Kotava

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Kotava
Kotava
Image illustrative de l’article Kotava
Drapeau du kotava.
Auteur Staren Fetcey
Date de création 1978
Nombre de locuteurs estim. 40[réf. nécessaire]
Typologie OSV, SOV
Catégorie Langue auxiliaire, Langue a priori
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 avk
IETF avk
Glottolog kota1280
Échantillon
Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Kot ayik sokoblir nuyaf is miltaf gu bagaliuca is rokeem. Va ova is jiluca in sodigir ise kottan is artan va sint beron gotegid.

Le kotava est une langue construite sur des principes de neutralité culturelle. « Kotava » en kotava veut dire « langue de chacun et de tous ». Le slogan du kotava est : « un projet humaniste et universel, utopique et réaliste ».

Histoire[modifier | modifier le code]

La création du kotava procède d'une réflexion menée depuis 1975 par Staren Fetcey qui était très impliquée dans l'idée d'une langue subsidiaire internationale de communication[1] entre les différents peuples et individus de la planète. Elle étudia longtemps les diverses tentatives et projets menés dans ce sens et arriva à la conclusion que celle offerte par des langues telles que l'espéranto ou l'ido était une impasse. Fetcey rejeta leur caractère occidental, notamment au niveau lexical, et voulut concevoir une langue originale et neutre[2].

Le kotava est né officiellement en 1978 et a subi deux réformes profondes en 1988 et 1993. Depuis cette date, la langue se stabilise, appuyée sur un lexique de plus de 30 000[3] radicaux de base. Les évolutions sont contrôlées par un comité linguistique (Kotava Avaneda)[4].

Le kotava a été conçu dans l'optique de pouvoir devenir langue subsidiaire internationale, sans s'appuyer sur un substrat culturel déterminé et connoté.

Il cherche ainsi à présenter les traits suivants :

  • un système phonétique simple et prononçable par la majorité des êtres humains ;
  • un système grammatical simple, rigoureux, dépourvu d’exceptions. Un ensemble bâti autour de mécanismes et de modes d’expression qui se retrouvent dans la plus grande part des langues de la planète. Notamment en ce qui concerne le système verbal ;
  • un système morphologique clair, dans lequel à chaque élément correspond une fonction ou un rôle bien défini et exclusif, cela permettant une très large liberté quant à l’emplacement des mots dans la phrase par exemple ;
  • une base lexicale totalement inventée et absolument indépendante de toute langue existante ou ayant existé ;
  • des radicaux de base clairement identifiés et significatifs. Aucun homonyme. Un mot = un objet ou une idée ;
  • des mécanismes de dérivation et de composition larges et productifs, permettant à la langue de se développer de façon quasi infinie.

Phonétique et écriture[modifier | modifier le code]

Minuscule Majuscule Prononciation API Prononciation équivalente française Exemples (en français)
a A /a/ a arbre
b B /b/ b ballon
c C /ʃ/ ch chien
d D /d/ d dîner
e E /e/ é éléphant
f F /f/ f fruit
g G /ɡ/ g gourde
h H /j/ y (dans les mouillures après l, m et n) montagne[5]
i I /i/ i issu
j J /ʒ/ j jeu
k K /k/ k karting
l L /l/ l lime
m M /m/ m mou
n N /n/ n nouveau
o O /o/ o opérer
p P /p/ p poutre
r R /r/ r ruine
s S /s/ s singe
t T /t/ t tête
u U /u/ ou ours
v V /v/ v ville
w W /w/ w watt
x X /x/ rh Bach (en allemand)
y Y /j/ y yen
z Z /z/ z zone

Pour des raisons de simplicité et de réalisme, le kotava utilise actuellement un système d’écriture fondé sur l’alphabet latin dans lequel chaque lettre correspond à un seul phonème.

Globalement il s'agit plutôt d'une langue vocalique[réf. nécessaire], quoique l'ensemble des combinatoires phonétiques soit très large. Tout mot comporte au minimum une voyelle.

Le kotava restitue strictement l'orthographe des noms propres écrits dans un alphabet latin, y compris les lettres qu'il n'utilise pas (le Q par exemple) et les divers signes diacritiques potentiels.

Accent tonique[modifier | modifier le code]

L'accent se place sur la voyelle précédent la dernière consonne (ou semi-consonne) du mot, sauf dans le cas des verbes conjugués à la première personne du singulier (où c'est la voyelle finale qui reçoit un accent noté à l'écrit par un accent grave.

  • sur la dernière syllabe pour les mots terminés par une consonne ou une semi-voyelle ;
  • sur l'avant-dernière syllabe pour les mots terminés par une voyelle ;
  • sur la dernière syllabe pour les premières personnes singulières des verbes (caractérisées par une voyelle finale).

Morphologie[modifier | modifier le code]

Le kotava adopte des règles morphologiques très rigoureuses décrites dans un tableau qui régit les interrelations et règles de dérivation des mots entre eux.

Les différents parties du discours possèdent chacune une ou un ensemble de terminaisons dédiées. Par exemple, dank est un substantif, dankat une forme verbale conjuguée, dankas un participe actif ; rotaf un adjectif, roton un adverbe ; tevoy un numéral, etc. La seule exception concerne les interjections, qui sont isolées dans le système[6].

Le kotava dispose d'un très grand nombre d'affixes, lesquels jouent un grand rôle et sont fortement utilisés pour exprimer de nombreuses idées ou nuances dérivées. Il existe des affixes dit totaux, qui peuvent concerner n'importe quel mot, et des affixes plus spécialisés à partir des radicaux verbaux, nominaux ou déterminatifs.

Substantifs et pronoms[modifier | modifier le code]

Les substantifs et les pronoms sont invariables ; il n'existe aucun système de déclinaison. Il n'y a pas non plus de genre. Si l'on souhaite insister sur le sexe d'une personne ou d'un animal il est possible d'utiliser les suffixes dérivationnels -ye (pour les êtres vivants de sexe masculin) et -ya (pour les êtres vivant de sexe féminin). Avant la réforme de 2008, le pluriel s'exprimait au travers des deux particules interchangeables se et yo. Le kotava possède par ailleurs une règle dite de la « référence euphonique » selon laquelle un déterminatif reçoit une désinence euphonique similaire à celle du substantif ou pronom qu'il qualifie.

Les pronoms personnels sont les suivants :

  • jin : je ;
  • rin : tu ;
  • in : il, elle ;
  • min : nous (inclusif) ;
  • win : vous ;
  • sin : ils, elles ;
  • cin : nous (exclusif).

Verbes[modifier | modifier le code]

Le système verbal est le pivot du kotava. Il n'y a que trois temps (présent, passé, futur) et quatre modes (indicatif, impératif, conditionnel, participe-relatif) qui sont marqués directement sur le radical. À côté de cela, des mécanismes de voix, aspects, modalités[7], polarités et sens permettent de rendre des nuances supplémentaires. Un verbe peut se conjuguer sur sept personnes, distinguant deux types de « nous ». La distinction entre tutoiement et vouvoiement n'est pas rendue. Le système verbal possède les terminaisons suivantes :

  • 1re personne du singulier : radical + (terminaison vocalique accentuée) ;
  • 2e personne du singulier : radical + l ;
  • 3e personne du singulier : radical + r ;
  • 1re personne du pluriel : radical + t ;
  • 2e personne du pluriel : radical + c ;
  • 3e personne du pluriel : radical + d ;
  • 4e personne du pluriel : radical + v.

Syntaxe[modifier | modifier le code]

En kotava, tous les compléments sont obligatoirement introduits par une préposition. Cela vaut également pour les compléments d'objets qui utilisent la préposition dite transitive va. Il n'y a pas de règle stricte pour l'ordre des syntagmes. La forme la plus répandue est cependant du type CSV (complément - sujet - verbe). Par ailleurs :

  • une préposition précède le mot qu'elle introduit ;
  • les particules verbales précédent le verbe ;
  • l'adjectif épithète précède le substantif ou le pronom qu'il qualifie ;
  • le sujet précède le verbe ;
  • un adverbe précède le mot auquel il se rapporte ;
  • le complément d’objet verbal précède le verbe ;
  • le complément d’objet nominal suit le substantif qu’il complète ;
  • les compléments pronominaux précédent généralement le verbe.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans le roman Les Tétraèdres de Yurani Andergan[8], vaste fresque historico-fantastique, le kotava est la langue qu'auraient parlée les Néandertaliens et transmise de façon secrète à leurs descendants pendant de nombreuses générations et qui est déclamée par certaines héroïnes sous forme de longs chansonges ou d'oracles (traductions en annexes du roman).

Il existe une activité de traduction d'œuvres de la littérature mondiale en kotava. Ont été ainsi traduites des œuvres de : Guy de Maupassant, Émile Zola, Octave Mirbeau[9], Luigi Pirandello, James Joyce, Fiodor Dostoïevski, Oscar Wilde, Katherine Mansfield, Stefan Zweig, Anton Tchekhov, Prosper Mérimée, Victor Hugo, Molière, Khalil Gibran, Selma Lagerlöf, etc[10].

Exemple de texte[modifier | modifier le code]

1-eaf teliz ke Tamef Dakteks va Ayikrokeem

Kot ayik sokoblir nuyaf is miltaf gu bagaliuca is rokeem. Va ova is jiluca in sodigir isen kottan is artan va sint beron gotegid.

« Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interlanguages.net
  2. http://www.kotava.org/fr/fr_kotava.php Le Kotava, la Langue universelle de Communication] sur le site officiel dédié à cette langue
  3. Kotapedia, l'enciclopédie linguistique en kotava, comporte 31 015 termes référencés.
  4. Kotava Avaneda Munesteks Cf. 13e comité linguistique 06/05/2018, rapport officiel.
  5. La lettre H n'est officiellement plus utilisée depuis 2011, remplacée en toutes circonstances par la lettre Y.
  6. (en) Alan Reed Libert, « A Survey of Interjections in International Auxiliary Languages », Journal of Universal Language, vol. 15, no 1,‎ , p. 71-103 (lire en ligne).
  7. Knowledge Needs and Information Extraction: Towards an Artificial Consciousness, by Nicolas Turenne. Notion of believe and autonomy.
  8. Yurani Andergan, Les Tétraèdres, Mérignac, Verintuva, (ISBN 978-2-9536310-0-5).
  9. Sabrina Benkelloun, « Mirbeau en kotava : Traduction en kotava du Journal d'une femme de chambre (Pone ke mawakwikya) », Cahiers Octave Mirbeau, vol. 20,‎ , p. 229-231 (lire en ligne).
  10. Et disponibles en ligne ici.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]