Hors-bord

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Moteur hors-bord Suzuki
Moteur hors-bord à l'arrière d'un canot pneumatique

Un moteur hors-bord est un système de propulsion utilisé sur des bateaux. Il contient, en un seul bloc, le moteur, la transmission appelée embase et l'hélice propulsant le bateau. Certains de ces moteurs (petits, en général moins de 10 chevaux) comprennent en outre un réservoir d'essence.

Par extension, on appelle aussi hors-bord un bateau équipé d'un moteur de ce type.

Puissance[modifier | modifier le code]

Leur puissance varie de 0,5 à 350 ch, pour des moteurs 2 et 4-temps. L'architecture des moteurs va du mono-cylindre au V8. Désormais, les moteurs hors-bord vendus en Europe sont tous à injection directe et possèdent un compresseur basse pression pour l'admission d'air et de carburant.

Les moteurs de faible et moyenne puissance (jusqu'à 40 ch) sont assez faciles à démonter du bateau, pour le transport, la maintenance et les réparations : ils sont fixés sur le tableau arrière par des presses de type serre-joint. Au-dessus de 50 ch ils sont en général boulonnés à demeure sur le bateau et rarement démontés.

Les petites puissances ont des commandes de type barre franche, comme les voiliers légers : le pilote s'assied tout près du moteur, à l'arrière du bateau. On peut aussi commander le moteur grâce à des commandes à distance (boitier commandant l'accélération et l'inverseur marche AV/AR) ainsi qu'un volant de type automobile agissant sur une direction mécanique ou hydraulique, c'est généralement en option à partir de 10 ch et en série au-dessus de 50 ch.

Historique[modifier | modifier le code]

La paternité de l'invention est disputée :

En France on peut citer quelques pionniers dès le début du XXe siècle. Il existe un brevet datant de 1880, pris par Gustave Trouvé pour un moteur hors-bord électrique mais la vraie popularisation du moteur hors-bord est venue avec la Motogodille inventée par un industriel parisien, le baron Gabriel Trouche qui la breveta en 1904 et la produisit en grand nombre jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. La partie thermodynamique était produite par le constructeur Buchet, avec un refroidissement par air, puis par eau.

La disposition de l'arbre de transmission était oblique, comme pour l'aviron de la classique godille manuelle chère aux marins bretons. Cette disposition donne un ensemble assez long, difficile à ranger, que l'on appelle « eggbeater » (littéralement « batteur à œufs ») aux États-Unis et « long tail » (« longue queue ») en Thaïlande où des artisans convertissent ainsi des moteurs d'automobile en greffant un arbre et une hélice sur la sortie de la boîte de vitesses.

Par la suite des industriels français, principalement Goïot à Nantes et Lutétia à Paris, produiront des moteurs suivant la disposition désormais classique : vilebrequin et arbre de transmission verticaux, transmission à l'hélice par renvoi d'angle à pignons.

Aux États-Unis les pionniers furent Cameron Waterman et son Porto-motor (breveté en 1905) avec la partie thermodynamique produite par la firme Caille de Chicago, et surtout Ole Evinrude, un ingénieur américain né en Norvège qui fonda tout d'abord la firme sous son propre nom avant d'en être évincé, puis de créer avec son épouse Bess la firme ELTO (Evinrude Light Twin Outboard - Hors-bord léger bicylindre Evinrude). Avec le temps cette firme fut fusionnée avec Johnson de South Bend Indiana et avec la compagnie Evinrude originale pour former OMC (Outboard Marine Corporation).

Déjà populaires et diffusés industriellement dans les années 1920 et 1930, les moteurs OMC bénéficièrent de commandes colossales de bi-cylindres Evinrude Flat Twin pour le débarquement de Normandie de juin 1944. Instruits (ou traumatisés) par la cuisante expérience du rembarquement de Dunkerque en 1940 les généraux alliés voulaient un plan de secours pour évacuer les soldats si le débarquement devait se transformer en rembarquement. Il en alla de même avec les militaires anglais qui eux passèrent commande de milliers de moteurs plus modestes (des mono-cylindres) chez le fabricant British Seagull, une filiale de la société Marston qui fabriquait les motos Sunbeam.

Un autre acteur majeur de ce secteur aux États-Unis fut le très coriace Carl J Kiekhafer, un autodidacte qui vint à cette activité par pur hasard : rachetant une usine en faillite pour produire du matériel destiné aux laiteries il se retrouva avec un impressionnant lot de moteurs hors-bord défectueux. Il les fiabilisa, les revendit à profit et fonda ainsi une firme puissante, la Kiekhaefer Mercury.

Les fabricants américains dominèrent le marché mondial de la tête et des épaules de 1945 au milieu des années 1970 avant de tomber dans le travers du versement des dividendes exagérés, de la baisse de qualité, du sous-investissement et du manque d'innovation.

Comme cela s'était produit pour le domaine motocycliste, assez voisin en termes de technologie, au milieu de la décennie 1970 les industriels japonais (Yamaha , Suzuki, Honda et Thoatsu) surent s'engouffrer dans la brèche et prirent une part très prépondérante du marché mondial sans toutefois rayer de la carte leurs concurrents américains comme il l'avaient fait avec l'industrie motocycliste britannique.

À côté de ces mastodontes du marché, des firmes plus petites ont longtemps existé : Selva[1] et Carniti en Italie, Tomos[2] en Yougoslavie, Archimedes Penta en Suède, Mac Culloch , West Bend et Chrysler Marine (rebaptisé ensuite Force)[3] aux États-Unis, British Seagull en Angleterre et Goïot[4] en France. Un minuscule hors bord pour canoés fut longtemps produit en Allemagne de l'Est, le Tummler[5], tandis que la firme berlinoise König[6] se spécialisait dans le marché de niche du moteur de compétition avec un très original quatre-cylindres à plat à distributeurs rotatifs et échappements équipés de pots de détente résonateurs.

Des tentatives encore plus anecdotiques furent la diversification du groupe italien Piaggio dans le moteur marin avec un petit hors bord nommé Moscone (« grosse mouche »), cousin nautique de la Vespa (« guêpe ») et du triporteur Ape (« abeille »)[7]. Le groupe Fiat s'y essaya aussi, avec un produit mal abouti commercialisé sous la marque Whitehead[8].

Quelques marques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Selva Marine - Company », sur www.selvamarine.com (consulté le 18 novembre 2015)
  2. « Oddjob Motors - antique outboards, mopeds, cars », sur www.oddjobmotors.com (consulté le 18 novembre 2015)
  3. « Chrysler Marine: Chrysler on water », sur www.allpar.com (consulté le 18 novembre 2015)
  4. « GOIOT French outboard motor repair movie » [vidéo], YouTube (consulté le 18 novembre 2015)
  5. « Tümmler 2,5 Ps » [vidéo], YouTube (consulté le 18 novembre 2015)
  6. « Der König Doppelboxer 2T-Rennmotor », sur www.zweitakte.de (consulté le 18 novembre 2015)
  7. « L'Antro di Camillo - Il Moscone Piaggio - », sur digilander.libero.it (consulté le 18 novembre 2015)
  8. « L'Antro di Camillo », sur digilander.libero.it (consulté le 18 novembre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]