Charlotte Calmis

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Charlotte Calmis
Charlotte Calmis- archives MJ Bonnet -1.jpg
Charlotte Calmis à Menton dans les années 1960
Naissance
Décès
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Nationalité
Activités

Charlotte Calmis, née le à Alep (Syrie), morte le à Paris, est une femme peintre, poétesse, féministe, fondatrice de l'association La Spirale en 1972.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charlotte Calmis naît à Alep en Syrie en 1913, son père décède à ses deux ans. Sa mère se remarie ; et elles déménagent à Héliopolis en Égypte où elle reçoit une éducation religieuse chez les sœurs de Saint Vincent de Paul. Son beau père accepte de lui financer un voyage d'étude à Paris pour développer sa passion pour la peinture[1],[2].

Elle arrive dans la capitale française en 1937, et étudie auprès d’André Lhote et de Marcel Gromaire[1]. Elle rencontre Lucien Pignon qui meurt sur le front le 7 juin 1940[3],[4].

D'origine juive, elle est forcée de se cacher durant la Seconde Guerre mondiale. Elle rencontre à Paris Tony Lazzarini avec qui elle fuit en Corse en 1942. Ils se marient en novembre 1942, et elle l'influence pour qu'il devienne sculpteur. Elle participe à la Libération de la Corse et organise une exposition "La Libération vue par les enfants" qui sera présentée à Alger au printemps 1944. Au sortir de la guerre, le couple s'installe à Saint-Tropez jusqu'à la mort de Tony en 1955. Charlotte déménage alors pour Menton et participe aux biennales de Menton jusqu'en 1969[1].

De retour en France après une tentative avortée de s'installer en Israël, les événements de mai 1968 et la fondation du mouvement de libération des femmes en 1970 attisent sa réflexion sur la place des femmes, la reconnaissance de leur création et de leur art[5]. Filmée en 1981 par Gaelle Montlahuc, elle déclare à ce propos que « Les femmes se sont mal comprises, elles se sont culpabilisées vis-à-vis de la création. Il y a des tabous de civilisation qui ont banni chez la femme même le désir et le goût d'accéder à la création […] Il y a un art où la femme exprime autre chose[6]. »

Elle fonde en 1972 le regroupement de femmes artistes (comme Jeanne Socquet) La Spirale à laquelle elle participe jusqu'à sa mort en 1982[2]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Au musée des beaux-art de Brest du 27 juin 2019 au 5 janvier 2020 exposition : « La vraie vie est ailleurs – Artistes femmes autour de Marta Pan : Simone Boisecq, Charlotte Calmis, Juana Muller, Vera Pagava, Judit Reigl."

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Les Chants Roux de la femelle : Recueil de poèmes, Éditions St Germain des Prés,
  • « Gaïa - psaumes d'incarnation », Les Cahiers du Nouveau Commerce, nos 36-37,‎ .
  • (en) « Séraphine de Senlis » (trad. Mary Guggenheim), Womanart, vol. 2, no 2,‎ hiver 1977 - 1978.
  • « L'avant garde n'est pas où on la voit », Libération,‎
  • « Le temps des cachots », Libération,‎
  • « Entre ombre et lumière : Histoire d'un portrait peint… ou pari sur un regard », Pénélope, no 3,‎
  • « Mardi Bleu : poème et dessins », Correspondances, Munich, no 1,‎ .
  • Regards et autres écrits, Paris, Souffles d’Elles, (notice BnF no FRBNF39196960)

Musées et expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Jo Bonnet (dir.), George Sand, Jeanne Coppel, Ida karskaya, Charlotte Calmis : les filiations inattendues du collage, de la couleur et de la création, Musée de Châteauroux, catalogue d’exposition, 20 octobre - 31 décembre 1995.
  • Aline Dallier-Popper, Charlotte Calmis : Peintre et Poète, 1913-1982, les Trois spirales, [7].
  • (en) « Charlotte Calmis », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, 2006 (ISBN 9780199773787).
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, (lire en ligne).
  • Marie-Jo Bonnet, Les femmes dans l'art, Éditions de La Martinière, (deux photos de ses œuvres).
  • Marie-Jo Bonnet, « Charlotte Calmis, Mémoire présente d’un langage futur », Les écrits d’artistes depuis 1940, IMEC-CNRS,‎ , p. 292-307 — actes du colloque international Paris et Caen, 6-9 mars 2002.
  • Marie-Jo Bonnet, Les femmes artistes dans les avant-gardes, Odile Jacob, .

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Marie-Jo Bonnet, « Charlotte Calmis. Mémoire présente d’un langage futur », sur Labrys, (consulté le 31 mai 2017)
  2. a et b Myrtille Henrion Picco, « Charlotte Calmis 1913-1982 », sur Figuration Féminine, (consulté en mars 2015)
  3. Marie-Jo Bonnet, « Biographie de Charlotte Calmis », in Christine Bard Sylvie Chaperon, Dictionnaire des féministes, France XVIIIe-XXIe siècle, Puf,‎ 2017, pp.240-242.
  4. Biographie de Charlotte Calmis
  5. Marie-Jo Bonnet, « Charlotte Calmis », Christine Bard, Sylvie Chaperon, Dictionnaire des féministes-France XVIIIe-XXIe siècle, Puf,‎ 2017., p. 240-242
  6. « Charlotte Calmis, La Spirale », sur INA,
  7. « http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37084007c »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]