de la Commission des Lois du Sénat[17].

Activités parlementaires[modifier | modifier le code]

Nathalie Goulet en 2014.

Nathalie Goulet est vice-présidente de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale[18].

Lutte contre le terrorisme[modifier | modifier le code]

Elle a été rapporteure de deux projets de loi, l'un portant convention d'assistance avec l'Arabie saoudite[19], l'autre de coopération militaire avec les Émirats arabes unis[20]. Ces textes précisent que la coopération avec la France doit se faire par des organismes officiellement désignés et dans des domaines d'exercice de l'assistance et de la coopération technique définis et encadrés.

En mars 2014, elle dépose une proposition de résolution tendant à la mise en place d'une commission d’enquête sénatoriale sur la plateforme nationale des interceptions judiciaires[21].

En juin 2014, elle obtient la création d’une commission d’enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe[22], dont elle devient, en octobre 2014, présidente[23].

Fraude sociale[modifier | modifier le code]

En mai 2019, une mission d'enquête sur la fraude sociale et son impact sur les finances publiques lui est confiée ainsi qu'à Carole Grandjean par le Premier ministre[24],[25].

Droit à l’oubli et libertés sur internet[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, Nathalie Goulet demande la création d'un groupe de réflexion sur « le respect de la vie privée et de la présomption d'innocence à l'heure du numérique » afin de garantir un minimum de règles du jeu sur internet pour protéger les citoyens et réclamant un « droit à l'oubli » sur internet[26].

Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Elle est désignée rapporteure d'un projet de loi sur la coopération avec la Turquie en matière de sécurité intérieure[27], ainsi que d'un projet de loi sur l'indemnisation des victimes de la Shoah[28].

Elle est aussi rapporteure d'un projet de loi modifiant l’accord sur le commerce, le développement et la coopération entre la Communauté européenne et ses États membres et la République d’Afrique du Sud[29].

Azerbaïdjan et Arménie[modifier | modifier le code]

Vice-présidente du groupe interparlementaire d'amitié France-Turquie au Sénat, elle se félicite fin février 2012 de la censure du Conseil constitutionnel sur la loi visant à réprimer la contestation de l'existence des génocides reconnus par la loi (incluant le génocide arménien de 1915[30]).

Fin 2012, dans une lettre au journal arménien Hetq, elle précise qu'elle reconnaît l'existence du génocide arménien et que son opposition à la loi était basée sur sa conviction que ce n'est pas à l'Assemblée nationale d'écrire l'Histoire[31],[32].

En septembre 2015, dans une interview, Nathalie Goulet réaffirme ses liens forts avec l’Azerbaïdjan et le soutien qu'elle lui apporte, estimant que, même si selon elle le régime a certains aspects peu démocratiques, ce n'est pas une raison de s'abstenir de faire du commerce avec le pays, pas plus que les reproches qu'on peut faire à la Chine ou à l'Arabie saoudite en matière de droits de l'homme n'empêchent de commercer avec elles. Elle se félicite que l’Azerbaïdjan, État laïc de culture musulmane, construise une bonne relation avec Israël[33].

Le , un jour après le début d'hostilités entre l'Arménie et l’Azerbaïdjan, elle est la première personnalité politique à saisir l'ONU pour demander la condamnation de l'Arménie et le soutien à l’Azerbaïdjan[34].

En 2017, est publiée une enquête journalistique sur la « diplomatie du caviar », c'est-à-dire les opérations de lobbying de l'Azerbaïdjan auprès des personnalités politiques européennes. En France, l’Association des amis de l’Azerbaïdjan (AAA) est selon Le Monde le « principal instrument » de la diplomatie du caviar[35]. Nathalie Goulet fait partie du conseil d'administration de l'AAA et est considérée comme l'une « [d]es avocats les plus ardents » de l'Azerbaïdjan. Les articles mentionnent aussi les nombreux projets dans l'Orne financés avec des fonds azerbaïdjanais[35],[36].

À la suite de la guerre de 2020 au Haut-Karabagh, elle déclare que la question de l'autonomie du Haut-Karabagh ne se pose plus et que le groupe de Minsk doit être dissous et décrit les territoires récupérés pendant la guerre comme des « territoires libérés »[37].

Vote contre la loi sur la maltraitance animale[modifier | modifier le code]

Le , alors que le Sénat français adopte la loi sur la maltraitance animale, emportant ainsi son vote définitif, Nathalie Goulet est le seul sénateur à voter contre le texte, aux côtés de 332 pour et de dix abstentions[38].

Controverses[modifier | modifier le code]

Le , Nathalie Goulet, alors vice-présidente de la commission de la Défense nationale, soumet une question écrite au secrétaire d'État chargé du budget, Christian Eckert. Elle s'interroge à propros d'une niche fiscale qui, selon elle, accorde une réduction d'impôts aux contribuables français qui font un don à l'Armée israélienne, une armée étrangère[39],[40]. Son initiative lui vaut, sur les réseaux sociaux, des menaces de mort anonymes, contre lesquelles elle s'abstient de porter plainte[39],[41]. La réponse, apportée six mois plus tard, établit que la réduction d'impôts évoquée par la sénatrice n'a pas de réalité légale. Une dérogation fiscale peut cependant être obtenue pour des dons faits à des associations d'aide aux soldats israéliens[41],[42]. Au mois d'octobre de la même année, Le Monde juif titre : « France : la sénatrice anti-Tsahal, Nathalie Goulet, accusée de toucher de l’argent de l’Arabie Saoudite ». L'article[43], qui rappelle que « la sénatrice avait interpellé le gouvernement français sur les réductions d’impôts accordées aux Français qui font des dons à l’armée israélienne », fait écho au livre Nos très chers émirs, récemment publié par les auteurs Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Ceux-ci mettent en avant des demandes répétées de Nathalie Goulet aux pétromonarchies du Golfe pour obtenir des financements ou des cadeaux. Face à ces accusations, la sénatrice annonce qu'elle porte plainte[44]. Le , le tribunal correctionnel de Paris condamne Chesnot et Malbrunot pour quatre chefs de diffamation. Ils sont également condamnés à retirer les passages incriminés des rééditions éventuelles et sont redevables d'une amende de plus de 4 000 euros[45].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Thibaut Pezerat, « Après avoir relayé une campagne pro-Gaza sur Twitter, la sénatrice UDI Nathalie Goulet se défend de tout antisémitisme », sur lelab.europe1.fr, Europe 1, (consulté le ) : « La totalité de la famille de mon père a été raflée au Vel d'Hiv, et mon père s'est miraculeusement échappé. Je ne suis pas juive honteuse mais ça ne regarde personne. ».
  2. Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé, Jérôme Pierrat et Olivia Recasens, « Affaire Goulet - Mort d'un sénateur », Le Point, no 1807, .
  3. « Nathalie Goulet élue sénateur de l'Orne », sur Ouest-France, .
  4. AFP, « Le Point condamné pour avoir diffamé la veuve du sénateur Daniel Goulet », (consulté le ).
  5. Arrêté du conseil de l'ordre du .
  6. Déclaration sur le site de la HATVP..
  7. Gérard Davet, « Le parquet ouvre une enquête qui vise la sénatrice de l'Orne », Le Monde, (consulté le ).
  8. « Affaire Goulet : la justice rend un non-lieu », Ouest-France, .
  9. Nathalie Goulet se désigne elle-même comme «sénateur de l'Orne», sans recourir à la féminisation du titre, par exemple dans une lettre adressée à François Hollande, et dont elle révèle la teneur le dans un billet de son blog hébergé sur Mediapart, cf. « Massacre à Gaza - Campagne de télégrammes au président de la République », consulté le . De surcroît, le nom de son compte, sur Mediapart, est « Sénateur Goulet », tandis que le blog est titré « Blog du Sénateur Nathalie Goulet ».
  10. Simon Marty, « L'épouse du sénateur était la coupable idéale », Marianne, .
  11. Résultats, ministère de l'Intérieur.
  12. Sénat français, « Mme Nathalie Goulet, sénateur de l'Orne (Normandie) », sur senat.fr (consulté le ).
  13. « Le sénateur Nathalie Goulet appelle à voter Bayrou », Ouest-france.fr, .
  14. « La centriste Nathalie Goulet votera Hollande », lemonde.fr, .
  15. « Nathalie Goulet tentée par la présidence du Sénat », Ouest-France, .
  16. Laure Equy, « "Au Sénat, il n'y a pas que des dorures et des papis misogynes" », liberation.fr, .
  17. « Mme Nathalie Goulet, sénateur de l'Orne (Normandie) - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le ).
  18. « Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale », sur Senat.fr.
  19. Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume d'Arabie saoudite relatif à la coopération en matière de sécurité intérieure et de défense civile
  20. Emirats arabes unis : coopération en matière de défense et échange de lettres
  21. PROPOSITION DE RÉSOLUTION tendant à la création d'une commission d'enquête sur la création, le fonctionnement et les garanties techniques de la plateforme nationale des interceptions judiciaires (Pnij).
  22. « PROPOSITION DE RÉSOLUTION tendant à la création d'une commission d'enquête sur l'organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe », sur Senat.fr.
  23. « Commission d'enquête sur l'organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe », sur Sénat.fr (consulté le ).
  24. Guillaume Jacquot, Deux parlementaires proposent un « virage » dans la lutte contre la fraude sociale, publicsenat.fr, 3 septembre 2019
  25. Chocsd'un rapport parlementaire pour juguler un fléau à plusieurs milliards, capital.fr, 3 septembre 2019
  26. « Le sénateur Goulet réclame « le droit à l’oubli » sur internet », Ouest-France, (consulté le ).
  27. « France-Turquie : la sénatrice de l'Orne Nathalie Goulet, nommée rapporteur », sur ouest-france.fr (consulté le ).
  28. « RAPPORT [...] sur le projet de loi [...] autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des États-Unis d’Amérique sur l’indemnisation de certaines victimes de la Shoah déportées depuis la France, non couvertes par des programmes français », sur senat.fr (consulté le ).
  29. « RAPPORT [...] sur le projet de loi [...] autorisant la ratification de l’accord entre la Communauté européenne et ses États membres, d’une part, et la République d’Afrique du Sud, d’autre part, modifiant l’accord sur le commerce, le développement et la coopération », sur senat.fr (consulté le ).
  30. « Nathalie Goulet se félicite de la censure du Conseil constitutionnel », Ouest-France, (consulté le ).
  31. (en) « French Senator Goulet Responds to Hetq Article: Says APA Incorrectly Translated Her Words », hetq, .
  32. (en) « France pro-Turkish Parliamentarian came forth with pro-Armenian statement », sur armenpress.am (consulté le )
  33. Geoffrey Bonnefoy, « Cash Investigation : Nathalie Goulet persiste et signe sur l'Azerbaïdjan », sur metronews (consulté le ).
  34. (en) « French senator calls on UN Security Council to condemn Armenian agression against Azerbaijan », sur today.az (consulté le ).
  35. a et b Laura Motet, « « Diplomatie du caviar » : les échanges de bons procédés entre l’Azerbaïdjan et les élus français », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  36. Charles Haquet et Vincent Hugeux, « Des élus français très zélés avec les pays autoritaires », L'Express,‎ (lire en ligne)
  37. « La sénatrice française Nathalie Goulet : « Il faut dissoudre le Groupe de Minsk, car le problème du Haut-Karabagh n'existe plus » (Exclusif) », sur LAGAZETTEAZ.FR, (consulté le )
  38. « Le Parlement adopte la proposition de loi sur la maltraitance animale », Les Échos,‎ , p. 4.
  39. a et b AFP, « Niche fiscale/Tsahal: une sénatrice menacée », Le Figaro, (consulté le ).
  40. « La sénatrice s'étonne d'une niche fiscale en faveur de Tsahal, elle est menacée de mort », Le Parisien, (consulté le ).
  41. a et b Fabien Leboucq, « Les dons à l'armée israélienne sont-ils défiscalisables ? », Libération, (consulté le ).
  42. Geoffroy Lang, « Menacée de mort pour une niche fiscale, Nathalie Goulet s'explique », sur RTL.fr, (consulté le ).
  43. « France : la sénatrice anti-Tsahal, Nathalie Goulet, accusée de toucher de l’argent de l’Arabie Saoudite », Le Monde juif, 20 octobre 2016, en ligne.
  44. « Nathalie Goulet, sénatrice de l'Orne, porte plainte contre les auteurs de «Nos très cher émirs» », Normandie-actu,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  45. Éric Mas, « Orne : Nathalie Goulet obtient la condamnation de deux journalistes », Tendance Ouest,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]