Juana Muller

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Juana Muller
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Juana Muller, née le à Santiago du Chili, et morte le à Paris, est une sculptrice chilienne de la nouvelle École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Juana Muller naît le à Santiago du Chili. Son père Alfred Muller, négociant dans le textile né à Hambourg en 1885, et sa mère Johanna Goldmann, née Reese en 1887 à New York, se sont mariés en 1910 à Hambourg, puis se sont installés à Santiago. Pendant la première guerre mondiale elle vit seule avec sa mère rentrée en Allemagne en 1913, son père demeurant en Amérique du Sud[1].

Après des études de 1930 à 1933 à l'École des beaux-arts de Santiago où elle est élève de Lorenzo Domínguez Villar (es) et de Julio Antonio Vásquez, Juana Muller y devient assistante de 1933 à 1937, réalisant plusieurs voyages en Europe, en Allemagne, en Italie et en Grèce. Ayant reçu une bourse, elle s'installe en 1937 à Paris, rue Jules Chaplain, travaille dans l'atelier d'Ossip Zadkine puis, en 1939, chez Constantin Brancusi qu'elle aide dans la réalisation de La Tortue volante (New York, Guggenheim museum). Elle est alors installée au no 61 rue Mathurin-Régnier à Paris.

De 1939 à 1942, après un voyage en Angleterre et un séjour à Santiago, Juana Muller habite un moment à Rives près de Grenoble, en octobre 1942 à Varces-Allières-et-Risset en Isère, puis à La Ferté qu'elle quitte suite aux bombardements et Agen. Elle rentre ensuite à Paris[2].

Juana Muller et Jean Le Moal, qui s'étaient croisés avant-guerre à l'Académie Ranson se retrouvent en novembre 1943 et se marient le . Plusieurs toiles de Le Moal qui précèdent son passage à la non figuration évoquent Juana Muller, notamment Jeune fille à la lampe (datant de janvier 1944) et Juana ou Figure à la lampe (1944), toutes deux peintes rue de Grenelle dans l'appartement de Jean Bertholle parti travailler à la Faïencerie de Gien, puis Juana (1946)[3]. Les deux artistes vivent rue Mathurin-Régnier puis, à partir de 1948, au no 4 rue de Bérite, Juana Muller travaillant depuis 1946 dans un atelier au no 7 rue Jean-Ferrandi. Elle se lie alors avec les amis peintres et sculpteurs de Le Moal, Alfred Manessier, Jean Bazaine, Jean Bertholle, Étienne-Martin, François Stahly, Étienne Hajdu et Simone Boisecq, plus tard Eudaldo venu lui aussi du Chili en 1949.

no 7 rue Jean-Ferrandi à Paris, où Juana Muller travaillait dans l'un des ateliers (transformés depuis).

Juana Muller expose en mai 1944 à Lyon à la galerie Folklore de Marcel Michaud avec Le Moal, Manessier, Singier, Tal-Coat et Étienne-Martin[4], en 1947 avec Bertholle, Étienne-Martin, Véra Pagava et Stahly à la galerie Jeanne Bucher, en avril et mai 1950 à la galerie M.A.I. dirigée à Paris par Michaud avec Étienne-Martin, Stahly et Marie-Thérèse Pinto[5] (préface de Henri-Pierre Roché. Elle participe de 1946 à 1952 au Salon de Mai et, de 1949 à 1952, au Salon de la jeune sculpture.

En 1948, Étienne-Martin fait découvrir à Juana Muller l'enseignement de Gurdjieff. À partir de 1950, elle travaille avec Stahly et Étienne-Martin au projet de la décoration de l'église Saint-Rémy de Baccarat. Durant l'été 1951, Juana Muller, Jean Le Moal et leurs deux enfants sont accueillis à Alba-la-Romaine par le peintre Eudaldo.

Juana Muller meurt à Paris le .

« Je crois que la place par excellence des sculptures est le plein air. Mes sculptures particulièrement, je souhaiterais les placer dans un jardin. L'opposition et en même temps le rapport qui s'établit entre la vie végétale et la vie des formes me touche beaucoup », confiait Juana Muller qui écrivait aussi : « Ce n'est que lorsqu'on sera libre de ses automatismes qu'on pourra trouver ce grand silence plein de tout ce qui existe. »[6]

Réception critique[modifier | modifier le code]

« [Que ses œuvres] soient empreintes de gravité, voire d'hiératisme, qu'elles puissent évoquer des objets culturels pour des sociétés fort éloignées de la nôtre, impossible de ne pas le reconnaître. Un mystère habite leurs formes simplifiées, non seulement les creux où s'épanouissent les ombres, mais aussi les surfaces que touche la lumière, ces surfaces quelque peu âpres, raboteuses comme le sont celles des bois taillés à grands coups ou celles des pierres que le temps a griffées en les dotant d'une vie à la fois secrète et attirante. »

Joseph-Émile Muller, Musées de Metz et Musée d'histoire et d'art du Grand duché de Luxembourg, 1973.

« Brancusi sentait, et il m'en a fait part, que Juana Muller faisait partie, comme lui, de la grande "Tradition" de l'Art, où l'apparente modernité n'est qu'un accident inévitable pour toute œuvre authentique. »

François Stahly, Musée d'art et d'histoire de Meudon, 1984.

« [Juana Muller] appartient à cette race d'être pour qui la vie [ne] fut qu'une longue marche vers l'authenticité la plus totale. Sculpteur, son travail ne supportait aucun mensonge. Revenant à des formes très essentielles, son attitude était celle d'une créature infiniment ouverte et attentive à tout […]. Maintenant qu'elle n'a plus de mains, de chair pour terminer cette œuvre restée à son aurore, elle l'accomplira […] dans le cœur de ceux qui sauront lire le message exemplaire dont elle témoigne fait de courage, d'humilité et de certitude. »

Étienne-Martin[7]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1936 : IV Centenario Exposición Nacional de Artes Plásticas, Municipalidad de Valparaíso, Chili.
  • 1944 : Galerie Folklore (Marcel Michaud), avec Le Moal, Manessier, Singier, Tal-Coat et Étienne-Martin, Lyon.
  • 1947 : Galerie Jeanne Bucher, avec Bertholle, Étienne-Martin, Véra Pagava et François Stahly, Paris.
  • 1949 : La Sculpture en France de Rodin à nos jours, Maison de la Jeune Pensée Française, Paris.
  • 1950 : Galerie M.A.I. (Marcel Michaud), avec Étienne-Martin, François Stahly et Marie-Thérèse Pinto, Paris (préface de Henri-Pierre Roché).
  • 1957 : Hommage à la Sculpture de Brancusi, Galerie Suzanne de Connink, Paris.
  • 1973 : Trois sculpteurs: Juana Muller, Étienne Hajdu, Baltasar Lobo, Musées de Metz et Musée d'histoire et d'art du Grand Duché de Luxembourg (préface de Joseph-Émile Muller).
  • 1975 : La Mujer en el Arte, Museo Nacional de Bellas Artes, Santiago, Chili.
  • 1984 : Juana Muller, 1911 - 1952, Musée d'histoire et d'art de la Ville de Meudon (préface de Gaston Diehl).
  • 1987 : Sculpteurs de rêve, l'Atelier Busato, Hôtel de la Monnaie, Paris.
  • 1991 : Exposición de escultura chilena: colección de esculturas del Museo de Arte Contemporáneo, Casa Central, Universidad de Chile, Santiago.
  • 2003 : Les matériaux de la sculpture, 7 lieux, 7 matières, Le bois, Centre d'art Présence Van Gogh, Saint-Rémy de-Provence, Conseil général, Bouches-du-Rhône, octobre 2003 - janvier 2004.
  • 2008 : Lumière, Couleurs, Formes, Hôtel de Ville d'Aulnay-sous-Bois, novembre 2008.
  • 2014 : Regards sur l'École de Paris, Musée de la Cour d'Or – Metz Métropole, Metz, février-juin 2014.
  • 2014 : Claude Idoux et son temps, Musée d'histoire et d'art de la Ville de Meudon
  • 2016 : Exposition groupe Mobile (deux photographies par Marc Vaux), Musée du Montparnasse (Villa Vassilieff)
  • 2016 : Autour de Juana Muller, Sculptrices et peintres à Paris 1940-1960, Maison des Arts, Parc Bourdeau, Antony, avril-juin 2016.

Salons[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Au Chili
En France
  • Metz, musée de la Cour d'Or : Totem, ciment, 117 × 33 × 27 cm ;
  • Meudon, musée d'art et d'histoire :
    • La Terre, 1949, bronze, 27,5 × 21 × 17 cm ;
    • La Terre, 1949, bronze, 115 × 88 × 76 cm ;
    • Le Couple, bronze, 22 × 14,5 × 11 cm ;
    • Personnage, bronze, 21 × 13 × 11,5 cm ;
    • L'Oiseau, vers 1950, bronze, 19 × 19 × 20 cm ;
    • Le Totem, bronze, 113 × 32,5 × 28,5 cm ;
    • Deux études pour le chemin de croix de l'église Saint-Rémy de Baccarat (Meurthe-et-Moselle), vers 1950, bronze, 56 × 25 × 6 cm et 43,5 × 30,5 × 6,5 cm ;
    • Tête, ébène, 1950, 17 × 17,5 × 17,5 cm (dépôt du Centre Pompidou) ;
    • Deux études pour le chemin de croix de l'église Saint-Rémy de Baccarat (Meurthe-et-Moselle), vers 1950, dessins, 139 × 40 cm et 139,5 × 41,5 cm.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Juana Muller, 1911-1952, destin d'une femme sculpteur, sous la direction de Sabrina Dubbeld, contributions de Lydia Harambourg et Michel-Georges Bernard, Somogy, Paris, 2015, p. 11
  2. Juana Muller, 1911-1952, destin d'une femme sculpteur, sous la direction de Sabrina Dubbeld, contributions de Lydia Harambourg et Michel-Georges Bernard, Somogy, Paris, 2015, p. 13
  3. reproduction dans Michel-Georges Bernard, Jean Le Moal, Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, 2001, p. 90
  4. carton d'invitation reproduit dans Le Poids du monde. Marcel Michaud (1898-1958), sous la direction de Laurence Berthon, Sylvie Ramond et de Jean-Christophe Stuccilli, Lyon, musée des Beaux-Arts, Lyon, Fages éditions, 2011, p. 290
  5. Affiche reproduite dans Le Poids du monde. Marcel Michaud (1898-1958), sous la direction de Laurence Berthon, Sylvie Ramond et de Jean-Christophe Stuccilli, Lyon, musée des Beaux-Arts, Lyon, Fages éditions, 2011, p. 117
  6. Juana Muller, Musée d'art et d'histoire de Meudon, 1984
  7. L'Atelier d'Étienne-Martin, Lyon, musée des Beaux-Arts, Paris, Éditions Hazan, 2011, p. 225

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Monographie[modifier | modifier le code]

Catalogues d'expositions[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • (es) « Homenaje a Juana Muller », Pro-Arte, no 159, Santiago, 2 octobre 1952.

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Léon Gischia et Nicole Védrès, La sculpture en France depuis Rodin, Paris, Éditions du Seuil, 1946.
  • Michel Seuphor, La Sculpture de ce siècle, Dictionnaire de la Sculpture Moderne, Neuchâtel, Suisse, Éditions du Griffon, 1959.
  • (en) Carola Giedon-Welcker, Contemporary sculpture, an evolution in volume and space, a revised and enlarged edition, New York, George Wittenborn, 1960, p. 295, 340 et 344.
  • (es) Enrique Melcherts, Introducción a la Escultura Chilena, Valparaíso, Chili, 1982, pages 184-185.
  • (es) Victor Carvacho, Historia de la escultura en Chile, Editorial Andrés Bello, Santiago du Chili, 1983, p. 306-307.
  • (en) The Cambridge history of Latin America, volume X, Latin America since 1930 : ideas, culture and society, Cambridge University Press, 1995, réédition 2004, p. 432.
  • Michel-Georges Bernard, Jean Le Moal, Neuchâtel, Ides et Calendes, 2001, p. 108, 121.
  • Jean-Pierre Bourdais, Alfred Manessier, mon ami, Siloë éditions, 2004, p. 71.
  • Friedrich Teja Bach, Constantin Brancusi, p. 234, 312, 347, 348.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Juana Muller, 1911-1952, sculpteur, réalisé par Anne-Marie Gourier, 2014, 28 minutes et 32 secondes, (projeté au musée de Meudon le 18 juin 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]