Laure Baignères

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Laure Baignères, née le 24 octobre 1840 à Paris et morte le 3 mars 1918 à Paris 8e[1], est une dame de la société parisienne qui a tenu, dans son hôtel au 40 de la rue du Général-Foy, un salon où elle recevait le « tout-Paris » politique, financier, militaire, artistique littéraire et musical, dont José-Maria de Heredia, Georges Bizet, Claude Debussy, puis des amis du Lycée Condorcet de son fils Jacques Baignères comme Jacques Bizet, Fernand Gregh et Marcel Proust.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laure Marie Albertine Boilay est la fille d'Antoine Fortuné Boilay (1802-1866), conseiller d'État[2], et d'Aurélie Roberte Marie-de-Sainte-Colombe (1808-1891).

Elle épouse le 19 janvier 1863 à Paris 9e Henri Baignères (1829-1908), fils de Louis Alexandre Baignères (1797-1873), agent de change et administrateur de la Compagnie du Chemin de fer de l'Est, et de Cacilde Mélanie Laffitte (1810-1889), nièce de Jacques Laffitte (1767-1844).

Elle est la mère de l'homme de lettres Jacques Baignères (1872-1944), tante par alliance de l'artiste peintre Paul Baignères (1869-1945) et grand-mère du journaliste, critique de spectacles et auteur Claude Baignères (1921-2008).

Le salon de Laure Baignères[modifier | modifier le code]

Hôtel de Laure Baignères. « L'hôtel du 40 fut une des maisons de Paris les plus fameuses au temps des salons. C'est aujourd’hui (1954) le Haut-Commissariat à Madagascar. Ce fut la résidence de Mme Baignères [...] que ses réparties mordantes avait fait surnommer "Mme Rivarol". Elle était née Laure Boilay et avait épousé M. Henry Baignères, dont il semble bien qu’on ne prononcerait plus aujourd’hui le nom si sa femme n’avait attaché à celui-ci les mille facettes brillantes de son esprit. L’union des deux époux n’avait pas été exemplaire et l’on murmurait que la belle Laure ne prenait pas assez de soin pour cacher sa liaison avec un gentilhomme orléaniste, M. de Rémusat. »[3] Selon certaines sources, le salon de Mme Baignères a inspiré la pièce d’Édouard Pailleron Le Monde où l’on s’ennuie[4].

Son fils unique, Jacques Baignères, né plus de 9 ans après le mariage et les rumeurs de la liaison entre Laure et Paul de Rémusat, se lia d'amitié avec Marcel Proust au Lycée Condorcet et l'introduisit donc au salon de sa mère à Paris et chez les Baignères à Trouville. Personnages et lieux dont Proust s'inspira aussi pour son œuvre[5].

« Entre 1888 et 1892, Proust et Lyautey fréquentent le salon des Baignères. Proust y est le témoin de la rupture entre Louise Baignères et Hubert Lyautey, coureur de dot. »[6]

Rue de Turin : Charlotte Baignères, femme d'Arthur Baignères, belle-sœur de la salonnière Laure Baignères et mère de deux amis de Marcel Proust, Paul et James Baignères (1880-1943) : « une anglaise à la beauté épanouie. Paul Bourget, toujours soucieux de sa carrière et acharné à se pousser dans le monde, avait souhaité – mais sans pouvoir réaliser ce vœu – d'épouser sa fille Louise. »[7]

Mme Leroi chez Proust[modifier | modifier le code]

Laure Baignères inspirera à Proust quelques parts du personnage de Mme Blanche Leroi[8] dans À la recherche du temps perdu[9]. Ce personnage y est cité 29 fois dont 21 fois dans Le côté de Guermantes, 1 fois dans Albertine disparue et 7 fois dans Le Temps retrouvé.

Proust lui emprunte ce mot célèbre « L’amour ? je le fais souvent mais je n’en parle jamais. » dans À la recherche du temps perdu, édition 1919, tome 7, Le côté de Guermantes, p. 21[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro, mardi 5 mars 1918. "M. et Mme Jacques Baignères nous font part de la mort de Mme Baignères, décédée en son hôtel, 40, rue du Général-Foy. Née Laure Boilay, veuve de M. Henry Baignères, elle avait autant de grâce que d'esprit. Son salon fut marquant, et groupa pendant des années nombreuses une véritable élite. Elle le présidait avec autant de tact que d'agrément, et le tour rapide de son esprit y faisait naître des mots qu'on se répétait. Mère très tendre, elle était une amie très sûre dont les préférences excluaient la banalité. Souffrante depuis longtemps, elle vivait plus retirée du monde, où la nouvelle de sa mort laissera de vrais regrets. Ses obsèques seront célébrées, à l'église Saint-Augustin, demain mercredi 6 mars, à dix heures. Ni fleurs ni couronnes."
  2. Sur la carrière d'Antoine Fortuné Boilay, voir Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette, 1870. (en ligne).
  3. André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Pierre Horay, 1954, p. 234-235
  4. Henri Raczymow, Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Paris, Parigramme, 2005, p. 101
  5. Balade littéraire avec Marcel Proust à Trouville « Marcel passe une partie de l’automne 1891 au beau manoir des Frémonts chez Arthur Baignères, oncle de son camarade de classe Jacques Baignères. [...] Les Frémonts sont le modèle de la villa de la Raspelière dans La Recherche. Construite en L et sur un petit sommet, la propriété donne à la fois sur la Manche et, de l’autre côté, sur la campagne normande. Il s’y trouve de nouveau en août 1892. C’est l’époque de la bande de copains. Jacques Bizet et Fernand Gregh sont chez Geneviève Straus, mère de Jacques, qui a loué le manoir de la Cour brûlée à Mme Aubernon de Nerville, amie de Proust, qui fréquente son salon à Paris. »
  6. "Le Mariage raté de Marcel Proust et ses conséquences littéraires" de Christian Gury.
  7. Fouquières, Op. cit., p. 235.
  8. Liste des personnages d'À la recherche du temps perdu
  9. Proust et son ascension dans la bonne société.
  10. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, édition 1919, tome 7, Le côté de Guermantes, p. 21 « Peut-être Mme Leroi connaissait-elle aussi ces éminentes personnalités européennes. Mais en femme agréable et qui fuit le ton des bas bleus elle se gardait de parler de la question d’Orient aux premiers ministres aussi bien que de l’essence de l’amour aux romanciers et aux philosophes. « L’amour ? avait-elle répondu une fois à une dame prétentieuse qui lui avait demandé : « Que pensez-vous de l’amour ? » L’amour ? je le fais souvent mais je n’en parle jamais. » Quand elle avait chez elle de ces célébrités de la littérature et de la politique elle se contentait, comme la duchesse de Guermantes, de les faire jouer au poker. Ils aimaient souvent mieux cela que les grandes conversations à idées générales où les contraignait Mme de Villeparisis. Mais ces conversations, peut-être ridicules dans le monde, ont fourni aux « Souvenirs » de Mme de Villeparisis de ces morceaux excellents, de ces dissertations politiques qui font bien dans des Mémoires comme dans les tragédies à la Corneille. D’ailleurs les salons des Mme de Villeparisis peuvent seuls passer à la postérité parce que les Mme Leroi ne savent pas écrire, et le sauraient-elles, n’en auraient pas le temps. Et si les dispositions littéraires des Mme de Villeparisis sont la cause du dédain des Mme Leroi, à son tour le dédain des Mme Leroi sert singulièrement les dispositions littéraires des Mme de Villeparisis en faisant aux dames bas bleus le loisir que réclame la carrière des lettres. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]