Karl-Jean Longuet

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Karl-Jean Longuet
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Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Père
Mère
Anita Desvaux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Enfants
Frédérique Longuet-Marx (d)
Anne Longuet-Marx (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Karl-Jean Longuet, né à Paris le et mort à Auray le , est un sculpteur français non figuratif.

Il a été marié à Simone Boisecq.

Biographie[modifier | modifier le code]

Karl-Jean Longuet naît au sein d’une famille d’intellectuels socialistes étroitement mêlée à l’histoire sociale de leur temps. Il est l’arrière-petit-fils de Karl Marx. Son grand-père, Charles Longuet, journaliste, exilé à Londres après la Commune, a en effet épousé la fille aînée de Marx, Jenny. Son père, Jean Longuet, est avocat et homme politique proche de Jean Jaurès.

Karl-Jean Longuet commence ses études au lycée Lakanal ; de santé fragile, il les poursuit seul à la campagne. Un moment caricaturiste de presse, il entre en 1927 à l’École des arts décoratifs dans l’atelier de Paul Niclausse, où il côtoie Étienne Hajdu puis fréquente de 1929 à 1932 l’atelier de Jean Boucher aux Beaux-Arts, recevant en 1932 une bourse de voyage pour l’Espagne. Il admire Rodin et Maillol. Despiau vient fréquemment à son atelier et suit avec intérêt son travail. À partir de 1932, Longuet expose au Salon d’automne et présente également ses œuvres aux Salons des Tuileries et des Indépendants. Ses premières sculptures, bustes ou grandes figures, épurent les volumes et les formes du corps humain dans le sens du dépouillement. En 1935, il séjourne à Séville. En 1937 il réalise pour Exposition internationale des Arts et Techniques de Paris une fontaine monumentale.

Exempté de service militaire en raison de sa mauvaise santé, engagé dans la Résistance, menacé d'être arrêté, Karl-Jean Longuet quitte Paris en 1940 pour Nîmes puis, pour plus d'une année, à Marseille. Il y travaille pour le cinéma, notamment pour le décorateur Alexandre Trauner et Louis Jouvet. Rentré à Paris, l'état-major national clandestin des FFI se réunit fréquemment chez lui, rue Visconti, ou dans son atelier, avenue Denfert-Rochereau. Après la Libération il expose dans les Salons (Salon de la Jeune Sculpture, Salon de mai, Comparaisons, Salon des Réalités Nouvelles, Salon d'automne). Il fait en 1946 la connaissance de Simone Boisecq qui, venue d’Alger l’année précédente, travaille dans son atelier, et l’épouse en 1949. En 1948 il réalise le médaillon de Paul Langevin pour l’École de physique et de chimie de Paris et un Monument aux Résistants à la Préfecture de Police. Il présente en 1953 sa première exposition personnelle.

La rencontre de Brancusi en 1948 et ses recherches personnelles l’amènent à accentuer le dépouillement de ses sculptures, taillées dans la pierre, le granit ou le marbre, le bois, mais aussi réalisées en bronze, en plomb et en cuivre, qui le mène autour de 1954 au seuil de la non-figuration. Il expose à Paris en 1961 et participe à de nombreuses manifestations collectives en France et à l’étranger, aux Biennales de Turin, Middelheim-Anvers, Carrare, Sonsbeek-Arnhem, São Paulo (1965).

À partir de 1956, Karl-Jean Longuet collabore avec les architectes dans la création de nombreuses sculptures monumentales pour des collèges et lycées, notamment : lycée Honoré-de-Balzac à Paris en 1956, 1959 et 1964, école de filles à Saint-Denis en 1956, groupe scolaire à Limoges en 1956-1959, école de Châtenay-Malabry en 1959, collège technique du Mans en 1960, groupe scolaire de Montreuil en 1963, groupe scolaire d’Athis-Mons en 1964, complexe universitaire de Toulouse en 1966-1968, lycée de Massy-Vilgénis en 1971, école Jules-Verne de Vitry en 1972, université de Lille et groupe Paul-Éluard de Vigneux en 1973, lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers en 1976.

Ses œuvres sont également présentes sur des places publiques et dans de grands ensembles (Place du Mont-Mesly en 1960-1962 et centre commercial du Palais de Créteil en 1974, centre d’accueil de la Peñarroya de la tour Montparnasse en 1976, place à Montigny-le-Bretonneux et Hommage à Salvador Allende à Châtenay-Malabry en 1981).

Karl-Jean Longuet a réalisé pour la Monnaie de Paris plusieurs sculptures et médailles (Fernand Léger, Paul Éluard, Bernard Shaw, Anna de Noailles, Karl Marx, Engels, Schœlcher).

Des expositions rétrospectives de son œuvre sont organisées à Châtenay-Malabry et Metz en 1983, Meudon, Ris Orangis (préface de Francis Villadier) et Trèves en 1984, Rouen (préface de Jean Guichard-Meili) et Thionville en 1987.

Jugements[modifier | modifier le code]

« La sculpture de Longuet se présente comme une masse de pierre progressant vers la lumière d'une base aux rythmes assez complexes et vers un sommet plus léger, plus aéré, plus simplifié. La grande rigueur de cette sculpture ne s'accompagne d'aucune de ces sécheresses auxquelles il est facile de succomber. L'artiste a réussi à allier le lyrisme d'un poème à l'intransigeance d'une équation mathématique. À l'aide d'évidements, un éclairage pénètre jusque dans l'ossature de l'œuvre qui se dresse de plus en plus dépouillée jusqu'à l'unité finale, comme une sorte de chapiteau baigné de tous côtés par la lumière. »

— Pierre Lemonnier, dans Architecture française, n° 213-214, Paris, 1960

« C'est par leur silence que peut-être les œuvres de Karl-Jean Longuet se caractérisent surtout. Sculptures ou bas-reliefs sans titres, ses sculptures se présentent comme un ensemble de formes denses très architecturées aux rythmes mystérieux d'où se dégagent équilibre et harmonie. Ces formes trouvent leur réalité à travers un dialogue interne mais aussi grâce à la lumière, qui selon le matériau ou les plans formels, leur donne un relief différent. »

— Aube Lardera, 1982

« Faut-il écrire que ses sculptures s'intègrent bien à l'architecture? Elles l'accompagnent plutôt. Elles possèdent par elles-mêmes une architecture propre, qui répond à celle des constructions qu'elles voisinent. Karl-Jean Longuet aimait cette contrainte de la proximité d'une œuvre architecturale, cela l'obligeait à une rigueur plus grande encore, à une coordination plus précise des lignes, des forces et des axes. Retrouvant la grande tradition des sculpteurs des siècles passés, il travaillait sur les chantiers, comme un artisan. […] Il laisse une œuvre importante qui résume l'évolution de la sculpture de ce siècle dans ce qu'elle a de plus fort et de plus durable. Sa passion fut toujours accompagnée d'intelligence et de mesure et si, aujourd'hui, les plus grands musées possèdent nombre de ses œuvres, c'est qu'il restera un artiste marquant pour les temps à venir. »

— Francis Villadier, 1984

Œuvres dans les musées[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Illustration[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Friedrich Teja Bach, Constantin Brancusi : Metamorphosen Plastischer Form, entretien avec Karl-Jean Longuet, Cologne, 1987

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

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Monographie[modifier | modifier le code]

  • Karl-Jean Longuet, Les Cahiers d'art – Documents, no 139, Genève, Éditions Pierre Cailler, 1960 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Georges Boudaille, « La sculpture actuelle au carrefour », dans Cimaise, no 52, Paris, 1961, p. 89.
  • Gérald Gassiot-Talabot, « Karl-Jean Longuet », dans Cimaise, no 68, Paris, 1964, p. 48-58
  • « Karl-Jean Longuet », dans Le Club Français de la médaille, no 15, Paris, 1967, p. 48
  • Anne Longuet Marx, « Les sculpteurs Karl-Jean Longuet et Simone Boisecq : nouvelles acquisitions », dans La Revue des Musées de France, revue du Louvre, Paris, no 5, décembre 2009, p. 77-86 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Michel Seuphor, La Sculpture de ce siècle, Éditions Griffon, Neuchâtel, 1959
  • P. M. Leroy, Adam Saulnier, L’Art présent dans la cité, Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts, Paris, 1969, p. 108
  • Dictionnaire de l'art contemporain, Paris, Larousse, 1965
  • Michel Ragon et Michel Seuphor, Karl-Jean Longuet, dans L'art abstrait, 4, 1945-1979, Paris, Maeght éditeur, 1974
  • Aube Lardera, « Karl-Jean Longuet », dans Ionel Jianou, Gérard Xuriguera, Aube Lardera, La Sculpture moderne en France, Paris, Arted Éditions d'Art, 1982 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Louis-Combet, Karl-Jean Longuet, dans Des Artistes, Septentrion Presses universitaires, Villeneuve d’Ascq, 2010, p. 103-104.
  • La Collection d'art moderne, musée de la Cour d'Or – Metz Métropole, Silvana Editoriale, 2014, 204 pages (ISBN 9788836628070)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Karl-Jean Longuet, sculpteur, par Denis Lévy, 1983 (13 minutes)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]