Solresol

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Le solresol est une langue construite inventée par François Sudre, né à Albi, mort à Paris en 1862, dans le but de pouvoir parler à n'importe qui dans le monde (même sourd ou aveugle) avec des mots étant composés des noms de notes de musique : do, , mi, fa, sol, la, si (la note si étant parfois notée ti selon la méthode de Sarah Ann Glover).

Cette langue avait pour nom originel Langue musicale universelle dans le livre de Sudre publié en 1866 (soit 4 ans après sa mort) puis fut appelée définitivement Solresol (signifiant « langue » en Solresol) à partir de 1902 à la suite d'un écrit du professeur Boleslas Gajewski sur le sujet.

En enchaînant les noms de notes, on crée des mots. Chaque mot a plusieurs traductions possibles (synonymes) et s'écrit soit par les notes entières soit par leur initiales (sauf pour sol qui est noté so pour se différencier du si noté s). De nos jours, certains l'utilisent en enchaînant les noms de notes, et créant des mots. Cependant la volonté de Sudre (d'après l'ouvrage de 1866) est claire : la langue se veut d'abord et surtout musicale, pour ainsi tendre à être universelle.

Elle privilégie l'écriture musicale, le livre de Sudre définissant chaque mot dans son écriture musicale. Seul le dictionnaire inverse qui s'adresse au public francophone est écrit en translittération francophone du nom français des notes musicales. La première version de cette langue (vers 1820) ne comportait que 4 notes, parce qu'elle ne s'adressait réellement qu'au clairon (avec lequel il est difficile de jouer plus de 4 notes) et n'avait pas du tout à être vocalisée.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Le vocabulaire de la langue est fondé sur un arrangement avec répétition des sept notes de musique. Les mots sont divisés en plusieurs catégories, d’abord répartis selon leur nombre de notes : les petits mots, particules usuelles et pronoms utilisent 2 notes (soit 72=49 mots), les mots souvent utilisés en utilisent 3 (73=343 mots). À partir de 4 notes, les 2401 mots possibles sont répartis par thématique[1] :

  • Do → L’homme physique et moral, ses qualités, ses facultés intellectuelles, son alimentation.
  • Re → Les objets de la maison, de toilette, de ménage, et la famille.
  • Mi → Les actions de l’homme et ses défauts.
  • Fa → La campagne, les voyages, la guerre, la marine.
  • Sol → Les beaux-arts et les sciences.
  • La → L’industrie et le commerce.
  • Si → La ville, le gouvernement et l’administration.

Exemple de vocabulaire[modifier | modifier le code]

D'abord les mots de base:

  • do → non, pas, point, ne, ni
  • sol → si (condition)
  • ré → et, ainsi que
  • la → le
  • mi → ou, ou bien
  • si → oui, soit, volontiers, d'accord
  • fa → à, au

Ensuite les composés :

  • doré (dr) → je, moi
  • dola (dl) → on, quelqu'un, le prochain
  • domi (dm) → tu, toi
  • dosi (ds) → autre
  • dosol (dso) → soi, soi-même
  • rédo (rd) → mon, le mien
  • résol (rso) → notre, le nôtre
  • rémi (rm) → ton, le tien
  • réla (rl) → votre, le vôtre
  • réfa (rf) → son, le sien
  • rési (rs) → leur, le leur
  • mido (md) → pour, afin de, afin que
  • misol (mso) → bien

Grammaire[modifier | modifier le code]

Une des caractéristiques du Solresol est que les mots ayant des sens contraires ont leurs syllabes inversées l’un par rapport à l’autre. Par exemple : fala (bon) et lafa (mauvais), midoréfa (avant) et farédomi (après).

Des variations à partir du mot de base, généralement le verbe, sont créées en accentuant une note : nom abstrait (1re), agent (2e), adjectif (3e), adverbe (4e). L'accentuation peut être remplacée par les dièses par commodité. Exemple :

  • résolmila → continuer
  • solmila ou ré#solmila → continuation, continuité, continuum
  • solmila ou résol#mila → continuateur/trice
  • résolmila ou résolfala→ continuel, continu
  • résolmila ou résolmila#→ continuellement, continument

Les temps sont formés par ajout d’un mot (une répétition de deux notes) :

  • dodo → passé
  • réré → plus-que-parfait
  • mimi → futur
  • fafa → conditionnel
  • solsol → impératif
  • lala → participe présent
  • sisi → participe passé

Exemple d'utilisation[modifier | modifier le code]

La langue musicale universelle est un « héros » invisible[Note 1] mais audible dans Rencontres du troisième type, film de Steven Spielberg (1977).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pas tout à fait en réalité, car les notes sont régulièrement accompagnées soit de gestes précis de la main soit de lumières colorées spécifiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Sudre, Langue Musicale Universelle, (lire en ligne)