Assassins

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Assassin.
Cet article court présente un sujet plus développé dans : Nizârites.

Assassins
حشاشين
Hashashin
Image illustrative de l’article Assassins
Calligraphie ismaélienne symbolisant Ali « Le Lion de Dieu »

Devise : « Rien n’est vrai, tout est permis »

Situation
Région Moyen-orient
Création 1090
Dissolution 1275
Type Société secrète
Domaine Assassinat, Guerre asymétrique, Guerre psychologique, Frappe chirurgicale
Siège Alamut Assassins Perses
Masyaf Assassins Syriens
Langue Persan
Arabe
Organisation
Vieux de la Montagne Hassan ibn al-Sabbah
Grand maître Rachid ad-Din Sinan
Organisations affiliées Nizârisme
Chiisme
Dépend de Nizari Ismaili state (en)

Les Assassins[1] (en arabe : حشاشين, ḥašašyīn), est un nom utilisé pour se référer à la secte ismaélienne des Nizârites, entre le XIe siècle et le XIIIe siècle.

Basé sur les écrits d'Alamut, leur Grand maitre Hassan ibn al-Sabbah avait tendance à appeler ses disciples Asāsīyūn (أساسيون, qui signifie « ceux qui sont fidèles au (assas) fondement [de la foi] »), mais certains voyageurs et conteurs auraient mal interprétés et compris le mot comme un dérivé de haschich. Le terme pourrait aussi provenir du nom d'Hassan ; Hassanjins signifiant « les djins de Hassan »[2].

Souvent décrits comme un ordre secret mené par un mystérieux « Vieux de la Montagne » Hassan ibn al-Sabbah, les Nizârites ismaéliens étaient une secte islamique qui s'est formée à la fin du XIe siècle à partir d'une scission au sein de l'ismaélisme – une branche de l'islam chiite. Les Nizârites ont été redoutés par les Croisés qui les ont désignés collectivement comme « Assassins ».

En 1967, Bernard Lewis, a qualifié les Assassins de secte radicale de l'islam [3]. Il s'agit du titre original de son livre sur les Assassins, publié cette année-là: The Assassins: A radical sect in Islam. Cette secte a inspiré les créateurs du jeu vidéo Assassin's Creed[4]

Origine[modifier | modifier le code]

Rendu artistique d'Hassan ibn al-Sabbah.
Vestiges du château d'Alamut dans la province de Qazvin

La naissance de cette secte s'inscrit dans le contexte du conflit de succession entre sunnites et chiites, alors que les sunnites ont la main mise sur le moyen-orient, une résistance chiite ismaélienne se met en place contre l'occupant Seljoukide en l'an 1090. Lors d'une crise de succession au sein des Fatimides, Hassan ibn al-Sabbah est contraint à l'exil pour avoir choisis le parti de Nizâr, un jeune prince prétendant au trône des califes Fatimides qui avait promis la reconquête de la Perse aux mains des Seljoukides[5].

Cette scission créera le Nizârisme, une communauté dissidente de l'ismaélisme des Fatimides. Le fondement de la secte est basé principalement sur le mysticisme et l'ésotérisme (bâtin) arabe : باطِن), en plus de combiner des pratiques jugées hétérodoxes pour la plupart des musulmans[6].

Alors qu'il logeait à Alamut, Hassan ibn al-Sabbah, fin stratège, perspicace et avide de pouvoir, réussit à gagner les faveurs d'une bonne partie des habitants, qui finiront par se ranger du coté de l'ismaélisme (alors zaydites à cette époque). En 1090, accompagné de quelques disciples, il finira par prendre Alamut sans la moindre effusion de sang. Menacé dans son autorité et désavoué, l'ancien maitre des lieux a simplement quitté la forteresse qu'Hassan ibn al-Sabbah a racheté pour la somme de 3.000 dinars d'or. C'est à la suite de cet événement en l'an 1090, que la forteresse d'Alamut deviendra officiellement le nouveau siège de la secte des Assassins, un lieu étatique et de fanatisation pour les Nizârites[5].

Les origines des Assassins se retrouvent juste avant la Première croisade, vers 1094 à Alamut, au nord de l'Iran moderne, lors d'une crise de succession au califat Fatimide[7]. La secte a commencé au Château d'Alamut des montagnes de l'Elbourz[8].

Plus d'histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de l'islam.

Alors que le terme « Assassins » se réfère généralement à l'ensemble de la secte médiévale des Nizârites, il s'agit seulement d'une classe d'acolytes connus comme les fedayin effectivement engagés dans missions ayant pour but d'assassiner des personnes ciblées. Manquant d'une véritable armée, les Nizârites se sont appuyés sur ces guerriers pour mener à bien de l'espionnage et des assassinats d'ennemis importants (califes, vizirs, sultans et chefs croisés).

Les Nizârites constituaient une menace militaire pour l'empire seldjoukide sunnite dans leurs territoires, en s'emparant de nombreuses forteresses de montagne dans toute la Perse, et plus tard en Syrie, sous la direction d'Hassan ibn al-Sabbah.

Opérations[modifier | modifier le code]

Alors que le terme « Assassins » renvoie à la secte dans son entier, en réalité seule une partie des membres de la secte, connus sous le nom de fida'i ou fedayin (au sens de celui qui sacrifie sa vie) ont réellement pratiqué l'assassinat.[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Arnaldez, « Assassins, secte », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 29 avril 2017).
  2. « La secte des Assassins », Les-Crises.fr,‎ (lire en ligne)
  3. Bernard Lewis, Les assassins: terrorisme et politique dans l'Islam médiéval, Bruxelles, Complexe, 2001. (ISBN 978-2870278451)
  4. http://www.jeuxvideo.com/dossiers/00014942/la-serie-assassin-s-creed-le-contexte-les-hashashins-et-l-ordre-du-temple-playstation-3-ps3-002.htm
  5. a et b « Au cœur de la secte des Assassins: les secrets de l’ordre qui a inspiré «Assassin’s Creed» », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  6. « La fantastique histoire de la secte Assassins », La culture générale,‎ (lire en ligne)
  7. Anne-Marie Eddé, "Assassins" in André Vauchez (Dir.), Dictionnaire encyclopédique du Moyen Age, Paris, Cerf, 1997. (ISBN 978-2-204-05790-5)
  8. a et b Andrea L. Stanton, Edward Ramsamy, Peter J. Seybolt - Cultural Sociology of the Middle East, Asia, and Africa: An Encyclopedia p.21, SAGE, 5 January 2012, (ISBN 141298176X) Consulté 2017-05-01

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Farhad Daftary, The Isma'ilis, Their History and Doctrines, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-37019-1)
  • Farhad Daftary, Les Ismaéliens. Histoire et traditions d'une communauté musulmane, Paris, Fayard, 2004.
  • Farhad Daftary, Légendes des Assassins: Mythes sur les Ismaéliens. Paris, Vrin, 2007.
  • (en) Enno Franzius, History of the Order of Assassins, New York, Funk & Wagnalls,
  • Marco Polo, La description du monde. Édition et traduction par Pierre-Yves Badel, Paris, Le Livre de poche, coll. Lettres gothiques, 1998. Chap. 39 - 42, p. 114 - 121.
  • (de) Venceslas Rzewuski, Fundgruben des Orients [« Mines de l'Orient »], Wien, Anton Schmid, K. K. Buchdrucker, , 201–207 p. (lire en ligne)
  • Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, « Mémoire sur la Dynastie des Assassins et sur l’Étymologie de leur Nom » in Institut Royal de France, vol. 4, 1818, p. 1-84. Lire en ligne / Publié également in Farhad Daftary, Légendes des Assassins: Mythes sur les Ismaéliens. Paris, Vrin, 2007, p. 133 - 181.
  • Freya Stark, La Vallée des Assassins, Paris, Payot, 2002.
  • (en) Peter Willey, The Castles of the Assassins, London, George G. Harrap, (OCLC 575253997)
  • Vladimir Bartol (trad. du slovène par Claude Vincenot, préf. Jean-Pierre Sicre), Alamut, Paris, Phébus, coll. « Éditions Libretto », , 582 p., couv. ill. en coul. ; 19 cm (ISBN 2-85940-518-6, notice BnF no FRBNF36970981) ou Vladimir Bartol (trad. du slovène par Andrée Lück-Gaye), Alamut, Paris, Phébus, coll. « Éditions Libretto », , 577 p., couv. ill. en coul. ; 19 cm (ISBN 978-2-7529-0626-7, EAN 9782752906267, notice BnF no FRBNF42771465)