François Bordes

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François Bordes
Description de cette image, également commentée ci-après
François Bordes en 1973, lors d'une expérience de taille de silex par percussion indirecte
Alias
Francis Carsac
Naissance
Rives, Drapeau de la France France
Décès (à 61 ans)
Tucson, Arizona, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Henri Louis François Bordes, né le à Rives en Lot-et-Garonne et mort le (à 61 ans) à Tucson en Arizona, est un préhistorien français qui a apporté une contribution majeure à la connaissance du Paléolithique. Il a également écrit des romans et des nouvelles de science-fiction sous le pseudonyme de Francis Carsac.

François Bordes, préhistorien[modifier | modifier le code]

Parcours et principaux apports[modifier | modifier le code]

Nucléus et lames expérimentales de François Bordes exposés au musée d'Aquitaine de Bordeaux

Durant son enfance, François Bordes lit et relit La Guerre du feu. Adolescent, grâce à sa bicyclette, il explore les sites reclus de sa région natale. À l'âge de 15 ans, il obtient un permis pour déblayer le site de Le Roc de Gauvaudun. Entré à l'université en 1936, il passe à Bordeaux un certificat de licence en botanique en 1938 et un certificat de licence en géologie en 1940. Il est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale, et rapidement démobilisé en février 1941. En 1942, il passe un certificat de chimie générale et de minéralogie en 1943 à Toulouse. Volontaire F.F.I. en 1944, blessé en novembre, il est définitivement démobilisé en 1945, victime d'une explosion de grenade[1].

Ses études à Toulouse, Bordeaux et Paris lui permettent d'obtenir un Doctorat ès Sciences pour sa thèse intitulée Les limons quaternaires du Bassin de la Seine - Stratigraphie et Archéologie paléolithique, soutenue en 1951 et publiée en 1954 dans les Archives de l'Institut de Paléontologie Humaine. Il entre ensuite au CNRS (1945-1955) avant de devenir professeur de Géologie du Quaternaire et Préhistoire à la Faculté des Sciences de l'Université de Bordeaux 1 en 1956. Il y fonde l'Institut du Quaternaire (devenu par la suite Institut de Préhistoire et de Géologie du Quaternaire, UMR 5808, puis PACEA, UMR 5199). De 1957 à 1975, il occupe la fonction de directeur des Antiquités Préhistoriques d’Aquitaine, dont l'équivalent actuel est Conservateur Régional de l'Archéologie qui regroupe « Antiquités Préhistoriques » et « Antiquités Historiques » (Ministère de la Culture).

Autres exemples de pièces expérimentales en roches dures réalisés par François Bordes et exposées au musée d'Aquitaine

Il a dirigé des fouilles archéologiques dans de nombreux gisements de première importance dans le Sud-Ouest de la France, notamment au Pech-de-l'Azé, à Combe-Grenal ou à Corbiac. Sa principale contribution a consisté à décrire la diversité des industries lithiques du Paléolithique ancien et moyen à l'aide d'outils statistiques simples. La définition d'une liste de types d'outils a notamment facilité les comparaisons entre industries et l'a conduit à définir ou décrire un certain nombre de faciès du Moustérien. Cette approche statistique novatrice, connue notamment sous l'appellation de « méthode Bordes », a beaucoup été utilisée par la suite. Elle est encore en partie employée aujourd'hui, même si les études technologiques récentes permettent de relativiser les aspects purement typologiques qu'elle comporte.

Il a également été l'un des premiers à faire de la taille expérimentale des roches dures un outil incontournable pour la compréhension des industries préhistoriques.

François Bordes meurt d'une crise cardiaque lors d'une visite à l'université d'Arizona. Il repose à Carsac en Dordogne où il avait établi sa résidence secondaire. Son nom a été donné à la station de tramway desservant notamment le laboratoire qu'il a fondé sur le campus de l'Université Bordeaux I, ainsi qu'à la rue de Carsac où se trouve sa maison de famille.

Principales publications[modifier | modifier le code]

F. Bordes a publié plus de 200 contributions concernant la Préhistoire et la Géologie du Quaternaire. Certains recueils fondés sur son enseignement universitaire ont été publiés après sa mort.

  • « Étude comparative des différentes techniques de taille du silex et des roches dures », L'Anthropologie, t. 51, p. 1-29, (1947).
  • « Principes d'une méthode d'étude des techniques de débitage et de la typologie du Paléolithique ancien et moyen », L'Anthropologie, t. 54 (1950)
  • « L'évolution buissonnante des industries en Europe occidentale. Considération théoriques sur le Paléolithique ancien et moyen », L'Anthropologie, t. 54, p. 393-420, (1950).
  • « Essai de classification des industries "moustériennes" », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. L, p. 457-466, (1953).
  • « Le complexe moustérien : Moustériens, Levalloisien et Tayacien », L'Anthropologie, t. 55, p. 1-23 (1951) (avec M. Bourgon).
  • "Le Paléolithique dans le monde.", Paris Hachette 1968, no. 33 série: "L'univers des connaissances". Traduction néerlandaise: "Aan de wieg van de mensheid. Paleontologie van het steentijdperk" Wereldakademie W.De Haan/J.M.Meulenhoff.
  • Typologie du Paléolithique ancien et moyen, Delmas, Publications de l'Institut de Préhistoire de l'Université de Bordeaux, Mémoire no 1 (1961), réédition CNRS 1988 : (ISBN 2-87682-005-6)
  • Leçons sur le Paléolithique, CNRS, 3 vol. (1984)

Francis Carsac, romancier[modifier | modifier le code]

François Bordes a publié des romans et nouvelles de science-fiction sous le pseudonyme Francis Carsac[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

François Bordes est marié à Denise de Sonneville-Bordes[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Ceux de nulle part, 1954
    La Ligue des Terres Humaines lutte conte une terrible menace qui plane sur l’univers : des créatures mystérieuses qui éteignent les étoiles.
  • Les Robinsons du Cosmos, 1955
    Suite à un accident cosmique, un village français est déplacé sur une planète étrangère dont les nouveaux habitants vont devoir découvrir les ressources et les menaces.
  • Terre en fuite, 1960
  • Pour patrie l’espace, 1962
    Un soldat de l’armée impériale est recueilli sur une arche spatiale appartenant au « peuple des étoiles », descendant de ceux qui avaient fui la Terre, persécutés par l’Empire.
  • Ce monde est nôtre, 1962
    Suite de Ceux de nulle part, des siècles après. La Ligue des Terres Humaines arbitre les conflits sur les planètes présentant plusieurs humanités différentes.
  • La Vermine du lion, 1966
  • Sur un monde stérile, 1997
    écrit en 1945

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Hachures, 1954
  • Taches de rouille, 1954
  • Genèse, 1958
  • L’Homme qui parlait aux martiens, 1958
  • Le Baiser de la vie, 1959
  • Sables morts, 1959
  • La Revanche des Martiens, 1959
  • Quelle aubaine pour un anthropologue !, 1959
  • Les pauvres gens, 1959
  • La Voix du loup, 1960
  • Premier Empire, 1960
  • Une fenêtre sur le passé, 1961
  • L’Ancêtre, 1962
  • Dans les montagnes du destin, 1971
  • Le dieu qui vient avec le vent, 1972
  • Tant on s’ennuie en Utopie, 1975
  • L’homme qui voulut être Dieu, 1970
  • Les Mains propres, 1981
  • Celui qui vint de la grande eau, 1982

Traductions de nouvelles[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) James Sackett, François Bordes and the Old Stone Age, Archaeologybulletin.org (Consulté le 13 avril 2017)
  2. Jean-Pierre Andrevon, George W. Barlow et Denis Guiot, La Science-fiction : L’Encyclopédie de poche, , 288 p. (ISBN 2-86-676-278-9, lire en ligne), Francis Carsac par Jean-Pierre Andrevon.