La Pagode

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pagode (homonymie).
image illustrant une salle de cinéma image illustrant Paris image illustrant les monuments historiques français
Cet article est une ébauche concernant une salle de cinéma, Paris et les monuments historiques français.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

La Pagode
Description de cette image, également commentée ci-après

Cinéma La Pagode en 1977.

Lieu Paris 7e
Coordonnées 48° 51′ 06″ Nord 2° 18′ 59″ Est / 48.851608, 2.316385
Architecte(s) Alexandre Marcel
Inauguration 1896
Nb. de salles 2
Réseau Art et Essai
Format de son SR
Anciens noms Étoile Pagode

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
La Pagode

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
La Pagode

La Pagode, précédemment L'Étoile Pagode, est un établissement qui comporte deux salles de cinéma classées Art et Essai, situé au 57 bis rue de Babylone, à l'angle de la rue Monsieur, dans le 7e arrondissement. Réputé pour sa salle japonaise et son jardin japonais, c'est l'un des endroits dédié au cinéma les plus insolites de Paris.

La salle est fermée depuis le 10 novembre 2015 au soir, dans la perspective de travaux et d'une éventuelle réouverture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue du jardin.

La Pagode fut initialement construite en 1896 par l'architecte Alexandre Marcel, à une époque où le japonisme est à la mode[1]. Il s'agit alors d'un cadeau de François-Émile Morin, directeur du grand magasin Le Bon Marché tout proche, à son épouse[2]. Mme Morin y organise de nombreuses réceptions (à l'inauguration un dîner de cent couvert avec l'orchestre de l'Opéra de Paris, ou quelques mois plus tard une soirée déguisée en empereur et impératrice de Chine), mais dès l’année de l’inauguration, elle quitte son mari pour son associé, Joseph Plassard, lui apportant La Pagode comme dot. Elle meurt en 1917 et ce dernier se remarie avec Antoinette Mougel ; le couple rachète en 1919 les hôtels particuliers alentours, faisant du bâtiment leur salle de fêtes. Les réceptions somptueuses continuent malgré tout jusqu’à la fermeture de la salle en 1927. Des chèvres broutent alors dans le jardin et l'ambassade de Chine songe à acquérir le bâtiment, avant de se raviser, notamment en raison des peintures murales présentant des scènes de guerre où les Japonais dominent les Chinois[1].

La Pagode en 1977.
La Pagode en 2009.

Quatre ans plus tard, en 1931, les portes de La Pagode s’ouvrent enfin au public. Le lieu, précurseur du 7e art, devient l’unique cinéma du 7e arrondissement. Dès ses débuts, La Pagode présente des films en version originale. Sous l'Occupation, la salle est fermée et des résistants utilisent le passage reliant l'ancien cinéma aux hôtels particuliers voisins. Elle rouvre en 1944, avec un grand nombre de films américains programmés[1]. En 1956, les premières salles Art et Essai parisiennes sont dotées d’un statut officiel : l’AFCAE. Sous l’impulsion de sa directrice-gérante (entre 1955 et 1967), Yvonne Décaris, La Pagode devient un haut lieu de la cinéphilie, surtout pour les admirateurs d'Ingmar Bergman et de Sergueï Eisenstein. Jean Cocteau y donne également la première du Testament d’Orphée en 1959, tout comme Vie privée de Louis Malle en 1962, qui y délocalise sa première initialement prévue dans un cinéma de l'avenue des Champs-Élysées en raison de la menace terroriste de l'OAS[1].

Dans les années 1960, La Pagode participe à la Nouvelle Vague en programmant François Truffaut, Éric Rohmer, Jacques Rozier. La Pagode a été entièrement repensée en 1972 par Louis Malle, qui l'exploitait à l'époque[3], et transformée en un complexe moderne de deux salles, dont l'une en sous-sol. La façade a été rénovée et on a redonné vie au petit jardin japonais. À l'occasion, un salon de thé a été créé. Ces travaux ont été effectués par Luce Eekman et François Debulois architectes, en 1973. Une plaque de cuivre située en plinthe, près de la caisse, à l'entrée du couloir menant à la salle en sous-sol, mentionne le nom des deux architectes. En 1979, Gaumont prend possession des lieux.

Le jardin est inscrit au titre des monuments historiques par un arrêté du 21 février 1983, tandis que la façade, les toitures et la grande salle sont classées par un décret du 21 août 1990[4].

La famille Gibault-Plassard, qui possède les lieux depuis sa construction, le vend à Élisabeth Dauchy (fille du footballer Jozsef Ebner) en 1985. À l'époque, on lui propose de transformer les tréfonds du bâtiment en parking, mais elle refuse ; des rumeurs courent également sur la construction d'un restaurant McDonald's, ce qui explique le classement historique des lieux par le ministre Jack Lang. Vétuste, le cinéma est fermé par le préfet en 1997 et rouvre en 2000 avec In the mood for love de Wong Kar-wai[1]. À partir de 2012, des dissensions se font jour entre la propriétaire des murs, Élisabeth Dauchy, PDG de la Compagnie Rembrandt Investissement et David Henochsberg, dirigeant de la société Étoile Cinémas, qui exploite La Pagode depuis 15 ans et qui gère plusieurs cinémas à Paris dont le Étoile Saint-Germain-des-Prés[5]. Le cinéma ferme à partir du 10 novembre. Le site devrait faire l'objet de travaux importants et rouvrir en conservant la projection de films mais s'élargira à d'autres animations culturelles[6].

Données techniques[modifier | modifier le code]

Salle japonaise.

  • Capacité : 212 places
  • Taille écran : 6 m × 3 m
  • Scène : 4 m × 1,5 m
  • Son : SR
  • Pellicule : 35 mm
  • Format : scope, 1.85, 1.66, 1.37

Salle 2

  • Capacité : 175 places
  • Taille écran : 6 m × 2,70 m
  • Son : SR
  • Pellicule : 35 mm
  • Format : scope, 1.85, 1.66, 1.37

Équipement vidéo professionnel

  • Projecteur HD : Panasonic DW7000 E (6 000 lumens)
  • Lecteur Béta Sony compact player J 30

Possibilités de diffusion

  • Béta num, sp
  • Lecteur DVD
  • Lecteur Blu-ray
  • Possibilité HDCAM

Films tournés à la Pagode[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Saint-François-Xavier et par les lignes 82,87, 92, du réseau de bus RATP.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d et e Léna Lutaud, « À paris, la Pagode attend sa renaissance », Le Figaro, samedi 5 / dimanche 6 décembre 2015, page 19.
  2. Dominique Lesbros, Paris mystérieux et insolite, Romagnat, De Borée, , 396 p. (ISBN 2-84494-340-3), chap. II (« La pagode de Babylone »), p. 231–235.
  3. « Cinéma : la Pagode en veilleuse », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  4. « Notice no PA00088680 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Communiqué de Presse Étoile Cinémas publié le 4 novembre 2015, consulté le 9 novembre 2015
  6. Lena Lutaud, « Le mythique cinéma La Pagode ferme pour plusieurs mois » , sur le site du journal Le Figaro, le 4 novembre 2015
  7. La Pagode de Babylone sur Vimeo.com