Louis Couturat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Couturat.
Louis Couturat
Louis-Couturat.jpg
Naissance
Décès
(à 46 ans)
Melun,
Drapeau de la France France
Sépulture
Cimetière de Laroche-Saint-Cydroine (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Œuvres principales
De l'Infini mathématique, Les principes des mathématiques, L'Algèbre de la logique

Louis Couturat, né le à Paris et mort le à Melun, est un philosophe, logicien et mathématicien français. Appartenant, tout comme Bertrand Russell, au courant logiciste, il publia des fragments inédits de Gottfried Wilhelm Leibniz ainsi que des études désormais classiques sur ce dernier.

Vie et travaux[modifier | modifier le code]

Il est né à Paris et, fils unique, fut l’objet de tous les soins de ses parents qui s’attachèrent à lui donner une bonne éducation. D’une intelligence précoce il fut un élève brillant dès le lycée, où il s’intéressait aussi bien à la littérature ancienne qu’aux sciences théoriques et appliquées. Très attiré par la Grèce antique, il passait volontiers de la lecture de Descartes à celle d’Homère. En 1887 il fut reçu second à l'École normale supérieure où il se présentait pour la première fois et y suivit à la fois les cours destinés aux philosophes et les cours destinés aux mathématiciens.

En 1890 il fut reçu premier à l’agrégation de philosophie avec félicitations du jury, mais continua à se perfectionner dans l’étude des mathématiques, passant une licence en 1892. C’est alors qu’il put se consacrer à ce qu’il préférait : la philosophie des sciences, étudiant Lucrèce et Platon et préparant une thèse de doctorat sur l’infini mathématique. Il s'intéressait à la logique mathématique comme un moyen d'étudier l'histoire de la philosophie et la philosophie des mathématiques.

En 1894 il fut nommé professeur à l'université de Toulouse. En avril il épousa une cousine qui devait être sa compagne dévouée et le 12 juin il soutint ses thèses en Sorbonne (sa thèse en latin était intitulée De Platonicis mythis). Leur grand succès lui donna la possibilité d'obtenir un congé qu'il employa à ses recherches, se consacrant à l'étude de la physique. Il collaborait en même temps à La Revue de Métaphysique et de Morale, publiant une série d'articles sur l'espace et le temps et un essai critique sur l'hypothèse des atomes.

Le 27 octobre 1897 il fut nommé à l'université de Caen où il consacra ses cours à la philosophie des sciences mathématiques, aux relations entre les diverses sciences mathématiques et entre les idées fondamentales sur le nombre, l'ordre et la grandeur.

Par la suite il fut professeur de philosophie au Collège de France.

Son premier ouvrage important est De l'Infini mathématique (1896), suivi d'une collection de travaux non publiés de Gottfried Wilhelm Leibniz en 1903, qui vint à l'attention de Bertrand Russell[1] et Giuseppe Peano. En 1905 il publie Les principes des mathématiques. Il s’agit, indique l’avant-propos, d’un compte-rendu du livre de Russell The Principles of Mathematics paru en 1903, accompagné de commentaires et d’une mise en perspective vis-à-vis des travaux contemporains sur le sujet. Il a publié également L'Algèbre de la logique. À partir de 1907 il devint un des participants majeurs du mouvement de création de l'ido, une version de la langue internationale espéranto considérée par certains observateurs comme une amélioration significative, mais rejetée par une grande partie du mouvement espérantiste.

Pacifiste, il fut néanmoins une victime indirecte de la Première Guerre mondiale : sa voiture fut en effet heurtée par la voiture portant les ordres de mobilisation de l'armée française. Il mourut entre Ris-Orangis et Melun, en France.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

  • De l'infini mathématique, Paris, Félix Alcan, [2] ; réédition : Paris, Librairie scientifique et technique A. Blanchard, 1973, 668 p.[3].
  • La Logique de Leibniz : d'après des documents inédits, Paris, Félix Alcan, (lire en ligne).
  • Les Principes des mathématiques : : avec un appendice sur la philosophie des mathématiques de Kant, Paris, Félix Alcan, , 310 p. (lire en ligne) ; réédition en fac-similé : Paris, Librairie scientifique et technique A. Blanchard, 1980 (ISBN 2-85367-018-X)[4].
  • L'algèbre de la logique, Paris, Gauthier-Villars, 1905 (collection Scientia. Physique-mathématique), 100 p.[5].

Éditeur scientifique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Russell : correspondance sur la philosophie, la logique et la politique avec Louis Couturat 2001.
  2. Compte-rendu par W. A., « De l'infini mathématique par Louis Couturat », dans Revue néo-scolastique, n° 13, 1897, p. 94-95 Lire en ligne
  3. Louis Charbonneau, « Louis Couturat, De l'Infini mathématique (nouv. tirage) », dans Revue d'histoire des sciences, tome 28, n° 2, 1975, p. 183-184 Lire en signe.
  4. André Reix, « Louis Couturat, Les principes des mathématiques, avec un appendice sur la philosophie des mathématiques de Kant, nouveau tirage », dans Revue Philosophique de Louvain, quatrième série, tome 78, n° 40, 1980, p. 609-610 Lire en ligne.
  5. Compte-rendu : J. Magniette, « Louis Couturat, L' Algèbre de la Logique (collection Scientia ) », dans Revue néo-scolastique, n° 48, 1905, p. 503-505 Lire en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Couturat (1868-1914) : mathématiques, langage, philosophie, sous la direction de Michel Fichant et Sophie Roux, Paris, Classiques Garnier, 2017 (collection « Histoire et philosophie des sciences »), 363 p. (ISBN 978-2-406-05760-4) : actes du colloque, mai 2014, Paris, École normale supérieure.
  • Bertrand Russell : correspondance sur la philosophie, la logique et la politique avec Louis Couturat : 1897-1913, éd. par Anne-Françoise Schmid et Tazio Carlevaro, Paris, Éd. Kimé (collection « Philosophie, épistémologie »), 2001, 734 p. (ISBN 2-84174-258-X).
  • (en) Gregory H. Moore, « The Origins of Russell’s Paradox: Russell, Couturat, and the Antinomy of Infinite Number », dans From Dedekind to Gödel. Essays on the development of the foundations of mathematics, Dordrecht, Springer, 1995, p. 215-239 Aperçu en ligne.
  • L' oeuvre de Louis Couturat : 1868-1914 : de Leibniz à Russell, Paris, Presses de l'École normale supérieure, 1983, 130 p. (ISBN 2-7288-0091-X) : actes du colloque, juin 1977, Paris, École normale supérieure.
  • André Lalande, « L'œuvre de Louis Couturat », dans Revue de métaphysique et de morale, tome 22, n° 5, septembre 1914, p. 644-688 Aperçu en ligne.

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]