Alicia Penalba

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Alicia Penalba
KMM Penalba 01.JPG
Grand double (1962/4) dans le parc du Musée Kröller-Müller
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Mouvement

Alicia Penalba est une sculptrice non figurative née en 1913 en Argentine, décédée en novembre 1982 en France où elle s'était établie en 1948. Son œuvre s'inscrit, aux côtés de celles notamment d'Étienne-Martin, François Stahly, Karl-Jean Longuet, Étienne Hajdu, Simone Boisecq, Marta Colvin, parmi celles qui marquent un renouveau de la sculpture à partir des années 1950.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alicia (Pérez) Penalba naît le 7 août 1913 à San Pedro, dans la province de Buenos Aires, de parents espagnols. Au long des déplacements de son père, constructeur de voies ferrées, elle passe la plus large part de son enfance au Chili, trois ans en Patagonie, puis dans la province de San Juan, au pied de la Cordillère des Andes. Très jeune elle manifeste son intérêt pour le dessin et la peinture. Elle échappe à quatorze ans à la sévérité du climat familial en trouvant un emploi de secrétaire et s'inscrit à des cours du soir de dessin. En 1930, elle entre à l'École des Beaux-Arts de Buenos Aires où elle obtient le diplôme de professeur de dessin et de peinture, participe à des Salons et des expositions collectives, obtenant plusieurs prix nationaux.

Lauréate en 1948 d'une bourse du gouvernement français, Alicia Penalba s'installe à Paris où elle s'inscrit à l'École des Beaux-Arts en gravure et, à partir de 1949, travaille durant trois ans dans l'atelier de Zadkine à l'Académie de la Grande Chaumière. Elle découvre alors les œuvres de Hans Arp, Brancusi, Giacometti et fait la connaissance d'Étienne-Martin, François Stahly, Étienne Hajdu, Marta Colvin, Marino di Teana avec qui elle participera à de nombreuses expositions collectives. En 1950 elle s'installe dans un petit atelier à Montrouge[1].

Alicia Penalba crée en 1951 sa première sculpture non figurative et détruira la plupart de ses premiers travaux. À partir de 1953 elle entreprend, autour de rythmes verticaux, des séries de Totems (Surveillant des rêves, Le Voyeur des Nuits) ou de Liturgies végétales et présente sa première exposition personnelle à Paris en 1957 à la galerie du Dragon.

Sur la fin des années 1950, dans la série des Doubles, ces rythmes se fractionnent en éléments distincts entre lesquels joue la lumière. À partir de 1959 elle commence à réaliser des sculptures pour l'architecture. la galerie Claude Bernard lui consacre en 1960 une monographie mais, soucieuse d'indépendance elle mettra fin à leur collaboration. En 1961 elle reçoit le Prix International de Sculpture de la Ve Biennale de São Paulo au Brésil. Ses expositions se multiplient, notamment à New York (avec Eduardo Chillida, Étienne Martin et Hajdu), Zurich, Rio de Janeiro, Otterlo, Eindhoven, Washington, Bâle, Lausanne, Paris (avec les peintres Wilfredo Lam, Simona Ertan et Roberto Matta), Rome, Milan, Genève, Bruxelles, Caracas.

Fontaine monumentale à Leverkusen.

Par la suite Alicia Penalba développe, généralement en bronze, plusieurs séries dans lesquels les éléments, resserrés sur eux-mêmes (Fruits de mer) ou éclatés, se rassemblent, dans les années 1960, en un mouvement ascensionnel de volumes horizontaux et obliques, en équilibre instable, suggérant l'élan d'un envol (Ailées), que commente de façon poétique Pablo Neruda. Ses œuvres sont introduites dans un grand nombre de musées ou de parcs de sculptures de France, à Paris et en province (Université de Bordeaux), d'Allemagne, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse (Centre Paul-Klee à Berne), d'Italie, d'Argentine, du Pérou et des États-Unis.

Dans les années 1970 Alicia Penalba se tourne également vers les arts décoratifs. Elle crée cinq formes de vase en porcelaine, une sculpture en édition limitée en grès, et les décors Diabolico et Gnome pour des coupes et des assiettes en porcelaine, l'ensemble réalisé avec la Manufacture nationale de Sèvres. On lui doit aussi un ensemble de bijoux, des tapis et des tapisseries en relief.

Alicia Penalba meurt à la suite d'un accident, sa voiture fauchée par un train, le 4 novembre 1982[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vétuste, tout en bois, avec un simple réchaud en guise de cuisine, le lieu est des plus modeste. (...) « Les vitres étaient en papier huilé (...) », raconte aujourd'hui Jean Michalon (...) », rapporte Valentin Grivet (« Alicia Penalba, de l'ombre à la lumière », dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, Paris, 11 janvier 2019, p. 118
  2. « Alors qu'ils se rendent aux funérailles du père de Michel Chilo dans le sud-ouest de la France, la voiture d'Alicia et de son ami est percutée par un train. Le couple est tué sur le coup. L'artiste ne laisse aucun héritier, et le testament qu'elle avait rédigé en faveur de son compagnon est sans valeur juridique. Un avocat international prend l'affaire en main : il retrouve en Argentine son premier mari. « Comme elle avait pris les torts à sa charge lors du divorce, ses biens sont revenus à son ex-époux. L'avocat a proposé à ce dernier une sorte de viager, avec une rente, explique Jean-Marc Lelouch. À la mort du mari, l'avocat a hérité de tout, œuvres et patrimoine immobilier. Celui-ci est à son tour décédé en 2018 sans héritier. Ce qui pose un certain nombre de questions, notamment celle de la possibilité ou non de faire des éditions d'œuvres de l'artiste. » », résume Valentin Grivet (« Alicia Penalba, de l'ombre à la lumière », dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, Paris, 11 janvier 2019, p. 121

Jugement[modifier | modifier le code]

"... Ainsi Alicia Penalba apprit à construire des étoiles. Elle les fait de pierre ou d'argent, d'or ou de bois, mais toujours en les détachant du magma originel ou de la blancheur éternelle. Ses créations rugueuses et explosives conservent le sceau originel de ce silence, de ces tonnerres qui détruisent et créent. Les rues du monde, les cités marquent leurs artistes d'une encre indélébile, de bazar ou d'officine. Ceux qui viennent de l'espace gardent le front marqué par la bourrasque, par le feu, par le froid ou par la géographie..."

Pablo Neruda (1972)

Élèves[modifier | modifier le code]

Éléments de bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Penalba, galerie du Dragon, Paris, 1957.
  • Michel Seuphor, La sculpture de ce siècle, Éditions du Griffon, Neuchâtel, 1959.
  • Michel Seuphor, Alicia Penalba, (édition trilingue, en français, en allemand et en anglais), Amriswil, Bodensee Verlag, 1960
  • Penalba, Städtisches museum Leverkusen, 1964.
  • Michel Ragon et Michel Seuphor, L'art abstrait, 4, 1945-1970, Paris, Maeght éditeur, 1974 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alicia Penalba, textes d'André Berne Joffroy, Jacques Goldstein, Denys Chevalier, Michel Ragon, Dorothea Christ, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1977 (60 p.)
  • Alicia Penalba, Paris, Éditions Galerie Villand et Galanis, 1977
  • Jörn Merkert, Alicia Penalba, Paris, Éditions Carmen Martinez, 1977 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Aube Lardera, Alicia Penalba, dans Ionel Jianou, Gérard Xuriguera, Aube Lardera, La sculpture moderne en France, Paris, Arted Éditions d'Art, 1982 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alicia Penalba : Obras de su Atelier, texte en espagnol, anglais et français, Editorial Nexos, Buenos Aires, 2002 (78 p.).
  • Autour de Juana Muller, Sculptrices et peintres à Paris 1940-1960 (Marta Colvin, Charlotte Henschel, Elvire Jan, Vera Pagava, Alicia Penalba, Helen Phillips et Irène Zack), Maison des Arts, Parc Bourdeau, Antony, avril-juin 2016. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Valentin Grivet, « Alicia Penalba, de l'ombre à la lumière », dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, Paris, 11 janvier 2019, p. 118-121. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Artistes sud-américaines ayant séjourné ou s'étant installées à Paris:

Liens externes[modifier | modifier le code]