Julie Payette

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Julie Payette
Julie Payette en mai 2009.
Julie Payette en mai 2009.
Fonctions
Gouverneure générale du Canada
(désignée)
En attente d'entrée en fonction –
Monarque Élisabeth II
Premier ministre Justin Trudeau
Prédécesseur David Lloyd Johnston
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Montréal (Québec, Canada)
Nationalité Canadienne
Diplômé de Université McGill
Université de Toronto
Profession Astronaute

Julie Payette
Gouverneurs généraux du Canada

Julie Payette, née le à Montréal (Québec)[1], est une scientifique et administratrice canadienne. Astronaute en chef de l'Agence spatiale canadienne entre 2000 et 2007, elle participe aux missions STS-96 et STS-127.

En , elle est désignée par la reine pour devenir la vingt-neuvième gouverneure générale du Canada, la quatrième femme à occuper ce poste. Elle doit entrer en fonction à l'automne 2017[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Née à Montréal, elle grandit dans le quartier Ahuntsic, où elle effectue ses études primaires à Louis-Colin et secondaires aux collèges Mont-Saint-Louis et Regina Assumpta. Dès son jeune âge, elle émet le vœu de devenir astronaute. À l'âge de 16 ans, elle décroche l'une des six bourses permettant d'effectuer un baccalauréat international au Atlantic College (en), au Pays de Galles[3].

De retour au Québec, elle obtient un baccalauréat en sciences en génie électrique de l'Université McGill en 1986. Elle complète sa formation à l'Université de Toronto, en 1990, avec une maîtrise en sciences appliquées (génie électrique et informatique).

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Sa carrière scientifique l'amène à exercer dans plusieurs domaines de recherche, notamment en informatique, en traitement du langage naturel, en reconnaissance automatique de la parole et en application de technologies interactives au domaine spatial. Dès 1986, elle entame une carrière d'ingénieure système chez IBM Canada. De 1988 à 1990, durant sa maîtrise, elle assiste des travaux de recherche sur des « architectures informatiques de hautes performances ». En 1991, elle est chercheuse invitée au IBM Research Laboratory de Zurich. En janvier 1992, elle rejoint le groupe de recherche sur la parole de Bell Northern.

Astronaute[modifier | modifier le code]

Dans le module Zarya, en 1999.
Julie Payette, alors spécialiste de mission auprès de la NASA.

En 1992, l'Agence spatiale canadienne procède à un appel de candidatures pour son programme de formation d'astronautes. 5330 candidatures sont alors étudiées, dont celle de Julie Payette. Le , l'Agence annonce qu'elle est l'une des quatre personnes sélectionnées[4]. Elle effectue un entraînement de base au Canada avant de débuter des travaux sur le système d’entretien mobile du module robotique de la Station spatiale internationale. De 1993 à 1996, elle sert en tant que spécialiste du groupe d'études RSG-10 sur le traitement de la parole de l'OTAN. De 1995 à 1998, elle siège au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie.

En février 1996, elle obtient le grade de capitaine d'avion à réaction militaire à base des Forces canadiennes Moose Jaw. Elle a ensuite été affectée à différents départements, dont la robotique pour le compte du Bureau des astronautes ainsi que dans le département électronique. La même année, elle intègre le Groupe d'astronautes 16 (The Sardines) de la NASA et débute sa formation au Lyndon B. Johnson Space Center, à Houston, au Texas. Elle complètera ce programme en avril 1998, devenant spécialiste de mission.

Missions[modifier | modifier le code]

Julie Payette, en 2008, portant la combinaison spatiale.
En 2009, elle participe à la mission STS-127, sa deuxième à bord de la Station spatiale internationale.

Du 27 mai au , Julie Payette prend part à la mission STS-96 à bord de la navette spatiale Discovery. Elle devient alors la deuxième Canadienne à se rendre dans l'espace, après Roberta Bondar. Cette mission consiste à effectuer le premier amarrage manuel de la navette à la Station spatiale internationale, ainsi que la livraison et l'installation de quatre tonnes de matériel. Elle est alors responsable des systèmes de la station et opère le bras robotique Canadarm en orbite.

À partir de janvier 2003, elle occupe le poste de Capsule Communicator (CAPCOM) au Centre de contrôle des missions à Houston. En 2006, elle est nommée CAPCOM en chef pendant la mission STS-121. Le CAPCOM est responsable de l'ensemble des communications et assure le lien vocal entre l'équipe au sol et les astronautes en vol.

De plus, elle est ingénieure de bord de la navette spatiale Endeavour pour la mission STS-127, débutant le . Durant cette mission de 16 jours remplie de tâches robotiques, l'équipage d'Endeavour réalise cinq marches spatiales afin d'installer les éléments restants de Kibō, un complexe d'expérimentation construit par l'Agence spatiale japonaise. Les astronautes livrent également six batteries pour la poutrelle P6, un mécanisme d'entraînement de rechange pour le transporteur mobile et une perche de rechange pour l'antenne en bande Ku.

Administratrice[modifier | modifier le code]

Elle est l'astronaute en chef de l'Agence spatiale canadienne de 2000 à 2007[5], ce qui implique de faire de la formation en continu. En janvier 2011, elle accepte une bourse de recherche en politique publique du Woodrow Wilson International Center for Scholars. En octobre, elle devient déléguée scientifique du Québec à Washington[6]. En 2013, elle quitte l'Agence spatiale canadienne.

Du au , elle est directrice du Centre des sciences de Montréal. Elle occupe également le poste de vice-directrice de la Société immobilière du Canada[7]. Durant cette période où elle se consacre à la vulgarisation scientifique, elle participe entre autres à l'émission de télévision Découverte[8]. En 2014, elle rejoint le conseil d’administration de la Banque nationale du Canada. En 2017, elle devient membre de la commission Femmes dans les Sport du Comité international olympique.

Gouverneure générale du Canada[modifier | modifier le code]

Le , le Premier ministre Justin Trudeau annonce que la reine Élisabeth II approuve la nomination de Julie Payette en tant que gouverneure générale du Canada en remplacement de David Johnston. Elle affirme alors : « Vous pouvez vous imaginer que mes priorités seront probablement liées à la science, à la technologie et à l'avancement d'une société du savoir »[9]. Cette nomination fait l'unanimité à la Chambre des communes du Canada[10] : le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, et le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, applaudissent sa nomination. Par ailleurs, le choix d'une femme francophone à la tête de l'État respecte la tradition d'alternance (son prédécesseur étant un homme anglophone). Elle doit entrer en fonction à l'automne 2017[11].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est la fille d'André Payette, ingénieur, et de Jacqueline Carey. Elle a un frère, Simon, et une sœur, Maude. Elle s'est mariée à deux reprises, d'abord avec l'ingénieur François Brissette, puis avec William Flynn dont elle s'est divorcée en 2015. Elle a un fils[12].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Julie Payette porte le drapeau des Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver.

Distinctions universitaires et scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Lauréate d'une des six bourses canadiennes permettant de fréquenter l'UWC of the Atlantic (1980).
  • Lauréate de la bourse Greville-Smith (1982-1986) de l’Université McGill.
  • Faculty Scholar de la faculté de génie (1983-1985) et a obtenu son diplôme avec distinction en 1986.
  • Lauréate d'une bourse d’études supérieures du CRSNG (1988-1990).
  • Récipiendaire du Massey College Fellowship (1988-1990).
  • Récipiendaire d'une distinction du Conseil canadien des ingénieurs pour réalisation exceptionnelle par un jeune ingénieur (1994).

Doctorats honorifiques[modifier | modifier le code]

Au fil des ans, la majorité des grandes universités canadiennes lui ont décerné un doctorat honoris causa.

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations de Julie Payette

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Erik Gregersen, « Julie Payette », sur Encyclopædia Britannica, (consulté le 25 janvier 2015).
  2. (en) « Announcement of next Governor General of Canada », sur royal.gov.ukdate=13 juillet 2017
  3. Encyclopédie canadienne - Julie Payette
  4. Le 8 juin 1992, Julie Payette rentrait à l'Agence spatiale canadienne
  5. Agence Spatiale Canadienne, « Julie Payette nommée gouverneure générale du Canada », sur Agence Spatiale Canadienne, (consulté le 15 juillet 2017).
  6. Julie Payette nommée déléguée scientifique du Québec à Washington
  7. Julie Payette, « Biographie de Julie Payette », sur Agence Spatiale Canadienne, (consulté le 15 juillet 2017)
  8. Julie Payette monte à bord de la navette «Découverte»
  9. Justin Trudeau – Premier ministre du Canada, « Le premier ministre Trudeau et Julie Payette, future gouverneure générale, prennent la parole », (consulté le 19 juillet 2017)
  10. Julie Payette officiellement nommée gouverneure générale
  11. « Gouverneure générale désignée », sur Gouverneur général du Canada,
  12. La famille de Julie Payette emballée mais pas nerveuse
  13. Université du Manitoba – Doctorat honoris causa pour l’astronaute Julie Payette
  14. Université de Moncton, nouvelles, archives de 2013, Julie Payette, docteure d’honneur en ingénierie
  15. 2010 Honorary Degree Recipients - Dr. Julie Payette, O.C., C.Q.
  16. Doctorat honorifique - Éloge de Julie Payette
  17. Université Laval, communiqué de presse, 27 janvier 2000
  18. « Les membres de l'Ordre », sur Ville de Montréal (consulté le 20 juillet 2017)
  19. « Biographie de Julie Payette », sur Premier ministre du Canada (consulté le 20 juillet 2017)
  20. « Julie Payette », sur Ordre national du Québec (consulté le 20 juillet 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]