Monte Bolca

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Monte Bolca
Image illustrative de l’article Monte Bolca
Fossile de Mene rhombea, un fossile emblématique du site fossilifère du Monte Bolca.
Coordonnées 45° 33′ 54″ nord, 11° 12′ 34″ est

Le Monte Bolca (alt. 900 m), près de Vérone, est l’un des tout premiers gisements de fossiles connu par les chercheurs européens, depuis le XVIe siècle, mais il ne fait l'objet d'études scientifiques qu'à partir du XIXe siècle, lorsqu'on prend conscience que ces fossiles sont vraiment des vestiges d’animaux. Par le nombre et la qualité de conservation des spécimens, ce lagerstätte demeure aujourd'hui l'une des plus importantes sources mondiales de fossiles de l’Éocène.

Géologie[modifier | modifier le code]

À strictement parler, Monte Bolca est un lieu-dit du village de Bolca en Italie, désigné familièrement comme la « Pesciara » (le « vivier ») du fait de l'extraordinaire qualité des fossiles de poissons de l'Éocène[1]. Pourtant, plusieurs autres secteurs de la commune sont aussi riches en fossiles : Monte Postale et Monte Vegroni par exemple ; mais on parle indifféremment du Monte Bolca pour désigner le gisement dans son ensemble.

Les calcaires marins de Monte Bolca ont subi une surrection au cours de l’orogenèse alpine, et cela en deux étapes : la première il y a entre 30 et 50 millions d'années, et la seconde il y a 24 millions d'années.

Série stratigraphique et datation[modifier | modifier le code]

Les deux principaux niveaux stratigraphiques fossilifères du Monte Bolca se sont déposés dans un environnement marin côtier peu profond, de type lagune tropicale. De bas en haut :

« Monte Postale »[modifier | modifier le code]

La série stratigraphique du Monte Postale a une épaisseur de 130 mètres. Il s'agit de calcaires grenus (grainstone) qui alternent avec des calcaires massifs coralo-algaires et des calcaires laminés (wackestone). Ces derniers renferment de nombreux fossiles de poissons et de plantes, similaires à ceux connus dans le niveau un peu plus récent, dit de « Pescaria »[2]. L'épaisseur des niveaux de faciès laminés fossilifères varie selon leur position au sein de la succession sédimentaire, mais la plupart d'entre ont une épaisseur de l'ordre de 1 mètre.

Ce niveau est daté par le nanoplancton calcaire, entre 50,5 et 49 Ma (millions d'années)[3]. Ce niveau correspond à l'optimum climatique de l'Éocène inférieur selon V. Luciani et ses collègues[4].

« Pesciara »[modifier | modifier le code]

La série de Pesciara est calcaire, entourée de dépôts volcaniques. Elle affleure sur une épaisseur de 20 mètres et sur une superficie très réduite de l'ordre de quelques centaines de mètres carrés seulement. Ce sont des calcaires fins micritiques, finement laminés avec des fossiles de poissons, plantes et invertébrés, localisés essentiellement dans cinq niveaux métriques, qui alternent de façon rythmique avec des calcaires grenus (grainstone) qui eux renferment une faune benthique[2]. Ce sont les calcaires laminés gris de la série de Pesciara qui fournissent la grande majorité des célèbres fossiles bien conservés du Monte Bolca.

Ce niveau est daté, par le nanoplancton calcaire, entre 49 et 48,5 Ma (millions d'années)[3].

Fossilisation[modifier | modifier le code]

Les bancs fossilifères laminés des deux séries sont des Konservat-Lagerstätten (Lagerstätten de conservation). Les sédiments laminés ne sont pas bioturbés, ce qui indique un dépôt vraisemblable dans des vasières anaérobies ; le déficit en oxygène et le développement rapide de films microbiens sur les corps des animaux ont empêché la putréfaction et l'action des nécrophages.

Dans ces couches, les poissons et les autres espèces sont si bien conservés qu'on peut même y retrouver l'empreinte fossilisée des organes, et même parfois remonter à la couleur de la peau de l'animal.

Paléontologie[modifier | modifier le code]

Les sédiments et les fossiles du Monte Bolca témoignent d'un point chaud de biodiversité d'un environnement marin côtier peu profond, péri-récifal, sous un climat particulièrement chaud (optimum climatique de l’Éocène inférieur). Les dépôts laminés en milieu anoxique, qui se sont répétés de façon cyclique, ont permis la préservation de cette riche biodiversité animale et végétale[5].

Plus de 270 espèces de plantes ont été trouvées, montrant un mélange de plantes tropicales terrestres (palmiers, etc.) et de plantes marines (algues, phanérogames marines, etc.).

Les taxons animaux fossiles sont au nombre d'environ 250 (140 genres, 90 familles et 19 ordres)[6]. En plus d'un très grand nombre d'espèces de poissons, la faune se compose aussi de céphalopodes, de crustacés, de méduses, de vers polychètes, ainsi que de fragments, vraisemblablement remaniés, de foraminifères, mollusques et coraux[6]. La paléofaune se complète de serpents, de plumes d'oiseaux, de carapaces de tortues et de nombreux insectes.

Parmi les plus espèces les plus remarquables :

Poissons à nageoires rayonnées[modifier | modifier le code]

Eoplatax papilio,
connu sous le nom de poisson-ange.
Le fossile montre ici sur deux plaques de calcaire, son empreinte et sa contre-empreinte.
Pycnodus platessus, un poisson avec une puissante dentition adapté à la consommation des récifs coralliens
Fossile de Sphyraena bolcensis,
un « barracuda ».
Fossile d'Archaeophis proavus,
un serpent de la famille des Palaeophiidae,
au musée d'histoire naturelle de Berlin.

Perciformes[modifier | modifier le code]

Clupeiformes[modifier | modifier le code]

Ce sont les poissons les plus nombreux du Monte Bolca, bien que leur nombre d'espèces soit limité.

Syngnathiformes[modifier | modifier le code]

C'est un ordre qui regroupe les hippocampes, les poissons-flûtes et les poissons-trompettes actuels, et leurs prédécesseurs.

Anguilliformes[modifier | modifier le code]

Pycnodontiformes[modifier | modifier le code]

Crossognathiformes[modifier | modifier le code]

Osteoglossiformes[modifier | modifier le code]

Anotophysi[modifier | modifier le code]

Aulopiformes[modifier | modifier le code]

Lampridiformes / Lampriformes[modifier | modifier le code]

Ophidiiformes[modifier | modifier le code]

Lophiiformes[modifier | modifier le code]

Atheriniformes[modifier | modifier le code]

Beloniformes[modifier | modifier le code]

Beryciformes[modifier | modifier le code]

Dactylopteriformes[modifier | modifier le code]

Pleuronectiformes[modifier | modifier le code]

Tetraodontiformes[modifier | modifier le code]

Acanthomorpha incertae sedis[modifier | modifier le code]

Poissons cartilagineux[modifier | modifier le code]

Carcharhiniformes[modifier | modifier le code]

Lamniformes[modifier | modifier le code]

Orectolobiformes[modifier | modifier le code]

Rajiformes[modifier | modifier le code]

Rhinobatus dezignoi, une espèce de raies Rhinobatus primaevus, une espèce de raies

Torpediniformes[modifier | modifier le code]

Myliobatiformes[modifier | modifier le code]

Crocodiles[modifier | modifier le code]

Serpents[modifier | modifier le code]

Crustacés[modifier | modifier le code]

Insectes[modifier | modifier le code]

Cnidaires[modifier | modifier le code]

Mollusques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) DJ Bottjer, W Etter, J.W. Hagadorn, et C.M. Tang, Exceptional Fossil Preservation, Columbia University Press,
  2. a et b (en) Papazzoni, C.A., Fornaciari, E., Giusberti, L., Vescogni, A. & Fornaciari, B. 2017. Integrating shallow benthic and calcareous nannofossil zones: the Lower Eocene of the Monte Postale section (Northern Italy). Palaios, 32, 1–12
  3. a et b (en) Agnini, C., Fornaciari, E., Raffi, I., Catanzariti, R., Pälike, H., Backman, J. & Rio, D. 2014. Biozonation and biochronology of Paleogene calcareous nannofossils from low and middle latitudes. Newsletters on Stratigraphy, 47, 131–181
  4. (en) Luciani, V., Dickens, G.R., Backman, J., Fornaciari, E., Giusberti, L., Agnini, C. & D’Onofrio, R. 2016. Major perturbations in the global carbon cycle and photosymbiont-bearing planktic foraminifera during the early Eocene. Climates of the Past, 12, 981–1007
  5. (en) Friedman, Matt & Carnevale, Giorgio. (2018). The Bolca Lagerstätten: shallow marine life in the Eocene. Journal of the Geological Society. 175. jgs2017-164. 10.1144/jgs2017-164, [1]
  6. a et b (en) Williams, Matt, Fauna and Flora of Monte Bolca, University of Bristol
  7. a b c et d (en) Day, Julia. (2002). Evolutionary relationships of the Sparidae (Teleostei: Percoidei): integrating fossil and Recent data. Earth and Environmental Science Transactions of the Royal Society of Edinburgh. 93. 333 - 353. 10.1017/S0263593300000468, [2]
  8. (en) Tyler, James & Bannikov, A. (2002). A new genus and species of deep-bodied perciform fish (Teleostei) from the Eocene of Monte Bolca, Italy, representing a new family, the Zorzinichthyidae, related to the caproid- and sorbinipercid-like clades. Studi e ricerche sui giacimenti terziari di Bolca. 9. 23-35
  9. a et b (en) Kenneth A. Monsch, 2006 A revision of scombrid fishes (Scombroidei, Perciformes) from the Middle Eocene of Monte Bolca, Italy, 49, 4, 873–888.[3]
  10. a et b (en) Marramà, Giuseppe & Carnevale, Giorgio. (2018). Eoalosa janvieri gen. et sp. nov., a new clupeid fish (Teleostei, Clupeiformes) from the Eocene of Monte Bolca, Italy. Paläontologische Zeitschrift. 92. 107–120. 10.1007/s12542-017-0378-0
  11. (en) G. Carnevale and T. W. Pietsch. 2012. †Caruso, a new genus of anglerfishes from the Eocene of Monte Bolca, Italy, with a comparative osteology and phylogeny of the teleost family Lophiidae. Journal of Systematic Palaeontology 10(1):47-72
  12. (en) Carnevale, Giorgio & Pietsch, Theodore. (2011). Batfishes from the Eocene of Monte Bolca. Geological Magazine. 148. . 10.1017/S001
  13. a b c et d (en) Marramà, Giuseppe & Carnevale, Giorgio & Kriwet, Jürgen. (2018). New observations on the anatomy and paleobiology of the Eocene requiem shark †Eogaleus bolcensis (Carcharhiniformes, Carcharhinidae) from Bolca Lagerstätte, Italy. Comptes Rendus Palevol. 17. 443-459. 10.1016/j.crpv.2018.04.005
  14. (en) G. Carnevale, A. F. Bannikov, G. Marramá, J. C. Tyler, and R. Zorzin. 2014. The Pesciara-Monte Postale Fossil-Lagerstätte: 2. Fishes and other vertebrates. Rendiconti della Società Paleontologica Italiana 4:37-63

Bibliographie[modifier | modifier le code]