Alexandre Bigot (céramiste)

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Alexandre Bigot
Villa Majorelle extérieur 03 by Line1.jpg

Balustrade de la Villa Majorelle

Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Céramic Hôtel, façade en grès émaillé, 1904, Paris VIIIe

Alexandre Bigot, né le 5 novembre 1862 à Mer et mort le 27 avril 1927 à Paris, est un céramiste français spécialiste des céramiques architecturales, représentatif de l'Art nouveau.

Après un bref passage dans l’atelier de Paul Beyer (1873-1945) en Suisse, il installa son premier four en 1889 dans le quartier d'Aulnay à Mer, non loin de Paris par la voie ferrée.

Il débuta avec un atout majeur en poche : un diplôme de chimie, qui lui apporta une connaissance fort sollicitée, notamment par Jean Carries, qui à son tour l’influença plus tard.

Pour le côté pratique (tournage et moulage), il bénéficia des conseils de Raphaël Tessier (1860-1937).

Céramique architecturale[modifier | modifier le code]

Usines Bigot à Mer vers 1910.

En 1897, la céramique architecturale, timidement présente à l’exposition universelle de 1889, était alors en pleine expansion et Alexandre Bigot transforma son entreprise en société anonyme.

Il transféra son magasin parisien de la rue d’Assas à la rue des Petites Écuries, et installa à Aulnay près de Mer, une usine qui employa jusqu’à cent cinquante ouvriers et compta dix fours industriels

Il devint alors le principal acteur de la céramique architecturale avec Émile Muller, et sa notoriété, en constante croissance, l’amena à travailler avec les plus grands sculpteurs, architectes et amateurs de l’époque, comme le marchand Siegfried Bing, qui lui commanda en 1895 "des vases d'inspiration japonaise".

Sa production fut extrêmement variée, de l’objet d’art unique à l’élément architectural, et son travail fut récompensé par un Grand Prix à l’exposition universelle de 1900.

Il cessa cette activité en 1914 pour devenir conseiller technique de l’industrie céramique.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Il a collaboré avec de nombreux architectes :

au 25 Passage d'Enfer qui deviendra l'école-atelier de René Jaudon;

avec des sculpteurs :

et des céramistes comme Jean Carriès.

Ses grès émaillés ont été utilisés pour des objets d'art:

- encrier en grès dessiné par Gaillard avec une monture en étain à décor "d'émaux tournoyants"; - une assiette créée avec Pierre Roche (1897); - un pichet en forme de coloquinte (grès émaillé beige et brun, monture piriforme en bronze dessinée par Keller);

et en architecture :

- conduits extérieurs ornés d'un couronnement à crochets qui coiffent la villa "Jika" à Nancy, construite de 1898 à 1901 par Henri Sauvage pour Louis Majorelle ; - la cheminée centrale (1901) du salon de cette maison, dont le foyer rond a été vu comme une métaphore du sexe féminin; - la cheminée monumentale en grès émailé vert (vers 1912) d'une salle de la villa "Emak Bakia" à Bidart (64), à frise de tournesols et dont l'arc est surmonté d'une tête de Méduse, pour le prince Grégoire Gradisteanu;

Ces grès de qualité ont failli émailler les couloirs du métro de Paris.

Certaines façades de Mer ont conservé des revêtements (pilier, bandeaux, encadrements de fenêtres, frises) en grès émaillés polychromes attribuables à la maison Bigot, et des éléments d'architecture ajourés ronds et carrés, émaillés ou pas, provenant de son usine désaffectée sont conservés par des particuliers dans la région.

L'importante exposition qui s'est tenue au musée de Mer au cours de l'été en 2004 a permis de découvrir deux cheminées, des éléments mobiliers (baignoire, glace ornée) et de nombreux objets (vases, pichets, statuettes animalières, plaque ornée, encriers, têtes masculines), éléments architecturaux, carreaux de pavement, frises), divers échantillons, catalogues et documents de cette époque.

La façade d'un ancien magasin de vente à Amboise (37) porte encore la mention "Grès de Bigot" en lettres en relief en céramique polychrome sur un fond mosaiqué entouré de longues feuilles vertes (photographiée en août 2005) .


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Rheims, L'Objet 1900 (Arts et métiers graphiques, 1964, p 26);
  • Bernard Champigneulle, L'Art Nouveau (Aimery Sompogy, 1972, pp 220 et 229);
  • Pierre Loze, L'Art Nouveau (Flammarion,1999); reproduit p.31 la cheminée du salon de la "Villa Jika" ;
  • Pierre Loze, L'Art nouveau (Flammarion, collection "Tout l'art - grammaire des styles", 1999, pp 29, 31,37);
  • Sophie Liskawetz, Les deux baptêmes d'Emak Bakia ("Sud Ouest magazine" n°189 - 14/11/2015);
  • Judtih Miller, L'Art Nouveau (Grund, collection "L'œil du chineur", 2012, p.117);

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'art nouveau, « François Hennebique, Edouard Arnaud - 1 Rue Danton Paris 6e », sur lartnouveau.com (consulté le 4 février 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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