Les Alliés

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Les Alliés
Les Alliés
Le village en avril 2012.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Canton Ornans
Intercommunalité Communauté de communes de Montbenoît
Maire
Mandat
Sophie Billerey
2014-2020
Code postal 25300
Code commune 25012
Démographie
Population
municipale
158 hab. (2017 en augmentation de 20,61 % par rapport à 2012)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 56′ 56″ nord, 6° 26′ 54″ est
Altitude Min. 943 m
Max. 1 171 m
Superficie 5,28 km2
Localisation
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Les Alliés

Les Alliés est une commune française située dans le département du Doubs, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une tempête de neige aux Alliés, montrant bien le type de climat, continental, présent en hiver.

Le territoire des Alliés, adossé à la frontière suisse, a une forme grossièrement triangulaire. Il englobe trois ensembles bien distincts, orientés nord-est-sud-ouest. Au sud, dans le prolongement du Larmont (sommet jurassien surplombant la sous-préfecture du Doubs Pontarlier), se dresse une ligne de hauteurs boisées, séparées par le ruisseau du Pâquier. Il s'agit du secteur de la commune le plus élevé puisqu'il culmine à 1 141 mètres. La partie centrale est occupée par un synclinal, le val des Alliés, drainé par le ruisseau des Etraches. Au nord enfin, le relief s'élève à nouveau avec le versant du mont d'Hauterive, où l'altitude atteint 1 093 mètres au lieu-dit du Pré-Sergent.

Le village s'est implanté dans le val, à 950 mètres d'altitude, et se présentait comme un village rue. Il s'étirait en longueur sur le versant le mieux exposé au soleil et se trouvait légèrement en contrebas de la route départementale qui relie Pontarlier à Morteau. Depuis 1990, date de la plus faible population de son histoire, le village voit sa population et ses constructions augmenter de manière significative ce qui est certainement dû à sa situation frontalière, qui offre la possibilité de travailler en Suisse.

Les Alliés fait partie du Saugeais, à la fois république folklorique et territoire historique de la Franche-Comté.

La commune des Alliés est propriétaire de 70 ha en Suisse.

Cadastre : établi en 1834. Territoire communal de 518 ha, dont 165 ha en forêt (en 1970).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

On peut observer des phénomènes karstiques (dolines, lapiez) sur le mont d'Hauterive. Outre le ruisseau des Étraches, il y a deux sources, celle du Pâquier et celle du bief de la Reine.

Accès[modifier | modifier le code]

Voie de communication : CD 47 (à 8 km au sud de Montbenoît, 9 km au nord-est de Pontarlier et à 68 km au sud-est de Besançon)

Hameaux[modifier | modifier le code]

La commune des Alliés regroupe également différents hameaux et fermes isolées : Bellevue, Cernet-du-Doubs, Champs-Carrés, Champs-Patets, la Chevrette, Maisons-Neuves, Pré-Sergent.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Maisons-du-Bois-Lièvremont Hauterive-la-Fresse Hauterive-la-Fresse Rose des vents
Arçon N Val-de-Travers (CH, NE)
Les Verrières (CH, NE)
O    Les Alliés    E
S
Pontarlier Les Verrières

Histoire[modifier | modifier le code]

Alors qu'il existait depuis longtemps une véritable structure seigneuriale à Montbenoît par l'abbaye et à la Cluse-et-Mijoux avec les seigneurs de Joux, le peuplement de ce territoire survint assez tardivement au Moyen Âge.

À l'origine, le village est implanté vers la grange de la Petite-Ronde, en territoire Suisse, où il portait le nom aujourd'hui disparu d'Arcenet. C'est à une époque indéterminée qu'il a été transféré dans le val, à l'emplacement où se trouve maintenant le village des alliés.

La naissance du village est due à l'initiative d'Henri, seigneur de Joux (1304-1326), qui fait appel à des colons étrangers, des « Allemands », venus probablement de Suisse alémanique et qui les a installés (« habergés ») sur une terre de l'abbaye de Montbenoit. Mécontente du procédé, celle-ci engage un procès et obtient en 1337 du sire de Joux la rétrocession des terres avec leurs habitants : comme ce sont « des Allemands et gens étrangers, précise l'abbé, nous les avons habergés de nouveau à la coutume et à la manière de nos gens du Saugeois », mais en leur accordant toutefois le privilège d'être affranchis de la mainmorte et d'user de leur coutume particulière pour la transmission des héritages.

Comme le précise le coutumier de 1548, les Allemands sont une des douze localités faisant partie du Saugeais, communauté originale qui s'est constituée autour de l'abbaye de Montbenoît.

Au début du XVIIe siècle, les habitants intentent un procès à l'abbaye, dirigée par l'abbé Chevroton qui les prétendait mainmortables. La preuve ne peut être apporté et la transaction du les déclare « de franche condition mais mainmortables pour leurs héritages ». Ce n'est qu'en 1612 que les familles obtiennent l'exemption de la mainmorte. (sont concernées les familles : Cune, Dornier, Ggnon, Guyon, Febvre, Santon, Symon et Vouille. Toujours sous l'abbé Chevreton, un traité fixe la délimitation entre la communauté des Allemands et la ville de Pontarlier ( et ).

Les Allemands sont victimes des méfaits de la Guerre de Dix ans (épisode franc-comtois de la Guerre de Trente Ans) et de son cortège de misère (peste 1637 et famine 1638). Le village fournit ainsi entre 1636 et 1639 des soldats et des chevaux pour lutter contre les Français et les Suédois du comte Bernard de Saxe-Weimar, ainsi que le logement de trente hommes du colonel Maillard, qui entraîne un coût de 1350 francs ruinant les habitants.

C'est sous Nicolas de Saulx de Tavanesn archevêque de Rouen et abbé commendataire de Montbenoît (1717-1746) que les habitants du Saugeais sont affranchis. Mais la communauté des Allemands, bien que faisant partie du Saugeais, ne figure pas sur cet acte d'affranchissement de 1744, ses habitants ayant été reconnus antérieurement de « franche condition ».

Il s'ensuit cent-cinquante ans de stabilité pour la petite commune.

Après la déclaration de guerre à l'Allemagne en 1914, les habitants manifestent le désir de changer le nom de leur village. Ils ont à se prononcer entre Sainte-Foy, Bellerive ou les Alliés. Ce dernier ayant été retenu à la suite d'un vote, le changement de dénomination est demandé par le conseil municipal dans sa séance du . Et c'est le décret du qui finit par leur donner raison.

En 1940, à l'heure de l'occupation, les Allemands, apprenant le passé du village débaptisèrent la commune afin de lui rendre son appellation d'origine. Il fallut attendre 1944 et la Libération pour que le village reprenne ce nom qui est aujourd'hui le sien : les Alliés.

Le village vers les années 1970-80.

Les Arcenets et les interrogations[modifier | modifier le code]

Incertitude no 1 : dans les traditions du Saugeais, la commune des Alliés serait en fait née au XIIIe siècle à la suite du défrichement du val Saugeais par les moines lors de la construction de l'abbaye de Montbenoit. le petit village s’appelait alors : « Les Arcenets » . Ce nom avait été tiré des habitants qui s'y étaient installés : des gens venu d'Arçon pour y défricher la forêt jurassienne.

Incertitude no 2 : comme le laisse entendre d'autres textes, il n'est pas totalement exclu que les Arcenets et les Allemands aient en fait été deux sites différents et que l'un d'eux (les Arcenets) ait été détruit lors de la guerre de dix ans par les Suédois du comte de Weimar. Il ne serait plus resté que les Allemands et on aurait rendu commune les histoires de ces deux lieux. Cet épisode reste trouble du fait de nombreux facteurs : la grande famine de 1638, la peste de 1637 et la guerre de 1634 à 1644.

La princesse venue de Neuchâtel[modifier | modifier le code]

La rue principale de la commune porte le nom d'Isabelle de Neuchâtel. En 1383, par acte, Philippe, marquis de Hochberg et comte de Neuchâtel et son épouse Isabelle remettent aux habitants des Ardennets et de la Fresse le droit de pâturages en échange du paiement annuel de « trois quartiers de fromage »[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Christian Granié UMP  
mars 2014 En cours Sophie Billerey SE Fonctionnaire
Les données manquantes sont à compléter.

Christian Granié a parrainé la candidature de Bruno Mégret à l'élection présidentielle de 2002.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[3].

En 2017, la commune comptait 158 habitants[Note 1], en augmentation de 20,61 % par rapport à 2012 (Doubs : +1,51 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
238247234267267291221272273
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
266251247232217216230225215
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
179167140138136118116129118
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
8361676356103107107131
2017 - - - - - - - -
158--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Nombre d'habitants en 1614 : 38, en 1688 : 193.

Le village n'a pas été épargné par les deux guerres mondiales : 1914-1918 : quatorze personnes ont péri au front ; 1939-1945 : un habitant est mort en déportation : Marc Mouget.

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

.Le village des Alliés ne possède qu'un seul monument, l'église de Sainte-Foy, qui fut construite au XVIIe siècle puis reconstruite à la suite d'un incendie en 1879, dans un style néo-roman.

L'église.

Culture et festivités[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jonas Boyve, Annales historiques du comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-César jusqu'en 1722, édition E. Mathey, 1854, p. 1112 - 1115.
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  • renseignements tirés de ce site.
  • renseignements tirés de ce site.
  • renseignements tirés de ce site. (retraçant la guerre de 10 ans en Franche-Comté)
  • renseignements tirés de ce site.
  • Dictionnaire administratif des communes du Doubs pages 88 à 91.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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